Leur progrès

Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 20:50

1967_La_Vingt_cinquieme_heure_01.jpg «Les américains avaient promis à ceux qui s'engageaient comme volontaires dans les brigades occidentales de les mettre en liberté. Et tous les hommes avaient demandé à être volontaires. Non pas pour lutter, mais pour ne plus rester enfermés. Pour ne plus crever de faim.


- C'est un enthousiasme colossal ! dit Mr. Lewis. La cause pour laquelle l'Occident lutte contre la barbarie de l'Orient a été adoptée par tout le monde. Tous les hommes sont conscients que l'heure est venue pour eux de mourir ou de vaincre. Cette guerre fera époque. Cette guerre est unique dans l'Histoire. L'Occident civilisé contre l'Orient barbare. Une guerre vraiment mondiale. La première guerre mondiale de l'Histoire.

Mr. Lewis se frotta les mains.

- C'est un bonheur et un honneur que de participer à cette guerre. La victoire nous appartient déjà. Toute la guerre sera civilisée. Il n'y aura plus jamais de guerre. Rien que du progrès, de la prospérité et du confort.

 

Eleonora West sourit.

- Vous me paraissez pas enthousiasmée, dit Mr. Lewis. Je vois que vous n'êtes pas passionnée pour la cause de l'Occident. Seriez-vous philo-bolchévick ? Vous êtes la seule à avoir des réserves. La seule à ne pas être enthousiasmée.

- Pas un n'est enthousiasmé, dit Eleonora West. C'est vous qui les voyez enthousiasmés !

- Tous nos volontaires ne sont-ils pas entièrement antibolchévicks ?

- Si, répondit Eleonora West. Antibolchévicks mais c'est tout ! Cela veut dire qu'ils désirent vivre en liberté, ne plus sentir l'atmosphère de terreur, ne plus être tués, affamés, déportés, torturés. Leur attitude n'est pas politique. C'est l'attitude prise par l'homme devant le crime, la terreur et l'esclavage.

- Que désirez-vous de plus ? demanda Mr. Lewis. Cela veut dire qu'ils sont entièrement engagés dans la cause de l'Occident, car nous combattons pour leur offrir la liberté, la sécurité, la protection, la démocratie !

- Ne vous laissez pas griser par des mots, Mr. Lewis, dit Eleonora West. Cette guerre que vous appelez guerre mondiale, n'est pas une guerre de l'Occident contre l'Orient. Et à proprement parler ce n'est même pas une guerre, bien que la ligne de bataille aille d'une pôle à l'autre et recouvre la terre. Cette guerre n'est qu'une révolution intérieure dans le cadre de la Société technique occidentale ; une simple révolution intérieure, exclusivement occidentale.

- Mais nous luttons contre l'Orient, contre toute l'Europe de l'Est ! dit Mr. Lewis.

- C'est faux ! Dit Eleonora West. Vous, l'Occident, vous luttez contre une branche de votre Civilisation.


- Nous luttons contre la Russie.

- La Russie, après la révolution communiste, est devenue la branche la plus avancée de la Civilisation technique occidentale. La Russie a pris toutes ses théories à l'Occident et elle les a mises simplement en pratique. Elle a réduit l'homme à zéro, comme elle l'avait appris de l'Occident. La Russie a imité l'Occident comme seul un barbare et un sauvage pourrait le faire. Les seules choses vraiment russes qu'elle ait apportées à la Société communiste – c'est le fanatisme, c'est la barbarie. Un point, c'est tout. En U.R.S.S. la soif de sang et le fanatisme mis à part, tout vient de l'Occident. Et vous, vous combattez cet aspect de la Civilisation occidentale : la branche communiste de la Société technique occidentale. Et c'est pourquoi cette troisième guerre mondiale n'est, et ne peut être qu'une révolution intérieure qui a éclaté et suit son cours à l'intérieur même de la Société technique occidentale. Les branches atlantique et européenne de la Société occidentale luttent contre le groupe communiste occidental. C'est une lutte intérieure qui se poursuit entre deux catégories, entre deux classes de la même société, c'est, si vous le voulez, une révolution de classe exactement comme la révolution bourgeoise de 1848. L'Orient ne participe pas à cette révolution intérieure occidentale. Personne en dehors de la Société occidentale ne participe à cette révolution. Et du moment que cette révolution est typiquement occidentale, Mr. Lewis, elle n'est pas faite en faveur des hommes. La Société occidentale n'a pas d'hommes. 


- Je ne comprends pas.

- C'est très simple, dit Nora West. Les intérêts de la Société occidentale ne sont pas ceux des hommes. Bien au contraire. Dans la Société technique occidentale, les hommes vivent, tout comme les premiers chrétiens, en marge de la vie. Ils restent cachés. Les hommes n'ont pas la permission de paraître en public. Ils n'ont pas la permission de détenir des fonctions publiques. Nulle part et surtout pas dans les bureaux, car votre Civilisation a remplacé les autels par les bureaux. Les hommes qui sont encore des hommes sont obligés de se cacher. Autrement, ils sont obligés d'agir selon les lois techniques, selon les lois de la machine. L'homme a été réduit à une seule de ses dimensions: à la dimension sociale. Il a été transformé en Citoyen, ce qui n'est plus synonyme de la notion d'homme. La société technique ignore l'homme. Elle ne le connaît plus que sous sa forme abstraite de Citoyen.


Et du moment qu'elle ne le connaît pas, comment pourrait-elle faire une révolution pour lui?»

 

 

 

Virgil Gheorghiu.

Extrait de l'ouvrage "La vingt cinquième heure".

Par Virgil Gheorghiu - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 05:46

modern-humanity.jpgIl existe de nos jours des abus de langage et des montages linguistiques totalement déconnectés de la réalité et des fondements qu’ils ont pu incarner un jour à leur usage primaire. Le mot progrès par exemple est utilisé aujourd’hui uniquement dans un sens subjectif et pragmatico-utilitariste pour faire comprendre indirectement que le cheminement vers la modernité est conditionné avant tout par deux démarches indispensables que sont : la rupture radicale en terme de valeurs avec le passé et l’adoption de la techno-science comme nouvelle religion du genre humain. Sans ces deux conditions, nous dit l’idéologie progressiste, il n’y a pas de progrès.


Mais, qu’entendons-nous réellement par progrès ? Au-delà de l’incontestable progrès matériel, y’a-t-il réellement aussi un progrès de l’esprit, des valeurs et de l’humanité en général, comme se sont efforcés de le prêcher à travers leurs œuvres depuis les Lumières certains philosophes comme Hegel ? Ou derrière les associations de mots, des apparences de la commodité et du bien être matériel dont jouissent les modernes, il n’y a pas réellement de progrès au vrai sens du terme, mais une chute avérée des valeurs et une généralisation phénoménale des insatisfactions intérieures ?


Sans préciser à l’heure de vérité de quel progrès s’agit-il réellement, les apôtres du scientisme et les experts de la modernité, anesthésient et façonnent méthodiquement et suivant les impératifs du nouvel ordre libéral, l’imaginaire des peuples (un imaginaire constamment suggestionné, et apte depuis plus d’un siècle déjà à accueillir avec enthousiasme de telles manœuvres), le tout à coup de massives campagnes de propagandes médiatiques sublimino-mensongères destinées à stimuler les instincts les plus bas de l’homme, suivant la méthode pavlovienne (1), afin que le pantin des temps modernes (un homme à la solde de ses organes sexuels et de son pouvoir d’achat), assimile sans aucune résistance tous les discours dominants, lui ventant comme une vertu les mérites du progrès techno-scientifique, présenté comme solution finale à tout les problèmes existentiels de l’humanité et unique motif d’espérance (2). Dans la configuration actuelle du monde, le nouvel ordre « libéral-libertaire » gouvernant, a donc pour objectif net et précis, d’accomplir enfin cette fameuse organisation scientifique de l’humanité ; le remaniement du « Droit », la dissolution des liens (ce que les libertaires appellent « évolution des mœurs »), et la diabolisation des religions, ne sont que des étapes nécessaires à la concrétisation de cette utopie de départ, devenue progressivement réalité (3).


Derrière la corruption linguistique, il y a donc forcément faillite d’un système, qui pour cacher tous les défauts et nuisances qu’il génère, n’a d’autre recours que de s’auto-idéaliser (à coup de mythes et d’icônes) ou de décourager empiriquement toutes les entreprises critiques qui visent à le mettre en cause ou à le remplacer (la fameuse récupération de toutes les révoltes par le système), afin qu'au pire des cas il demeure dans l’esprit des gens comme étant l’ordre le moins pire possible (après tout, c’est toujours mieux chez nous qu’ailleurs).


Est-il possible de saisir la métaphysique d’un système (démarche parfois impérative avant la pratique) tout en étant à l’intérieur de ce dernier, si les codes d’expression utilisés par ses composants (le langage, la culture..etc), sont entièrement viciés et loin de la vérité ?


Autrement dit, par la même logique qui a vue déconstruire le mot progrès, d’autres « mots clés » comme : savoir, science, spiritualité ou tradition…, faisant référence à des principes transcendants, bien identifiés de tous les hommes naguère, ont été depuis le « virage scientiste », travestis et privés de leur valeur significative, jusqu’à ne plus rien exprimer de concret pour l’animal cartésien qu’est l’homme d’aujourd’hui.


Cependant, une des raisons majeures de l’abus de langage si caractéristique de la mentalité moderne et de la généralisation des méthodologies simplistes (4), réside dans la contraction de la matrice des valeurs humaines durant les trois siècles derniers, autour des seuls critères matériels et scientistes, au détriment d’autres notions immuables sur lesquelles se sont toujours articulées les sociétés anciennes ; notions dont le sens profond s’est effrité progressivement jusqu’à générer la crise du sens et des valeurs que connaît le monde moderne et qui devient la marque de fabrique de notre époque. C’est qu’un langage déconnecté de la réalité et qui n’exprime guère que des « contre-sens », devient un atout majeur en main d’un système piloté par des élites décadentes, dont la seule finalité de vie est la conquête du pouvoir et la manipulation systématique d’autrui en vue de préserver et maintenir ses propres privilèges. Il en va de soi aussi pour toutes les entreprises de « détraditionalisation » ou de complexification de l’« évident » pour le rendre inintelligible voir irrationnel aux yeux de l’homme ordinaire qui devant le « chao intellectuel » généré par le paradigme progressiste et face à l’oppression de la quotidienneté, limite son horizon intellectuel au seul management du « court terme », jusqu’à finir par s’en convaincre que le meilleur enseignement métaphysique à tirer de la vie, c’est de traverser cette dernière en « ayant profité un max », sans se soucier du reste (« la mort on verra après »).


Si la mentalité est un socle de conceptions transgénérationnelles que tout homme assimile dans une société au contact de ses proches semblables, les dynamiques sociales qui sont à l’origine de son altération, sont quant à elles difficiles à cerner dans la mesure où elles sont souvent à l’œuvre à travers un processus long et imperceptible à l’échelle d’une vie humaine. Ainsi, ce qui est toujours reconnu par les hommes à l’intérieur d’une société articulée sur le « transcendant » comme étant de nature « supra humaine » et intemporelle (puisqu’il est majoritairement admis au sein de cette dernière qu’il n’est pas une production humaine), dans le monde moderne qui nie par toutes les voies tout ce qui n’est pas soumis aux lois de la mesure et de la rationalité, n’est considéré que comme « superstition » ou vieil héritage du passé, à vite dépasser au profit des exigences du « présent contexte » ou du dérisoire désir humain (5).


L’usage inapproprié et tout azimut de certains mots dans le langage courant, l’attachement exclusif et l’excellemment dans tout ce qui est en rapport avec « l’existence manifeste », sans intégré un seul instant dans son raisonnement, ni chercher à assimiler des critères d’ordre supérieures, sont amplement la confirmation que quelque chose a du se modifier en cours de route pour que les valeurs de l’homme contemporain soient exactement à l’opposé de l’idéal de ses ancêtres ; pour que ce qui signifiait autrefois un fait, décrit de nos jours tout son contraire. Ce renversement des clartés et cette perte qualitative du langage altère évidemment la perception des hommes de la réalité existentielle qui les entoure et constitue aujourd’hui l’obstacle majeur à l’accession à la véritable connaissance. Ce qui explique d’ailleurs tous les rejets et blocages mentaux dont font preuve actuellement nos contemporains à l’heure d’être confrontés à des vérités qui sont au dessus de la raison humaine. Et c’est là ou se situe principalement la subtilité de l’ère moderne : « engendrer des êtres en pérenne contradiction avec eux-mêmes mais incapables de s’en apercevoir », puisqu’ils n’ont jamais connu d’autres conceptions mis à part les standards modernes qu’on leur a inculqués. Au delà des illusions et pour clore cette première partie introductive, nous dirons qu’à l’examen profond des mécanismes et principes sur lesquels repose la mentalité moderne, nul doute que cette dernière ne tient sur rien de valide, puisqu’ elle n’est ni plus ni moins qu’une « vaste suggestion collective qui s’exerce depuis des siècles » pour reprendre une formule de R. Guénon, qui à travers le mémorable passage suivant a presque tout dit à ce sujet :


« L’attitude matérialiste apporte dans la constitution psychologique de l’être humain une modification importante et il n’y a qu’à regarder autour de soi pour constater que l’homme moderne est devenu imperméable à toute influence qui ne tombe pas sous ses sens ; non seulement ses facultés de compréhension deviennent de plus en plus bornées, mais le champ même de sa perception s’est également restreint. Les profanes et tous ceux qui sont affectés de l’esprit moderne nient tout ce qui les dépasse car toutes leurs études et toutes leurs recherches, entreprises à partir d’un point de vue faux et borné, ne peuvent aboutir qu’a la négation de tout ce qui n’est pas inclus dans ce point de vue. Ils sont en plus tellement persuadés de leur « supériorité » qu’ils ne peuvent admettre l’existence ou la possibilité de quoi que ce soit qui échappe à leurs investigations. Dans la civilisation moderne tout apparaît comme artificiel, dénaturé et falsifié ce qui entraîne forcement que la mentalité moderne, elle aussi, est fabriquée. La falsification du langage, l’emploi abusif de certains mots détournés de leur véritable sens, emploi imposé par suggestion constante de la part de ceux qui exercent de l’influence sur la mentalité publique… » « Au degré de confusion où est parvenu la majorité de nos contemporains, les associations de mots les plus contradictoires n’ont rien qui puisse les faire reculer, ni même leur donner simplement à réfléchir » (René Guénon - Le règne de la quantité et les signes de la fin des temps)

 


Par Souhayl. A

 


Source: www.islamdefrance.fr/



(1) « Pavlov a pris un objet neutre [la cloche] et l'a associé à un objet significatif [pour le chien, la viande], transformant le premier objet en symbole du deuxième; c'est grâce à la visualisation qu'il a réussi à ajouter une valeur au deuxième objet. C'est ce que nous essayons de faire avec la publicité moderne. » (Wall Street Journal, 19 janvier 1984)

(2) Une espérance foncièrement terre à terre, et de plus en plus physiologico-sentimentaliste : refus par tout les moyens de vieillir, désir permanent de jouir, envie de toujours posséder plus…Il n’existe pas de secteur ou de telles vulgaires aspirations s’affichent sans complexes au grand jour que dans la publicité : « rester toujours jeune et belle avec la crème..», « la liberté n’a pas de prix au volant de...»
(3)
Idée que l’on trouve clairement formulée déjà au 19ième siècle dans les écrits des pères fondateurs de la Gauche (plus précisément dans les œuvres de Fourrier et du compte Saint Simon), mais dont la Droite patriarcale puis libérale par la suite, a mis les moyens nécessaires pour sa réalisation concrète, à mesure qu’elle s’est accommodée aux avantages et privilèges du monothéisme du Marché.
(4)
Des méthodes qui tentent de rationaliser tous les compartiments de l’existence et à expliquer tout par les sciences modernes et par l’Histoire envisagée, uniquement du point de vue marxiste (le matérialisme historique) ; mettre tout à la portée de n’importe qui, par une abondance de productions mercantiles qui vulgarisent tout Pour les Nuls y compris la religion. S’il suffisait juste de lire des résumés pour acquérir la sagesse, nous serions alors dans le meilleur des mondes !
(5)
C’est par ce processus que les catholiques eux-mêmes ont vidé leur religion de sa substance par un détachement rituel et dogmatique vis-à-vis de cette dernière, et que certains intellectuels issus de l’islam font pareil de nos jours en proposant l’idée de laïciser ou moderniser l’islam. Ce qui est une démarche purement contradictoire et hypocrite, car ou bien l’on croit à l’immuabilité d’un message religieux, en admettant la suprématie de sa doctrine sur le temporel, ou bien on le considère comme pure production humaine est l’on est dans ce cas dans l’univers de la mécréance. Il ne peut exister de posture intérimaire dans ce domaine tant les postulats de la modernité libérale, et les tendances « sécularisatrices » qui dirigent actuellement le monde, ont pour uniques critères de gouvernance : une éphémère « éthique du moment » (qui de l’utopie droit-de-l’hommiste et de l’idée de liberté, issue de l’esprit des Lumières, ont dégénéré de nos jours en la pervers réalité du libertinage de masse et en droit d’ingérence de l’Occident sur les autres peuples, au nom des valeurs de la modernité), et au nom du Marché Dieu

Par Souhayl. A - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 18:26

Conférence organisée par La Cobema, que nous remercions.

 

Voir aussi: Dégénérescence de la médecine moderne

 

 

 

Par La Cobema - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 01:00

 

 

"Nous avons lu quelque part que seuls les progrès de la technique expliquent le caractère nouveau et catastrophique de la première guerre mondiale, ce qui est très juste. C'est la machine qui a fabriqué ici l'histoire, comme elle fabrique par ailleurs des hommes, des idées, un monde."

Cheykh Issâ Nûr Dîn.

 

"Il serait logique que les idées que les Occidentaux ont répandues se retournent contre eux, car elles ne peuvent être que des facteurs de division et de ruine; c'est par là que la civilisation moderne périra d'une façon ou d'une autre; peu importe que ce soit par l'effet des dissenssions entre Occidentaux, dissenssions entre nations ou entre classes sociales, ou, comme certains le prétendent, par les attaques des Orientaux "occidentalisés", ou encore à la suite d'un cataclysme provoqué par les "progrès de la science"; dans tous les cas, le monde occidental ne court de dangers que par sa propre faute et par ce qui sort de lui-même".

Cheykh Yahyâ 'Abd-al-Wâhid.


 



Par Réveil des Consciences - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 00:24

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Si l'on met de côté toutes les implications politiques que recouvre ce terme, le "conservateur" est d'abord quelqu'un qui s'efforce de "conserver". Pour déterminer si une telle attitude est juste ou erronée, il suffit de considérer ce que l'on cherche à conserver. Si les structures sociales que l'on défend - et du reste c'est toujours de cela qu'il s'agit - sont en conformité avec la finalité la plus haute de la vie humaine, et correspondent aux besoins profonds de l'homme, pourquoi ces structures sociales ne seraient-elles pas aussi bonnes, voire meilleures, que toutes les innovations que le cours du temps peut apporter? Il paraît normal de suivre un tel raisonnement, mais l'homme contemporain ne raisonne plus normalement. Même lorsqu'il ne méprise pas systématiquement le passé et qu'il ne place pas toute son espérance dans le seul progrès technique pour améliorer le sort de l'humanité, il a généralement un préjugé contre toute attitude conservatrice. Car en fait, que ce soit chez lui conscient ou pas, il est influencé par la thèse matérialiste selon laquelle toute forme de "conservatisme" va à l'encontre du principe de changement inhérent à la vie, et conduit de ce fait à la "stagnation".


[...] Il y a l'idée familière que l'homme est en cours d'évolution et doit évoluer vers une espèce supérieure; l'homme du vingtième siècle, par conséquent, serait différent de l'homme des époques révolues. Dans tout ceci, on perd de vue cette vérité essentielle, proclamée par toutes les religions, à savoir que l'homme est l'homme, et non pas seulement un animal parmi les autres, du seul fait qu'il porte en lui un centre spirituel qui n'est pas soumis au principe cosmique du changement. En l'absence de ce centre spirituel, qui est la source de nos capacités de raisonnement - et que l'on peut donc définir comme l'organe spirituel qui véhicule le sens de la vérité - nous ne serions même pas capable de constater le changement qui s'opère dans le monde autour de nous. En effet, comme l'énonce Aristote, ceux qui déclarent que toute chose, y compris la vérité, se trouve dans état de flux perpétuel, se condamnent à la contradiction interne: si rien ne résiste à ce flux incessant, sur quelle base stable peuvent-ils donc formuler un jugement valide?


[...] Labourer la terre, prier pour qu'il pleuve, créer des objets utiles et des formes intelligibles à partir de matières premières qu'offre la nature, compenser l'indigence de certains avec le surplus de richesse de certains autres, régner tout en étant prêt à sacrifier sa vie pour ceux sur qui on règne, enseigner par amour pour la Vérité: voici quelques-unes de ces occupations traditionnelles qui portent en elles-mêmes leur propre récompense. On peut à bon droit se demander si le "progrès" les a promues ou rabaissées.


Nombreux, de nos jours, sont ceux qui pensent que l'homme accomplit sa véritable destinée dans le travail, aux commandes d'une machine. Non: sa destinée véritable et intégrale, l'homme l'accomplit lorsqu'il prie et invoque la bénédiction divine, lorsqu'il commande et combat, sème et récolte, sert et obéit. Voilà ce qui sied à la nature de l'homme.

 

[...] Depuis l'effondrement, non seulement des hiérarchies sociales, mais également de presque toutes les structures traditionnelles, les gens qui ont conservé, en toute lucidité, une mentalité conservatrice, n'ont plus rien à quoi se raccrocher. Ils se trouvent isolés dans un monde complètement asservi qui se targue de liberté, et qui se targue d'être riche et divers alors que son uniformité écrase tout. On ne cesse de clamer que l'humanité est sur la voie d'un progrès continuel, que l'être humain, après avoir "évolué" pendant des millions d'années, a désormais entamé une mutation décisive, qui doit le conduire à sa victoire finale sur les conditions matérielles de la vie. Le conservateur lucide et intelligent est seul dans une foule en délire, il reste seul éveillé au milieu d'un peuple de somnambules qui prennent leur rêve pour la réalité. Il sait, par expérience et par discernement, que l'homme, malgré son obsession du changement, reste toujours le même, pour le meilleur et pour le pire. Les questions fondamentales que soulève la condition humaine sont toujours restées les mêmes; les réponses sont connues depuis la nuit des temps, et pour autant que le langage humain puisse les exprimer, elles ont été transmises, depuis toujours, au fil des générations. C'est ce précieux héritage qui importe avant tout au conservateur lucide et intelligent.


Puisque de nos jours presque toutes les formes de vie traditionnelles ont été détruites, le conservateur n'a que rarement l'occasion de prendre part à un travail qui possède, par sa signification et son utilité, une valeur universelle. Mais toute médaille a son revers: la disparition des formes traditionnelles nous met à l'épreuve et nous oblige à faire preuve de discernement. Quant à la confusion qui règne autour de nous dans le monde, elle nous impose de laisser de côté tous les accidents, pour nous tourner résolument vers l'essentiel.

 

 

Sidî Ibrahîm (Titus Burckhardt)

Extraits de l'ouvrage Miroir de l'Intellect, chap. IV: Etre conservateur.

 

 

 

Pour écouter le chapitre entier: cliquer ici

Par Sidî Ibrahîm (Titus Burckhardt) - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 04:41

seul « Il suffit de regarder le monde moderne, son caractère artificiel sans beauté, sa structure inhumainement abstraite et quantitative pour savoir ce qu'est la pensée livrée à elle-même. L'homme, "animal pensant", ne peut être que le couronnement divin de la nature ou son adversaire ; la raison en est que l' "être" et le "connaître" se dissocient dans le mental, ce qui, par déchéance, donne lieu à toutes les scissions. » 

Titus Burckhardt.


 

« Le Ciel une fois fermé et l'homme pratiquement installé à la place de Dieu, on a perdu, virtuellement ou effectivement, les mesures objectives des choses ; on les a remplacé par des mesures subjectives, des pseudo-mesures tout humaines et conjecturales, et on s'est engagé ainsi dans un mouvement qui ne peut s'arrêter, puisque, les mesures céleste et statiques faisant défaut, il n'y a plus aucune raison qu'il s'arrête, si bien qu'on en vient à remplacer finalement les mesures humaines par des mesures infra-humaine, jusqu'à l'abolition même de la notion de vérité. Les circonstance atténuantes de tout cela -car il y en a toujours pour certains individus tout au moins -, c'est qu'au bord de chaque nouvelle chute, l'ordre existant présente un maximum d'abus et de corruptions, en sorte que la tentation de préférer une erreur apparemment propre à une vérité extérieurement salie est particulièrement forte ; dans les civilisations traditionnelles, l'élément mondain fait tout pour compromettre les principes aux yeux de la majorité, qui n'est elle-même que trop portée vers une mondanité, non pas aristocratique et enjouée, mais lourde et pédante ; ce n'est pas le peuple qui est victime de la théocratie, c'est au contraire la théocratie qui est victime, d'abord des mondains aristocratiques et ensuite du peuple séduit, puis révolté. Ce que d'aucuns appellent le « sens de l'Histoire» n'est que la loi de la pesanteur. » 

F. Schuon.


 

« Il est convenu qu’on ne peut parler du diable sans provoquer, de la part de tous ceux qui se piquent d’être plus ou moins « modernes », c’est-à-dire de l’immense majorité de nos contemporains, des sourires dédaigneux ou des haussements d’épaules plus méprisants encore; et il est des gens qui, tout en ayant certaines convictions religieuses, ne sont pas les derniers à prendre une semblable attitude, peut-être par simple crainte de passer pour « arriérés », peut-être aussi d’une façon plus sincère. Ceux-là, en effet, sont bien obligés d’admettre en principe l’existence du démon, mais ils seraient fort embarrassés d’avoir à constater son action effective; cela dérangerait par trop le cercle restreint d’idées toutes faites dans lequel ils ont coutume de se mouvoir. » 

René Guénon.

 

 

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 20:31

—Si Guénon a raison, s’écria Gide, eh bien!
toute mon oeuvre tombe.
A quoi quelqu’un lui répondit:
— Mais alors, d’autres tombent avec elle,
et non des moindres...

  


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  • La démocratie.

"L’argument le plus décisif contre la « démocratie » se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins », cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir. Il importe de remarquer que c’est précisément le même argument qui, appliqué dans un autre ordre, vaut aussi contre le « matérialisme » ; il n’y a rien de fortuit dans cette concordance, et les deux choses sont beaucoup plus étroitement solidaires qu’il ne pourrait le sembler au premier abord. Il est trop évident que le peuple ne peut conférer un pouvoir qu’il ne possède pas lui-même ; le pouvoir véritable ne peut venir que d’en haut, et c’est pourquoi, disons-le en passant, il ne peut être légitimé que par la sanction de quelque chose de supérieur à l’ordre social, c’est à dire d’une autorité spirituelle ; s’il en est autrement, ce n’est plus qu’une contrefaçon de pouvoir, un état de fait qui est injustifiable par défaut de principe, et où il ne peut y avoir que désordre et confusion. Mais la grande habilité des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées [notamment par le contrôle de l’information dans les médias dominants], y provoquer [grâce à l’émotion] des courants allant dans tel ou tel sens déterminé." 

 

  • La philosophie.

"Le mot « philosophie », en lui-même, peut assurément être pris en un sens fort légitime, qui fut sans doute son sens primitif, s’il est vrai que, comme on le prétend, c’est Pytagore qui l’employa le premier : étymologiquement, il ne signifie rien d’autre qu’ « amour de la sagesse »; il désigne donc tout d’abord une disposition préalable requise pour parvenir à la sagesse, et il peut désigner aussi, par une extension toute naturelle, la recherche qui, naissant de cette disposition même, doit conduire à la connaissance. Ce n’est donc qu’un stade préliminaire et préparatoire, un acheminement vers la sagesse, un degré correspondant à un état inférieur à celle-ci; la déviation qui s’est produite ensuite a consisté à prendre ce degré transitoire pour le but même, à prétendre substituer la « philosophie » à la sagesse, ce qui implique l’oubli ou la méconnaissance de la véritable nature de cette dernière. C’est ainsi que prit naissance ce que nous pouvons appeler la philosophie « profane », c’est-à-dire une prétendue sagesse purement humaine, donc d’ordre simplement rationnel, prenant la place de la vraie sagesse traditionnelle, supra-rationnelle et non-humaine...

 

"...en dépit de toutes les illusions où certains semblent se complaire, ce n’est certes pas une science toute « livresque » qui peut suffire à redresser la mentalité d’une race ou d’une époque ; et il faut pour cela autre chose qu’une spéculation philosophique, qui, même dans le cas le plus favorable, est condamnée, par sa nature même, à demeurer tout extérieure et beaucoup plus verbale que réelle. Pour restaurer la tradition perdue, pour la revivifier véritablement, il faut le contact de l’esprit traditionnel vivant, et, nous l’avons déjà dit, ce n’est qu’en Orient que cet esprit est encore pleinement vivant ; et il n’en est pas moins vrai que cela même suppose avant tout, en Occident, une aspiration vers un retour à cet esprit traditionnel, mais ce ne peut guère être qu’une simple aspiration… Quoi qu’il en soit, si l’on suppose que l’Occident, d’une façon quelconque, revienne à sa tradition, son opposition avec l’Orient se trouverait par la même résolue et cesserait d’exister, puisqu’elle n’a pris naissance que du fait de la déviation occidentale, et qu’elle n’est en réalité que l’opposition de l’esprit traditionnel et de l’esprit anti-traditionnel."

 

  • Absence de principes immuables et errances.

"C’est bien là, en effet, le caractère le plus visible de l’époque moderne : besoin d’agitation incessante, de changement continuel, de vitesse sans cesse croissante comme celle avec laquelle se déroulent les évènements eux-mêmes. C’est la dispersion dans la multiplicité, et dans une multiplicité qui n’est plus unifiée par la conscience d’aucun principe supérieur ; c’est, dans la vie courante comme dans les conceptions scientifiques, l’analyse poussée à l’extrême, le morcellement indéfini, une véritable désagrégation de l’activité humaine dans tous les ordres où elle peut encore s’exercer ; et de là l’inaptitude à la synthèse, l’impossibilité de toute concentration, si frappante aux yeux des Orientaux… C’est la recherche pour la recherche, beaucoup plus encore que pour les résultats partiels et fragmentaires auxquels elle aboutit ; c’est la succession de plus en plus rapides de théories et d’hypothèses sans fondement, qui, à peine édifiés, s’écroulent pour être remplacées par d’autres qui dureront moins encore, véritable chaos au milieu duquel il serait vain de chercher quelques éléments définitivement acquis, si ce n’est une monstrueuse accumulation de faits et de détails qui ne peuvent rien prouver ni rien signifier. Nous parlons ici, bien entendu, de ce qui concerne le point de vue spéculatif, dans la mesure où il subsiste encore ; pour ce qui est des applications pratiques, il y a au contraire des résultats incontestables, et cela se comprend sans peine, puisque ces applications se rapportent immédiatement au domaine matériel, et que ce domaine est précisément le seul où l’homme moderne puisse se vanter d’une réelle supériorité. En tout cas, on éprouve très généralement l’impression qu’il n’y a plus, dans l’état actuel, aucune stabilité ; mais tandis que quelques-uns sentent le danger et essaient de réagir, la plupart de nos contemporains se complaisent dans ce désordre où ils voient comme une image extériorisée de leur propre mentalité." 

 

  • La perte.

"Il serait assez logique que les idées que les Occidentaux ont répandues se retournent contre eux, car elles ne peuvent être que des facteurs de division et de ruine ; c’est par là que la civilisation moderne périra d’une façon ou d’une autre ; peu importe que ce soit par l’effet des dissensions entre les Occidentaux, dissensions entre nations ou entre classes sociales, ou, comme certains le prétendent, par les attaques des Orientaux « occidentalisés », ou encore à la suite d'un cataclysme provoqué par les « progrès de la science »; dans tous les cas, le monde occidental ne court de dangers que par sa propre faute et par ce qui sort de lui-même."

 

 

René Guénon,

Extraits de "La Crise du monde moderne" (1927)

Par René Guénon - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 18:01

seul.jpg Depuis notre naissance nous avons été formatés par le système. A l’école, à la télé, vous nous avez éduqués en nous disant que l’histoire est un perpétuel progrès. Le passé est barbare. Mais maintenant, grâce à la démocratie et au sécularisme, nous vivons dans une société civilisée. Il ne reste plus qu’à apporter la démocratie au reste du monde, à ceux qui vivent encore dans les ténèbres de l’obscurantisme car ils ne connaissent pas, ou rejettent, le modernisme. Malheureusement pour vous, ici même au cœur de l’Europe, là où le modernisme bat son plein, il y a des esprits rebelles qui, grâce à Dieu, n’ont pas accepté vos valeurs. Nous avons peu à peu pris conscience que l’humanité ne se dirige pas vers un avenir lumineux et prometteur mais que nous allons dans le mur. Si nous continuons dans cette direction que vous nous imposez, c’est l’abîme qui nous attend. Votre mythe du progrès nous le rejetons. L’évolution du monde de la barbarie vers la civilisation nous n’y croyons plus. Tout ça n’est qu’une illusion mensongère destinée à nous formater pour accepter le chaos qui se prépare. Il n’y a pas eu d’époques plus barbares que le monde moderne.


 

Vous avez voulu nous faire croire que la démocratie est la forme de gouvernement la plus achevée, que lorsque l’on vit dans un pays démocrate, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes car le peuple décide de son avenir. C’est vouloir nous faire oublier un peu vite que le peuple n’est qu’une masse de moutons marchant en rang bien droit en direction de l’abattoir. Les médias nous disent pour qui voter et surtout pour qui ne pas voter. Un parti dérange ? Vous le classez à « l’extrême droite » en nous rappelant bien sûr qu’Hitler et le nazisme sont l’incarnation du Mal et de la barbarie. Heureusement que l’alliance des démocraties et de l’union soviétique nous a sauvé de la cruauté fasciste. Nous ne prendrons même pas la peine de parler du communisme et de ses cent cinquante millions de morts. Pas la peine de s’acharner sur une idéologie morte depuis la fin du vingtième siècle. Revenons-en donc en la sacrosainte démocratie, la civilisation même qui lutte contre la barbarie. Au nom de quoi la population de Dresde a-t-elle été exterminée en 1945 ? Au nom de quelle idéologie Nagasaki et Hiroshima ont-elles été atomisées ? De la démocratie bien sûr. Apparemment il n’y a pas un camp plus civilisé que l’autre dans une guerre, pas même le camp démocrate. A moins que la fin ne justifie les moyens. Ou peut-être que la vie des Allemands et des Japonais ne comptait pas. Et on ne parlera même pas des guerres du vingt-et-unième siècle en Irak et en Afghanistan pour « libérer » les populations du « fascisme islamique ». Oui vraiment, la démocratie c’est la civilisation !

 

 

Venons-en à la sécularisation. Vous avez voulu créer une société sans Dieu, une société anthropocentrique où plus rien n’est sacré. Vous pensez nous avoir libérés de l’obscurantisme religieux pour nous mener dans la lumière de l’humanisme ? Pourtant vous nous avez enlevé la lumière de la Tradition pour nous enchaîner dans les ténèbres de la modernité. Par le passé, les Hommes avaient des valeurs sacrées. Ils savaient d’où ils venaient et où ils allaient. La société avait des repères. Mais aujourd’hui les Hommes ne savent plus d’où ils viennent, ils n’ont plus de racines. Ils ne savent plus non plus où ils vont. Le monde moderne est malade, malade de partout. Chaque génération est plus dégénérée que la précédente, combien de temps ce cycle survivra-t-il avant qu’un cataclysme ne vienne y mettre fin ? Le monde moderne est à bout de souffle. Vous dîtes, avec votre perpétuel mythe du progrès, que l’Homme descend du singe. Pourtant quand on observe la société actuelle, nous aurions plutôt tendance à penser que d’ici quelques générations ce sont des singes qui descendront des Hommes.

 

 

Nous avons vu où mènent vos valeurs, nous avons vu dans quel état de dégénérescence se trouve notre peuple. Et vous voudriez que nous acceptions encore vos mensonges ? Nous sommes nombreux à avoir fait le choix de faire un virage à cent quatre vingt degrés, de rejeter la modernité. Nous avons décidé de rejeter votre mythe du progrès ainsi que ses avatars démocratique et séculier. Pensiez-vous vraiment que tous les Européens accepteraient de rentrer à l’abattoir de leur plein gré ? Non ! Nous sommes une poignée de résistants à avoir fait le choix de retourner à la Tradition. Nous avons embrassé l’Islam, ultime révélation de Dieu à l’humanité dans son ensemble. Désormais nous n’avons plus qu’à attendre que votre système s’écroule, victime de ses propres contradictions. Il est à prévoir que de plus en plus de gens prennent conscience de la fausseté de vos valeurs et retournent peu à peu à la Tradition. Nous ne luttons pas contre vous démocratiquement. La quantité ne nous intéresse pas et nous n’avons pas à essayer de convaincre la populace encore prisonnière de la matrice mentale dans laquelle vous l’emprisonnez du bien fondé de nos idées. Nous vivons parallèlement à votre système et à vos valeurs. Nous sommes là pour guider ceux qui commencent à s’éveiller de vos mensonges mais ne savent pas encore où chercher la vérité. Seule la qualité nous intéresse. Voilà notre stratégie : ni conformisme, ni combat frontal. Vivre en parallèle tout simplement. En regardant mourir votre monde.

 

 

 

Par Muslim559

 

 

 

 

Source: http://oummapatria.wordpress.com/ 

Par Muslim559 - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 02:01

 

temps-modernes.jpg

 

Le problème des castes nous amène à ouvrir ici une parenthèse : comment définir la position ou la qualité de l’ouvrier moderne ? Nous répondrons d’abord que le monde « ouvrier » est une création toute artificielle, dûe à la machine et à la vulgarisation scientifique qui s’y rattache ; autrement dit, la machine crée infailliblement le type humain artificiel qu’est le « prolétaire », ou plutôt, elle crée un « prolétariat », car il s’agit là essentiellement d’une collectivité quantitative et non d’une caste naturelle, c’est-à-dire ayant son fondement dans telle nature individuelle.

Si l’on pouvait supprimer les machines et réintroduire l’ancien artisanat avec tous ses aspects d’art et de dignité, le « problème ouvrier » cesserait d’exister; ceci est vrai même pour les fonctions purement serviles où les métiers plus ou moins quantitatifs, pour la simple raison que la machine est inhumaine et anti-spirituelle en soi.

La machine tue, non seulement l’âme de l’ouvrier, mais l’âme comme telle, donc aussi celle de l’exploiteur ; le couple exploiteur-ouvrier est inséparable du machinisme, car l’artisanat empêche cette alternative grossière par sa qualité humaine et spirituelle même. L’univers machiniste, c’est somme toute le triomphe de la ferraille lourde et sournoise; c’est la victoire du métal sur le bois, de la matière sur l’homme, de la ruse sur l’intelligence (1) ; des expressions telles que « masse », « bloc », « choc » si fréquentes dans le vocabulaire de l’homme industrialisé, sont tout à fait significatives pour un monde qui est plus près des insectes que des humains.

Il n’y a rien d’étonnant au fait que le « monde ouvrier », avec sa psychologie machiniste-scientist
e-matérialiste, soit particulièrement imperméable aux réalités spirituelles, car il présuppose une « réalité ambiante » tout à fait factice : il exige des machines, donc du métal, du vacarme, des forces occultes et perfides, une ambiance de cauchemar, du va-et-vient inintelligible, en un mot, une vie d’insectes dans la laideur et la trivialité ; à l’intérieur d’un tel monde, ou plutôt d’un tel « décor », la réalité spirituelle apparaîtra comme une illusion patente et un luxe méprisable.

Dans n’importe quelle ambiance traditionnelle, au contraire, c’est le problématisme « ouvrier », — donc machiniste, — qui n’aurait plus aucune force persuasive; pour le rendre vraisemblable, il faut donc commencer par créer un monde de coulisses qui lui corresponde, et dont les formes mêmes suggèrent l’absence de Dieu; le Ciel doit être invraisemblable, parler de Dieu doit sonner faux (2).

Quand l’ouvrier dit qu’il n’a « pas le temps pour prier », il n’a pas tellement tort, car il ne fait qu’exprimer par là tout ce que sa condition a d’inhumain, ou disons « d’infra-humain » ; les métiers anciens, eux, étaient éminemment intelligibles, et ils n’enlevaient pas à l’homme sa qualité humaine, laquelle implique par définition la faculté de penser à Dieu. Certains objecteront sans doute que l’industrie est un « fait » et qu’il faut l’accepter comme tel, comme si ce caractère de fait primait la vérité; on prend volontiers pour du « courage » et du « réalisme » ce qui est exactement leur contraire, c’est-à-dire parce que nul ne peut empêcher telle calamité, on appelle celle-ci un  bien » et on glorifie l’incapacité d’y échapper. L'erreur devient vérité parce parce qu'elle
« existe », ce qui est bien conforme au « dynamisme » - et à « l'existencialisme » - de la mentalité machiniste; tout ce qui existe par l'aveuglement des hommes s'appelle « notre temps », avec une nuance « d'impératif catégorique ».

 

... Quoi qu'il en soit, toute situation offre la possibilité, sinon d'une solution objective, du moins d'une mise en valeur subjective, d'une libération par l'esprit; qui comprend la vraie nature du machinisme, échappera par là même aux servitudes psychologiques de la machine, ce qui est déjà beaucoup.

 

... il est une autre objection dont il faut tenir compte : certains diront qu’il y a toujours eu des machines et que celles du XXe siècle sont simplement plus parfaites que les autres, mais c’est là une erreur radicale qu’on rencontre toujours à nouveau sous diverses formes; c’est un manque du sens des « dimensions » , ou autrement dit, c’est ne pas savoir distinguer entre des différences qualitatives ou éminentes et des différences quantitatives ou accidentelles.

Un ancien métier à tisser par exemple, fut-il le plus parfait possible, est une sorte de révélation et un symbole dont l’intelligibilité permet à l’âme de « respirer », alors que la machine est proprement « suffocante » ; la genèse du métier a tisser va de pair avec la vie spirituelle, — ce qui ressort d’ailleurs de sa qualité esthétique, — tandis qu’une machine moderne présuppose au contraire un climat mental et un travail de recherche qui sont incompatibles avec la sainteté, sans parler de son aspect d’arthropode géant ou de boîte magique, lequel a également une valeur de critère : un saint pouvait construire ou perfectionner un moulin à eau ou à vent, mais aucun saint ne peut inventer une machine, précisément parce que le progrès technique implique une mentalité contraire à la spiritualité, critère qui apparaît avec une évidence brutale, nous l’avons dit, dans les formes mêmes des constructions mécaniques (3).

Nous préciserons que dans le domaine des formes comme dans celui de l’esprit, est faux tout ce qui ne s’accorde ni avec la nature vierge, ni avec un sanctuaire ; toute chose légitime tient de la nature d’une part et du sacré d’autre part. Un caractère frappant des machines, c’est qu’elles dévorent des matières, — souvent telluriennes et ténébreuses, — au lieu d’être mises en mouvement par l’homme seul ou par une force naturelle telle que l’eau ou le vent; on est obligé de piller la terre pour les faire « vivre » , ce qui n’est pas le moindre aspect de leur fonction de déséquilibre.

II faut être bien aveugle pour ne pas voir que ni la vitesse ni la surproduction ne sont des biens, sans parler de la prolétarisation du peuple et de l‘enlaidissement du monde (4) ; mais l’argument de base reste celui que nous avons énoncé en premier lieu, à savoir que la technique ne peut naître que dans un monde sans Dieu, — un monde où la ruse s'est substituée à l’intelligence et à la contemplation.
 

 

 

Par Cheikh Issâ Nûr Dîn (F. Schuon)


 


(1). Nous avons lu quelque part que seuls les progrès de la technique expliquent le caractère nouveau et catastrophique de la première guerre mondiale, ce qui est très juste. C'est la machine qui a fabriqué ici l'histoire, comme elle fabrique par ailleurs des hommes, des idées, un monde.


(2). La grande erreur de ceux qui veulent ramener les masses ouvrières au bercail de l’Eglise c’est de confiner l’ouvrier dans sa "déshumanisation" en acceptant l’univers machiniste comme un monde "réel" et légitime, et en se croyant même obligé de l’aimer "pour lui-même". Traduire I’Evangile en argot ou travestir la sainte famille en prolétaires, c’est se moquer des ouvriers autant que de la religion; c'est, en tout cas, de la basse démagogie, ou disons de la faiblesse, car toutes ces tentatives trahissent le complexe d'infériorité que ressent "l'intellectuel" devant cette sorte de "réalisme brutal" qui caractérise l'ouvrier; ce "réalisme" est d'autant plus facile que son domaine est plus limité et plus grossier, donc plus irréel.

(3). Les essais qui, dans l’antiquité et au moyen-âge, se rapprochaient le plus des constructions mécaniques, servaient à l’amusement et étaient considérés comme des curiosités, donc comme des choses rendues légitimes par leur caractère exceptionnel même. Les Anciens étaient, non comme des enfants imprévoyants qui touchent à tout, mais au contraire comme des hommes mûrs qui évitent certains ordres de possibilités dont ils prévoient les conséquences funestes.

(4). Nous devinons bien que certains nous contesteraient le droit moral d’user d’inventions modernes, comme si la structure économique et le rythme de notre époque permettaient d’échapper à celles-ci, et comme s’il était utile d’y échapper dans un monde où nul n’y échappe; du reste, cette contestation ne serait logique que si on nous rendait du même coup toutes les valeurs que le monde moderne a détruites.

Par Cheikh Issâ Nûr Dîn (F. Schuon) - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 15:19

medecine-trad.jpg "Nos pays d'Occident ont perdu le contact avec la nature et l'enchantement du monde peu à peu s'est dissipé. Qui regarde encore aujourd'hui les couchers du soleil, peut entendre le chant des oiseaux et la parole du vent à travers les grands arbres? Les relations à l'invisible, au sacré, ont subi les assauts d'une mentalité par trop raisonneur et desséchant. Comment prendre le temps de s'émerveiller?

 

Dans nos cités modernes, bruit, vitesse, précipitation, compétition, communication effrénée étouffent la recherche des valeurs profondes. Le siècle écoulé, à la poursuite d'un "progrès" ancré sur la matière, nous a dérobé une dimension essentielle: le regard et l'écoute intérieure qui laissent pressentir une autre réalité et sont les voies menant à la sagesse. L'exercice de la médecine africaine au sein de la nature éloigne du contexte appauvrissant de la "modernité" et fait surgir des perspectives qu'un monde agité ne peut percevoir. Il laisse une empreinte si forte que l'on souhaiterait en faire partager les richesses.

 

Pour leur modeste part, que ces souvenirs de tendresse, d'émotion et de gravité ainsi vécus auprès des plantes bénéfiques, des patients et des thérapeutes honorant le sacré, deviennent messagers d'espérance, paix et sérénité pour un monde qui aspire à retrouver son âme et donner un sens à la vie".


Pr Yvette Parès,  

Conclusion de l'ouvrage "Perles de sagesse de la médecine traditionnelle africaine", éditions Yves Michel (2009)

 

 

Documentaire: Primum Non Nocere - H1N1 et Démocratie (par la COBEMA)

 

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Leur progrès - Communauté : Libre parole
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