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Réflexions

Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 23:06

Conclusion de l'Assemblée publique du Printemps des quartiers.

 

 

Nous tenons à rappeler ici un point important à ne jamais oublier, point souligner par H. Bouteldja assez brievement. Mohammed Merah est un présumé coupable, il a été abattu en tant que tel. Nous insistons lourdement sur ce "détail" puisque  ces milliers d'afghans, d'irakiens... de musulmans morts qu'on nous annonce chaque matin sous les bombardements de l'Empire du Progrès sont également des présumés coupables. On s'habitue, c'est tout...

 

 

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 23:54

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Il a fallu beaucoup de courage pour entrer dans la ville de Homs : Sky News, puis la BBC, puis quelques hommes et femmes courageux qui sont allés raconter au monde les angoisses de la ville et qui, pour au moins deux d’entre eux, ont été blessés. Cependant, je n’arrêtais pas de penser cette semaine à quel point nous connaissions le nom de l’indomptable photographe britannique Paul Conroy, et le peu que nous savions des 13 volontaires syriens qui ont été apparemment tués par des snipers ou des éclats d’obus pendant qu’ils procédaient à son sauvetage. Ce n’est pas la faute de Conroy, bien sûr. Mais je me demandais si quelqu’un connaissait les noms de ces martyrs – ou si quelqu’un avait l’intention de les connaître ?


Il y a là quelque chose de vaguement colonialiste. Nous sommes tellement habitués aux gestes héroïques de la version cinématographique des correspondants de « guerre » que d’une certaine manière ils sont devenus plus importants que les sujets de leur reportage. Hemingway est censé avoir libéré Paris – ou du moins le bar Henry’s – mais est-ce que quelqu’un se souvient du nom d’un seul Français mort pour la libération de Paris ? Je me souviens de mon intrépide collègue de la télévision, Terry Lloyd, tué par les Américains en Irak en 2003 – mais qui se souvient du nom d’un seul des 250.000 ou 500.000 Irakiens tués au cours de l’invasion (à part bien sûr, Saddam Hussein) ? Le correspondant d’Al Jazeera à Bagdad a été tué à Bagdad par une frappe aérienne américaine la même année. Mais que celui ou celle qui se souvient de son nom lève la main. La réponse est : Tareq Ayoub. Il était Palestinien. J’étais avec lui la veille de sa mort.


Le gilet pare-balles est devenu le symbole de pratiquement tous les journalistes de guerre. Je n’ai rien contre les gilets pare-balles. J’en portais un en Bosnie. Mais je suis de plus en plus mal à l’aise devant ces reporters dans leurs combinaisons spatiales bleues, évoluant au sein et interviewant les victimes de la guerre qui ne bénéficient pas de ce genre de protection. Je sais que les compagnies d’assurance exigent que les journalistes et leurs équipes portent ce genre de tenue. Mais dans les rues, c’est une autre image qui s’impose : celle de la vie d’un journaliste occidental qui est plus précieuse que celles des civils « étrangers » qui souffrent tout autour. Il y a quelques années, au cours d’un échange de tirs à Beyrouth, on m’a demandé d’enfiler un gilet pare-balles pour une interview télévisée par un journaliste qui portait une de ces vestes qui pèsent 6 kgs. J’ai refusé. L’interview n’a donc pas eu lieu.


Je suis mal à l’aise aussi avec un phénomène similaire qui est apparu il y a 15 ans. Comment les journalistes « encaissaient »-ils la guerre ? Devaient-ils recevoir un « soutien psychologique » pour leurs terribles expériences ? Leur fallait-il tenter de « tourner la page » ? Press Gazette m’a contacté pour faire un commentaire. J’ai décliné. L’article publié racontait en long et en large les traumatismes subis par les journalistes – et finit par laisser entendre que ceux qui refusaient une « assistance » psychologique étaient des alcooliques. C’était soit le bla-bla-bla psychologique, soit la bouteille de gin. La terrible vérité, bien sur, est que les journaleux, eux, peuvent prendre un vol retour lorsque les choses tournent mal, en classe affaires avec un verre de mousseux à la main. Ce sont les pauvres gens, sans gilets pare-balles, qu’ils abandonnent derrière eux – avec leurs passeports d’apatrides, sans visas, qui cherchent désespérément à échapper au bain de sang avec leurs familles – qui ont réellement besoin d’aide. Le romantisme associé aux reporters de « guerre » n’était que trop évidente lors des préludes à la guerre du Golfe de 1991. Des journalistes en tous genres  ont débarqué en Arabie Saoudite habillés en militaires. Un d’entre eux, un Américain, avait même enfilé des bottes de camouflage avec des feuilles peintes dessus – la dernière fois que j’ai regardé, il y avait très peu d’arbres dans le désert. Bizarrement, j’ai découvert que dans la solitude de ce véritable désert, les vrais soldats, surtout les Marines américains, tenaient des journaux intimes qui racontaient leurs expériences, et ils me les offraient souvent pour les faire publier. Apparemment, les journalistes voulaient être des soldats tandis que les soldats voulaient être des journalistes.


Cette curieuse symbiose devient évidente lorsque les correspondants de « guerre » parlent de leur « expérience du combat ». Il y a trois ans, dans une université américaine, j’ai eu le plaisir d’écouter trois vétérans américains des guerres Irak/Afghanistan remettre à sa place un journaliste qui avait prononcé cette phrase affreuse. « Excusez-moi, monsieur », a dit l’un d’entre eux, poliment. « Vous n’avez aucune « expérience du combat ». Vous avez eu « un aperçu du combat ». Ce n’est pas la même chose. » Le vétéran connaissait le poids du dédain silencieux. Il n’avait plus de jambes.


Nous sommes tous passés par des reportages genre « j’ai vu l’horreur » / « le sifflement des bombes » / « j’étais cloué au sol par des tirs d’obus/de mitraillettes/de snipers ». Il me semble que suis passé par là, en Irlande au début des années 70. Je suis certain d’être passé par là dans le Sud Liban à la fin des années 70. J’en ai honte. Nous sommes effectivement les « témoins oculaires » des guerres – encore une expression qui me met mal à l’aise – mais le côté « Maman, regarde comme je suis un bon journaliste » a un petit côté ego démesuré. C’est James Cameron qui a le mieux décrit la chose lors de la guerre en Corée. Alors qu’il s’apprêtait à débarquer avec les forces US à Inchon, il avait remarqué « au milieu de tout ça, et aussi incroyable que cela puisse paraître, on apercevait une embarcation solitaire, avec peint sur le côté en gros caractères le mot « PRESSE », remplie de journalistes agités qui se chamaillaient, tous tentant de donner l’impression qu’ils étaient déterminés à débarquer avec le première vague, tout en cherchant désespérément un moyen quelconque pour se retrouver dans la dernière. »


Et comment oublier les propos de la journaliste israélienne Amira Haas – correspondante de Haaretz pour la bande de Gaza – que je cite souvent ? Elle m’a dit à Jérusalem que le travail d’un correspondant à l’étranger n’était pas d’être « le témoin privilégié de l’histoire » (ce qui était ma propre définition minable), mais de « surveiller les centres de pouvoir », particulièrement lorsqu’ils entrent en guerre, et particulièrement lorsqu’ils ont l’intention de le faire sur un lit de mensonges.


Oui, gloire à ceux qui ont réalisé des reportages à Homs. Mais voici une réflexion : lorsque les Israéliens ont déclenché leur cruel bombardement de Gaza en 2008, ils ont interdit la présence des journalistes, tout comme les Syriens tentent de le faire à Homs. Et les Israéliens ont été beaucoup plus efficaces pour empêcher les occidentaux d’assister au bain de sang. Les forces du Hamas et celles de « l’Armée Libre Syrienne » à Homs ont beaucoup en commun – tous les deux étaient de plus en plus islamistes, tous les deux s’affrontaient à une puissance de feu infiniment supérieure, tous les deux ont perdu. Il n’y avait plus que les journalistes palestiniens pour couvrir les souffrances de leur propre peuple. Ils ont fait un excellent travail. Mais c’est étrange comment les salles de rédaction à Londres et à Washington n’ont pas montré le même enthousiasme pour faire entrer des gens à Gaza qu’ils ont montré pour Homs. C’était juste une remarque en passant. Une remarque bien triste.

 


Robert Fisk

 

 


Article original : The heroic myth and the uncomfortable truth of war reporting

Traduction : VD pour Le Grand Soir

Par Robert Fisk - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 14:27

Face à la couverture biaisée de ces guerres par les médias «officiels», le public occidental se reporte sur des sites d’information alternative.


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Il est des termes que notre partie du monde réserve uniquement aux pays moins démocratiques, ou totalitaires. Comme «corruption». Ou «propagande». Chez nous, point de telles barbaries. La propagande, c’est dans le camp adverse. Vraiment? Depuis les années 2000, les Etats-Unis ont, en réalité, poussé l’art de la propagande plus loin que jamais dans l’histoire. La crédibilité des médias occidentaux de masse en est passablement affectée, car ils n’ont développé aucun esprit critique face à ce contrôle pernicieux. A l’heure actuelle, la presse occidentale s’épuise sur les «massacres de Bachar» en Syrie, condamnant les crimes contre l’humanité de ce nouveau «dictateur fou». Mais aucun journal n’enquête sur les ingérences occidentales en Syrie: se pourrait-il, comme le suggère la Russie et certains médias chinois, que l’opposition syrienne soit instrumentalisée par l’alliance occidentale? Qu’elle soit armée, financée, entraînée par les services de renseignement américains?  Dans quelle mesure l’opposition en Libye, elle aussi authentique au départ, n’a pas été infiltrée d’éléments pro-occidentaux? Dans quelle mesure la CIA fabrique-t-elle de toutes pièces, comme l’écrit le penseur américain Noam Chomsky, des oppositions dans les pays hostiles à ses intérêts? Fait inquiétant, il n’est plus possible de soulever ces questions évidentes sans être taxé de «complotiste», «idéologue», «propagandiste», ou «anti-américain». Or une partie du public européen (principalement jeune et de classes inférieures, mais aussi une certaine élite désabusée) est en rupture avec les médias resservant la ligne officielle des Etats. Se méfiant de la couverture systématiquement biaisée de ces guerres, ce public croissant se reporte massivement sur les sites d’information alternative qui triomphent sur la blogosphère.


Tout comme le président Wilson avait fait appel en 1914 à un organe de propagande (les «Comités pour l’information du public») pour faire basculer une opinion américaine isolationniste vers l’interventionnisme, George W. Bush a créé en 2001 un «Ministère de l’influence stratégique» pour fabriquer un soutien international à l’invasion de l’Irak. C’est ainsi que le mensonge au sujet des armes de destruction massive devint vérité officielle. Des journaux parlaient de stocks d’armes chimiques qui n’existaient pas, comme s’il s’agissant du fait le plus certain. En 2005, l’administration Bush admit avoir entièrement fabriqué de faux reportages, qu’elle avait transmis à des télévisions afin qu’elles les diffusent comme étant de l’information indépendante et objective. Mais la guerre d’Irak avait eu lieu. Aujourd’hui, la petite fiole de poudre blanche agitée par Colin Powell devant le Conseil de sécurité en 2003 reste dans les mémoires. Dans un cas stupéfiant d’absence d’autocritique, un journaliste du Monde.fr a accusé le 24 février les lecteurs, qui postaient des commentaires au sujet de la Syrie, d’être complotistes, manipulés par la propagande syrienne, parce qu’ils n’adhéraient pas à la ligne éditoriale. «Les réactions à nos articles abondent notamment dans les théories du complot et accusations de manipulation», écrit-il, se plaignant d’un «flot de publications versant dans une lecture idéologique et propagandiste des faits». D’humilité, il n’en a aucune en s’irritant du «refus de l’information présentée dans les médias dits «dominants». A  l’introspection sur son métier, il préfère qualifier d’«impostures», de «profusion de contre-vérités» et de «rumeurs invérifiables» les réactions des internautes, qu’il hésite, mais se refuse bravement, à censurer «à tout va». Comment a-t-on pu en arriver là? Bien entendu, les internautes ont massivement réagi à son article. Je reprendrai ici une de ces réponses, mais vous invite à lire le tout*: «Encore un article sur les «complotistes», et toujours la même méthode: stigmatisation morale («vous n’avez pas honte!») et amalgames (mettre sur le même plan ceux qui s’interrogent, et ceux qui sont persuadés de détenir toute la vérité). Les journalistes feraient bien de prendre conscience d’un fait: en quelques années, ils ont perdu la confiance d’une partie de la jeunesse des banlieues ou des milieux populaires. Visiblement, cela ne les incite pas à renouveler leur méthode.» Le lecteur est le client de la presse. S’il devient plus intelligent qu’elle...

 

 

Par Myret Zaki



Source: www.bilan.ch/editoriaux/mz/la-propagande-occidentale-est-la-pire


*http://rezonances.blog.lemonde.fr/2012/02/24/sur-la-syrie-la-propagande-a-longueur-de-commentaires/

Par Myret Zaki - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 21:19
Par lejournaldepersonne - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 01:23

 

 


 
A voir et entendre le reportage en Libye de  notre compatriote européen M.  Michel Collon sur la  tuerie nocturne des enfants d’un révolutionnaire de la première heure, ainsi que de ceux venus à leur secours, la question se pose si la France a toujours le crédit moral que lui reconnaissaient le monde et notamment les Etats musulmans ? Un pilote interrogé  durant la fête nationale nous a dit qu’il bombardait l’Afghanistan et la Libye, comme un autre eût dit la satisfaction causée par une carrière prometteuse ! Où est donc passée cette dignité que le philosophe le plus célèbre de l’Allemagne, Kant,  accorde à l’homme et  qui distingue un jugement de valeur honorable sur l’humanité de celui qu’il  rapportait d’un parlementaire anglais laissant échapper que chacun a un prix auquel il se vend, et en ce cas, le prix d’un jeteur de bombes sur un lit d’enfant est certainement élevé !. Personne n’appelle un homme le membre d’un tel corps militaire, et le Persan de Montesquieu aurait été étonné d’apprendre que le pays curieux qu’il visitait se parerait un jour comme le paon, d’une magnifique roue tricolore sur laquelle s’inscrirait en lettres  d’or la mention des droits de l’homme, en même temps qu’il commanderait à son  armée le massacre des innocents.

Nous en sommes réduits à penser  que le terrorisme  est non plus un mal, mais la tactique la plus immédiate  qui s’offre à un nouveau stratège. Il n’est plus besoin de débarquer des troupes ou de prouver sa vaillance, qualités trop viriles, ni de prendre pitié de l’enfance, qualité trop maternelle ou féminine, mais de faire plier  l’adversaire par ses sentiments :  non pas d’ouvrir par ruse la porte de la ville de Troie, comme dans l’épopée d’Homère,  mais de pénétrer dans le cœur des pères pour les vaincre par la mort horrible de leur progéniture. Certains théologiens, plus prudents que le peuple, refuseront d’opposer l’Ange exterminateur qui tuait les premiers nés d’Egypte à l’Ange de Reims qui est devenu pour beaucoup le sourire de la France, teinté de je ne sais quelle voluptueuse  éternité. Les premiers temps étaient barbares, et le second reflétait une société policée marquée par l’enseignement et les miracles de Jésus (béni soit-il). Chaque célébration du combat de Kerbala montre bien les pieux enfants reconnaissant leur martyre  ancien. Mais Ici nous mesurons la nouvelle politique du pays qui s’identifie au khalife oppresseur, à  un Yazid froid, mécanique, pour ainsi dire, qui tient l’humanité pour prétexte et l’infanticide pour une victoire décisive sur ceux dont il ne peut vaincre ni la raison ni ôter la foi...


  Une nouvelle disposition constitutionnelle permet au Président d’engager seul une guerre, sans consultation du Parlement, et d’en chercher le motif dans une demande de  protection civile qu’il interprète à sa guise. Fini le temps où il fallait une déclaration assortie d’un ultimatum. Le tyran est d’abord désigné, comme la cible, mais aussi vaste que ceux qui l’entourent, et tout esprit non obscurci par les préjugés d’autrefois abandonne l’esprit du droit pour celui de la vengeance, car l’amour de soi est poussé jusqu’à l’anéantissement des règles que Dieu distribue aux  hommes et  qui commandent de préserver la pureté, le rang maternel et le sang noble. C’est le cas de dire que l’on ne veut plus asseoir l’Etat  sur la force de la vertu, mais sur l’impunité du vice. Et cette dernière hait surtout l’enfance car elle en a perdu pour toujours l’éclat de vérité qui perçoit et brûle le mensonge.


 Le souvenir du discours de Villepin aux Nations Unies contre l’agression de l’Irak s’efface, et lui-même se tait sur les crime précis que dénonce Michel Collon.. Dans le Groupe Gauche Démocrate et Républicaine qui vote contre l’engagement militaire français en Libye, le 12 juillet,  Monsieur Noel Mamère fait exception avec un autre député  et approuve le gouvernement.


La visite du monde par un chef d’Etat français demandant la fin de la guerre d’Indochine et de l’injustice palestinienne  ou la coopération de toutes les indépendances  pour parvenir à  un équilibre réaliste  de vraie sécurité, semble l’exception historique  qui confirme la régle machiavélique désormais ordinaire que la fin justifie les moyens. La France vit au long des siècles, soit, mais elle marche en somnambule sur la voie d’un Enfer. A ses amis de la réveiller, en priant Dieu de les aider, car aucun parti politique de grande envergure, y compris en premier  le parti socialiste reprenant son ancienne tradition atlantiste d’alignement sur le protecteur américain, ne semble s’y résoudre.

 

 

Pierre Dortiguier

Par Pierre Dortiguier - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 01:46

Le saxophoniste de jazz Gilad Atzmon est un musicien et un esprit brillant. Curieux, cultivé, écrivain et commentateur politique, il connaît bien le métier d’informer. Accusé d’antisémitisme, agressé physiquement, par des pro-israéliens qui voudraient faire taire sa critique, il est toujours à l’attaque. Gilad Atzmon nous dit ici pourquoi, à son avis, la presse a perdu toute crédibilité. (*)

 

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Silvia Cattori : Vos analyses politiques sont traduites dans une douzaine de langues [1]. Elles touchent un très large lectorat sur la toile. Pour qui le musicien écrit-il exactement ?

 

Gilad Atzmon : J’écris principalement pour moi-même. J’essaie de comprendre le monde qui m’entoure. Il y a quelques années, j’ai compris que beaucoup de gens étaient intéressés par les réflexions que je me faisais à moi-même. C’est alors que j’ai commencé à faire partager aux autres l’ébullition de mon esprit destructeur.

 

Silvia Cattori : À une époque où la presse a perdu une grande partie de son lectorat êtes-vous de ceux qui continuent à lire les journaux ?


Gilad Atzmon : Non, depuis de nombreuses années je n’achète plus les journaux, parce que je m’intéresse au Proche et Moyen-Orient et que les médias « grand public » ont très peu à offrir à ce sujet. Dans la presse britannique - ou même dans les médias anglophones d’expression orale - le seul expert est probablement Robert Fisk. Si je veux savoir ce qui se passe au Moyen-Orient, je vais sur des sites web comme Counterpunch, Information Clearing House, Veterans Today, Uprooted Palestinian, Rense.com, PalestineTelegraph, Palestine Chronicle, Dissident Voice, Uruknet, et d’autres grands sites. Nos sites web et nos blogs fournissent une bien meilleure information que les médias traditionnels. Nous sommes devenus la principale source d’information. Je vois le grand nombre de gens qui visitent mon site. S’il y a, par exemple, une crise à Gaza, ils veulent voir ce que Gordon Duff, Ramzy Baroud, Alan Hart, Israel Shamir, Alex Cockburn, Ali Abunimah ou Gilad Atzmon ont à dire à ce sujet. C’est nous qui sommes les experts. Je n’ai aucun respect pour les médias traditionnels. S’ils veulent survivre, ils ont intérêt à changer rapidement, sinon ils sont finis.

 

Silvia Cattori : D’une façon générale, traiter de la question israélo-palestinienne n’est pas une chose facile. La crainte d’être accusé d’antisémitisme, incite-t-elle à s’autocensurer ?


Gilad Atzmon : Je vais être très honnête avec vous. Les médias occidentaux ont complètement démérité. Ils nous ont trahis. Ils n’ont pas réussi à comprendre que la Palestine n’est pas si loin de notre « paradis occidental ». Ils n’ont pas réussi à voir que nous sommes tous des Palestiniens. Que les Palestiniens sont simplement à la pointe du combat. Et que nous combattons exactement dans la même bataille.

 

Silvia Cattori : La désinformation en ce qui concerne Israël n’a-t-elle pas également un lien avec le fait que les journalistes honnêtes sont eux-mêmes assujettis à la propagande israélienne ?


Gilad Atzmon : En ce qui concerne le Royaume-Uni, c’est loin d’être un secret que les plus grands partisans de la guerre criminelle de Blair contre l’Irak par exemple, étaient les journalistes David Aaronovitch et Nick Cohen, qui écrivent tous deux pour le notoirement sioniste Jewish Chronicle.


Silvia Cattori : On voit les mêmes mécanismes de censure et de contrôle de l’information à l’œuvre dans les nouveaux médias alternatifs. Celui dont le point de vue est susceptible de heurter l’agenda des bailleurs de fonds est censuré. N’est-ce pas regrettable ?


Gilad Atzmon : Je suppose que c’est normal. Vous devez vous rappeler que tout discours est en pratique un ensemble de limites. Cela peut expliquer pourquoi l’artiste est bien plus efficace que les marxistes par exemple. Alors que le marxiste est là pour maintenir les limites, l’artiste est là pour présenter une réalité alternative. Mon choix est évidemment clair, je suis un artiste.

 

Silvia Cattori : La presse en Israël est-elle plus libre que notre propre presse ?


Gilad Atzmon : La presse israélienne n’est pas libre mais, assez curieusement, elle est encore plus ouverte que notre presse occidentale. En dépit de la censure, elle est ouverte à la discussion sur les questions juives et plus critique sur l’État d’Israël que ne le sont le Guardian, le New York Times ou le Socialist Worker.


Silvia Cattori : En dépit de la dureté de votre critique contre Israël, ni le quotidien Israélien „Haaretz” [2] ni la chaîne Arte ne vous ont censuré. Est-ce le musicien de jazz accompli ou l’opposant israélien qui attire leur intérêt ? Est-ce le signe que quelque chose a changé ?

 

Gilad Atzmon : Les deux je suppose. Je suis intéressant pour eux de différentes manières. Je leur offre une occasion de dire ce qu’ils pensent exactement, là où ils n’ont pas le courage de le dire eux-mêmes. The Tide Has Changed (Le vent a tourné) [3] est le titre de mon nouvel album. Quelque chose est effectivement en train de changer ; et c’est quelque chose de très important. J’ai beaucoup de succès dans ce que j’entreprends. En Grande Bretagne, je peux dire que je suis assez célèbre dans certains milieux. Quand je voyage autour du monde, je donne de nombreuses interviews et participe à de nombreux entretiens. J’ai aussi quelques ennemis qui tentent de me réduire au silence et qui se battent pour faire annuler mes entretiens et mes concerts. En l’occurrence, ils ont constamment échoué. Je suis encore à l’attaque.

 

 

Silvia Cattori

 

 

 

Source: http://www.silviacattori.net/article1661.html


(*) Publié sous une forme abrégée dans le magazine suisse EDITO

[1] http://www.gilad.co.uk/

[2] http://www.haaretz.com/weekend/magazine/haunted-by-ghosts-1.319263
Arte TV http://www.gilad.co.uk/storage/Gilad%20Atzmon%20German%20press_Arte.pdf

[3] The Tide Has Changed, le dernier album de Gilad Atzmon, a reçu une critique très élogieuse en Grande Bretagne.

Par Silvia Cattori - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 18:22

"Et bien que ces pays soient très éloignés de nos côtes, nous savons que notre propre avenir est lié à cette région par les forces de l'économie et la sécurité, par l'histoire et par la foi".


Voilà à mon avis, la phrase clé de tout le long discours d'Obama qui n'est plus seulement égyptien cette fois-ci, mais carrément "oriental".


Lorsqu'on sait que la région MENA recèle 60% des réserves mondiales de pétrole et 45% des réserves mondiales de gaz naturel et que parmi les douze pays membres de l'OPEP, huit font partie de la région du "Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord", on comprend tout l'attachement des Etats-Unis à cette région si "lointaine". Imaginez les Etats-Unis sans le pétrole et le gaz du MENA... ce serait le pire des scénarios catastrophe jamais produits par Hollywood!


Les dirigeants des Etats-Unis ont pour objectif d'éviter que cela n'arrive un jour, d'où ce discours tout sucre tout miel adressé cette fois-ci directement au "peuple" arabe, pour lui assurer que : "les intérêts des Etats-Unis ne sont pas hostiles aux espoirs du peuple, ils lui sont essentiels". En voilà une bonne nouvelle!

Ma compatriote blogueuse Bent Aljazaïr, a bien raison quand elle dit que les révoltes arabes d'aujourd'hui ont un air de déjà vu. Comment dire... par le "modus operandi". Elle, revient à la fin de la première guerre mondiale sur la chute de l'Empire Ottoman. Un empire qui pendant sa jeunesse a fait trembler l'Europe, avant qu'il ne devienne l'homme malade du 19ème siècle.

 

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© Source

 

Celui dont l'Europe (la France et l'Angleterre) revancharde se disputera les restes, elle qui avait activement contribué à sa déchéance.

 

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© Source

 

A cette époque, les arabes pressés (pour diverses raisons) de se débarrasser de l'autorité ottomane, s'allient aux britanniques qui leur font de belles promesses et de beaux discours, tout aussi sucrés et mielleux que ceux d'Obama aujourd'hui. Mais après le temps des promesses, vint celui des trahisons. Selon ce qu'il en est rapporté, Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d'Arabie aurait été trahi tout autant que les arabes qui lui auront fait confiance (et les kurdes). Le Lawrence était en fait un supporter de la cause sioniste, comment aurait-il pu soutenir les arabes dans leur combat pour la liberté? C'était là toute la subtilité du "jeu anglais" qui a excellé dans l'art de ménager le chou et la chèvre, en se gardant bien de montrer ses dents de loup...


Mais, au-delà du mythe cinématographique, il parait que Al-Lawrence était visionnaire et que son plan de partage du Moyen-Orient aurait permis d'éviter les conflits d'aujourd'hui s'il avait été adopté au lieu de celui bassement politique et intéressé de Sykes-Picot.

 

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Lawrence nous dit-on, était quant à lui plus soucieux de la paix et de la stabilité (de qui?), d'où cette idée de génie (trop généreuse) de fractionner un Orient qui ne lui appartenait pas...

Un autre personnage, plus discret, moins mythique (médiatique) a été par contre, plus efficace dans son rôle de sujet de la couronne britannique en Orient. Il s'agit de John Bagot Glubb dit Glubb Pacha. En 1920, il organise en Irak une force de police "indigène"... et organise ensuite en Transjordanie (la future Jordanie) une autre police, une force militaire : la Légion Arabe. Une légion de bédouins arabes sous commandement britannique qui entre autres rôles, va pendant la première guerre israélo-arabe de 1948, participer à empêcher la naissance politique d'un état palestinien, tout en permettant la création de cette entité étrangère (étrange) appelée Israel.

 

Depuis, cette entité incrustée de force n'a pas encore réussi à se fondre dans le décor, alors c'est tout le décor qu'il faut changer. Pour elle, on invente des acronymes : "MENA"! Synonyme de "Grand Moyen-Orient" ou "Nouveau Moyen-Orient", c'est à vous de voir... parce qu'Israel ne peut pas s'accommoder d'un monde arabe et encore moins d'un monde musulman. (A ce propos d'ailleurs, il faut noter que le Cheikh Obama a émis pendant son discours une deuxième Fatwa. Après les rites funéraires, le martyre).

Surtout que le mot "monde" évoque une notion d'ensemble et d'unité très mauvaise pour les affaires d'Israel et nécessairement des USA (ou vice-versa)... Aujourd'hui, Obama s'étonne que cinquante années après la "fin du colonialisme (sic!) l'Occident soit encore blâmé d'être la source de tous les maux". Malheureux Occident, tellement soucieux pourtant du bonheur des peuples opprimés...

D'où une fausse humilité qui lui a fait dire (à Obama) que "ce ne sont pas les USA qui ont fait sortir les gens dans les rues de Tunis et du Caire". Peut-être bien... en tout cas, Al Lawrence lui était bien là! Secret et ombrageux, le rôle de facebook dans les révoltes arabes d'aujourd'hui est tout aussi controversé que l'a été le personnage mythique.

Sceptique moi? En février 2007, Michel Chossudovsky, écrivait :   "Il vaut la peine de noter que le déclenchement des divisions sectaires et des « guerres civiles » sont envisagés dans le processus de refonte de la carte du Moyen-Orient, dans lequel il est prévu que les pays seront morcelés et transformés en territoires. La carte du nouveau Moyen-Orient, bien que non officielle, a été utilisée par l’Académie nationale de la guerre (étatsunien). Elle a été publiée récemment dans le Journal des Forces armées (en juin 2006). Dans cette carte, les États nations sont morcelés, les frontières internationales sont redéfinies le long des lignes des clans ethniques, le plus souvent en fonction de l’intérêt des géants pétroliers anglo-étatsuniens. La carte a aussi servi dans un programme de formation à l’Université de la Défense de l’OTAN pour les officiers militaires supérieurs".

 

The-Project-for-the-New-Middle-East.jpg

© Source

 

 

 

 

Par Oumelkheir - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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