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« Quand des compagnies se mettent à perdre de l’argent, elles se mettent à écouter.»

Le 4 mai des manifestants accueilleront des actionnaires de Motorola déjà mécontents des pertes de la compagnie, quand ils arriveront à leur rencontre annuelle au Théâtre Rosement à Chicago, Illinois.

La manifestation organisée par la Campagne US pour mettre fin à l’occupation israélienne, fait partie d’une campagne « Raccroche Motorola » jusqu’à ce qu’il mette fin à ses ventes en communication et autres produits qui soutiennent l’occupation militaire du territoire palestinien.

A l’intérieur de la rencontre, les Presbytériens, les Méthodistes unifiés et d’autres églises insisteront auprès des actionnaires pour soutenir une résolution appelant à des normes d’entreprises basées sur le droit international. Faire ce qui est juste pourrait aussi réduire le risque de « boycotts de consommateurs, de désinvestissements et de poursuites judiciaires. »

Bien que la direction de Motorola le nie, un tel risque doit avoir joué un rôle dans leur décision de vendre le département de fabrication de détonateurs de bombes peu après que des équipes de Human Rights Watch aient trouvés des shrapnels avec des numéros de série Motorolea sur certains sites civils bombardés par Israël dans son attaque de décembre-janvier sur Gaza.

Les manifestations US font partie d’un mouvement global croissant qui a pris le droit international dans ses propres mains parce que les gouvernements ne l’ont pas fait. Et spécialement après Gaza, les boycotts commencent à mordre. Et cela pour trois raisons.

Premièrement, des boycotts permettent à des citoyens ordinaires de mener une action directe. Par exemple, le groupe Adalah de New York a décidé de viser le diamantaire Lev Leviev dont les profits sont investis dans la colonisation de la Cisjordanie. Pendant la période de Noël ils chantent des chants de Noël avec les mots créativement modifiés pour inciter les acheteurs à boycotter ses magasins de la Madison Avenue.

Le groupe britannique Architectes et Urbanistes pour la Justice en Palestine a fait équipe avec Adalah NY et d’autres pour exercer une pression publique sur le gouvernement britannique concernant Leviev. L’ambassade britannique à Tel Aviv a récemment annulé des plans pour louer des locaux de la compagnie Afrique-Israel de Leviev.

Il y a d’autres résultats. Des militants en Grande Bretagne ont visé la chaîne de supermarchés Tesco pour qu’elle cesse les achats de biens israéliens produits dans les colonies. Dans une vidéo d’une de ces actions – plus de 38.000 opinions sur YouTube à ce jour – des militants gallois chargent un chariot avec des produits des colonies et le poussent hors du magasin sans payer.

Pendant ce temps, ils expliquent calmement à la caméra ce qu’ils sont en train de faire et pourquoi. Ils ne s’arrêtent pas de parler tout en versant de la peinture rouge sur les produits et tandis que des flics britanniques les conduisent tranquillement dans une camionnette de la police.

Le résultat d’un tel boycotts de consommateurs ? Un cinquième des producteurs israéliens signalent une chute dans la demande depuis l’attaque contre Gaza, surtout en Grande Bretagne et en Scandinavie. 

La deuxième raison pour laquelle les boycotts sont plus efficaces est le rôle visible des défenseurs juifs des droits humains, rendant plus difficile pour Israël de prétendre que ces actions sont antisémites.

Par exemple, l’architecte britannique Abe Hayeem, un Juif irakien, décrit dans une colonne passionnée dans le Guardian exactement comment Leviev piétine les droits des Palestiniens et met en garde les architectes israéliens impliqués dans les colonies, qu’ils seront tenus pour responsables par leurs pairs internationaux.

Aux Etats-Unis, la Voix juive pour la Paix a mené une campagne en cours pour stopper Caterpillar de vendre des bulldozers à Israël, qui les militarise et les utilise pour démolir des maisons et pour construire le mur de séparation.

La troisième raison majeure pour le succès croissant de ce mouvement global est le leadership déterminé de la société civile palestinienne. L’étincelle a été allumée lors de la Conférence mondiale contre le racisme à Durban en 2001. En 2004, la société civile palestinienne a lancé un boycott académique et culturel qui a un impact.

En 2005, plus de 170 coalitions de la société civile palestinienne, des organisations et des syndicats des territoires occupés, à l’intérieur d’Israël, et en exil ont lancé un appel officiel pour une campagne internationale de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) jusqu’à ce que Israël respecte le droit international. L’appel propose des objectifs clairs pour le mouvement et fournit un cadre pour l’action.

En novembre 2008, des ONGs palestiniennes ont aidé à l’organisation d’une conférence internationale BDS à Bilbao, Espagne pour adopter des actions communes. C’est ce qui a lancé la campagne « Faire dérailler Veolia ». Cette entreprise multinationale française, avec une autre compagnie française Alstom, est en train de construire une voie ferrée légère reliant Jérusalem-Est à des colonies illégales.

Ce projet de rail léger a été cité par le fonds de pension national suédois dans sa décision d’exclure Alstom de son portefeuille $15 milliards, et par le conseil de Sandwell Metropolitan Borough dans sa décision de ne plus prendre en considération plus longtemps l’offre de Veolia pour un plan de $1,9  milliards d’améliorations des déchets. Dans les deux régions, il y a eu des campagnes actives de la base. 

D’autres beaux coups, Veolia a perdu le contrat pour faire fonctionner le métro à Stockholm et un réseau urbain à Bordeaux. Bien que ceux-ci aient été rapportés comme des « décisions d’affaire » il y a eu aussi des campagnes de militants dans les deux endroits Le conseil de la ville de Galway en Irlande a décidé de suivre l’exemple de Stockholm. Entre temps, Connex, la compagnie qui est supposée faire fonctionner le transport urbain sur rail est aussi visé par des militants en Australie.

La campagne « Faire dérailler Veolia » a été le plus grand succès du mouvement à ce jour. On estime que Veolia et ses filiales ont subi une perte de l’ordre de $7,5 milliards. 

Comme le dit un des dirigeant du mouvement BDS, « Quand des compagnies se mettent à perdre de l’argent, elles se mettent à écouter. » Des gouvernements aussi peut-être.


par Nadia Hijab

 

Source: http://mcpalestine.canalblog.com

Tag(s) : #Boycott - Désinvestissement - Sanctions

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