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INTRODUCTION


Les orgueilleuses promesses de la science à l'Aube de l'ère industrielle ont fait long feu.


Les récits des anticipateurs du siècle dernier affirmant que la machine à vapeur amènerait le règne de la félicité et la paix universelle nous font sourire, comme nos anticipations, nos rêves de bonheur par l'astronautique et la génétique feront sourire nos descendants s'ils sont encore là pour s'en amuser;

 

Il devient de plus en plus difficile de garder comme autant de pieuses reliques les idées reçues au début du XIXe siècle.

Des observations récentes, des études menées dans tous les domaines, remettent en question l'évolutionnisme et la notion de progrès : une théorie qui n'a pas changé ses arguments depuis cent cinquante ans, un mensonge rejetant sans fin dans "l'avenir" la solution de nos problèmes, l'apaisement de notre angoisse.

 

L'imposture de notre science au XXe siècle est de maintenir, à force de dissimulation, des faits nouveaux dans la même ornière.

 

Peut-être nos savants pensent-ils tout bas ce qu'un éminent biologiste disait au philosophe William James: « Si la télépathie était, vérifiée, les savants devraient se réunir pour en cacher et supprimer les preuves, car cela dérangerait cette uniformité de la nature sans laquelle nous ne pouvons continuer nos recherches. » (W. James: The will to believe, p 10)

 

Mais le problème de la télépathie est dépassé avant d'avoir été scientifiquement posé. Les données établies il y a plus de deux siècles ne sont plus adéquates. La division entre matière et esprit nous parait bien artificielle. Les matérialistes sont des timorés qui n'osent pas pousser jusqu'à l'extrême pointe de leur domaine, craignant sans doute de devoir abandonner leurs certitudes actuelles ; les spiritualistes sont des faibles qui se sont laissé enfermer dans un royaume irréel.

 

Dans ses livres de vulgarisation, dans ses manuels qui sont autant de catéchismes, la science officielle nous présente comme un acquis de chancelantes hypothèses. Poussée à bout, elle en est réduite à nous demander toute une série d'actes de foi.

 

Il faut croire à un état vibratoire primordial ayant engendré la matière par hasard, même si aucun physicien n'a pu reproduire ce phénomène en laboratoire. Il faut croire à toute une série de combinaisons chimiques qui, dans des conditions également irréalisables en laboratoire, c'est-à-dire invérifiables, auraient donné la vie. Il faut croire à une volonté de la vie, conçue comme une sorte d'entité métaphysique, de se réaliser dans les meilleures formes possibles à travers le buissonnement des espèces vivantes. Il faut croire surtout à une fausse couche de singe qui aurait survécu par hasard pour donner l'homme après une longue série d'improbabilités miraculeusement surmontées.

 

Chacun de ces hasards peut être représenté par une fraction au numérateur égal à l'unité et au dénominateur illimité. Emile Borel a voulu donner une illustration frappante de ces anti-probabilités avec son image des singes-dactylographes :


quelle est la probabilité pour que quarante singes tapant au hasard sur des machines à écrire reproduisent le premier chant de l'Iliade ?

 

Toutes ces théories, tous ces systèmes, toutes ces conclusions venant avant l'observation des faits, ont pour seul but de calmer l'angoisse de l'homme blanc isolé si longtemps du reste de l'humanité et lui donner bonne conscience de ses crimes et de ses oppressions.

 

Nos manuels scolaires, nos musées, persistant à faire du singe l'ancêtre de l'humanité, inculquent les principes de base du racisme en considérant les hommes des civilisations traditionnelles comme des fossiles témoins, les jalons de la voie royale qui mène au trône de l'homme blanc, seul adulte et civilisé, aboutissement de toute évolution.

 

L'humanité entière vue dans cette perspective évolutionniste paraît composée de nigauds crédules ; en revanche, les quelques esprits partisans qui refusent d'entendre la longue prière de l'homme au travers de toutes les civilisations, d'un bout à l'autre de l'espace et du temps, deviennent du même coup, par la volonté des savants occidentaux, seuls lucides dans un monde voué à l'erreur.

 

Ce sont beaucoup d'articles de foi pour une théorie scientifique qui prétend s'appuyer sur la seule logique des faits observés, beaucoup d'absurdités aussi démenties par les faits eux-mêmes et les plus évidents.

 

Il vaudrait mieux admettre que l'évolutionnisme matérialiste est une religion demandant beaucoup à la foi et peu à la raison. Darwin a parlé des « lunettes obscures du théologien » et le mot a fait fortune. Mais quelles lunettes de ténèbres chaussent le nez des évolutionnistes ! Les gestes d'un homme nu dans la forêt équatoriale accomplissant les rites immuables de sa tribu près de son frère mort, posent, face à l'Occident, la première question, le premier de tous les problèmes, car ces gestes sont répétés en termes identiques, mettant en mouvement des symboles analogues d'un bout à l'autre de l'humanité, supposant la même foi en une même réalité.

 

C'est de cet homme dont j'ai voulu parler chaque fois que j'ai employé le mot homme, parce qu'il est resté fidèle à lui-même en gardant le sens de sa place dans l'univers et la notion de l'infinie valeur du principe invisible qu'il porte en lui.

 

Le terme d'Invisible m'a paru définir plus fidèlement ce que certains philosophes appellent le «Numineux » et d'autres le Sacré. Le Sacré peut être créé par l'homme alors que l'Invisible s'impose à lui. Dans l'esprit de l'homme des civilisations traditionnelles, l'Invisible n'a pas le vague d'un concept métaphysique, il est une réalité, une dimension dans laquelle se meut chacun des hommes composant l'humanité entière.

 

L'Invisible est dans l'homme, plus réel, plus présent, plus sensible que n'importe quelle partie de son corps. L'Invisible est autour de l'homme comme un milieu qui enregistre chacune de ses actions terrestres et les réfléchit en conséquences qui seraient inéluctables sans l'action de médiateurs, invisibles eux aussi.

 

Le terme de civilisations traditionnelles, employé pour désigner les civilisations différentes de la nôtre, souligne le rôle qu'elles ont joué jusque-là dans l'humanité: conserver , et transmettre d'âge en âge un même lot de certitudes issues peut-être d'un même enseignement, d'une même tradition.

 

Marcel Griaule, le premier, a eu le sentiment de cette perfection des civilisations différentes de la nôtre et de leur choix délibéré d'une voie qui n'est pas celle dans laquelle nous avançons, une voie qui se dirige vers l'Invisible et non vers la conquête de la matière. On parle peu de l'œuvre de Marcel Griaule: si parfois son nom est mentionné, c'est sans commune mesure avec son apport à la connaissance de l'homme. Peut-être en est-il des ouvrages d'ethnologie comme de ces traités d'histoire naturelle dans lesquels, a dit Swift, l'éléphant est toujours représenté plus petit que nature et la puce beaucoup plus grosse. En réfléchissant sur les faits recueillis pendant plus de vingt ans par ce savant étudiant la même population soudanaise, on est tenté de remettre en question, puis de récuser le naïf racisme évolutionniste qui forme l'essentiel de notre science officielle. Les sauvages n'existent pas. Les hommes sont égaux en valeur intellectuelle et en pensée. Ils nous apparaissent plus soucieux des choses invisibles que des biens de ce monde au mépris de tous les déterminismes géographique, économique, social ou historique.

 

Les sauvages n'ont jamais existé car l' homme n'a jamais évolué dans le cadre que lui trace une pensée simpliste, le faisant partir des singes d'Afrique pour aboutir à l'homme blanc adulte et civilisé, après toutes sortes d'aventures intéressantes.

 

Rien ne paraissait pourtant plus satisfaisant pour l'esprit et pour la raison que les conclusions de notre science, reléguant tous les problèmes avec les vieilles lunes et mettant une fois pour toutes l'humanité à sa place:

 

- règne : animal

- embranchement : vertébrés
- classe : mammifères

- ordre : primates

- famille : hominiens

- genre : homo

- espèce : homo sapiens.

 

Notre homme pouvait ainsi entrer au Muséum, son étiquette au cou, terminant heureusement une longue série d'êtres vivants dont l'origine se perd dans le plasma de Notre Mère l’Amibe.


Même cette certitude, bonne pour nos grands-parents, ne peut plus satisfaire aujourd'hui un esprit scientifique, pas plus qu'elle redonne un sens à notre marche dans la nuit.

Tag(s) : #Leur progrès

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