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Boycott, Désinvestissement, Sanctions

Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 14:48

 

AUCHAN COMPLICE DE LA COLONISATION EN PALESTINE !

AUCHAN COMPLICE DES CRIMES DE GUERRE ET DE L’APARTHEID ISRAELIEN !

CELA DOIT CESSER

 

 

Alors que l’Etat israélien annonce la construction de nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie et poursuit la construction du Mur de séparation volant toujours plus de terres aux paysans palestiniens

 

Alors que ces derniers mois, encore, des centaines de palestiniens ont été blessés lors de manifestation contre la colonisation de leurs terres et l’apartheid qu’ils subissent

 

Le groupe Auchan continue à importer illégalement des produits fabriqués dans les colonies de Cisjordanie et à refuser toute discussion sur des pratiques qui  soutiennent de fait  la politique de pillage des ressources et des terres palestiniennes.

 

Auchan est l'un des principaux acheteurs en France des produits de la compagnie israélienne Mehadrin. Mehadrin a succédé à Agrexco ; elle exporte en France, sous les marques Carmel, Jaffa ou Star Ruby 70% des produits  agricoles des colonies israéliennes. Dans la vallée du Jourdain 95% des terres palestiniennes et 98% de l’eau ont été confisquées au profit de 7000 colons.

 

La vente de ces produits est illégale à plusieurs titres :

 

-Selon le droit international, il est interdit de vendre des produits venant de l’exploitation de terres colonisées

 

-L’accord d’association Union européenne-Israël, dans son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux « du territoire israélien ». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël.

 

 -Le Code français du commerce interdit la falsification des « règles d’origine » des produits (et donc la mention « made in Israël » au lieu de « made in Palestine » ou « made in Westbank », etc.) ;

 

-La Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005, relayée dans le droit français (code de la consommation) prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses reposant sur des allégations ou présentations fausses de nature à induire le consommateur en erreur.

 

AUCHAN ne peut à la fois se revendiquer de «  s'engager pour le commerce éthique » et vendre des produits illégaux des colonies israéliennes. Il faut choisir !

 

 

Par BDS France - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 16:21

Compte-rendu du procès BDS qui vient de se dérouler vendredi :


Refusant de céder aux pressions gouvernementales, la procureure de la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris s en est remise à la sagesse des juges, dans le procès où Olivia Zémor, présidente de CAPJPO-EuroPalestine, était poursuivie pour avoir mis en ligne la vidéo d une action de boycott d Israël (BDS) conduite à Evry (Essonne) en juillet 2009. Le jugement sera rendu le 8 juillet prochain.


Comme on le sait, le réquisitoire du procureur, représentant de l accusation dans la salle, est un moment-clé de tout procès pénal. Dans la majorité des cas, le procureur, qui intervient vers la fin de l audience, s appuie en effet sur le dossier d accusation, et demande aux juges de prononcer une peine, plus ou moins importante.

Mais les procès intentés aux militants de la campagne Boycott Israël (à Perpignan, Pontoise, Mulhouse, Bobigny, etc.), alors que des appels à boycott de la Chine, du Mexique, du Canada ou encore de la Birmanie sont proposés sans problème à l opinion publique et aux consommateurs, n existent en France que par la seule volonté du lobby israélien et de son odieux chantage à l antisémitisme.

Ce n est en effet que pour complaire à ce lobby (dont quatre officines, avec leurs avocats, étaient présentes vendredi sur les bancs de la partie civile), que le pouvoir politique français, à travers l ex-ministre Michèle Alliot-Marie (dégagée du gouvernement il y a quelques mois à cause de ses liaisons douteuses avec le régime du dictateur tunisien Ben Ali), a engagé des poursuites contre les militants BDS depuis 2010.

Mais la magistrature n est heureusement pas uniquement composée d auxiliaires serviles de la volonté gouvernementale, et on a pu vérifier vendredi qu il y a encore dans ce pays des esprits indépendants, y compris dans ce qu on appelle la « magistrature debout » (les représentants de l accusation, par opposition aux juges proprement dits, qui forment la « magistrature assise »). Autrement dit, des gens qui continuent de penser que tout accusé a droit à un procès équitable, et qui entendent se forger une opinion par eux-mêmes, après avoir vu les pièces et entendu les débats.

La très courte déclaration de la procureure, qui a indiqué que le Parquet de Paris ne suivait pas les instructions de la chancellerie et ne demandait aucune condamnation contre l accusée malgré les menaces à peine voilées proférées à l audience par le lobbyiste israélien Goldnadel- fut donc l un des temps forts d une audience par ailleurs passionnante en tous points.

Ne cachant pas leur intérêt pour ce qui promettait d être le premier débat de fond sur la campagne de boycott d Israël devant une cour de justice, conscient aussi de la mobilisation suscitée par la scandaleuse poursuite à l encontre d Olivia, le président du tribunal et ses deux assesseurs s étaient préparés à une séance longue. De fait, commencée à 15h30, la séance ne fut levée qu à 1 h du matin, après le passage du dernier métro !

Nous n avons pas été déçus, en tout cas les 150 d entre nous qui avaient réussi à trouver une place dans la salle, tandis que des dizaines d autres sympathisants de la cause du peuple palestinien étaient contraints d attendre devant la porte qu une petite place se libère pour pouvoir entrer à leur tour.

Selon notre pointage, près de 300 personnes, dont une grande partie de la première à la dernière minute, se sont mobilisées vendredi en défense d Olivia. Jeunes ou vieux, franciliens, provinciaux et belges levés de bonne heure, ces hommes et ces femmes forçaient le respect de la cour par leur calme, leur détermination, leur extrême attention surtout, malgré la durée et la chaleur estivale. Qu ils en soient ici remerciés de tout c ur.

Félicitations et remerciements aussi aux 9 témoins de la défense, venus parfois de loin, et privés d une bonne partie des débats puisque, règlement oblige, les témoins sont « enfermés » dans une salle annexe tant qu ils n ont pas eux-mêmes été appelés à déposer à la barre.

Merci d abord à Hajo Meyer, survivant juif d Auschwitz aujourd hui âgé de 86 ans, venu d Amsterdam en Hollande. Après avoir dénoncé l odieux amalgame pratiqué par les dirigeants israéliens entre antisionisme et antisémitisme, témoin de l avènement du régime hitlérien dans son Allemagne natale, Hajo s attacha à argumenter son soutien au boycott d Israël, notamment le boycott de ses institutions universitaires. L Université israélienne, exposa-t-il, porte une lourde responsabilité dans la fabrication du poison raciste qui infeste la société israélienne, et des outils de répression "scientifique" aux mains de l armée. Sa complicité est encore plus grande quand on sait qu elle n a jamais levé le petit doigt pour s opposer à la politique de l armée d occupation pour empêcher la jeunesse palestinienne d exercer son droit fondamental à l éducation.

Merci ensuite à Liliana Cordova, animatrice de l IJAN (Réseau international des Juifs anti-sionistes). Franco-argentine, Liliana a vécu 14 ans en Israël, qu elle a fini par quitter, dégoûtée par le racisme et la ségrégation ambiants. Son association, l IJAN, était partie prenante à l action d Evry, que Liliana a fièrement revendiquée à la barre.

Merci aussi à Omar Soumi. Ce jeune universitaire franco-palestinien était en 2009 le président de Génération Palestine, une des associations cosignataires de la vidéo d Evry, mise en ligne elle aussi sur son site. Le président du tribunal se montra particulièrement attentif, lorsqu Omar, avec calme, raconta comment l armée israélienne lui a interdit, au poste dit « frontière » qui sépare la Jordanie de la Cisjordanie occupée, de rendre visite à sa propre famille palestinienne.

Merci encore à Eric Hazan, des éditions La Fabrique, qui s étonna de ne pas être lui-même poursuivi, alors qu il a sorti il y a un an un livre entier consacré au boycott d Israël, « Le BDS », du militant palestinien Omar Barghouti. Eric Hazan connait bien les parties civiles, puisque ce sont les mêmes qui avaient tenté, il y a quelques années, de faire condamner un autre ouvrage critique de la politique israélienne édité par La Fabrique, la passionnante « Industrie de l Holocauste » de l Américain Norman Finkelstein. Il est vrai qu Eric Hazan avait gagné le procès Finkelstein haut la main, et que Goldnadel n a pas forcément envie de recommencer.

La sénatrice Alima Boumediene-Thiery, autre cible privilégiée du lobby sioniste et du gouvernement de Sarkozy (une première poursuite ayant été déclarée nulle par le tribunal de Pontoise, Alima est néanmoins reconvoquée par la police judiciaire !) rendit compte de l émotion soulevée par ces atteintes à la liberté d expression y compris dans les milieux parlementaires. Elle informa le tribunal de la pétition signée en sa faveur par des centaines de députés et sénateurs, y compris d élus appartenant à la majorité. Elle rappela également qu en qualité de députée au parlement européen, elle fut l initiatrice de la résolution adoptée le 10 avril 2002, exigeant la suspension des privilèges accordés par l Union européenne à Israël, résolution que les gouvernements dont le gouvernement français, cela va sans dire- refusèrent anti-démocratiquement de mettre en uvre. Dès lors que les gouvernements refusent d appliquer le droit, de quels autres moyens, sinon le boycott, les citoyens disposent-ils ?, demanda-t-elle au tribunal.

Alain Krivine, ancien député européen, lui aussi, et animateur historique de la LCR et désormais du NPA, revendiqua sa part de responsabilité dans l action à l hypermarché Carrefour d Evry, dont la vidéo fut pareillement mise en ligne sur le site internet de son parti. Taquin, il fit également remarquer au tribunal que le NPA, dans les professions de foi de ses candidats aux élections européennes de 2009, s était prononcé noir sur blanc pour le boycott d Israël , tant que cet Etat ne respecterait pas les droits élémentaires du peuple palestinien. Petite précision : de tels documents électoraux sont de par la loi préalablement visés par les services du ministère de l Intérieur, qui a la faculté de censurer des textes comportant des mentions illégales, incitant à la discrimination raciale pour prendre un exemple « au hasard ». Il n en avait rien été, et les rotatives du NPA imprimèrent tranquillement la bagatelle de 90 millions de ces professions de foi, routées ensuite aux électeurs aux frais de l Etat, comme prévu par la loi !

Ghislain Poissonnier, magistrat professionnel actuellement en disponibilité, détaché un temps auprès du CICR (Comité International de la Croix-Rouge) en Cisjordanie occupée, exposa synthétiquement le contenu d une note sur la licéité du boycott, qu il a publiée récemment dans un recueil du Dalloz, la « Bible » française en matière de doctrine juridique. Il insista en outre sur les obligations de l Etat français lui imposant, en droit, de prendre des sanctions contre les personnes ou Etats violant le droit international, ce qui est le cas d Israël au regard d une série de textes, à commencer par les Conventions de Genève.

Le Professeur de droit Géraud de la Pradelle, avant-dernier des neuf témoins cités par la défense, expliqua le contenu et la portée des Conventions de Genève, ainsi que celui du jugement délivré par la Cour Internationale de Justice qui, le 9 juillet 2004 à La Haye (Pays-Bas), condamna à l unanimité (moins la voix du représentant israélien) la construction du mur de l annexion en Cisjordanie. « Une très large majorité, dans la communauté des juristes internationaux, ne comprennent pas pourquoi Israël, malgré les nombreuses résolutions condamnant ses actions, échappe à toute sanction », résuma-t-il.

Enfin, Mgr Jacques Gaillot, 75 ans (« je suis né en 1935, un 11 septembre si vous voulez tout savoir ») réaffirma son soutien à la campagne de boycott, et plus généralement son propre combat pour que le peuple palestinien obtienne justice et liberté.

Qu on excuse maintenant l auteur de ces lignes, qui a pourtant pris pas mal de notes, s il a du mal à restituer de manière cohérente les propos des quatre avocats des associations sionistes (Charles Bakkouche pour son client, l inénarrable Sammy Ghozlan du BNVCA ; Gilles-William Goldnadel pour son client l association France-Israël dont il est lui-même le président ! ; Aude Weill-Raynal, du cabinet Goldnadel, pour son client l association Avocats Sans Frontières présidée par un certain ... Goldnadel ! ; et Stéphane Markowicz, pour la Chambre de commerce France-Israël).

La difficulté, c est que le terrain d activité privilégié par les officines sionistes, ce n est pas le débat public, mais les pressions, dans le cadre d entretiens privés, sur les responsables politiques, voire judiciaires. Alors, quand ils arrivent au tribunal, convaincus que c est déjà « dans la poche » puisqu ils ont l échelon politique avec eux, ils ont tendance à penser que l étalage de leur arrogance sera suffisant, l audience n étant de leur point de vue qu une formalité. D où une succession de propos, tantôt injurieux, tantôt aberrants (une pensée particulière, ici, pour Markowicz, qui a tenté de semer le doute sur la réalité du calvaire vécu par Hajo Meyer sous le nazisme ; Markowicz avait déjà fait le coup à Bordeaux face à notre ami Maurice Rajsfus, autre rescapé du génocide). On retiendra aussi des parties civiles leur gloutonnerie, ou plus sérieusement dit, leur volonté de frapper CAPJPO-EuroPalestine au portefeuille : chacune de ces associations demande ainsi de 10.000 à 15.000 € de dommages et intérêts, et plus 3.000 à 4000 € par avocat pour « frais de justice » (soit plus de 50.000 euros au total !!).

A noter, enfin, au chapitre des parties civiles, ce moment ubuesque où Goldnadel, conscient de la faiblesse de son propre talent oratoire, se lança dans la lecture des élucubrations du nommé Taguieff, un pseudo-chercheur, pape auto-proclamé de « la nouvelle judéophobie », celle des « islamo-gauchistes » s entend.

Les plaidoiries des trois avocats de la défense ont été d un tout autre niveau, démontant point par point les mensonges de la partie adverse, mais aussi le rôle peu reluisant de l Etat français dans cette affaire.

Me. Henri Choukroun a notamment démontré le caractère parfaitement raciste et ségrégationniste de l Etat d Israël, qui ne se gêne pas de son côté pour appeler au boycott de nations et de firmes dès qu elles refusent d adhérer à sa politique. Il a également souligné les lettres de noblesse du boycott dans l histoire.

Me Dominique Cochain a magistralement envoyé dans les cordes les avocats de la partie civile en démontrant leurs liens avec l extrême-droite et des personnalités fascistes. Elle a expliqué à tous ceux qui font semblant de s étonner de l empathie dont jouit le peuple palestinien, que si de nombreux autres peuples sont victimes d injustices et comptent parfois davantage de morts et de blessés, seul le peuple palestinien subit l extraordinaire déni du statut de victimes, puisque il est bon ton de le présenter régulièrement comme le responsable de tous les maux et tous les crimes de guerre dont il souffre.

Me Antoine Comte, dans une plaidoirie qui restera sans doute dans les annales, a donné un cours de droit aux parties civiles qui s appuient sur la méthode coué pour affirmer que le boycott est illégal en France, mélangeant pommes et poires, produits et personnes, droit de la presse et droit économique.... Eh bien, c est faux, a-t-il démontré, la boycott pour des raisons politiques et morales n est pas illégal. Et la France devient la risée de toute l Europe en appelant à la condamnation des femmes et des hommes qui appellent à boycotter Israel, et uniquement Israël. Tout comme la chancellerie se ridiculise en entamant des poursuites uniquement contre Olivia Zémor, alors qu une dizaine d autres organisations ont participé à l action incriminée, l ont revendiquée, et l ont publiée sur de nombreux sites.

Il s était au préalable indigné de la rédaction de la citation à comparaître par cette même chancellerie, qui accusait la présidente de CAPJPO-EuroPalestine du délit de discrimination envers des personnes, alors même que le ministère public se permettait une expression racialiste dans l énoncé de l accusation, en visant notamment "une femme de type nord-africain" pour ses propos dans la vidéo d Evry.

Enfin, l accusée elle-même, guère impressionnée par les calomnies et le terrorisme moral des Goldnadel et autres Markowicz, a contribué a retourner la situation, en faisant de ce procès, non pas celui du boycott d Israël, mais bien celui de l Etat d Israël et de l Etat français pour sa collaboration avec des criminels de guerre.

 


CAPJPO-EuroPalestine

Par CAPJPO-EuroPalestine - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 02:48

Sans commentaire.

 

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 23:55

Réponse à Pascal Bruckner, Bertrand Delanoë, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Yvan Attal, Pierre Arditi, Michel Boujenah, Patrick Bruel et Cie…

 

« Le boycott d'Israël est une arme indigne », écrivez-vous ce lundi 1er novembre dans Le Monde (article ci-dessous). Vous affirmez avec une certitude étonnante que « la Justice française ne tardera pas à confirmer » l’illégalité du boycott. Selon vous, tous ceux qui veulent ainsi aider les Palestiniens à obtenir leurs droits seraient des hors-la-loi. Votre argument ? On ne saurait appliquer ce « type de traitement à la démocratie israélienne ». Mais comment pouvez-vous appeler « démocratie » un Etat qui s’est construit par la violence, en chassant les Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres en 1948 ?


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Un Etat qui, à toutes les époques, n’a cessé de planifier le nettoyage ethnique :
 

« Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place. » (David Ben Gourion, 1937).

« Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles, leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs. » (Yitzhak Shamir, 1988).

« Entre nous soit dit, il doit être clair qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Il n'y a pas d'autre possibilité que de transférer les Arabes d'ici vers les pays voisins - tous. Pas un seul village, pas une seule tribu ne doit rester. » (Joseph Weitz, 1940).

« Les Palestiniens n'ont jamais existé. » (Golda Meir, 1969) « Chacun doit bouger, courir et s'emparer d'autant de collines qu'il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l'on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera. » (Ariel Sharon, 1998)*

Comment pouvez-vous appeler « démocratie » un Etat qui, aujourd’hui encore, refuse le retour des gens qu’il a chassés et continue à voler systématiquement les terres pour s’agrandir tout en prétendant négocier ?

Soyons clair : un Etat colonial, basé sur le vol de la terre et l’expulsion d’un peuple, ne sera jamais une démocratie. Même s’il possède un parlement, même si les voleurs discutent démocratiquement entre eux sur la meilleure façon de voler, ça reste un Etat de voleurs qui règnent par la force.

Le boycott est-il illégal ?

Absolument pas, puisqu’il vise à assurer le respect du droit. Voici ce qui est réellement illégal…

Avoir chassé les Palestiniens de leur pays en 1948 et refuser leur retour est illégal, affirme l’ONU. Conquérir de nouveaux territoires par la force est illégal. Empêcher les Palestiniens de vivre sur leurs terres, de travailler, d’étudier ou de circuler librement est illégal. Détruire leurs maisons et leurs oliviers est illégal. Emprisonner des enfants de douze ans est illégal. Construire un mur de séparation, voler l’eau et les terres des territoires occupés est illégal. Utiliser des armes au phosphore et au laser est illégal. Bombarder des maisons, des écoles, des hôpitaux, des ambulances, des missions de l’ONU est illégal. Torturer est illégal. Assassiner les dirigeants palestiniens est illégal. Massacrer des défenseurs de la paix dans les eaux internationales est illégal.

Face à ces illégalités, que fait la ministre française de la Justice ? Appelle-t-elle à sanctionner l’Etat qui les commet ? Empêche-t-elle l’importation en France des produits issus de ce vol des terres ? Non, elle attaque ceux qui dénoncent cette illégalité ! Et vous soutenez cette ministre qui bafoue le droit international. Ahurissant !

Vous écrivez : « Nous sommes résolument contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. ». Mais le boycott existe déjà ! Depuis soixante ans, les Palestiniens sont boycottés par Israël, et vous ne faites rien contre ça. Puisque les dirigeants israéliens n’agissent qu’en fonction du rapport de forces, le boycott est une arme parfaitement digne pour leur imposer la paix. Comme il le fut contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Vous écrivez : « La critique n'a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. » Mais depuis soixante ans, Israël rejette, nie et délégitimise les Palestiniens et ça ne vous indigne pas ?

Vous écrivez : « Céder à l'appel du boycott, (c’est) signifier que la négociation n'est plus dans le champ du possible. » Pas du tout. La solution existe, elle est toute simple, comme vient de le rappeler le musicien juif Gilad Atzmon : « Les Israéliens peuvent mettre fin au conflit en un clin d’oeil : demain matin à son lever, Nétanyahou rend aux Palestiniens les terres qui leur appartiennent. »

C’est trop demander ? Dès 1968, les grandes organisations palestiniennes ont elles-mêmes fait de grandes concessions en proposant de former un seul « Etat démocratique, progressiste, non confessionnel dans lequel juifs, chrétiens et musulmans vivront ensemble en paix et en jouissant des mêmes droits. » C’est Israël qui a refusé et refuse toujours, c’est Israël qui s’accroche à son obsession d’un Etat ethniquement pur, réservé aux juifs, et vous ne lancez pas de grands appels contre cela ?

C’est encore trop demander ? Les Palestiniens ont même accepté de se contenter de 22% de leurs terres initiales, et ça encore Israël le refuse, continuant à voler les terres, petit-à-petit, et vous ne faites rien contre cela.

En définitive, ce qui est « indigne », ce n’est pas le boycott.

C’est votre attitude. Car tout ce que je viens d’écrire, vous le savez et, en le cachant à l’opinion, vous la désinformez. Dans quel intérêt ?

Je crains que la chose véritablement indigne dans votre texte, ce soient vos motivations. Dans mon livre Israël, parlons-en !, j’ai indiqué que les trois plus puissants groupes médiatiques français - Lagardère, Dassault, Bouygues – sont tous trois aux mains de familles richissimes qui font de gros profits avec Israël et lui fournissent ses armes ou ses instruments de colonisation. Alors, si un artiste ou un intellectuel français ose s’opposer à ces groupes et dire la vérité, adieu carrière, adieu fortune ! Comme disait Bertolt Brecht : « Déplaire aux possédants, c'est renoncer à posséder soi-même. »

Ceux qui vous lisent, ceux qui vous écoutent, auront toujours intérêt à se poser la question fondamentale : « Quels sont les intérêts derrière ce discours ? »

 

 

Par Michel Collon


 

 

 

Source: http://www.michelcollon.info/Boycott-d-Israel-qu-est-ce-qui-est.html


* Sources des citations : Michel Collon, Israël, parlons-en ! , Couleur Livres, Investig’Action, Bruxelles, 2009, pages 297-299.


Par Michel Collon - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 05:32

La campagne de boycott ; désinvestissements et sanctions (BDS) continue à prendre de l’ampleur, que ce soit aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, écrit Eric Walberg.


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Vendredi 24 septembre 2010 - Une femme palestinienne interpelle des soudards israéliens lors d’une manifestation contre le mur d’apartheid dans le village de Bil’in en Cisjordanie près de Ramallah - Photo : AP/ Majdi Mohammed

 

 

En juillet, à Olympia, la ville de Rachel Corrie dans l’État de Washington, la Coop agro-alimentaire a annoncé qu’elle ne vendrait aucun produit israélien dans ses deux supermarchés. L’archevêque Desmond Tutu, principal partisan de cette nouvelle campagne de désinvestissement en Israël a fait une déclaration de soutien au boycott. « La Coop d’Olympia a rejoint un mouvement mondial grandissant animé par des citoyens et le secteur privé afin de soutenir la lutte palestinienne non-violente pour la justice et l’auto détermination. »


Au mois d’août, l’Université de Harvard a causé la surprise en retirant tous ses placements israéliens, soit près de 40 millions de dollars en actions dans des industries pharmaceutiques, NICE Systems, Check Point Software Technologies, Cellcom Israel et Partner Communications. Au début, Harvard n’a pas motivé son action à la SEC. John Longbrake, porte-parole de Harvard, a soutenu que l’université ne s’était pas désinvesti d’Israël, que ces changements étaient normaux et qu’ils ne constituaient pas un changement de politique.


Mais l’Université de Harvard cédait-elle en fait devant les appels au BDS et tentait-elle de le faire aussi discrètement que possible pour éviter des représailles sionistes ? Par le passé, Harvard s’est désinvestie de sociétés pour des raisons purement politiques, mais elle le faisait publiquement. Par exemple, il y a cinq ans, elle a retiré ses actions de PetroChina pour protester contre les actions chinoises au Soudan.


À Vancouver au Canada, le trafic des camions du port a été ralenti à une allure d’escargot à la fin du mois d’août quand un groupe de quelque 50 manifestants ont approché les camionneurs en leur remettant des tracts leur demandant d’observer la campagne de boycott mondial contre Israël et en particulier de refuser de décharger le porte-conteneurs israélien Djibouti de la société Zim, un des plus grands du monde, qui était arrivé au port de Vancouver. « Cette action s’inscrit dans la campagne internationale grandissante de pressions sur Israël pour qu’il respecte le droit international et arrête de tuer des civils innocents » a déclaré Gordon Murray, porte-parole de la Coalition Boycott Apartheid Israël (BIAC). « Les travailleurs d’Afrique du Sud, de Scandinavie, des USA, de Turquie et d’Inde ont déjà répondu à l’appel lancé par les Palestiniens » a dit Mike Krebs au nom de BIAC. « Le mouvement international de solidarité a décidé que la meilleure manière de changer le comportement d’Israël est de prendre des actions contre ses sociétés et ses institutions afin de faire pression sur son gouvernement ».


Lors d’une interview avec le Christian Science Monitor, Jonathan Ben Artzi, candidat à un doctorat à Brown University et neveu du premier ministre Benjamin Netanyahu, a affirmé que l’égalité et la justice sociale régneront en Israël lorsque le gouvernement et le peuple étasuniens auront une tolérance zéro pour les abus commis par Israël à l’encontre des Palestiniens. Ben Artzi, dont la famille vit dans la région depuis neuf générations, et qui a vu toute sa vie comment Israël maltraitait les Palestiniens a déclaré « parfois c’est un ami digne de confiance qui doit vous dire que ça suffit. Tout comme ils l’ont fait en Afrique du Sud il y a 20 ans, des citoyens concernés dans tous les USA peuvent influer sur la situation en encourageant Washington à dire clairement à Israël que cela ne peut pas continuer ». En parlant de l’Afrique du Sud, il se référait aux manifestations, au boycott et aux actions de désinvestissement menés aux USA de 1984 à 1989, qui ont finalement forcé le gouvernement sud-africain de la minorité blanche à lâcher le contrôle de sa majorité noire opprimée. Ben Artzi a passé 18 mois en prison pour avoir refusé de faire son service militaire obligatoire dans l’armée israélienne.


La campagne californienne de désinvestissement en Israël a démarré le 8 septembre par le lancement d’une initiative demandant aux fonds de pension des fonctionnaires et des enseignants de se désinvestir de leurs activités commerciales en Israël.


L’organisatrice locale de la campagne, Sherna Gluck, membre du système de retraite des fonctionnaires a dit « notre régime de retraite publique a investi plus de 1,5 milliard de dollars dans au moins huit sociétés qui fournissent des matériels et des services militaires dont l’utilisation viole les droits humains internationalement reconnus, comprenant notamment le soutien aux colonies israéliennes illégales et au mur de séparation ».


L’archevêque Tutu a déclaré aux Californiens : « nous avons vaincu l’apartheid sans violence parce que la communauté internationale avait accepté de soutenir la campagne de désinvestissement dans l’apartheid. Une campagne similaire peut apporter la paix au Moyen-Orient sans violence.


Ceci n’est que le premier mouvement de désinvestissement en Californie. Des initiatives similaires seront bientôt lancées dans d’autres villes de cet Etat. Avec cette campagne de désinvestissement, les Californiens sont prêts à commencer un mouvement de désinvestissement État par État reproduisant la campagne anti-apartheid qui a contribué à éliminer le système oppressif en Afrique du Sud.


Le gouvernement des Pays-Bas a lui aussi créé un précédent important pour l’Europe et en fait pour les gouvernements du monde entier. Il a lancé une bombe cette semaine quand le Ministère des Affaires étrangères a annulé une tournée de maires israéliens prévue pour octobre. Le forum est financé par le Joint Distribution Committee, une association de bienfaisance judéo - étasunienne ; la liste des participants comprenait des représentants des colonies cisjordaniennes d’Efrat et de Kiryat Arba en « Judée » et en « Samarie ». Le ministère israélien des affaires étrangères a réagi : « ceci est sans aucun doute une politique inutile et inoffensive et nous espérons que ce n’est pas le dernier mot sur la question ».


Eh bien nous espérons le contraire. Les Pays-Bas sont devenus notoires pour leur islamophobie attisée par l’homme politique et cinéaste néerlandais Geert Wilders, qui annonce fièrement « je déteste l’islam », qui appelle le Coran un « livre fasciste » et traite le prophète Mohammed de « diable ». Il prétend que l’immigration musulmane est un « cheval de Troie ». Ses paroles sont reprises par le politicien israélien, Aryeh Eldad, qui a condamné le boycott dans ces termes : « le fait que les Néerlandais aient plié devant les Arabes reflète leur abdication devant la minorité musulmane ».


Cette initiative morale des Pays-Bas est de toute évidence une tentative pour redresser l’image négative de ce pays et elle fera réfléchir les autres gouvernements. Le président du Israel Local Council (conseil municipal), Schlomo Buchbut, conclut à juste titre : « la décision des Pays-Bas fait monter le conflit [israélo-arabe] tout en haut de la liste ».

 

 

Par Eric Walberg - Al Ahram Weekly

 

 

 

Source: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9437

Par Eric Walberg - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 02:52

Cette semaine, le gouvernement norvégien a annoncé qu’il se désinvestissait de deux importantes sociétés israéliennes participant à la construction de colonies et confisquant des terres dans la Cisjordanie occupée.

 

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Des militants de New York ont maintenu la pression sur Lev Leviev (Flickr)

 

Les deux sociétés, Africa Israel Investment et sa filiale Danya Cebus sont la propriété du milliardaire israélien Lev Leviev et ont été au centre d’une vaste campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions depuis 2009.


Avec l’appui de groupes de solidarité, des Palestiniens ont constamment fait pression sur le gouvernement norvégien pour qu’il se désinvestisse de ces deux sociétés israéliennes. Ces Palestiniens proviennent des villages de Bilin et de Jayyous - où des terres ont été confisquées pour l’actuelle construction de colonies par une autre société Leviev.


Dans un communiqué de presse de Adalah-N.Y., groupe de solidarité qui a contribué à organiser les campagnes de boycott contre les sociétés Leviev, Sharif Omar, du comité Land Defense Committee (défense de la terre) de Jayyous a déclaré : « nous nous félicitons de la décision du gouvernement norvégien de se désinvestir de certaines des sociétés Leviev. Mais une autre société Leviev, Leader Management and Development, continue aujourd’hui à construire des colonies sur les terres de Jayyous. Nous demandons que de nouvelles pressions internationales soient faites sur ces sociétés et sur le gouvernement israélien afin qu’ils mettent fin à la construction et nous rendent nos terres agricoles volées ».


La décision du gouvernement norvégien a fait date et intervient au moment où le mouvement mondial de Boycott Désinvestissements et Sanctions gagne du terrain. Ces derniers mois, des musiciens de réputation internationale comme Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana ont annulé les concerts qu’ils devaient donner en Israël afin de protester contre les infractions permanentes aux droits humains et au droit international commises par cet État. Le mois dernier, c’est une coopérative alimentaire de Olympia, Washington, qui est devenue le premier magasin US à refuser de vendre des produits israéliens.


Au début de ce mois, des artistes irlandais ont signé une large initiative de boycott s’engageant à refuser de se produire ou d’exposer leurs oeuvres en Israël et ont refusé d’accepter des dons ou des subventions d’institutions israéliennes ; ils sont devenus ainsi des participants dans la première campagne de boycott culturel à l’échelle d’un pays.


Les actions directes localisées se rapportant au mouvement global de boycott ont également leur effet.


Un militant arrêté à Chicago


Lors d’une manifestation organisée par Palestine Solidarity Group-Chicago (PSGC) le 23 août, plus d’une vingtaine de militants ont convergé vers Millennium Park afin de demander aux responsables de la ville de couper les liens avec Israël et d’enlever Petach Tikva, du programme de jumelage avec Chicago. Pendant le festival international des villes jumelées avec Chicago, les manifestants se sont regroupés à l’extérieur du festival et ensuite à l’intérieur. Un militant a été arrêté et a été ensuite relâché.


Petach Tikva - ville officiellement ségrégée et première colonie réservée aux seuls juifs dans la Palestine historique - héberge le principal centre de détention où les forces israéliennes infligent des sévices et des tortures aux prisonniers politiques palestiniens. Cette prison a été appelées par Amnesty International le « Guantanamo d’Israël » selon PSG dans un communiqué de presse ("Chicago arrested calling for boycott of Israel’s Guantanamo," 23 août 2010).


"Dans le cadre de son soutien à l’appel palestinien au Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre l’Israël de l’apartheid, PSG et ses alliés s’opposent à la normalisation des relations avec Israël. Sous le prétexte de promouvoir la culture et l’éducation, la participation de Petach Tikva au jumelage avec Chicago favorise les liens commerciaux entre Israël et les USA tout en masquant l’occupation d’Israël et ses violations des droits humains », a ajouté la déclaration.


Pendant l’action, les militants sont entrés dans la salle du festival en scandant « laissez tomber Petach Tikva » ! Les militants ont raconté qu’un pianiste qui était en train de jouer dans la salle « s’est mis au garde-à-vous quand il a entendu le message des protestataires ».


Le PSG et ses alliés ont été obligés de diffuser le message directement dans le festival parce que depuis un an et demi, l’organisation de jumelage international de Chicago refusait de les rencontrer pour être informés du rôle spécial que joue Petach Tikva dans l’oppression par Israël du peuple palestinien » à déclaré PSG.


Le groupe dit qu’il compte maintenir la pression sur les officiels de la ville jusqu’à ce que le programme abandonne son association avec Petach Tikva.


Militant britannique innocenté


Dans le même contexte, quatre militants britanniques ont été récemment acquittés de toutes les accusations concernant leurs actions directes contre la société israélienne de produits cosmétiques Ahava. Le 10 août, un tribunal britannique a statué que les militants n’étaient pas coupables d’ « intrusion aggravée » à cause de deux actions qu’ils avaient entreprises dans un magasin Ahava dans le quartier de Covent Garden à Londres en septembre et en décembre 2009.


Lors des actions, les quatre militants avaient roulé des barils à l’intérieur du magasin de produits de beauté Ahava, se sont enfermés dans le magasin qu’ils ont ainsi obligé à fermer pendant que « la police ouvrait les barils et arrêtait les militants » selon International Middle East Media Center ("Four British Activists Acquitted In Anti-Ahava Action," 22 août 2010).


Tous les produits cosmétiques vendus dans le magasin Ahava proviennent de Mitzpe Shalem, colonie israélienne en Cisjordanie occupée. IMEMC a ajouté que les produits Ahava sont illégalement étiquetés « Made in Israel » alors qu’ils sont produits dans la colonie. Les produits sont aussi fabriqués avec des ressources naturelles palestiniennes sans la permission de leurs propriétaires ni leur dédommagement.


Utilisant la décision du tribunal comme précédant, les militants déclarent qu’ils continuent leur campagne contre Ahava. Parlant devant le Mouvement de solidarité internationale, les militants acquittés ont dit qu’ils « continueront à défier, sur la scène internationale, la complicité du monde des affaires avec l’occupation et l’impunité israéliennes, (11 août 2010).

Un des militants a ajouté : « le message est clair. Si votre société participe à l’apartheid et aux crimes de guerre et à l’occupation de terres palestiniennes, le peuple occupera votre magasin ».


En outre, en Irlande cette semaine, la campagne irlandaise de solidarité avec la Palestine (IPSC) a annoncé qu’elle organisera une manifestation pour protester contre le match Irlande - Israël pendant un tournoi de qualification pour la coupe mondiale des femmes de la FIFA, le 25 août.


« Conformément au désir de la société civile palestinienne, nous appellerons au boycott sportif d’Israël en raison de la nature raciste et ségrégationiste de l’État d’Israël » à déclaré l’ IPSC dans un communiqué de presse ("Protest at Ireland v Israel women’s football match ..."). Cette action soutient la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) qui a confirmé que ce match relève des directives de Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS).


Les organisateurs disent que le slogan de la manifestation sera « Oui au football, Non à l’apartheid ». La présidente nationale de l’IPSC, Freda Hughes, a déclaré : « certains diront peut-être qu’il ne faut pas mélanger les sports et la politique, mais nous croyons qu’il n’y a pas de place dans le sport pour le racisme ou pour des équipes qui sont les ambassadeurs d’un État raciste ou d’apartheid.

 

 

24 août 2010 - The Electronic Intifada -

Cet article peut être consulté ici : http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : Anne-Marie Goossens

 

 

Source: http://www.info-palestine.net/

Par The Electronic Intifada - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /Août /2010 08:02

L’appel BDS, lancé le 9 juillet 2005 par 171 organisations palestiniennes, aurait du être le vecteur d’une réorientation et d’une remobilisation du mouvement de soutien sur des bases politiques claires.

 

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Cet appel affirme l’unité du Peuple palestinien, son droit à l’autodétermination et pose trois revendications majeures : la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes et le démantèlement du mur ; l’égalité des droits des Palestiniens vivant en Israël ; le droit au retour des réfugiés dans leurs foyers.


Pour un mouvement de solidarité confronté à la crise de stratégie du mouvement national palestinien, c’était une lueur d’espoir , une boussole indiquant la direction à prendre, une perspective pour aller de l’avant et agir sans être dépendant des tactiques politiques et diplomatiques sur lesquelles il n’a, à juste titre, aucune prise.


Mais les responsables du mouvement, en France et au-delà en Europe (à l’exception notable de la Grande Bretagne), n’ont prêté qu’une attention distraite à l’appel. Quelques sites internet le publièrent, sans autre commentaires, puis plus rien. (1) En 2006 et 2007, aucune initiative d’importance ne fut prise en France pour promouvoir la campagne BDS.


Pourtant, après l’attaque israélienne contre le Liban, la défaite électorale du Fatah, le refus des puissances impérialistes de reconnaître la victoire du Hamas et le blocus de la Bande de Gaza qui s ‘ensuivit, le mouvement de solidarité avait plus que jamais besoin d’une perspective unifiante d’action pour surmonter division et paralysie.


Lors des élections présidentielles de 2007, aucun des candidats n’a pris position en faveur de la campagne BDS (2)

 

Le rassemblement « Paix comme Palestine », organisé par la plate-forme des ONG françaises le 17 mai 2008, ne mettra pas en valeur la campagne de Boycott appelée par les Palestiniens, ni dans l’appel de l’initiative, ni dans son déroulement ni dans ses conclusions. Aucun de ses portes paroles palestiniens ne fut invité et les quelques milliers de présents entendirent qu’il fallait « agir » et « faire pression sur nos gouvernements » !


Comment ?


Quelques mois auparavant, divers intellectuels palestiniens et Ilan Pappé avaient insisté sur la pertinence du boycott à l’occasion du salon du livre de Paris qui n’avait pas hésité à mettre Israël à l’honneur. Mais leur avis n’était pas partagé par certaines personnalités très écoutées des responsables du Collectif national et le mouvement se divisa aussi à cette occasion. Les informations sur le développement très positif de la campagne en Angleterre, en Irlande, en Ecosse, en Afrique du Sud, au Canada, en Australie Etc. les appels des portes paroles palestiniens de la campagne (par exemple l’intervention d’Omar Barghouti en juin 2008 à Bil’in (3))...sont restés sans écho.


C’est la remobilisation populaire suscitée par l’agression criminelle de l’armée israélienne contre Gaza fin 2008 qui a rendu insupportable l’absence de réponse à la question « que peut-on faire concrètement en France ? » « Agir », mais comment, au-delà des sempiternelles cartes postales et pétitions ?


Début 2009 CAPJPO-EUROPALESTINE fut la première association possédant une notoriété nationale à s’engager durablement sur le thème du boycott et a publié en septembre une brochure « le boycott d’Israël, pourquoi et comment ? »


En juin 2009 une structure unitaire « Campagne BDS France » s’est constituée, composée d’une trentaine d’organisations et d’associations s’engageant à soutenir l’appel de juillet 2005 dans son intégralité. Plusieurs organisations membres du Collectif national, dont l’AFPS, n’en font pas partie.


En août 2009 le NPA a invité Omar Barghouti à son université d’été.


Jusqu’en septembre 2009 le Collectif national se contentera de mener des actions liées au désinvestissement (VEOLIA, ALSTOM), réduisant l’action directe contre l’Etat israélien à la demande d’une sanction : la suspension de l’accord d’association Union Européenne-Israël. En mai 2009, sous la pression de la base et notamment de responsables locaux, le congrès de l’AFPS a voté une déclaration appelant ses adhérents à « s’impliquer dans l’action BDS », ouvrant la voie à l’avancée du Collectif national qui, en septembre, franchissait le pas d’appeler au boycott des produits israéliens, tout en précisant que c’était au motif que « les produits israéliens ne respectent pas les normes de traçabilité permettant de les distinguer des produits en provenance des colonies illégales d’Israël dans les Territoires Palestiniens occupés. »


En octobre 2009 l’Union syndicale Solidaires décidait de s’engager dans la campagne BDS.


Elle avait été précédée par le Conseil National de la FSU qui avait décidé « de soutenir les initiatives allant dans le sens de l’appel BDS ».


L’UJFP a pris position en faveur du soutien à l’appel BDS courant 2009 et participe à BDS France. Par ailleurs, lors de la campagne des Européennes, le NPA en tant que parti et quelques candidats d’autres listes (Front de Gauche, Verts...) ont soutenu le mot d’ordre de boycott.


On peut donc constater quelques progrès dans la période récente, mais tout cela reste fragile et même susceptible d’être à tout moment remis en cause. C’est ainsi qu’en mai 2010 la direction nationale de la CGT, tout en affirmant sa « solidarité avec les travailleurs des territoires occupés qui sont confrontés à la répression mais aussi à l’exploitation », a dénoncé la campagne BDS au motif que le boycott serait une « punition collective à l’encontre des citoyens israéliens » et que cette campagne « affaiblit et isole le camp de la paix en Israël » , faisant siens des arguments éculés de la « Gauche sioniste » auxquels les partisans de BDS ont déjà mille fois répondu. (4)

 

Déjà, en avril, le président de la LDH entérinait un recul de son organisation qui avait pourtant signé le communiqué commun de septembre : subitement, « le boycott des entreprises coloniales » est devenu « difficile » et celui de « tous les produits israéliens » est inacceptable car « ce serait confondre Israël et ses colonies » et « confondre le combat contre les gouvernants avec le boycott de toute une société ».


Dans le même temps, en mars 2010, la direction de l’AFPS décidait de « recentrer son engagement dans la bataille BDS » en la concentrant sur le boycott des produits des colonies.


Le motif invoqué est celui des risques judiciaires encourus, du fait de la décision gouvernementale de tenter de requalifier en « incitation à la haine raciale » les actions militantes de boycott des produits israéliens. On a beau vouloir être solidaires des Palestiniens, on n’a pas une âme de martyrs, semblent penser les dirigeants de l’AFPS et de la LDH qui refusent le défi d’un gouvernement pro sioniste, cèdent au chantage de l’antisémitisme sans combattre et donnent ainsi la mesure des risques qu’ils sont prêts à assumer pour la cause !


Il faut sécuriser juridiquement les actions et donc ne promouvoir que le boycott de produits provenant de colonies qui « elles, sont illégales au regard du droit international ».


En outre, on prendra soin de s’abriter derrière quelques dispositions de droit commercial sur l’étiquetage. Exit donc le boycott d’Israël et place au seul boycott des produits issus des « colonies illégales »


Ce que dit l’appel BDS et ce qu’il ne dit pas !


Depuis 5 ans, - et parce qu’ils sont confrontés, notamment en Europe, à des tentatives permanentes de réduire le contenu et de modifier les objectifs de leur appel initial, - les responsables palestiniens de BDS ne cessent de réaffirmer les fondamentaux de l’appel. La coalition BDS représente les 3 composantes du Peuple palestinien : les réfugiés palestiniens, où qu’ils résident actuellement, dans les camps ou hors des camps ; les Palestiniens des territoires occupés de Cisjordanie et de la Bande de Gaza (dont de nombreux réfugiés) ; les citoyens palestiniens d’Israël (dont des déplacés).


Chacune de ces composantes subit une forme d’oppression spécifique :


. L’occupation directe et la colonisation pour ceux qui résident en Cisjordanie (y compris Jérusalem) et le blocus criminel pour les habitants de Gaza


. Le système légalisé et institutionnalisé de discrimination raciale à l’intérieur de l’Etat israélien pour les Palestiniens qui y résident aujourd’hui


. Le refus de reconnaître le droit au retour et à des réparations pour les réfugiés.


Beaucoup de Palestiniens subissent une combinaison de ces différentes formes d’oppression. Toutes les composantes subissent les conséquences de la colonisation sioniste de la Palestine.

 

 

C’est pourquoi « l’appel de BDS affirme la primauté du droit à l’autodétermination et traite les droits fondamentaux des trois principales composantes du peuple palestinien : Vivre libre de l’occupation israélienne dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris Jérusalem Est ; la fin du système israélien de discrimination raciale institutionnalisée contre ses citoyens palestiniens ; et, pour les réfugiés palestiniens et les personnes déplacées, la grande majorité du peuple palestinien, le bénéfice de leur droit au retour dans leurs foyers et la perception des réparations » (5)

 

L’appel BDS n’est donc pas seulement une remise en cause de l’occupation militaire et de la colonisation au sein des territoires occupés en 1967. (6)

 

La lutte à laquelle nous appelle BDS s’étend au delà de la fin de l’occupation et l’exigence du droit à l’autodétermination ne se confond pas avec une demande de fixer des frontières sur la ligne verte pour délimiter deux Etats.


En fait BDS ne prend pas position sur cette question (un Etat, deux Etats ?) mais pose les conditions permettant aux Palestiniens, tous les Palestiniens, de choisir : l’autodétermination et le respect de leurs droits nationaux.


Autrement dit, la campagne internationale BDS, c’est jusqu’à ce que l’ensemble du Peuple palestinien puisse exercer son droit inaliénable à la liberté et à l’autodétermination.


Toute autre attitude et notamment celle qui consiste à limiter les revendications palestiniennes à la fin de l’occupation de 1967 (par exemple au motif d’élargir la mobilisation) ne permet pas « d’avancer d ‘un pas avec des milliers » (7) mais au contraire fait reculer la solidarité qui perd son sens d’un soutien à la lutte des Palestiniens pour leurs droits, tous leurs droits.


« Ce qui compte est d’être d’accord avec ses motivations et ses objectifs...qui doivent être le dénominateur commun à tous les groupes solidaires de la Palestine : mettre fin aux trois formes principales de l’injustice israélienne et promouvoir les droits des Palestiniens. Ce sont les conditions sine qua non pour que cette campagne soit efficace et réponde aux aspirations de la société civile palestinienne » (8)

 

La première exigence est celle du respect des objectifs de la campagne BDS et donc de la dimension politique de cet appel et de la finalité de la bataille qu’il veut organiser en soutien à la lutte du Peuple palestinien. Il faut donc l’affirmer une fois de plus : la question palestinienne est une question politique et la lutte de libération nationale du Peuple palestinien ne peut être confondue avec une question humanitaire ni même avec une question de « droits de l’homme » !


Les raisons du refus de soutenir l’appel dans son intégralité


La conversion partielle de divers responsables à l’appel BDS masquait en réalité le maintien de sérieuses divergences avec les bases politiques de la campagne internationale.


Contrairement à l’illusion répandue par certains, aucune « ambiguïté constructive » ne peut « permettre de mettre en accord les tenants d’un boycott de l’ensemble des produits israéliens et ceux souhaitant un ciblage spécifique des produits des colonies ». (9)

 

Pour une raison toute simple : les Palestiniens ne sont pas soumis à la domination et à l’oppression des seuls colons résidant dans les colonies de Cisjordanie (dont Jérusalem) mais à la colonisation sioniste de la Palestine, dont l’Etat d’Israël créé en 1948 est une étape essentielle pour réaliser le projet sioniste de conquête de toute la Palestine et donc de destruction du Peuple palestinien.


Comment peut-on « dénoncer une politique colonialiste » sans combattre l’Etat colonial ?


Penser qu’on peut « estomper le clivage politique » entre ceux qui pensent qu’il faut isoler l’État d’Israël, pour contribuer à modifier le rapport des forces entre l’occupant sioniste et les Palestiniens soumis à la colonisation depuis plus de 60 ans et ceux qui pensent qu’il s’agit avant tout d’un problème de colonies et de droits de l’homme dans des « territoires occupés en 1967 », c’est évidemment replonger dans les pires travers d’un mouvement qui s’est depuis trop longtemps obstiné à refuser de considérer la lutte du Peuple palestinien comme une lutte de libération nationale.


Contrairement à ce qu’affirme notre défenseur de « l’ambiguïté constructive « quand on considère les enjeux pratiques » les divergences ne se réduisent pas, elles prennent tout leur sens ! (10)

 

Le problème n’est pas de savoir s’il faut être pédagogue et construire progressivement la mobilisation en définissant des cibles concrètes qui se prêtent à la démonstration (par exemple Agrexco) pour être plus efficace.


Le problème commence quand, faute d’être en accord avec les objectifs politiques de BDS (redisons le encore une fois : l’autodétermination et les droits des 3 composantes du Peuple palestinien) on modifie les objectifs et les revendications explicitement affirmés dans l’appel.

 

Entre autres exemples :


. Dans la rubrique « BDS Mode d’emploi » le « tract type » recommandé à ses comités par l’AFPS affirme...« que tout le monde connaît les termes de la solution : la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale » (11)

 

. Quand on lit dans un tract du collectif Palestine de l’Essonne que « 170 ONG palestiniennes, ainsi que des anticolonialistes israéliens, ont décidé de lancer des campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) ...pour parvenir à la reconnaissance d’un état palestinien de droit, aux côté de l’état d’Israël »


. Quand on lit dans la déclaration de Solidaires annonçant son adhésion à BDS : « il s’agit par une campagne de sanction non-violente, d’agir dans un cadre citoyen et éthique afin d’obtenir une solution politique qui garantisse l’application du droit international pour les deux peuples, palestinien et israélien, dans les frontières de 1967 »


Force est de constater que ce n’est pas ce qui est écrit dans l’appel BDS mais que c’est l’affirmation d’une ligne politique parfaitement identifiée : celle qui prétend que l’État palestinien indépendant dans les frontières de 67 est « la solution »


Cette position est aujourd’hui celle d’Abbas et de Fayyad, ce n’est pas la position de BDS ! Et c’est ce qui permet de comprendre que, derrière un apparent désaccord tactique sur la meilleure façon de convaincre et de faire progresser l’adhésion à la lutte pour les droits des Palestiniens (doiton se concentrer sur les produits des colonies ?), il y a en réalité un vrai désaccord sur le contenu même de la solidarité, sur les droits qu’on soutient et sur le projet politique avec lequel on demande d’être solidaire.


Certes, c’est le droit de chacun de s’accrocher à la perspective de « l’Etat indépendant dans les frontières de 67 », malgré l’accumulation des faits et des analyses qui en démontrent chaque jour un peu plus l’impossibilité et la signification politique réelle.


Mais invoquer la défense de BDS pour promouvoir cette position, c’est de la manipulation !


La recherche de l’efficacité est très louable, pour autant qu’elle ne soit pas un prétexte pour réduire le niveau des revendications palestiniennes à un niveau supportable pour « la vraie radicalité positive » (12) des supporters français de Fayyad.


On est aussi en droit de s’interroger sur le fait que, dans un grand nombre des tracts émanant de comités ou de collectifs unitaires et recensés sur divers sites, figure exclusivement la formule du nécessaire respect par Israël « du droit international » alors que dans l’appel BDS cette exigence est précédée par celle du « droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination » et suivie par les revendications des 3 composantes du Peuple palestinien.


L’appel BDS ne revendique pas l’application d’un droit international abstrait mais revendique des droits concrets qu’il énumère précisément.


Ces droits, qui sont partie intégrante des objectifs de l’appel, doivent être systématiquement rappelés, indépendamment de l’axe retenu et de la pédagogie mise en oeuvre.


Qu’il s’agisse de culture, de sport, d’éducation, de diplomatie ou de marchandises Etc., qu’il s’agisse de boycott, de désinvestissement ou de sanctions, c’est seulement l’angle d’attaque qui change, la variété permettant de renforcer la démonstration. Mais il n’y a pas d’adaptation possible des objectifs et des droits.


C’est aussi ce que disait Jamal Juma en 2006 dans sa lettre ouverte précitée : « C’est pourquoi nous, les Palestiniens, sommes ceux qui peuvent discuter et décider comment nous nous présentons, nous, nos droits et notre oppression, comment nous en parlons et quels arguments nous utilisons. Nous savons exactement comment la décrire et comment en parler. Nos amis, nos camarades et nos soutiens peuvent la présenter de la manière la plus appropriée à leur contexte de travail, sans toutefois faire de concessions sur l’essence de la question elle-même. »


Nous ne sommes pas en présence d’une discussion utile sur les moyens d’agir, nous sommes en présence de divergences fondamentales sur l’essence de la question palestinienne.


Toute ambiguïté est destructrice pour la lutte et soutenir que l’ambition de BDS c’est obtenir d’Israël qu’il accepte la ligne verte comme frontière et qu’il respecte « les normes élémentaires de traçabilité des produits » est une escroquerie intellectuelle tant vis-à-vis des initiateurs de l’appel qui ne cessent de rappeler les véritables ambitions de leur campagne qu’à l’égard de ceux à qui on demande de boycotter.


Loin d’être une affaire de consommateurs à qui on demanderait de ne pas acheter des produits dont l’origine est douteuse, l’action BDS consiste en une gigantesque bataille idéologique, d’une part pour déconstruire la légitimité de l’État d’Israël et d’autre part pour affirmer l’engagement d’une solidarité internationale aux côtés de l’ensemble du Peuple palestinien dans sa résistance pour la conquête de ses droits.


Notre combat n’a pas pour objectif de dénoncer un état d’Israël fraudeur sur l’origine des produits mais d’isoler l’Etat colonial qui opprime les Palestiniens, qui poursuit le nettoyage ethnique commencé avec sa création en 1948 et qui a pour objectif l’éradication de la Nation palestinienne !


BDS est partie intégrante de la résistance du Peuple palestinien à cette tentative de destruction. Certes, cette résistance ne se réduit pas à BDS, mais elle en a aujourd’hui besoin et c’est pour l’affaiblir que les attaques se multiplient contre BDS et plus généralement contre toute forme de résistance palestinienne indépendante qui s’oppose à la normalisation en cours.


A sa mesure, aux côtés d’autres formes de résistance, BDS est aujourd’hui un outil qui contribue à sortir de l’impasse des prétendues initiatives de paix et il y a peu de doutes que les efforts actuels de certains, en France et ailleurs (13), d’une part pour en limiter les ambitions au boycott des produits des colonies et d’autre part et surtout pour abaisser ses objectifs, sont en adéquation avec la politique de liquidation de la résistance menée par l’Autorité Palestinienne sous la responsabilité de Fayyad : normalisation et répression en Cisjordanie et complicité dans le blocus de Gaza. [14]


Seules la défense et l’illustration de l’appel BDS dans son intégralité peuvent permettre au mouvement de solidarité de ne pas retourner dans une impasse tragiquement similaire à l’industrie de la paix d’Oslo, loin, très loin, des attentes réelles du Peuple palestinien à l’égard de la solidarité internationale.

 

 

Par Pierre-Yves Salingue.

 


 

[1] Le Mouvement de Soutien à la Résistance du Peuple Palestinien, constitué fin 2005, et les associations qui en faisaient partie furent dès 2006 les seuls à diffuser largement cet appel et à proposer, à toutes les associations, les réseaux et tous les comités agissant dans le champ de la solidarité avec la Palestine, d’en faire le dénominateur commun d’une action de longue durée, la base d’accord proposée étant le texte palestinien. Cette proposition resta sans réponses.

[2] Au demeurant, le questionnaire adressé à tous les candidats par la plateforme des ONG françaises pour la Palestine n’évoque même pas le sujet !

[3] Traduction française sur le site juliensalingue.over-blog.

[4] Cf. différents articles d’Omar Barghouti, repris dans son livre BDS. la fabrique éditions

[5] bdsmovement.net 09/07/2010

[6] Ceci avait déjà été rappelé dans une lettre ouverte aux militants européens par Jamal Juma, coordinateur de Stop the Wall, le 11/06/2006 à l’occasion du colloque ECCP sur l’appel à sanctions : « Notre lutte et notre peuple ne sont pas constitués que des territoires palestiniens occupés depuis 1967 » france-palestine.org

[7] Introduction de Dominique Vidal à la conférence des groupes locaux de l’AFPS, 29/05/2010

[8] Omar Barghouti, BDS, la fabrique éditions

[9] Omar Alsoumi « le mouvement de solidarité avec la Palestine après Gaza protectionpalestine.org

[10] Voir note 9

[11] france-palestine.org

[12] Voir note 7

[13] Des tentatives similaires semblent en cours, au moins en Italie et au Québec : Cf. Diana Carminati « La situation des mouvements de solidarité en Italie après la Gaza Freedom March et le Convoi Viva Palestina » ism-france.org Cf. Robert Bibeau : Appel à fêter l’anniversaire du mouvement BDS. Pourquoi les organisateurs modifient-ils l’appel des organisations palestiniennes ? boycottisraelinternational.com

[14] voir notre article à venir analysant la politique de S Fayyad et les objectifs de ses nouveaux supporters en France.

Par Pierre-Yves Salingue - Publié dans : Boycott, Désinvestissement, Sanctions - Communauté : La Cyber-résistance
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