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Il y a 65 ans

 

« Je ne prendrais pas de repos tant qu’un seul Tchétchène restera en vie. Ce peuple néfaste pourrait inspirer par son exemple un esprit de rébellion et d’amour de la liberté jusque parmi les serviteurs les plus dévoués de l’Empire ». Général Ermolov, chef des armées du Caucase au tsar Alexandre III.

 

23 février 1944. Sur le front russe, les armées allemandes refluent. Accusés de collaborer avec l'Allemagne, les tchétchènes sont déportés massivement sur ordre du numéro un soviétique. A l'aube, 300 000 personnes sont conduites de force vers le Kirghizstan et le Kazakhstan. Dans les jours qui suivent plus de 500 000 autres subiront le même sort. Des milliers d'entre eux meurent de froid, de faim ou d'étouffement dans les wagons les transportant vers les camps de travail. Les Russes vont brûler tous les documents et livres tchétchènes. Leurs maisons sont investies par d’autres populations, des Ukrainiens,  surtout. Durant ces treize années d’exil au Kazakhstan, des milliers de Tchétchènes meurent de pauvreté.


Janvier 1957. C’est la déstalinisation. Khrouchtchev autorise les Tchétchènes à revenir chez eux où ils sont reçus comme des intrus (en 1991 cette réhabilitation sera officialisée). Il restaure cette république du Caucase démantelée par Staline; la Tchétchénie ou République Tchétchène est un territoire de la Fédération de Russie qui lutte depuis des années pour son indépendance.


Entre conflit armé régulier et terrorisme sanglant dont la ville de Grozny est le triste symbole, la solution politique à la guerre en Tchétchénie peine à être trouvée. De nombreux dirigeants européens poussent Vladimir Poutine, alors président de la Russie, à trouver une solution à la guerre en Tchétchénie, parmi lesquelles la chancelière Angela Merkel.


  Le conflit en Tchétchénie se pose au niveau international : soutenir les droits tchétchènes contre la Russie ou fermer les yeux sur les violations des droits de l'homme en Tchétchénie.


Le sous-sol de la Tchétchénie, riche en pétrole, a été très convoité. Les minorités religieuses sur le sol de la république Tchétchène sont aujourd'hui une deuxième cause de la volonté indépendantiste de la région. Car malgré une russification intensive, du temps de l'URSS, qui consistait à gommer les traits culturels traditionnels, la Tchétchénie a conservé certains traits de son organisation sociale comme l'attachement à une organisation clanique (teïps), ce type d'organisation pousse à la compétition entre clans et entre individus. Cependant, certains de ces teïps sont fidèles au pouvoir russe.


L'autonomie de la Tchétchénie n'est pas un but proche et la région s'enferme dans une spirale infernale. Les ONG, doivent régulièrement y intervenir en période de conflit.


La Tchétchénie est une république déchirée par la guerre, malgré un passé chrétien puis musulman qui donne au pays une grande richesse historique. Mais cette histoire,  qui va voir naître l'Alanie, pays multiculturel, sur le territoire de la Tchétchénie actuelle, prouve bien qu'un jour les peuples pourront peut-être vivre en paix.


Depuis, cette tragédie, dont le souvenir est transmis de génération en génération, reste gravé au fer rouge dans le cœur de chaque Tchétchène. Qu’en restera-t-il après l’épreuve actuelle ?



Annexe: Tchétchénie, chronologie.


Tag(s) : #Islam

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