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Avant le début du Ramadan, j'ai pensé à écrire quelque chose sur les familles qui ont des martyrs, car chaque moment spécial (fêtes ou autres) est difficile en l'absence des êtres chers récemment perdus. À Gaza, après les derniers massacres d'Israël qui ont fait 1500 martyrs, je savais qu'il y aurait beaucoup de familles avec un ou plusieurs martyrs pendant ce Ramadan.
Je n'avais pas envisagé qu’il y aurait des nouveaux martyrs.


Depuis que le Ramadan a commencé il y a 16 jours, le 22 août, au moins 7 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens rien qu’à Gaza, et un autre jeune (15 ans) a été tué par un soldat israélien en Cisjordanie occupée. 3 autres Palestiniens ont été tués indirectement par Israël, mourant dans l’effondrement d’un tunnel, et un autre homme y a été blessé.

Les ouvriers des tunnels seraient tous sans emploi (et vivants) si le siège imposé par Israël à Gaza était terminé et qu’une économie fonctionnant normalement et les passages frontaliers reprenaient, permettant aux gens ici d’avoir une qualité de vie humaine.

À l'heure actuelle, les animaux ont plus de droits que les Palestiniens de Gaza.

Le Coordinateur humanitaire des Nations Unies pour les Territoires palestiniens occupés, Maxwell Gaylard, a déclaré, en appelant à la fin du siège sur Gaza :

"La dégradation et les pannes des installations sanitaires et d’eau dans la bande de Gaza ne font qu'aggraver un refus déjà strict et prolongé de la dignité humaine dans la bande de Gaza ... Au cœur de cette crise se trouve une baisse brutale du niveau de vie de la population de Gaza, caractérisée par l'érosion des moyens de subsistance, la destruction et la dégradation des infrastructures de base, et une baisse marquée dans la fourniture et la qualité des services vitaux en matière de santé, d'eau et d'hygiène publique."


Ces martyrs sont :

-Sa 'id' Ata al-Hussumi, 16 ans, qui travaillait dans une exploitation agricole à Beit Lahia, à 350m de la frontière nord ; il a été tué sur le coup de deux balles dans la poitrine, le 24 août.

- Trois frères, Mansour Ali al-Batniji, 30 ans, Na'el 'Ali al-Batniji, 20 ans, et Ibrahim Ali al-Batniji, 25 ans, qui ont tous été tués quand un avion de combat israélien a tiré un missile sur un tunnel sous la frontière entre la Palestine et l’Egypte le 25 août.

- Mohammed Nadi al-Attar, 25 ans, de Beit Lahia, a été tué quand une vedette de la marine des FOS a tiré sur lui une roquette alors qu'il nageait à quelques mètres de la plage le 27 août. C’était un pêcheur qui était entré dans l’eau pour ramasser son filet afin d’apporter de la nourriture sur la table de sa famille.

- 3 frères de la famille Al-Lahhams de Khan Younis ont été tués dans l’effondrement d’un tunnel le 28 août.

- 'Esmat As'ad Sahra, 25 ans, et Faraj Ismail al-Najjar, 29 ans, tous deux membres de la résistance de Jabalya, au nord de Gaza, qui, selon le Hamas, ont été tués par des bombardements d'artillerie israéliens à l'est de Jabalya, alors qu’ils surveillaient les déplacements de l'armée israélienne le 1er Septembre.

- Ghazi Zaneen (photo ci-dessus), 14 ans, de Beit Hanoun, a reçu une balle dans la tête tirée par les Forces d’Occupation alors qu’il se trouvait sur les terres familiales à 500m de la Ligne Verte frontalière. Il est décédé le lendemain, le 5 Septembre.


D’autres ont été blessés, il s’agit de :

- Murad Salman al-Wazir, 17 ans, de cheikh Zayed, qui se trouvait à 900 mètres de la Ligne Verte quand les soldats des FOS lui ont tiré une balle dans la jambe le 22 août.

- Fawzi Ali Qassem, 63 ans, se trouvait sur ses terres à l'est de Beit Hanoun et au moins à 1.800 mètres de la frontière quand les soldats des Forces d'Occupation Sionistes ont ouvert le feu sur des agriculteurs et l’ont blessé à la cuisse gauche le 23 août.

- Mas 'oud Mohammed Tanboura, 19 ans, travaillant dans une exploitation agricole à Beit Lahia, à 350 mètres de la frontière nord, a été gravement blessé d’une balle dans la poitrine, le 24 août.

- 6 Palestiniens auraient été blessés dans le raid aérien israélien contre un tunnel, qui a tué les 3 frères al-Batniji, le 25 août.

- Abdul' Aziz al-Masri, 17 ans, de la région de Beit Hanoun, a été blessé par des soldats des Forces d'Occupation Sionistes qui envahissaient la région et tiraient sur la résistance palestinienne, le 2 Septembre.

Aujourd'hui j'ai rencontré la famille de l'un des derniers martyrs assassinés. Ghazi Zaneen, 14 ans,qui a été tué d’une balle dans la tête il y a 2 jours par des soldats israéliens sur la frontière nord-est, à l'est de Beit Hanoun. Il se trouvait avec sa famille sur un terrain situé à 500 m de la clôture frontalière à ramasser des figues. Sa mère dit que Ghazi était monté sur des gravats pour voir plus loin. Est-ce que la curiosité mérite une balle dans la tête ?

La tente de deuil a été installée à l'extérieur de sa maison à Beit Hanoun. Les hommes étaient assis à l'extérieur où ils consolaient son père et ses proches. À l'intérieur, la mère de Ghazi, ses sœurs, ses proches et des amies pleuraient le jeune garçon.

Sa mère, 33 ans, n’a qu’un an de plus que moi, pourtant elle a vécu la vie de plusieurs décennies de femmes palestiniennes avec des fils et des proches martyrisés. Le fait qu’il soit inévitable que des soldats israéliens tuent ou blessent un être cher ne soulage pas la douleur. Elle doit faire son plus grand deuil immédiatement avec la nouvelle du meurtre de son garçon. Dans sa maison, elle est assise, à bout de force, et pose des questions simples et poignantes des questions à l’esprit de nombreuses mères :

"Que ressentiraient les mères dans votre pays si leur fils étaient tués comme ça ? Est-ce que vos politiciens se moquent du fait qu'Israël est en train de tuer nos enfants ?"

Il n’y a pas de réponse satisfaisante, car il est évident que la plupart d'entre nous ne connaissent pas la douleur d'un enfant assassiné, d’une balle dans la tête, son avenir volé. La plupart d'entre nous ne peuvent pas imaginer de vivre dans la crainte quotidienne qu'un jour nos enfants seront tués ou enlevés et emprisonnés.

Quant à la question sur les politiciens, non, ils ne s’en soucient pas. Seule une noble minorité ose s’exprimer, résiste à la pression du lobby sioniste, use de leur pouvoir d’élus. Mais les autres sont des moutons, des sionistes, ou en quelque sorte indifférents par ignorance.

A eux, je dis ce que les mères en Palestine [en Irak, en Afghanistan, ...] disent : Venez rencontrer les familles dont les êtres chers ont été tués d’une balle dans la tête, visés par des roquettes en mer, bombardés dans leurs maisons, étouffés dans les tunnels. Écoutez, regardez, sentez ...

Car si vous avez vos sens, vous ne pouvez pas nier ces injustices, vous ne pouvez pas les rationaliser par la rhétorique sioniste. Vous ne pouvez qu’avec une profonde tristesse, dire alayerhamo, Que Dieu bénisse son âme.

Par Eva Bartlett


Source : http://ingaza.wordpress.com/
Traduction : MG pour ISM
Tag(s) : #Témoignages

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