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Aujourd'hui, les attaques menées en Occident contre l'Islam se font de plus en plus virulentes. La question du hijab et autres vêtements symbolisent cette acharnement. Elle symbolise également cette volonté "diabolique" de vouloir désacraliser la religion musulmane et ses modalités d'application.

De ce fait, les débats et les argumentations n'ont malheureusement qu'une dimension juridique, moraliste ou humaniste. Même les défenseurs du vêtement islamique n'ont pas su s'élever au-delà de ces dimensions. Débattre du "bien et du mal", du "droit, de la liberté" amène forcément sur le terrain profane. Ainsi, la dimension la plus haute, la dimension sacrée, disparaît. C'est bien là une démarche diabolique, dans tous les sens du terme: un nivellement par le bas.
Le texte que nous proposons ci-dessous rend donc sa dimension sacrée au vêtement, tout en évoquant ce qu'est l'élément féminin dans l'espèce humaine: la femme en tant que telle, dans son essence. Il souligne également la dégénéréscence occidentale sur ce sujet.



Même si on ne s’en rend plus compte, le vêtement a une emprise puissante sur l’âme : on s’identifie spontanément à son vêtement. L’effet « mode » en est un vivant témoignage.


« Les vêtements forment l’ambiance immédiate de l’âme humaine, ils ont un pouvoir incalculable de purification ou de corruption. Ce n’est pas sans raison, par exemple, que dans la chrétienté, les ordres religieux ont conservé, à travers les siècles, un costume qui avait été tracé et institué par une autorité spirituelle soucieuse de choisir une tenue compatible avec la vocation de celui qui la porte. En dehors de ces exemples, on peut d’ailleurs dire, d’une façon générale, que dans toutes les civilisations théocratiques, c’est-à-dire dans toutes les civilisations à l’exception de la « civilisation » moderne, le vêtement a été plus ou moins inspiré par la conscience que l’homme est le représentant de Dieu sur la terre, et ce n’est nulle part plus vrai que dans la civilisation islamique… » (1)


Tant que les sociétés musulmanes sont demeurées homogènes conservant un mode de vie traditionnel, chaque ère ethnographique avait son propre mode vestimentaire conforme à l’Ordre.


- L’homme portait généralement un habit ample et couvrant, comme la djellabah, par exemple, combinaison parfaite de simplicité, de sobriété et de dignité. Il est certain que ce genre de vêtement donne une prestance inégalée et une allure sacerdotale complètement adaptée à la prière.


 

 

 



- La femme se voilait. Pendant quatorze siècles –et jusqu’à aujourd’hui pour une importante part-, les musulmanes ont porté un voile -chaque ère culturelle avait son propre voile- sans se poser de questions, ainsi qu’il leur est prescrit dans le Coran et la sunna.

 

 


Et ce, jusqu’à l’entrée du modernisme qui a entraîné, en partie, les communautés musulmanes à se séculariser, entraînant un chambardement dans le mode de vie traditionnel.


Dans son livre « l’art de l’islam », Titus burckhartdt, après avoir dit, que le corps de la femme était plus subtil, plus délicat, plus fluide et plus noble que celui de l’homme, il dit du voile : « Ce n’est pas à cause de son caractère sexuel purement physique que la femme musulmane se voile, même si cela correspond à une certaine nécessité sociale ; c’est parce que son apparence physique livre en quelque sorte son âme. L’épouse qui dévoile sa beauté à l’époux est, pour la sensibilité du musulman, une image évoquant non seulement l’ivresse sensuelle mais toute ivresse dont la vague quitte les rivages pétrifiés du monde extérieur pour s’épancher vers l’illimitation intérieure. Pour le mystique, c’est l’image par excellence de la contemplation de Dieu… », que le Prophète (saws) a exprimé par « la fraîcheur de ses yeux ».


La femme évoque donc l’intériorité, le mystère… en se dénudant, elle trahit en quelque sorte sa féminité ; en se voilant, elle ne nie pas son corps mais le relègue comme l’or, dans le domaine des choses précieuses qui demeurent cachées aux yeux des foules ; ce n’est pas sans rapport avec le voilement des mystères dans les derniers temps où les passions dominantes occupent le devant de la scène. D’autant que la femme aime extérioriser et jouer de sa beauté pour plaire, droit qui lui est parfaitement reconnu –il lui est même conseillé de le cultiver- mais dans le cadre légitime de la famille. Le voile a donc aussi un aspect de lutte contre l’ego (nafs).


Aujourd’hui, c’est l’extériorisation, le paraître qui compte. Avec le nivellement par le bas, tout le monde doit être habillé selon un dictat pour afficher l’emblème de l’efficacité matérielle, et ce, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale qui correspond à la sécularisation de la société ; on doit avoir un « look » pour exprimer l’individualisme ; une femme doit être « sexy », femme-objet qui pense être libre. Par contre, une musulmane qui choisit librement d’être conforme à sa foi et d’être une femme à part entière est une femme asservie !


N’est-il pas curieux que dans des sociétés dites de « liberté », où il permis d’avoir tous genres d'accoutrement, on prive certaines personnes du droit fondamental de s’habiller selon leur choix . Qui plus est, contrairement aux droits de l’homme qu’on brandit à tous vents, lesquels stipulent garantir la liberté religieuse ainsi que son expression. Il est quand même révélateur de relever que le port d’une micro-jupe ne soulèvent que des « Olé » alors qu’un foulard (2) -version contemporaine du voile- sur la tête provoque des « tollés » interminables. La laïcité serait-elle un bloc monolithique intégriste où l’on n’a pas le droit à la différence ?


Faut-il donc porter le voile ? Dans une époque aussi trouble et confuse que la nôtre, dans certains contextes où le voile n’a pas de fondement social, il est, en certaines circonstances très problématique de le porter. Ne faut-il donc pas se référer à ce que Abdallah ben Omar disait : « Comme nous avions prêté serment de fidélité à l’Envoyé de Dieu (saws), déclarant que nous lui obéirions, il nous dit : « Dans la mesure où vous le pourrez » (El Bûkharî 93-43, 3)


Faire comme on peut est un principe fondamental en Islam. Si donc la règle est qu’il faut le porter pour être en totale conformité avec l’ordre divin -sans excès par rapport au contexte et sans ostentation (3), l’islam étant éloigné des extrêmes-, seul Dieu Miséricordieux est à même d'apprécier et de juger de la capacité de chacune. Comme toute prescription, c’est en son âme et conscience que l’on s’y plie ou pas.


- En n’oubliant jamais que le meilleur vêtement - et celle qui le porte est forcément discrète et pudique- est celui de la piété :
« Ô Fils d’Adam ! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. - Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. – Autant de signes (de la puissance) de Dieu destinés à vous faire méditer. » (Coran VII, 26)


- En se sachant toujours et à jamais indigents.
La pire situation serait d'être satisfait de soi dans la désobéissance et pis encore dans l’obéissance. L’écueil dans la désobéissance est clair alors qu’il est subtil dans l’obéissance : se voir d’un œil satisfait –et forcément méprisant pour les autres- est le shirk de l’orgueil.


Et Dieu est plus Savant.

 

 


(1) Un saint soufi du XXe siècle, Martin Lings. Points Sagesse.

(2) Foulard dit “hijab” qui vient du mot arabe “hajaba”, signifiant couvrir, mettre une distance. Dans certaines régions des femmes portent le “Niqab”, pièce de tissu qui couvre le visage.
(3) “Dieu habillera de disgrâce celui qui porte des vêtements par ostentation ” (hadith)



Source: http://aminour.unblog.fr




Tag(s) : #Islam

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