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Vendredi 8 février 2013 5 08 /02 /Fév /2013 06:17

 

" C'est le retournement de la relation entre fin et moyen. Partout, sans exception, toutes les choses généralement considérées comme des fins sont par nature, par définition, par essence et de la manière la plus évidente uniquement des moyens. On pourrait en citer autant d'exemples qu'on voudrait dans tous les domaines. Argent, pouvoir, État, grandeur nationale, production économique, diplômes universitaires, et beaucoup d'autres.

 

Le bien seul est une fin. Tout ce qui appartient au domaine des faits est de l'ordre des moyens. Mais la pensée collective est incapable de s'élever au-dessus du domaine des faits. C'est une pensée animale. Elle n'a  la notion du bien que juste assez pour commettre l'erreur de prendre tel ou tel moyen pour un bien absolu. Il en est ainsi des partis. Un parti est en principe un instrument pour servir une certaine conception du bien public. Cela est vrai même de ceux qui sont liés aux intérêts d'une catégorie sociale, car il est toujours une certaine conception du bien public en vertu de laquelle il y aurait coïncidence entre le bien public et ces intérêts. Mais cette conception est extrêmement vague. Cela est vrai sans exception et presque sans différence de degrés.

 

Les partis les plus inconsistants et les plus strictement organisés sont égaux par le vague de la doctrine. Aucun homme, si profondément qu'il ait étudié la politique, ne serait capable d'un exposé précis et clair relativement à la doctrine d'aucun parti, y compris, le cas échéant, le sien propre. Les gens ne s'avouent guère cela à eux-mêmes. S'ils se l'avouaient, ils seraient naïvement tentés d'y voir une marque d'incapacité personnelle, faute d'avoir reconnu que l'expression: « Doctrine d'un parti politique» ne peut jamais, par la nature des choses, avoir aucune signification. Un homme, passât-il sa vie à écrire et à examiner des problèmes d'idées, n'a que très rarement une doctrine. Une collectivité n'en a jamais. Ce n'est pas une marchandise collective. On peut parler, il est vrai, de doctrine chrétienne, doctrine hindoue, doctrine pythagoricienne, et ainsi de suite. Ce qui est alors désigné par ce mot n'est ni individuel ni collectif; c'est une chose située infiniment au-dessus de l'un et l'autre domaine. C'est, purement et simplement, La Vérité.

 

La fin d'un parti politique est chose vague et irréelle. Si elle était réelle, elle exigerait un très grand effort d'attention, car une conception du bien public n'est pas chose facile à penser. L'existence du parti est palpable, évidente, et n'exige aucun effort pour être reconnue. Il est ainsi inévitable qu'en fait le parti soit à lui-même sa propre fin.

 

Il y a dès lors idolâtrie, car Dieu seul est légitimement une fin pour soi-même."

 

 

 

Simone Weil

 [Note sur la suppression générale des partis politiques]

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 09:48

  Théocratie Réelle Maintenant, par Lejournaldepersonne.

 

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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 02:54

Le Dr Nurit Peled-Elhanan est la maman de Smadar Elhanan, une fille de 13 ans tuée en septembre 1997 lors d’un attentant suicide à Jérusalem par la résistance palestinienne.

 

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Nurit a prononcé le discours ci-après à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, organisée en début du mois en cours (juillet 2010) à Strasbourg.

 

Je vous invite à bien écouter et à comprendre les paroles d’une mère endeuillée par la perte de sa fille, tombée victime d’une attaque terroriste brutale et aveugle. Ainsi, j’ose espérer que ses propos soient assimilés par tous ceux en quête de paix dans notre monde tant agité et divisé.


Pour des jours meilleurs, Professeur Avraham Oz, Université de Haïfa - Département de Littérature Hébraïque et Comparée.

 


Nurit Peled-Elhanan


Permettez-moi, tout d’abord, de vous remercier pour votre invitation à cette journée. C’est toujours un honneur et un plaisir d’être ici parmi vous, au sein du Parlement Européen.


Toutefois, je dois avouer qu’il aurait été plus judicieux si vous aviez invité une femme Palestinienne à ma place, car les femmes qui souffrent le plus dans mon pays sont les femmes Palestiniennes. C’est pourquoi je voudrais dédier mon discours à Miriam R’aban et son époux Kamal de Bet Lahiya dans la Bande de Gaza, dont les cinq petits enfants avaient été tués par des soldats israéliens alors qu’ils cueillaient des fraises dans la fraiseraie familiale. Evidemment, ce meurtre ne sera jamais jugé. Lorsque j’ai demandé aux organisateurs la raison pour laquelle une invitation n’a pas été adressée à une femme Palestinienne, on m’a répondu que cela risquerait de trop focaliser les discussions.


J’ignore ce qu’est la violence non localisée. Je sais par contre que le racisme et la discrimination, bien qu’ils soient des concepts théoriques et des phénomènes universels, ont toujours un impact local. La douleur, tout comme l’humiliation, l’abus sexuel, la torture, la mort et même les cicatrices sont tous locaux.


Cependant, il est quand même déplorable de constater que la violence qu’exercent le gouvernement israélien et son armée sur les femmes Palestiniennes se soit répandue à travers tout le globe. En fait, la violence, quelle soit de l’état ou de l’armée, collective ou individuelle est aujourd’hui le sort des femmes musulmanes, pas uniquement en Palestine, mais partout dans le monde ; dans chaque contrée où le monde occidental émancipé tend et impose son empreinte impérialiste. C’est une violence qui n’est presque jamais abordée et qui est passivement tolérée par la plupart des personnes en Europe et au Etats-Unis. Tout cela parce que le soi-disant monde libre craint la matrice musulmane.


La Grande France, par exemple, dont la devise est « Liberté, Egalité, Fraternité » a peur des petites filles voilées. De son côté, le Grand Israël craint la matrice Musulmane que ses ministres désignent comme une menace démographique.


La toute-puissante Amérique et la Grande Bretagne sont en train de corrompre, respectivement, leurs citoyens en leur transmettant une peur aveugle à l’égard des Musulmans. Ces derniers sont appelés de tous les noms d’oiseaux et décrits comme étant des ignobles, des primitifs, des sanguinaires en dehors du fait qu’ils soient anti-démocratie, chauvins et producteurs en masse de futurs terroristes. Pourtant, les individus qui détruisent le monde aujourd’hui ne sont pas Musulmans ; l’un d’entre eux est un fervent Chrétien, l’autre est Anglican et un troisième qui est juif non pratiquant.


Je n’ai jamais fait l’expérience des souffrances subies chaque jour et chaque heure par les femmes Palestiniennes, et j’ignore la nature de la violence qui transforme la vie d’une femme en un enfer permanent. Ces femmes souffrent le martyre à cause de la torture mentale et physique endurée au quotidien. Elles sont privées de leurs droits humains les plus fondamentaux et du droit de chacun à jouir d’une dignité et d’une intimité. En effet, à n’importe quel moment de la journée, comme de la nuit, leurs maisons sont prises d’assaut et ces femmes, sous la menace de l’arme, sont forcées de se dévêtir, laissées nues devant des étrangers et sous les yeux de leurs propres enfants. Ces femmes, dont les maisons sont démolies, sont privées de tous moyens d’existence et d’une vie familiale normale. Tout cela ne fait pas partie de mon expérience personnelle. Cependant, je suis victime de la violence à l’encontre des femmes dans la mesure où la violence contre les enfants n’est autre qu’une violence contre les mères.


En effet, je considère les femmes Palestiniennes, Irakiennes et Afghanes comme mes sœurs car nous sommes toutes à la merci des mêmes criminels sans scrupule qui se sont autoproclamés leaders du monde libre et émancipé. Hélas, c’est au nom de cette liberté et de cette émancipation qu’ils volent nos enfants.


En outre, un véritable conditionnement et un lavage de cerveau intense ont aveuglé les mères Israéliennes, Américaines, Italiennes et Britanniques. Elles ne peuvent plus réaliser que les seules sœurs et alliées qu’elles peuvent avoir dans ce monde sont les mères Musulmanes Palestiniennes, Irakiennes ou Afghanes, dont les enfants sont tués par les nôtres, ou bien, choisissent de se faire exploser et de voler en morceaux en emportant notre progéniture avec eux.


Elles ont donc perdu la faculté d’analyser puisque leur cerveau a été conditionné ou même infecté par des virus produits par les politiciens. Ces virus, bien que dissimulés sous plusieurs appellations glorieuses comme Démocratie, Patriotisme, Dieu ou Patrie, sont en réalité identiques. Ainsi, ils découlent d’idéologies fausses et erronées visant à enrichir les riches et à donner le pouvoir aux puissants.


C’est pourquoi, nous sommes toutes victimes d’une violence à la fois mentale, psychologique et culturelle qui nous transforme en un groupe homogène constitué de mères endeuillées ou potentiellement endeuillées.


Les mères occidentales, du fait de tous les enseignements qu’elles reçoivent, sont persuadées que leur matrice est un atout national alors que celle des Musulmanes n’est qu’une menace internationale. On leur a malheureusement enseigné de ne jamais s’écrier : « Je l’ai mis au monde, je l’ai allaité, il est à moi et je n’accepterais jamais qu’il fasse partie de ceux dont la vie est ne vaut pas un sou, puisque moins précieuse que le pétrole, et dont l’avenir ne vaut pas un morceau de terre ».


En fait, nous sommes toutes terrorisées par une éducation qui envenime nos esprits et qui nous pousse à croire que tout ce que nous pouvons faire est de prier pour que nos enfants retournent chez eux, ou bien de se montrer fières devant leurs corps sans vie.


Nous avons toutes été, faut-il le souligner, élevées de manière à supporter en silence toutes ces épreuves, à contenir notre peur et notre frustration, à soigner notre anxiété avec le Prozac, mais à ne jamais acclamer Mère Courage en public. Ne jamais être une véritable maman juive, italienne ou irlandaise.


Je suis une victime de la violence d’Etat. Mes droits naturels et civils en tant que mère ont été violés et continuent de l’être car j’appréhende le jour où mon fils, ses 18 ans fêtés, me sera arraché et sera emmené loin de moi pour servir de pion entre les mains des criminels appelés Sharon, Bush et Blair ainsi que leur clan des généraux assoiffés de sang, de pétrole et de terre. Eu égard au monde dans lequel je vis, à l’état dans lequel je vis, au régime auquel je suis soumise, je n’oserais sûrement pas proposer aux femmes Musulmanes des idées pour changer leurs vies. Je ne voudrais pas qu’elles se dévoilent la tête ou qu’elles adoptent une méthode différente pour élever leurs enfants. Je ne me permettrais pas de les conseiller vivement de bâtir et d’instaurer des Démocraties suivant le modèle occidental qui les méprise, elles et les leurs.


Je voudrais seulement leur demander humblement d’accepter d’être mes sœurs. Je voudrais leur avouer que je reste admirative devant leur persévérance et leur courage pour ne pas abandonner, pour continuer à avoir des enfants et surtout, pour préserver une vie familiale empreinte de dignité en dépit des conditions de vie absurdes imposées par mon monde.


Je voudrais également leur assurer que la même douleur qui nous déchire nous a unies car nous sommes toutes victimes de la même violence, même s’il faut reconnaître que leur souffrance surpasse la nôtre puisque ce sont elles que mon gouvernement et son armée, financés par mes impôts, maltraitent et malmènent.


Par ailleurs, je tiens à signaler que l’Islam en soi, comme le Judaïsme en soi et même le Christianisme, ne constituent aucune menace pour moi. Par contre, la véritable menace émane de l’impérialisme américain, de l’indifférence et de la coopération européenne, du racisme israélien et de son système d’occupation hostile. Et c’est le racisme, la propagande pédagogique et la xénophobie imprimée dans les esprits qui incitent et amènent les soldats israéliens, pour des « prétendus » motifs de sécurité à sommer les femmes Palestiniennes, sous la menace de l’arme, de se déshabiller sous les yeux de leurs enfants. C’est aussi l’extrême mépris et manque de respect et de considération qui conduisent les soldats américains à violer des femmes Irakiennes. Les même raisons autorisent les geôliers israéliens à enfermer des jeunes femmes dans des conditions des plus inhumaines et barbares, en l’absence d’un minimum d’hygiène.


Les femmes prisonnières sont privées d’électricité pendant l’hiver, d’eau ou de matelas propres. Pire encore, elles sont séparées de leurs bébés nourris au sein et de leurs petits enfants. Le supplice se poursuit pour ces femmes pour lesquelles le chemin de l’hôpital est barré, celui de l’éducation bloqué, leurs terres confisquées, leurs arbres déracinés, et travailler leurs terres et champs leur est désormais interdit.


J’essaie de me mettre à la place des femmes Palestiniennes, mais je peine à les comprendre ou à comprendre et à sentir leur douleur. J’ignore aussi combien j’aurais survécu à une telle humiliation et à un tel irrespect de la part du monde entier.


Par contre, ce dont je suis entièrement consciente est que la voix des mères à été très longtemps étouffée dans cette planète dévastée par la guerre. Comment peut-on ouïr et témoigner des pleurs des mères si elles ne sont pas invitées à des forums internationaux comme celui d’aujourd’hui ?


Même si tout ce que je possède n’est pas exhaustif, je demeure convaincue, sans jamais l’oublier, que ces femmes sont mes sœurs et que mon devoir envers elles consiste à pleurer pour elles, à me battre pour elles. Il faudrait se rappeler que ces femmes perdent leurs enfants dans des fraiseraies ou sur des routes crasseuses près des check-points. Sur le chemin de l’école, ils sont ciblés par les tirs de nos enfants qui ont été élevés suivant le concept leur dictant que l’amour et la compassion sont liés à la race et à la religion.


Devant toutes ces femmes et tous ces enfants trahis, je ne peux qu’apporter mon soutien tout en reprenant la question d’Anna Akhmatova (une autre femme ayant vécu sous un régime de violence contre les femmes et les enfants) : Pourquoi est-ce que ce filet de sang déchire le pétale de ta joue ?

 

 

 

Source: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9663

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 05:00

Le fait est, et le fait reste que les arabes chrétiens n’ont pas à se sentir chez eux : ils sont tout simplement chez eux, écrit Ramzy Baroud.

 

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Quelque que soit la diminution de leur nombre, comme pour le reste des Irakiens de tous les milieux, les Irakiens chrétiens demeureront des Irakiens.


Le dimanche 31 octobre quand un groupe armé a envahi une église à Bagdad, tuant et blessant un grand nombre de d’Irakiens chrétiens, c’était un nouvel épisode de l’horreur inimaginable dans ce pays depuis son invasion par les Etats-Unis en mars 2003. Chaque groupe d’Irakiens a fait face à de terribles dévastations en raison de cette guerre, dont la véritable ampleur commence à peine à être révélée.


Il est vrai que la situation en Irak était difficile avant la guerre. Après avoir visité le pays en 1999, je peux en témoigner. Mais les grandes difficultés supportées par beaucoup d’Irakiens, particulièrement les dissidents politiques, étaient d’une certaine manière une caractéristique typique des régimes autoritaires et dictatoriaux. L’Irak pouvait, à ce moment-là, facilement se comparer avec d’autres pays vivant dans de semblables difficultés. Mais ce qui s’est produit depuis la guerre [commencée en 2003] peut difficilement être comparé à n’importe quel autre pays ou à toutes les autres guerres depuis la deuxième guerre mondiale. Même en mettant de côté le nombre dévastateur de morts, l’ampleur des déplacements internes et de l’émigration forcée est terrifiante. C’est une nation qui avait plus ou moins maintenu un certain niveau de cohésion démographique à travers de nombreuses générations. C’était cette cohésion qui a fait de l’Irak ce qu’il était.


Les communautés de chrétiens irakiens ont coexisté aux côté de leurs voisins musulmans depuis des centaines d’années. Les églises des deux principaux groupes chrétiens, les Assyriens et les Chaldéens, remontent respectivement aux années 33 et 34 après Jésus-Christ. Un éditorial récent dans un journal arabe avait pour titre : « les Arabes chrétiens devraient se sentir chez eux. » Quel qu’ait été le contenu de l’article, le fait est, et le fait reste que les Arabes chrétiens n’ont pas à pas se sentir chez eux : ils sont tout simplement chez eux. Leurs racines remontent aux jours du Christ, et depuis lors ces communiqués ont gardé une identité unique et une histoire pleine de de fierté dans les plus difficiles des circonstances.


Je me souviens d’un groupe d’enfants irakiens d’une école pour les Chaldéens, parés de beaux uniformes bleu-foncé exécutant les nashids [chansons] du matin avant de rejoindre leurs classes. Ils étaient si innocents et si pleins de vie. Leurs yeux exprimaient les promesse et l’excitation du futur. Je redoute d’imaginer lesquels de ces enfants ont été tués, blessés ou déplacés de force avec leurs familles, comme des millions d’autres Irakiens de tous les milieux ethniques et religieux.


Aujourd’hui il n’y a plus que la moitié des Irakiens chrétiens qui vivent toujours dans leur pays, si l’on se réfère au recensement de 1987 qui avait dénombré 1,4 million de chrétiens. Leur nombre - à la suite des meurtres les plus récents qui ont suivi l’assaut des forces irakiennes dans l’église et les échanges de coups de feu avec les kidnappeurs - diminue rapidement. La pénible situation des Irakiens chrétiens semble très semblable à celle des Palestiniens chrétiens, dont le nombre diminue et continue de diminuer à cause de l’occupation israélienne de Jérusalem, de la Cisjordanie et de Gaza depuis 1967. La Diaspora chrétienne palestinienne est le produit direct de l’occupation israélienne et de sa main-mise sur la Palestine historique en 1948. Le gouvernement israélien ne voit aucune différence entre un palestinien chrétien et un palestinien musulman.


Mais rien de tout cela n’est considéré comme digne de discussion dans une grande partie des médias occidentaux, peut-être parce qu’ils risqueraient de blesser la sensibilité de l’occupant israélien. Les nouvelles préoccupantes venant d’Irak peuvent maintenant être manipulées en présentant la douleur des chrétiens comme une ramification d’un plus grand conflit entre des militants islamiques et les communautés de chrétiens en Irak.


Le fait est que la société irakienne a été longtemps connue pour sa tolérance et son acceptation des minorités. Il y a eu une époque où personne n’employait des appellations telles que shiites, sunnites et chrétiens ; il y a avait un seul Irak et un seul peuple irakien. Ceci a complètement changé, parce qu’une partie de la stratégie qui a suivi l’invasion de l’Irak était de souligner et de manipuler les délimitations ethniques et religieuses du pays, créant des clivages insurmontables. Sans un pouvoir centralisé pour guider et apporter des réponses collectives au peuple irakien, tout l’enfer s’est abattu sur lui.


Des hommes masqués se donnant le nom commode de militants mais sans identités précises, ont disparu aussi rapidement qu’ils sont apparus pour répandre leur violence à travers le pays. La confiance inter-communautaire qui a été le tissu de la société irakienne pendant ses plus dures périodes s’est dissoute. Le chaos et la méfiance lui ont succédé, et le reste appartient à l’Histoire.


Il n’y a aucune doute concernant la brutalité et la méchanceté insigne de ceux qui ont récemment causé la mort de 52 Irakiens chrétiens, dont un prêtre, dans la principale église catholique romaine de Bagdad. Mais traiter cette question comme une question parmi d’autres entre musulmans et chrétiens, ou la présenter comme le suggère avec un titre trompeur un communiqué de l’UPI : « les chrétiens d’Irak coincés entre la majorité musulmane shiite et la minorité sunnite », est une injustice majeure.


C’est également dangereux, parce que lorsque de telles notions deviennent acceptables, elles permettent à des puissances étrangères de justifier leur présence permanente en Irak sous le prétexte qu’elles sont là pour protéger ceux qui sont « coincés » au milieu. En fait, depuis des centaines d’années, chaque puissance coloniale au Moyen-Orient a employé cette logique pour justifier leur violence et leur exploitation.


En effet, nombreux sont ceux qui sont prêt à exploiter de telles tragédies pour servir leurs intérêts politiques ou pour justifier rétrospectivement leurs honteuses actions en Irak. Cette mentalité arrogante a poussé le stratège républicain Jack Burkman, dans un programme en langue anglaise d’Al Jazeera en mai dernier, à qualifier les peuples du Moyen-Orient de « groupes de barbares dans le désert. »


Une telle prétention démesurée est encore renforcée par des massacres tels que celui qui a visé les Irakiens chrétiens. Un soldat des Etats-Unis en Irak, cité dans une récente émission de Democracy Now s’est référé à la culture irakienne en parlant de « culture de la violence », prétendant que son pays essayait de faire quelque chose à ce sujet.


Où est l’introspection et la réflexion qui consisteraient à se demander ce qui a amené à la surface cette culture de « violence » ? Qui essaierait de voir ce « groupe de barbares » tout simplement comme des êtres humains qui, comme tous les autres, essayent de survivre, de défendre leurs familles et de maintenir un minimum de normalité et de dignité dans leurs vies ?


Quant aux « Chrétiens d’Irak », je dois être en désaccord avec cette appellation qui est largement diffusée dans les médias. Ce ne sont pas les « chrétiens d’Irak », mais les « Irakiens chrétiens ». Leurs racines sont aussi profondes que l’histoire de la Mésopotamie, leur histoire est aussi riche que les rives fertiles du Tigre et de l’Euphrate. Quelque que soit la diminution de leur nombre, comme pour le reste des Irakiens de tous les milieux, ils demeureront des Irakiens. Et leur retour à leur pays est seulement une question de temps.

 

 

Par Ramzy Baroud

 

 


Source: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9670

Par Ramzy Baroud - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 01:18

La divulgation continue. Il y a un mois, Oumma avait été le premier média francophone à révéler le démarrage de la mise en ligne de nouvelles vidéos, pour la plupart inédites, tournées à New York le 11 septembre 2001 sur le site du World Trade Center. Coordonnée par le "Centre international pour l’étude du 11-Septembre", cette publication en continu a pris une ampleur considérable samedi dernier : 6767 clips, correspondant à des dizaines d’heures compressées en 86 Go, sont dorénavant mis à disposition des internautes via téléchargement. Vidéos d’amateurs, rushes provenant ultérieurement des journalistes-reporters d’images ou séquences réalisées par les forces de sécurité, l’ensemble a d’ores et déjà une valeur documentaire inestimable. L’intérêt de ces images est double : d’une part, donner à voir d’autres regards, d’autres perspectives sur un événèment fondateur de l’ère contemporaine ; d’autre part, apporter de nouvelles pièces, en l’occurrence audiovisuelles, au puzzle du 11-Septembre.


Certaines vidéos sont actuellement en cours de publication sur Youtube, notamment sur les pages dénommées 11septembervideos et Xenomorph911WTC. Parmi les premières vidéos déjà visibles en streaming, deux séquences se distinguent par leur originalité. La première illustre un des moments les plus mystérieux du 11-Septembre : l’écroulement méconnu de la Tour 7. Au cours d’une interview avec une secouriste, le caméraman de l’antenne locale de CBS va capturer, par hasard et au centre de l’image, l’amorce d’un effondrement toujours controversé puisqu’il s’agit ici d’un immeuble, équivalent par sa hauteur à la Tour Montparnasse et entièrement détruit ce jour-là sans avoir été percuté par un quelconque avion.

 

 

 

L’autre vidéo témoigne de la panique qui a saisi les New-Yorkais présents lors de la pulvérisation de la première tour : dans une qualité d’image optimale et sans montage, la séquence est entièrement dévoilée.

 

 

 

Comme l’a révelé la récente esclandre diplomatique des délégations occidentales à l’ONU, suite aux propos d’un président iranien favorable à une nouvelle enquête, le 11-Septembre continue de susciter la controverse. Neuf ans après, les polémiques relatives aux causes exactes de la chute des trois tours sont toujours aussi vives dans l’opinion publique. Quelque soit la motivation de sa démarche singulière, la provocation calculée de Mahmoud Ahmadinejad à ce sujet a fait voler en éclats les divisions géopolitiques traditionnelles : ainsi, sur les commentaires d’articles en ligne, de nombreux Américains n’ont pas manqué de saluer la prise de position iconoclaste du leader iranien. A l’instar des délégations onusiennes, dont la vaste majorité est restée assise jusqu’au bout d’un discours finalement applaudi par l’ensemble des diplomates présents, le citoyen du monde semble, sinon indifférent, du moins tolérant quant à l’évocation publique des théories alternatives. A contrario des diplomates européens et anglo-saxons qui n’ont pas manqué d’exprimer leur "indignation", de concert avec les éditorialistes occidentaux, pour la plupart consternés par le "complotisme" imputé au président iranien. Dimanche, celui-ci a surenchéri, proposant à Washington de lui apporter son assistance dans toute nouvelle investigation criminelle autour des attentats du 11-Septembre. La remise en question de la grille de lecture portant sur ces évènements devient une tactique de plus en plus prisée sur l’échiquier international. Il y a un an, un certain Mouammar Kadhafi, redevenu fréquentable pour les chancelleries occidentales, avait tout de même pris un malin plaisir à exprimer sur CNN, face à un Larry King médusé, ses doutes sur la nature et la dangerosité supposée d’Al Qaida.


Agenda politique


Détail important, la mise à disposition des nouvelles vidéos résulte d’un combat judiciaire : celui mené, dès janvier 2008, par le Centre contre le NIST, organisme gouvernemental mandaté par l’Administration Bush pour élaborer une étude scientifique sur la cause -encore débattue- de l’effondrement des tours. Grâce à la loi sur la liberté d’information, ce fonds audiovisuel, collecté et possédé jusqu’alors par le NIST, est devenu partiellement accessible en raison de la procédure intentée en justice par le Centre. Contacté dimanche dernier par Oumma, le responsable de cette divulgation, James Gourley, fondateur et directeur exécutif de l’association, a bien voulu répondre à nos questions.


Q/ Quelles sont les compétences de votre équipe au sujet du 11-Septembre ?
R/ Pour ma part, je suis avocat-conseil et également diplômé en génie chimique. Mes deux autres collègues, dans l’équipe dirigeante, sont David Chandler, un physicien titulaire d’un master en mathématiques, et Graeme McQueen, ancien professeur en sociologie religieuse de l’université canadienne de McMaster.


Q/ Dans quel but agissez-vous ?

R/ Nous souhaitons mettre à disposition de la vaste communauté des chercheurs à travers le monde tous les documents que nous aurons obtenu, en vertu de la loi sur la liberté d’information, de la part du NIST. Nous avons dû intenter une action judiciaire en cour fédérale afin de les contraindre à nous faire parvenir ces archives. Si les gens qui adhèrent à la version officielle y trouvent matière à renforcer leurs convictions, nous les encourageons à se manifester et à publier leurs découvertes.


Q/ Vous doutez de la version officielle mise en exergue par l’Administration Bush ?
R/ Comme vous pouvez probablement le déduire en lisant les articles de notre site, nous n’acceptons pas l’histoire officielle du 11-Septembre, simplement en raison de la quantité considérable d’éléments qui la contredisent.


Q/ Un spécialiste français du sujet, Jean-Charles Brisard, ancien consultant auprès des avocats de certaines familles de victimes, vous a récemment qualifié, sur l’antenne d’une radio nationale, de "défenseurs de la théorie du complot". Votre réaction ?
R/ Je n’ai jamais parlé à cette personne. S’il m’avait contacté avant d’exprimer une telle erreur d’appréciation, j’aurais facilement corrigé ses préjugés. Cela étant, je considère que les personnes utilisant l’expression "théorie du complot" dans un sens péjoratif ont, le plus souvent, un agenda, des motifs personnels, des critères particuliers parmi lesquels ne figurent pas la discussion rationelle sur les faits ou l’analyse méthodique des pièces à conviction.


Q/ Qu’est-ce qui rend votre organisation plus crédible que le NIST ?
R/ Le fait que nous contestons la version officielle ne rend pas nos recherches moins crédibles que celles effectuées par le NIST. Visiblement, tout le monde en son sein adhère à la version officielle, de la direction à la base. Si nos conclusions sont considérées comme biaisées en raison de notre rejet de version officielle, alors le même argument pourrait s’appliquer au NIST : leurs conclusions seraient tout autant biaisées en raison de leur adhésion affichée à la version officielle. Dès lors, il n’y a pas plus de raison de leur faire confiance. Mais une chose est certaine : la seule différence entre le NIST et notre structure, c’est que nous ne tentons pas, contrairement à eux, d’empêcher les citoyens d’avoir accès à ces informations. Il semble évident que le NIST ne souhaite pas laisser des chercheurs indépendants étudier les données auxquelles ils ont eu accès et parvenir ainsi à leurs propres conclusions sur ce qui s’est véritablement passé le 11-Septembre.


Nouvelles images, nouveaux regards


Derrière la controverse, l’enjeu autour du 11-Septembre n’est pas seulement d’ordre criminel, judiciaire ou politique. Il est également culturel, si ce n’est spirituel. La communauté musulmane à travers le monde s’avère de plus en plus sceptique quant à la version officielle comme l’a souligné samedi dernier, pour mieux le déplorer, le Washington Post. En outre, une récente campagne de sensibilisation, lancée par le Conseil des relations américano-islamiques, s’efforce de rappeler au public les ravages causés par une islamophobie aggravée au lendemain des attentats. Cette contagion des esprits est toujours virulente comme en témoigne, parmi tant d’autres exemples, l’hystérie autour de l’édification d’un centre communautaire islamique près de Ground Zero. Pour lutter contre la stigmatisation, le spot publicitaire évoque un fait méconnu : le jour des attentats, les musulmans figuraient parmi les responsables présumés mais aussi, et surtout, parmi les victimes ainsi que les secouristes. Un pompier new-yorkais vient ainsi témoigner de son expérience, concluant sur le double rappel de son identité et de cette réalité, occultée par le temps qui passe : "le 11-Septembre s’est produit pour nous tous".

 

 

 

 

Par Hicham Hamza,

Journaliste.

 

 

 

Source: http://www.oumma.com/11-Septembre-des-milliers-de

Par Hicham Hamza - Publié dans : Mélange
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 02:46

25.000 Juifs vivent en Iran. C’est la population juive la plus importante au Moyen-Orient en dehors d’Israël. Les Juifs iraniens ne sont ni persécutés ni maltraités par l’Etat, en fait, la constitution iranienne les protège. Ils sont libres de pratiquer leur religion et de voter aux élections. Ils ne sont ni arrêtés ni fouillés à des checkpoints, ils ne sont pas brutalisés par une armée d’occupation, et ils ne sont pas parqués dans une colonie pénale densément peuplée (Gaza) où ils sont privés des moyens de survie de base. Les Juifs iraniens vivent dans la dignité et jouissent des avantages de la citoyenneté.

 

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24/09/2008 - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad rencontre le rabbin Moshe Ber Beck à New York. Le rabbin est membre de Neturei Karta, un mouvement ultra-orthodoxe et anti-sioniste. (REUTERS/Brendan McDermid)


 

Les médias occidentaux diabolisent le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Ils le traitent d’antisémite et de « nouvel Hitler ». Mais si ces affirmations sont justes, alors pourquoi la majorité des Juifs d’Iran ont-ils voté pour Ahmadinejad aux dernières élections présidentielles ? Se pourrait-il que la plupart de ce que nous savons sur Ahmadinejad ne soit qu’une rumeur sans fond et de la propagande ?

Voici un extrait d’un article paru à la BBC :

« Le bureau [d’Ahmadinejad] a récemment donné de l’argent pour un hôpital juif de Téhéran. C’est l’un des quatre seuls hôpitaux caritatifs juifs au monde et il est financé par la diaspora juive – quelque chose de remarquable en Iran où même les organisations locales d’aide ont des difficultés à recevoir des fonds de l’étranger de crainte d’être accusés d’être des agents étrangers. »

Quand Hitler a-t-il jamais fait des dons aux hôpitaux juifs ?
L’analogie avec Hitler est une tentative désespérée de laver le cerveau des Américains. Elle ne nous dit rien sur ce qu’est vraiment Ahmadinejad.

Les mensonges sur Ahmadinejad ne sont pas différents de ceux sur Saddam Hussein ou Hugo Chavez. Les Etats-Unis et Israël essaient de créer des justifications pour une nouvelle guerre. C’est pourquoi les médias font dire à Ahmadinejad des choses qu’il n’a jamais dite. Il n’a jamais dit qu’il voulait « rayer Israël de la carte. » C’est une autre fiction. L’auteur Jonathan Cook explique ce que le président iranien à réellement dit :

« Ce mythe a été recyclée sans fin depuis une erreur de traduction d’un discours d’Ahmadinejad d'il y a près de deux ans. Des experts en farsi ont vérifié que le président iranien, loin de menacer de détruire Israël, citait un discours antérieur de feu l’Ayatollah Khomeiny, dans lequel il affirmait aux soutiens des Palestiniens que ‘le régime sioniste de Jérusalem disparaîtrait dans les pages du temps’. »

« Il ne menaçait pas d’exterminer les Juifs ni même Israël. Il comparait l’occupation des Palestiniens par Israël à d’autres systèmes de gouvernement illégitimes, dont le règne est terminé, dont celui des Shah qui ont jadis dirigé sur l’Iran, l’Afrique du Sud d’apartheid et l’empire soviétique. Néanmoins, cette traduction erronée a survécu et prospéré parce qu’Israël et ses soutiens l’ont exploitée pour leurs propres desseins de propagande grossière. »
("Israel's Jewish problem in Tehran", Jonathan Cook, Counterpunch, 3 août 2007)

Ahmadinejad ne représente aucune menace pour Israël ou pour les Etats-Unis. Comme n’importe qui au Moyen Orient, il veut juste un répit dans l’agression US-Israël.

Voici ce qu’on trouve sur Wikipedia :

« Le département d'Etat américain s’est plaint de discriminations contre les Juifs en Iran. Selon son étude, les Juifs ne peuvent pas occuper des postes élevés au sein du gouvernement et sont empêchés de siéger dans la magistrature et les services de sécurité et de devenir chefs d'établissement public. L'étude indique que les citoyens juifs sont autorisés à obtenir des passeports et de voyage à l'extérieur du pays, mais souvent ils se voient refuser le permis de sorties multiples normalement délivré aux autres ressortissants. Ces allégations formulées par le Département d'Etat américain ont été condamnées par les juifs iraniens. L'Association des Juifs de Téhéran a déclaré dans un communiqué, ‘Nous, Juifs iraniens, condamnons les affirmations du Département d'Etat US sur les minorités religieuses iraniennes, annonçons que nous sommes totalement libres d'exercer nos devoirs religieuses et que nous nous ressentons aucune restriction quant à l'exercice de nos rites religieux.’ »

Qui croire ? Les Juifs vivant en Iran ou le département d’Etat américain fauteur de trouble ?

Il y a 6 boucheries kasher, 11 synagogues et de nombreuses écoles hébraïques à Téhéran. Ni Ahmadinejad ni aucun autre responsable gouvernemental iranien n’a tenté de les fermer. Jamais. Les Juifs iraniens sont libres de voyager (ou de se déplacer) en Israël s’ils le souhaitent. Ils ne sont pas mis en prison par une armée d’occupation. Ils ne sont pas privés de nourriture et de médicaments. Les enfants ne grandissent pas avec des troubles mentaux provoqués par le traumatisme de la violence sporadique. Leurs familles ne sont pas détruites par des hélicoptères de combat tournoyant au-dessus des plages. Leurs soutiens ne sont pas écrasés par des bulldozers ni touchés à la tête par des balles en caoutchouc. Ils ne sont pas asphyxiés par les gaz lacrymogènes ni tabassés lorsqu’ils manifestent pacifiquement pour leurs libertés civiles. Leurs dirigeants ne sont ni traqués ni tués dans des assassinats ciblés.

Roger Cohen a écrit un essai très sérieux sur le sujet pour le New York Times. Il a dit :

« Je préfère peut-être les faits aux paroles, mais je dis que la réalité de la courtoisie iranienne envers les Juifs nous en dit plus sur l’Iran – son raffinement et sa culture – que tous les discours incendiaires. C’est peut-être parce que je suis juif et que j’ai rarement été traité, constamment, avec autant de chaleur qu’en Iran. Ou peut-être ai-je été impressionné par le fait que la fureur sur ce qui s’est passé à Gaza, affichée sur les murs et claironnée à la télévision iranienne, n’a jamais débordé en insultes ou en violences contre les Juifs. Ou peut-être est-ce parce que je suis convaincu que la caricature de « Mollah Fou » de l’Iran et l’assimilation de tout compromis avec lui à Munich 1938 – une position populaire dans certains cercles juifs américains – sont trompeuses et dangereuses. »
("What Iran's Jews Say", Roger Cohen, New York Times, 22 février 2009)

Tout n’est peut-être pas parfait pour les Juifs qui vivent en Iran, mais leur situation est meilleure que celle des Palestiniens qui vivent à Gaza. Bien meilleure.

 

 

Par Mike Whitney.

 

 


Source : Counterpunch

Traduction : MR pour ISM

Par Mike Whitney - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 19:12

Le discours d’aujourd’hui contre les Roms est tout à fait semblable à celui qu’employaient les nazis et les fascistes avant que ne commence l’extermination de masse dans les années 1930 et 1940. On prétend à nouveau que les Roms sont une menace pour la sécurité et la santé publique. Aucune distinction n’est faite entre une poignée de délinquants et la majorité écrasante de la population rom. C’est une attitude honteuse et dangereuse, écrivait il y a deux ans Thomas Hammarberg.

 

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Seuls quelques milliers de Roms en Allemagne ont survécu à l’holocauste et aux camps de concentration. Ils ont eu énormément de mal à se construire une vie nouvelle, après avoir perdu tant de membres de leur famille et vu leurs biens détruits ou confisqués. En outre, nombre d’entre eux étaient en proie à la maladie. Certains d’entre eux cherchèrent à obtenir réparation mais leurs demandes furent rejetées pendant des années.


Or, justice ne fut pas rendue à ces survivants pendant la période post-hitlérienne. Au procès de Nuremberg, l’extermination massive des Roms ne retint pas l’attention, ce qui est significatif. Le génocide des Roms -Samudaripe ou Porrajmos - ne fut guère reconnu dans le discours officiel.


Cette négation passive de la sinistre réalité ne pouvait hélas pas surprendre outre mesure les Roms eux mêmes car, pendant des générations, ils avaient été traités comme un peuple dépourvu d’histoire. Les violations dont ils avaient été victimes furent rapidement oubliées, si tant est qu’elles aient été reconnues.


Malheureusement, l’histoire se répète. C’est pourquoi, il est particulièrement appréciable que le Conseil de l’Europe ait établi une série de fiches d’information sur l’histoire des Roms. Ces fiches sont destinées aux enseignants, aux étudiants, aux responsables politiques et autres décideurs et à toute personne désireuse de savoir quelles épreuves ce peuple a traversées.


Les lecteurs de ces fiches d’information peuvent ainsi découvrir que les divers groupes roms ont subi, en Europe, cinq cents ans de répression honteuse depuis qu’ils sont arrivés d’Inde au terme d’une longue migration. Les méthodes répressives étaient variées, allant de l’esclavage au massacre en passant par l’assimilation forcée, l’expulsion et l’internement.


Les « raisons d’être » de ces politiques étaient, quant à elles, similaires. Les Roms étaient considérés comme peu fiables, dangereux, criminels et indésirables. Ils étaient ces étrangers dont on pouvait aisément faire des boucs émissaires lorsque les choses tournaient mal et que la population locale ne voulait pas en assumer la responsabilité.


En Valachie et en Moldavie (la Roumanie d’aujourd’hui), les Roms vécurent dans la servitude pendant des siècles, jusqu’en 1855, date à laquelle les derniers esclaves roms furent enfin émancipés.


En Espagne, un jour de 1749, plus de dix mille Roms furent arrêtés dans le cadre d’une action militaro policière soigneusement planifiée. Selon un homme d’Eglise éminent qui conseillait le gouvernement, cette opération avait pour but « d’éradiquer cette sale race qui était odieuse à Dieu et pernicieuse à l’homme ». Les conséquences furent effroyables pour la communauté rom ; les déportations, les détentions, le travail forcé et les meurtres détruisirent, en grande partie, la culture rom originelle.


Au XVIIIe siècle, sous l’Empire austro-hongrois, les autorités appliquèrent une politique d’assimilation forcée. Les enfants roms furent retirés à leurs parents et l’on interdit aux Roms de se marier entre eux. En outre, il ne fut plus permis de pratiquer la langue romani. Cette politique fut brutalement appliquée. Par exemple, tout individu employant la langue « tsigane » était passible d’une condamnation à la flagellation.


Au XXe siècle, les fascistes s’en prirent aussi aux Roms. En Italie fut publiée, en 1926, une circulaire qui ordonnait l’expulsion de tous les Roms étrangers afin de « débarrasser le pays des caravanes tsiganes qui, cela allait s’en dire, constituaient un risque pour la sécurité et la santé publique du fait du mode de vie caractéristique des Tsiganes ».


L’instruction indiquait clairement que le but était de « frapper au cœur de l’organisme tsigane ». Dans l’Italie fasciste, les Roms furent ainsi en butte à des discriminations et à des persécutions. Nombre d’entre eux furent détenus dans des camps spéciaux ; d’autres furent envoyés en Allemagne ou en Autriche et plus tard exterminés.


En Roumanie, le régime fasciste de la « garde de fer » entreprit les déportations en 1942. Comme de nombreux Juifs, quelque 30 000 Roms furent déplacés en Transnistrie où ils connurent la faim, la maladie et la mort. Seule la moitié d’entre eux environ parvinrent à survivre aux deux années de privation extrême qu’ils endurèrent avant que la politique ne change.


En France, quelque 6 000 Roms furent internés pendant la guerre, dans la zone occupée, pour la majorité d’entre eux. Contrairement à d’autres victimes, les Roms ne furent pas systématiquement remis en liberté lorsque les Allemands battirent en retraite. Les nouvelles autorités françaises virent dans l’internement un moyen de les forcer à la sédentarisation.


Dans les Etats baltes, un grand nombre d’habitants roms furent tués par les forces d’invasion allemandes et leurs partisans locaux au sein de la police. 5 à 10 % seulement des Roms d’Estonie survécurent. En Lettonie, près de la moitié des Roms furent fusillés et l’on estime qu’en Lituanie, les Roms furent aussi tués dans leur grande majorité.


En fait, les idées racistes de l’époque n’épargnaient aucun pays d’Europe. En Suède, pays neutre, les autorités avaient déjà, dans les années 1920, encouragé la mise en œuvre d’un programme de stérilisation qui avait principalement pour cible les Roms (et qui s’est poursuivi jusque dans les années 1970). En Norvège aussi, des pressions s’exercèrent sur les Roms en vue de leur stérilisation.


Le régime nazi définissait les Roms (dont les Sintis) comme une « race inférieure » ayant un « comportement asocial » considéré comme héréditaire. Ce jugement était en fait une amplification de préjugés anciens et largement répandus tant en Allemagne qu’en Autriche. Lesdites lois raciales de Nuremberg, datant de 1935, privèrent les Roms de leur nationalité et de leurs droits civils. Il était exigé qu’ils soient internés dans des camps de travail et stérilisés de force.


Un plan antérieur imaginé par les racistes nazis et visant à maintenir certains Roms « de race pure » dans une sorte de musée anthropologique fut oublié, tandis que d’autres Roms, en particulier des enfants, furent sélectionnés pour être soumis aux cruelles expériences médicales de Josef Mengele. Une politique de stérilisation forcée fut mise en œuvre, souvent sans anesthésie.


L’élimination systématique des Roms débuta pendant l’été 1941 lorsque les troupes allemandes attaquèrent l’Union soviétique. Ils étaient considérés comme des espions (à l’instar de nombreux Juifs) au service du « bolchévisme juif » et furent fusillés en masse par l’armée allemande et les SS. De fait, dans toutes les zones occupées par les Nazis, des Roms furent exécutés.


Les chiffres sont imprécis mais l’on estime que plusieurs centaines de milliers de Roms furent exécutés dans ces circonstances, y compris dans les Balkans où les massacres étaient soutenus par les fascistes locaux. La milice Oustacha de Croatie géra des camps mais organisa aussi des déportations et procéda à des exécutions massives.


En décembre 1942, le régime nazi décida de déporter à Auschwitz tous les Roms du « Reich allemand ». Là, ils durent porter un triangle noir et se faire tatouer un Z sur le bras. De tous les détenus du camp, ils avaient le plus fort taux de mortalité : 19 300 d’entre eux y perdirent la vie. Sur ce nombre, 5 600 furent gazés et 13 700 moururent de faim, de maladie ou à la suite d’expériences médicales pratiquées sur eux.


On ne sait toujours pas combien de Roms au total furent victimes des persécutions nazies car ils ne furent pas tous inscrits comme Roms et les registres sont incomplets. L’absence de statistiques fiables sur le nombre de Roms vivant dans ces régions avant leur extermination massive rend encore plus difficile l’estimation du nombre réel de victimes. Selon les fiches d’information du Conseil de l’Europe, il est fort probable que ce nombre s’élève à au moins 250 000. D’après d’autres études crédibles, plus de 500 000 Roms perdirent la vie, et peut être même beaucoup plus.


Les fiches d’information soulignent la nécessité d’entreprendre des recherches complémentaires sur l’histoire des Roms. Les Roms eux mêmes ont eu peu de moyens de consigner les événements et les autorités n’avaient guère intérêt à le faire. Cependant, il y a des spécialistes roms et autres dont les travaux doivent être encouragés (les auteurs des fiches d’information ont notamment mis à profit les connaissances de plusieurs d’entre eux comme Ian Hancock et Grattan Puxon).


Cela dit, les fiches d’information publiées ont déjà des effets positifs. J’espère que de nombreuses personnes les liront et que les gouvernements européens soutiendront cette démarche et la faciliteront en traduisant ces textes dans leur langue nationale et en les diffusant auprès des enseignants et des responsables politiques entre autres. Il faudrait aider les organisations roms à les propager aussi largement dans leur communauté.


Un lecteur attentif ne pourra que tirer un certain nombre de conclusions. L’une d’entre elles est qu’il n’est pas surprenant que de nombreux Roms éprouvent de la méfiance vis à vis de la société majoritaire et que certains considèrent les autorités comme une menace. Lorsqu’on leur enjoint de se faire recenser ou de donner leurs empreintes digitales, ils craignent le pire.


En effet, plusieurs pays ne reconnaissent toujours pas l’oppression dont cette minorité a été victime par le passé et n’ont présenté officiellement aucune excuse. On peut, néanmoins, citer un bon exemple de comportement inverse ; en 2003, le gouvernement de Bucarest a pris la décision de créer une commission sur l’holocauste qui a, ultérieurement, publié un important rapport sur la répression et les massacres en Roumanie pendant la période fasciste.


Les fiches d’information montrent que les Roms ne vivent pas en nomades pour des raisons retorses ou parce qu’ils ont le voyage « dans le sang ». Lorsque c’est possible, ils se fixent bel et bien quelque part mais, pendant longtemps, ils ont dû se déplacer d’un pays à l’autre ou au sein d’un même pays pour éviter la répression ou simplement parce qu’ils n’étaient pas autorisés à s’installer dans un endroit donné. L’autre raison principale est que le type d’emploi ou de travail qui leur était accessible exigeait leur déplacement.


L’histoire nous donne des leçons sur la façon de faire face à la montée actuelle de l’antitsiganisme dans certains pays. Le discours de certains responsables politiques et des médias xénophobes ravive les stéréotypes séculaires au sujet des Roms, ce qui, à son tour, « légitime » les actions, souvent violentes, menées contre des personnes roms. Une nouvelle fois, on en fait des boucs émissaires.


Le discours d’aujourd’hui contre les Roms est tout à fait semblable à celui qu’employaient les nazis et les fascistes avant que ne commence l’extermination de masse dans les années 1930 et 1940. On prétend à nouveau que les Roms sont une menace pour la sécurité et la santé publique. Aucune distinction n’est faite entre une poignée de délinquants et la majorité écrasante de la population rom. C’est une attitude honteuse et dangereuse.

 

 

* Thomas Hammarberg,

commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe -

Consultez son site internet : http://www.coe.int/t/commissioner/d...

 

 

Source: http://www.info-palestine.net/


 

Consultez également :

-  Les fiches d’information sur l’histoire des Roms font partie du projet du Conseil de l’Europe sur l’éducation des enfants roms en Europe. Le racisme anti- Roms : Des discours semblables à ceux des nazis

 

19 août 2008 - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.paperblog.fr/1002009/le-...

Par Thomas Hammarberg - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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