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Leur progrès

Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 20:56

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" [...] il est facile de constater qu'une des plus notables conséquences du développement industriel est le per­fectionnement incessant des engins de guerre et l'augmentation de leur pouvoir destructif dans de formidables proportions. Cela seul devrait suffire à anéantir les rêveries « pacifistes » de certains admirateurs du «progrès » moderne ; mais les rêveurs et les « idéalistes » sont incorrigibles, et leur naïveté semble n'avoir pas de bornes. L' « humanitarisme » qui est si fort à la mode ne mérite assurément pas d'être pris au sérieux ; mais il est étrange qu'on parle tant de la fin des guerres à une époque où elles font plus de ravages qu'elles n'en ont jamais fait, non seulement à cause de la multiplication des moyens de destruction, mais aussi parce que, au lieu de se dérouler entre des armées peu nombreuses et composées uniquement de soldats de métier, elles jettent les uns contre les autres tous les individus indistinctement, y compris les moins qualifiés pour remplir une semblable fonction. " - René Guénon.

 

 



Par Réveil des Consciences - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 00:12

" le fond même de l'idée "démocratique", c'est qu'un individu quelconque en vaut un autre, parce qu'ils sont égaux numériquement, et bien qu'ils ne puissent jamais l'être que numériquement. " - René Guénon.

 

 


Par Réveil des Consciences - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 18 janvier 2013 5 18 /01 /Jan /2013 03:14

 

 

La « Science  »,  avec une majuscule, comme le « Progrès  » et la « Civilisation  », comme le « Droit », la « Justice  » et la « Liberté », est encore une de ces entités qu’il faut mieux ne pas chercher à définir, et qui risquent de perdre tout leur prestige dès qu’on les examine d’un peu trop près. Toutes les soi-disant « conquêtes  » dont le monde moderne est si fier se réduisent ainsi à de grands mots derrière lesquels il  n’y a rien ou pas grand-chose:  suggestion collective, avons-nous dit, illusion qui, pour être partagée par tant d’individus et pour se maintenir comme elle le fait, ne saurait être spontanée; peut-être essaierons-nous quelque jour d’éclaircir un peu ce coté de la question. Mais, pour le moment, ce n’est pas de cela principalement qu’il s’agit; nous constatons seulement que l’Occident actuel croit aux idées que nous venons de dire, si tant est que l’on puisse appeler cela des idées, de quelque façon que cette croyance lui soit venue. Ce ne sont pas vraiment des idées, car beaucoup de ceux qui  prononcent ces mots avec le plus de conviction n’ont dans la pensée rien de bien net qui y corresponde ; au fond, il n’y a là, dans la plupart des cas, que l’expression, on pourrait même dire la personnification, d’aspirations sentimentales plus ou moins vagues. Ce sont de véritables idoles, les divinités d’une sorte  de « religion laïque »  qui n’est pas nettement définie, sans doute, et qui ne peut pas l’être, mais qui n’en a pas moins une existence très réelle: ce n’est pas de la religion au sens propre du mot, mais c’est ce qui prétend s’y substituer, et qui mériterait mieux d’être appelé « contre-religion ».

 

 

René Guénon,

Orient et Occident, 1ère partie: Illusions occidentales, chap. II La Superstition de la science. (1924)

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Leur progrès - Communauté : Islam
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Samedi 8 décembre 2012 6 08 /12 /Déc /2012 08:10

" L’argument le plus décisif contre la « démocratie » se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins », cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir. Il importe de remarquer que c’est précisément le même argument qui, appliqué dans un autre ordre, vaut aussi contre le « matérialisme » ; il n’y a rien de fortuit dans cette concordance, et les deux choses sont beaucoup plus étroitement solidaires qu’il ne pourrait le sembler au premier abord. Il est trop évident que le peuple ne peut conférer un pouvoir qu’il ne possède pas lui-même ; le pouvoir véritable ne peut venir que d’en haut, et c’est pourquoi, disons-le en passant, il ne peut être légitimé que par la sanction de quelque chose de supérieur à l’ordre social, c’est à dire d’une autorité spirituelle ; s’il en est autrement, ce n’est plus qu’une contrefaçon de pouvoir, un état de fait qui est injustifiable par défaut de principe, et où il ne peut y avoir que désordre et confusion.

 

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[...] [Le gouvernement du peuple par lui-même] c’est  là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribués eux-mêmes ; mais la grande habilité des dirigeants dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose qu’on peut très facilement diriger ou modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées, y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé ; nous ne savons plus qui a parlé de « fabriquer l’opinion », et cette expression est tout à fait juste, bien qu’il faille dire, d’ailleurs, que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en réalité à leur disposition les moyens nécessaires pour obtenir ce résultat."


 

 Sheykh Abd-al-Wâhid Yahyâ [René Guénon]

Par René Guénon - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 3 novembre 2012 6 03 /11 /Nov /2012 03:52

543427_473272962717286_1199044468_n.jpg " Les Occidentaux reprochent souvent aux civilisations orientales, entre autres choses, leur caractère de fixité et de stabilité, qui leur apparaît comme la négation du progrès, et qui l’est bien en effet, nous le leur accordons volontiers; mais, pour voir là un défaut, il faut croire au progrès. Pour nous, ce caractère indique que ces civilisations participent de l’immutabilité des principes sur lesquels elles s’appuient, et c’est là un des aspects essentiels de l’idée de tradition ; c’est parce que la civilisation moderne manque de principe qu’elle est éminemment changeante.


[…] L’immuable, ce n’est pas ce qui est contraire au changement, mais ce qui lui est supérieur, de même que le « supra-rationnel » n’est pas l’ « irrationnel » ; il faut se défier de la tendance à arranger les choses en oppositions et en antithèses artificielles, par une interprétation à la fois « simpliste » et systématique, qui procède surtout de l’incapacité d’aller plus loin et de résoudre les contrastes apparents dans l’unité harmonique d’une véritable synthèse.

Il n’en est pas moins vrai qu’il y a bien réellement, sous le rapport que nous envisageons ici comme sous beaucoup d’autres, une certaine opposition entre l’Orient et l’Occident, du moins dans l’état actuel des choses : il y a divergence, mais, qu’on ne l’oublie pas, cette divergence est unilatérale et non symétrique, elle est comme celle d’un rameau qui se sépare du tronc ; c’est la civilisation occidentale seule qui, en marchant dans le sens qu’elle a suivi au cours des derniers siècles, s’est éloignée des civilisations orientales au point que, entre celle-là et celles-ci, il semble n’y avoir pour ainsi dire plus aucun élément commun, aucun terme de comparaison, aucun terrain d’entente et de conciliation. L’Occidental, mais spécialement l’Occidental moderne (c’est toujours de celui-là que nous voulons parler), apparaît comme essentiellement changeant et inconstant, comme voué au mouvement sans arrêt et à l’agitation incessante, et n’aspirant d’ailleurs point à en sortir ; son état est, en somme, celui d’un être qui ne peut parvenir à trouver son équilibre, mais qui, ne le pouvant pas, refuse d’admettre que la chose soit possible en elle-même ou simplement souhaitable, et va jusqu’à tirer vanité de son impuissance. " 

René Guénon

Par René Guénon - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 3 août 2012 5 03 /08 /Août /2012 23:47

 

"Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l'ombre des baobabs."

Amadou Hampâté Bâ



 

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" [...] mieux vaut ne rien connaitre du tout que d’avoir l’esprit encombré d’idées fausses, souvent indéracinables, surtout lorsqu’elles ont été inculquées dès le plus jeune âge. L’ignorant garde du moins la possibilité d’apprendre s’il en trouve l’occasion ; il peut posséder un certain « bon sens » naturel, qui, joint à la conscience qu’il a ordinairement de son incompétence, suffit à lui éviter bien des sottises. L’homme qui a reçu une demi-instruction, au contraire, a presque toujours une mentalité déformée, et ce qu’il croit savoir lui donne une telle suffisance qu’il s’imagine pouvoir parler de tout indistinctement ; il le fait à tort et à travers, mais d’autant plus facilement qu’il est plus incompétent : toutes choses paraissent si simples à celui qui ne connaît rien ! "

 

René Guénon

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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 20:50

1967_La_Vingt_cinquieme_heure_01.jpg «Les américains avaient promis à ceux qui s'engageaient comme volontaires dans les brigades occidentales de les mettre en liberté. Et tous les hommes avaient demandé à être volontaires. Non pas pour lutter, mais pour ne plus rester enfermés. Pour ne plus crever de faim.


- C'est un enthousiasme colossal ! dit Mr. Lewis. La cause pour laquelle l'Occident lutte contre la barbarie de l'Orient a été adoptée par tout le monde. Tous les hommes sont conscients que l'heure est venue pour eux de mourir ou de vaincre. Cette guerre fera époque. Cette guerre est unique dans l'Histoire. L'Occident civilisé contre l'Orient barbare. Une guerre vraiment mondiale. La première guerre mondiale de l'Histoire.

Mr. Lewis se frotta les mains.

- C'est un bonheur et un honneur que de participer à cette guerre. La victoire nous appartient déjà. Toute la guerre sera civilisée. Il n'y aura plus jamais de guerre. Rien que du progrès, de la prospérité et du confort.

 

Eleonora West sourit.

- Vous me paraissez pas enthousiasmée, dit Mr. Lewis. Je vois que vous n'êtes pas passionnée pour la cause de l'Occident. Seriez-vous philo-bolchévick ? Vous êtes la seule à avoir des réserves. La seule à ne pas être enthousiasmée.

- Pas un n'est enthousiasmé, dit Eleonora West. C'est vous qui les voyez enthousiasmés !

- Tous nos volontaires ne sont-ils pas entièrement antibolchévicks ?

- Si, répondit Eleonora West. Antibolchévicks mais c'est tout ! Cela veut dire qu'ils désirent vivre en liberté, ne plus sentir l'atmosphère de terreur, ne plus être tués, affamés, déportés, torturés. Leur attitude n'est pas politique. C'est l'attitude prise par l'homme devant le crime, la terreur et l'esclavage.

- Que désirez-vous de plus ? demanda Mr. Lewis. Cela veut dire qu'ils sont entièrement engagés dans la cause de l'Occident, car nous combattons pour leur offrir la liberté, la sécurité, la protection, la démocratie !

- Ne vous laissez pas griser par des mots, Mr. Lewis, dit Eleonora West. Cette guerre que vous appelez guerre mondiale, n'est pas une guerre de l'Occident contre l'Orient. Et à proprement parler ce n'est même pas une guerre, bien que la ligne de bataille aille d'une pôle à l'autre et recouvre la terre. Cette guerre n'est qu'une révolution intérieure dans le cadre de la Société technique occidentale ; une simple révolution intérieure, exclusivement occidentale.

- Mais nous luttons contre l'Orient, contre toute l'Europe de l'Est ! dit Mr. Lewis.

- C'est faux ! Dit Eleonora West. Vous, l'Occident, vous luttez contre une branche de votre Civilisation.


- Nous luttons contre la Russie.

- La Russie, après la révolution communiste, est devenue la branche la plus avancée de la Civilisation technique occidentale. La Russie a pris toutes ses théories à l'Occident et elle les a mises simplement en pratique. Elle a réduit l'homme à zéro, comme elle l'avait appris de l'Occident. La Russie a imité l'Occident comme seul un barbare et un sauvage pourrait le faire. Les seules choses vraiment russes qu'elle ait apportées à la Société communiste – c'est le fanatisme, c'est la barbarie. Un point, c'est tout. En U.R.S.S. la soif de sang et le fanatisme mis à part, tout vient de l'Occident. Et vous, vous combattez cet aspect de la Civilisation occidentale : la branche communiste de la Société technique occidentale. Et c'est pourquoi cette troisième guerre mondiale n'est, et ne peut être qu'une révolution intérieure qui a éclaté et suit son cours à l'intérieur même de la Société technique occidentale. Les branches atlantique et européenne de la Société occidentale luttent contre le groupe communiste occidental. C'est une lutte intérieure qui se poursuit entre deux catégories, entre deux classes de la même société, c'est, si vous le voulez, une révolution de classe exactement comme la révolution bourgeoise de 1848. L'Orient ne participe pas à cette révolution intérieure occidentale. Personne en dehors de la Société occidentale ne participe à cette révolution. Et du moment que cette révolution est typiquement occidentale, Mr. Lewis, elle n'est pas faite en faveur des hommes. La Société occidentale n'a pas d'hommes. 


- Je ne comprends pas.

- C'est très simple, dit Nora West. Les intérêts de la Société occidentale ne sont pas ceux des hommes. Bien au contraire. Dans la Société technique occidentale, les hommes vivent, tout comme les premiers chrétiens, en marge de la vie. Ils restent cachés. Les hommes n'ont pas la permission de paraître en public. Ils n'ont pas la permission de détenir des fonctions publiques. Nulle part et surtout pas dans les bureaux, car votre Civilisation a remplacé les autels par les bureaux. Les hommes qui sont encore des hommes sont obligés de se cacher. Autrement, ils sont obligés d'agir selon les lois techniques, selon les lois de la machine. L'homme a été réduit à une seule de ses dimensions: à la dimension sociale. Il a été transformé en Citoyen, ce qui n'est plus synonyme de la notion d'homme. La société technique ignore l'homme. Elle ne le connaît plus que sous sa forme abstraite de Citoyen.


Et du moment qu'elle ne le connaît pas, comment pourrait-elle faire une révolution pour lui?»

 

 

 

Virgil Gheorghiu.

Extrait de l'ouvrage "La vingt cinquième heure".

Par Virgil Gheorghiu - Publié dans : Leur progrès - Communauté : La Cyber-résistance
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