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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 00:08

Si un jour existe une unité capable de mesurer la douleur et la souffrance, elle devra s’appeler Viêt Nam.


 

 

« De tous les crimes de guerre, celui de l’Agent Orange au Viêt Nam est particulièrement hideux. » - Noam Chomsky, membre du Comité International de Soutien aux victimes de l’Agent Orange.


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Dow Chemical, Monsanto, Diamond, Uniroyal, Hercules… Découvrez les crimes impunis des marchands de la mort.


  L’effroyable réalité d’un écocide chimique


Si l’histoire de l’utilisation des poisons, (venins et toxiques) remonte à la nuit des temps, la synthèse chimique a permis d’en démultiplier les effets maléfiques. La guerre du Viêt Nam fut ainsi la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’humanité. L’objet de ce livre est d’expliquer précisément comment et pourquoi.


On y apprend de quelle façon, aujourd’hui encore, un demisiècle après le début des épandages, la dioxine pénètre dans l’organisme, quelles maladies elle engendre, et les terribles effets tératogènes qu’elle inflige aux enfants.


La description scientifique des agents chimiques utilisés est aussi précise que la technologie méthodique mise en oeuvre. Celle de l’effroyable catastrophe écologique fait prendre conscience que la destruction du règne végétal précède et précipite une dévastation plus terrible encore.


Les nombreuses photographies exceptionnelles, signées de très grands noms, illustrent l’ampleur de la tragédie actuelle. Cartes géographiques, documents d’archives inédits et témoignages états-uniens viennent démontrer l’intentionnalité de ce véritable écocide. L’auteur propose en outre un nouveau calcul renversant du volume des agents chimiques déversés au Viêt Nam. Dans cet ouvrage exhaustif, il aborde enfin les aspects juridiques avec les procédures intentées au nom des victimes vietnamiennes dans un total silence médiatique.


À l’image du Tribunal international d’opinion qui s’est tenu en 2009 à Paris, ce livre a pour but d’informer le public, premier pas d’une prise de conscience sur la route de la réparation des torts et des souffrances, car il existe aussi un espoir… Un document bouleversant, comme l’histoire officielle ne la raconte jamais, pour comprendre l’ampleur de la tragédie que vivent au quotidien une multitude des victimes de l’Agent Orange.

 


L'Agent Orange en dix questions


Qu’est-ce que l’Agent Orange ?


C’est l’herbicide le plus utilisé par l’armée américaine durant la guerre du Viêt Nam. Les herbicides servaient à défolier les forêts (afin d’empêcher la guérilla vietnamienne de se cacher), à protéger les installations militaires et à détruire les récoltes ennemies. L’Agent Orange est en fait de couleur rose-brun. Il doit son nom aux bandes de couleur orange peintes sur les barils dans lesquels il était stocké. De même furent baptisés les autres produits chimiques dit « Arc en ciel » que sont les Agents Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.


Pourquoi l’Agent Orange est dangereux pour l’homme ?


Deux tiers des herbicides utilisés pendant la guerre du Viêt Nam, notamment l’Agent Orange, contenaient de l’acide 2,4,5-T connu pour ses capacités défoliantes. Or les procédés de fabrication industrielle de cet acide, élaborés pour maximiser les profits, eurent pour conséquences de le contaminer par des doses plus ou moins importantes d’une substance extrêmement toxique : la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD).


Combien de dioxine a-t-on déversé au Viêt Nam ?


La quantité de dioxine variait selon les herbicides. Selon les dernières estimations,* entre 1961 et 1971, l’armée américaine aurait à elle seule déversé près d’une centaine de millions de litres d’herbicides contenant plus de 300 kilos de dioxine TCDD, sur des centaines de milliers d’hectares, dans le sud et le centre du Viêt Nam principalement, mais aussi au Laos et au Cambodge. Or les normes internationales fixent les seuils limites de dioxine en millionièmes de millionième de gramme par personne.


Quels sont les effets de la dioxine ?


La dioxine est une substance cancérigène et tératogène (produisant des malformations au stade foetal). Elle provoque des maladies de peau, des cancers, et porte atteinte au système immunitaire, reproductif et nerveux.


Combien de personnes ont-elles été touchées par les herbicides au Viêt Nam ?


Selon les dernières estimations,* de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens ont été directement exposés aux herbicides entre 1961 et 1971, auxquels il faut ajouter un nombre inconnu de Cambodgiens, de Laotiens, de civils et militaires américains, et de leurs divers alliés (australiens, canadiens, néo-zélandais, sud-coréens). Mais le nombre total de victimes va sans doute au-delà car la dioxine se transmet par la chaîne alimentaire : lait maternel, lait de vache, consommation de viandes ou de poissons contaminés.


Qu’est-ce que l’opération Hadès ?


C’est le nom originel de l’opération américaine de défoliation par voie aérienne au sud du Viêt Nam, qui fut ordonnée sous la présidence Kennedy en 1961, et se termina en 1971. Comme le nom Hadès fut jugé trop « explicite » (Hadès est le dieu des morts), il fut changé peu après en opération « Ranch Hand » (Ouvrier agricole).


Les États-Unis ont-il admis leur responsabilité pour les dommages causés par les herbicides au Viêt Nam ?


Non, ils réfutent toujours toute responsabilité, et n’ont jamais versé le moindre centime aux victimes vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes de l’Agent Orange.


Les victimes de l’Agent Orange ont-elles porté plainte ?


Les vétérans américains victimes de l’Agent Orange ont porté plainte contre les fabricants de cet herbicide chimique, car ils n’avaient pas le droit de poursuivre le gouvernement américain. En 1984, ces industriels ont signé un accord à l’amiable avec les associations de vétérans : en échange de l’arrêt de toute poursuite, les fabricants ont versé 180 millions de dollars à un fonds de compensation aux vétérans américains victimes de l’Agent Orange. Début 2004, l’association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange a porté plainte contre les fabricants de ce qu’elle considère être un poison. Les deux principaux producteurs étaient Dow Chemical et Monsanto. Fin février 2009, la Cour suprême des États-Unis a rejeté la requête des victimes vietnamiennes et américaines.


La dioxine, problème passé ou actuel ?


Trente cinq ans après la fin de la guerre, les maladies et symptômes liés à la dioxine sont toujours présents au Viêt Nam, et dans certaines zones, il reste une quantité considérable de dioxine. On compte aujourd’hui trois générations de Vietnamiens touchées par les herbicides.


La dioxine, problème local ou mondial ?


La dioxine n’est pas un problème qu’au Viêt Nam. En effet, plusieurs activités industrielles courantes occasionnent la production de dioxine, notamment la combustion d’ordures ménagères et le blanchiment de pâte à papier. L’accident industriel de Seveso en Italie (1976) témoigna des dangers de la dioxine dans le monde entier.


* J.M. Stellman, S.D. Stellman, R. Christian, T. Weber et C. Tomasallo, « The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Vietnam », Revue Nature, Volume 422, Avril 2003.


 


L'Agent Orange en dix chiffres

 

2,3,7,8 -tetrachlorodibenzo-p-dioxin (ou TCDD) est le nom du poison.


1,68 million d’hectares contaminés par la dioxine (16 797 km2), soit 10 % du territoire du Sud-Viêt Nam.


3 formes de contamination possibles : par ingestion, contact cutané ou inhalation.


83 millions de litres de défoliants déversés (au strict minimum), dont 65 % contiennent de la dioxine.


366 kg de dioxine pure déversés ; quelques nanogrammes (milliardièmes de gramme) suffisent pour provoquer des anomalies à la naissance (fausses couches, naissances prématurées et malformations graves)


3 735 jours d’épandage, selon les sources officielles (1961-1971)


3 181 villages touchés directement à des degrés divers.


Durée de la demi-vie : 10 à 20 ans, voire plus suivant les sols, 5 à 8 ans dans le corps humain.


33 (*) maladies provoquées par l’Agent Orange


2,1 à 4,8 millions de personnes concernées. Chaque jour de nouvelles personnes sont contaminées.

 


 

(*) Liste des 33 maladies provoquées par l’Agent Orange (Source : Anciens combattants et Agent Orange - mise à jour en 1996, Institut de Médecine, presse de l’Académie nationale, Washington, 1997)

A/ Maladies offrant une preuve suffisante d’un rapport avec l’exposition aux herbicides : Sarcome des tissus mous – Lymphome non-Hodgkinien – Maladie d’Hodgkin – Chloracnée


B/ Maladies offrant une preuve limitée de rapport avec l’exposition aux herbicides : Cancers respiratoires (poumons, larynx, trachée, bronches) – Cancer de la prostate – Myélome multiple – Neuropathie périphérique – Spina bifida – Porphyrie cutanée tardive


C/ Maladies offrant une preuve insuffisante de rapport avec l’exposition aux herbicides : Cancers hépatobiliaires (foie, voies biliaires) – Cancers nasal/naso-pharyngé – Cancer osseux – Cancer du sein – Cancers de l’appareil reproductif féminin (cervical, utérin, ovarien) – Cancer du rein – Cancer du testicule – Leucémie – Avortement spontané – Anomalie (défaut, imperfection) à la naissance (autre que la spina bifida) – Mort néonatale /du nourrisson et mort-né – Petit poids de naissance – Cancer de l’enfance dans la progéniture – Paramètres spermatiques anormaux et infertilité – dysfonctionnement moteur/de coordination – Désordres métaboliques et digestifs (diabète, modifications des enzymes hépatiques, anomalies lipidiques, ulcères) – Désordres du système immunitaire (baisse immunitaire et auto-immunité) – Désordres circulatoires – Désordres respiratoires – Cancers de la peau – Cancer de la vessie


D/ Maladies n’offrant pas de preuves suffisantes d’un rapport avec l’exposition aux herbicides : Tumeurs gastro-intestinales (cancers de l’estomac, du pancréas, du colon, du rectum) – Tumeurs du cerveau...

 


 

Par André Bouny.

 


Source: http://www.legrandsoir.info/

Par André Bouny - Publié dans : Mélange - Communauté : Libre parole
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 20:31

Ciamak Morsadegh, député représentant la minorité juive au Parlement iranien, remet quelques pendules à l’heure, à l’occasion d’une visite en France. Interview de Georges Malbrunot publiée sur le blog du Figaro.


"Les juifs iraniens résistent à l’assimilation" (NDR : ce titre de l’article de Georges Malbrunot, "Les juifs iraniens résistent à l’assimilation", est passablement étrange. Les Iraniens de la minorité religieuse juive ne sont pas, en effet, confrontés à un quelconque enjeu d’assimilation nationale, ni rampante, ni contrainte, puisqu’ils sont iraniens depuis toujours. Alors assimilation à quoi ? Ni leur représentant, ni le journaliste n’évoquent, dans l’interview ci-dessous, une hypothétique politique gouvernementale visant à leur faire abandonner leur religion, et à embrasser la religion majoritaire, l’islam).


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Ciamak Morsadegh est le député représentant la minorité juive au Parlement iranien. Il vient d’effectuer une visite en France, où il a participé à un colloque sur les minorités religieuses dans la République islamique.

 

Le Figaro : quel est le sens de votre visite en France ?


Ciamak Morsadegh : A titre privé, j’ai rencontré des membres de la communauté juive française pour leur dire que la perception donnée par les médias des minorités religieuses en Iran est erronée. L’Iran a la plus large communauté juive du Moyen-Orient après Israël, avec entre 25 et 30 000 membres. Nous sommes politiquement et socialement intégrés. Nous n’avons pas de problèmes avec les musulmans. Il y a vingt ans, il y avait 35-40000 juifs en Iran. Après la révolution, certains ont émigré surtout aux Etats-Unis, moins de 1% sont allés en Israël. Savez-vous que nous avons l’un des taux d’assimilation et de mariages mixtes les plus faibles des communautés juives à travers le monde, à peine 2%. Nos jeunes n’ont pas de problèmes pour se marier. Nos synagogues ne sont pas gardées, elles sont en sécurité.

 

Vous vous considérez d’abord comme juif ou comme Iranien ?


Ce sont deux questions différentes. Je suis Iranien de nationalité, mais religieusement, je suis juif. Je prie en hébreu, mais je pense et parle en farsi. Comme près de 90% des juifs iraniens, je respecte le shabbat, je suis observant.

 

Quand le président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, met en doute la réalité de l’holocauste ou déclare qu’il veut rayer Israël de la carte, ne vous sentez-vous pas offensé par de telles attaques négationnistes ?


Le président Ahmadinejad a dit qu’Israël, par sa politique agressive, serait tôt ou tard rayé de la carte. Quant à l’Holocauste, c’est une réalité historique que personne ne peut nier. Je sens cette blessure en moi. Des millions de juifs ont été massacrés. Personne ne peut dire le contraire. Mais qui sont les coupables ? Des Européens, et même des Français qui ont collaboré avec les Allemands. En tant que juif, je me sens vraiment attaché au souvenir de l’holocauste. Mais j’ai aussi le devoir d’empêcher que les droits de l’homme soient bafoués ici ou là. La victime ne peut s’arroger le droit de faire ce qu’elle veut, sous prétexte qu’elle a été victime. C’est pourquoi Israël doit cesser d’occuper la terre des Palestiniens. C’est mon devoir de défendre les Palestiniens dans leur combat pour leur indépendance.

 

Comment améliorer les relations franco-iraniennes, actuellement exécrables ?


L’Iran et la France ont beaucoup en commun : un passé révolutionnaire, un patrimoine culturel important. Les deux pays peuvent travailler ensemble, surtout aujourd’hui que la domination américaine est remise en question par de nombreux pays à travers le monde. Mais pour cela, les Français doivent définir une nouvelle ligne de conduite qui prenne en compte leurs intérêts propres, et non pas s’aligner derrière tel ou tel pays. Réfléchissez à ce que sont vos intérêts à moyen terme en Iran ? En s’associant à la décision de sanctionner l’Iran à l’ONU, la France va perdre beaucoup d’opportunités d’investissements dans notre pays, qui est un pays riche dans lequel les entreprises françaises avaient une position importante il y a seulement cinq ans de cela.

 

En cas de frappes militaires contre l’Iran, comment réagiront vos concitoyens ?


Je n’imagine pas que des militaires occidentaux mettent à exécution un tel projet. Mais je rappellerai tout de même un point d’histoire. Pendant la guerre que nous déclara l’Irak en 1980, et que beaucoup de pays occidentaux soutenaient dont la France afin de faire pression sur l’Iran révolutionnaire, qu’a fait le peuple à l’époque ? Les Iraniens se sont serrés les coudes. Peu importe les ethnies, peu importe les religions : lorsqu’il s’agit de la défense de l’intégrité territoriale, il n’y a plus de différence entre un juif, un musulman et un chrétien en Iran. Tous les Iraniens seront prêts à sacrifier leur vie pour défendre leur pays."

 


Par Georges Malbrunot, le 29 avril 2010 16h30

 

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2010/04/les-juifs-iraniens-resistent-a.html

 


Source: CAPJPO-EuroPalestine

Par CAPJPO-EuroPalestine - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 21:22

Lors de l'édition de France 24, le 11 Septembre 2009, Manny Badillo, qui a perdu son oncle Thomas lors des évènements du 11/09 et qui a travaillé pour le NYC CAN en tant que Directeur des Relations Extérieures, s'est exprimé. Très posément, il met en cause notamment la CIA et le gouvernement US.

Il a été rejoint par Donna Marsh OConnor et Bob McIlvaine, membres des familles de victimes du 11/9 et par une survivante, Janette MacKinlay, tous membres du Bureau exécutif de NYCCAN. Eileen Coles, vétéran de l'armée de l'air américaine impliqué dans l'opération "Tempête du Désert", et ancien agent secret, a déclaré : "La seule solution pour restaurer notre honneur national est de répondre aux questions et d'exiger qu'on rende des comptes. Cela ne pourra pas se produire sans un examen impartial et scientifique des preuves."

 

 


Pour plus d'informations : http://www.nyccan.org

Voir aussi  www.reopen911.info

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Mélange - Communauté : Libre parole
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 23:01
irak-cultural-cleansing.jpg A l’approche de l’anniversaire du déclenchement de la guerre en Irak, je pense à ce que j’écrivais il y a sept ans. Cette guerre n’avait rien à voir avec la lutte contre le terrorisme mais avait été planifiée longtemps à l’avance non pas en vue d’une démocratisation de l’Irak mais plutôt de sa destruction. J’avais été ouvertement raillé pour avoir défendu ce point de vue et ma colère était considérée au mieux comme naïve ou pathétique aux yeux de l’opinion mais pas à ceux du monde politique.



En vue de la préparation d’une soirée commémorative de ce septième anniversaire du 20 mars, je suis en train de lire :  Nettoyage culturel en Irak. Pourquoi les musées furent pillés, les bibliothèques brûlées et les universitaires assassinés ? (1)   L’hypothèse de base, que vous le croyiez ou pas, était que cette guerre avait dès le départ comme unique objectif la destruction de l’Etat irakien. Mais il y a plus : l’épuration culturelle, le pillage des musées, l’incendie des bibliothèques et l’assassinat des universitaires faisaient partie intégrante de la stratégie de guerre, affirment les auteurs.

L’élimination d’un Etat deviendra certainement un concept au même niveau que le génocide et ses dérivés tels que l’urbicide – destruction de villes-, le sociocide - destruction de sociétés -, le mnémocide - destruction de la mémoire collective -. Nous l’espérons d’autant plus que ces nouveaux concepts et leurs intrications ne s’appliquent pas seulement à l’Irak.

La presse a largement couvert les pillages de musées. Mais les articles sur ce sujet n’ont pas pointé la responsabilité des pouvoirs occupants contrairement à ce que stipulent les règles internationales du droit de la guerre. La presse n’a pas non plus stigmatisé comme telle cette stratégie de mnémocide. Par contre, au fil de toutes ces années, un silence assourdissant a occulté le meurtre programmé de centaines de cadres et universitaires victimes d’assassinats ciblés en Irak. Etrange, d’autant qu’au cours des trois premiers mois de l’occupation, 250 universitaires ont été tués. Le BRussels Tribunal dispose maintenant d’une liste de 437 victimes qui sert de référence mondiale. Parce que les professeurs qui ont documenté ces meurtres et disparitions ont aujourd’hui été assassinés ou contraints à l’exil, il est de plus en plus difficile de tenir cette liste à jour. Selon le Christian Science Monitor, en juin 2006 déjà, 2500 universitaires avaient été tués, enlevés ou expulsés du pays. Nul ne sait combien ont été assassinés à ce jour. On sait que des milliers ont été menacés, souvent par des enveloppes contenant des balles, et qu’ils se sont enfuis. Tout comme les universitaires, les journalistes, les médecins, les ingénieurs et les leaders spirituels ont fait l’objet d’intimidations, d’enlèvements et de meurtres. Il faut savoir que dans ces cas, il ne s’agit pas d’éliminations à caractère partisan car les statistiques ne le démontrent pas. Ce sont des autorités intellectuelles qui ont été ciblées, pas juste des Baasistes.

Aujourd’hui, tout est là, noir sur blanc, avec beaucoup de notes de bas de page, bien documenté, dans un livre publié par un éditeur internationalement reconnu ( Pluto Press ). Le monde va peut-être enfin commencer à prendre conscience de la vérité. Des protestations universelles des milieux académiques seraient une bonne chose. Mais une minute de silence pour leurs collègues assassinés ne suffira pas. Parce que, et cela saute aux yeux, il ne s’agit que de la pointe émergée de l’iceberg : les enfants nés avec des malformations imputables à l’usage du phosphore blanc et de l’uranium appauvri, le manque d’eau potable, d’électricité et de soins de santé, la destruction du système d’enseignement qui a produit une génération perdue, un million et demi de morts et cinq millions de réfugiés, toutes ces choses mises ensemble font de la guerre en Irak le plus grand crime de guerre et la plus grande catastrophe humanitaire des dernières décennies. Et cela continue. Il n’y a guère d’espoir d’amélioration, surtout après les dernières élections. Ajoutons à cela les bombardements incessants et l’éclatement religieux du pays nous obtenons une image de l’enfer. Et nous, nous détournons de plus en plus la tête. Parce que nous sommes malades et fatigués de l’Irak après ces sept années ?

Il n’y a jamais eu la moindre enquête sur ces meurtres, les coupables n’ont donc jamais été identifiés, et encore moins jugés. Pourquoi ? Sans doute parce que les occupants et les nouveaux dirigeants estiment que cela est sans importance. Ou peut-être parce que les bataillons de la mort font partie de leur stratégie, comme auparavant au Salvador. C’est ce qu’affirme ce livre : l’assassinat des universitaires fait et continue à faire partie de «  l’option Salvador ».

Conclusion des auteurs ?  L’objectif était d’éliminer la classe intellectuelle qui aurait pu devenir le fondement naturel d’un nouvel état démocratique. C’est sinistre. A ce point sinistre qu’il est malaisé d’y croire. Et pourtant c’est vrai : l’élimination des universitaires et autres professionnels de la classe moyenne a servi le premier et plus important objectif de la guerre : la destruction de l’Etat Irakien. « Destruction d’Etat » plutôt que «  reconstruction d’Etat »  Selon les auteurs de l’ouvrage, ce choix d’objectif de guerre s’est fait sur base du consensus de trois parties : les néo-conservateurs qui voulaient des bases permanentes en des lieux géographiquement stratégiques de domination militaire ; Israël qui ne voulait plus d’un état puissant dans son arrière cour ; et l’industrie pétrolière qui voulait mettre la main sur les plus grands gisements au monde. Cela aussi, je l’avais écrit sept ans plus tôt.

Cela me laisse un goût amer de réaliser combien j’avais raison avec mes thèses à propos de la destruction de l’Irak que beaucoup jugeaient absurdes. Même Bush a eu raison avec son fameux show sur le pont de l’USS Lincoln le premier mai 2003 : «  mission accomplie ». Effectivement, l’Irak est détruit.

Bon anniversaire, Mister President ! Yes, tu quoque Obama.

 


Par Lieven De Cauter,

philosophe, président du BRussells Tribunal.


 

 

Source: http://www.michelcollon.info/



Note:

(1Cultural Cleansing in Iraq - Why museums were looted, libraries burned and academics murdered 
Par Réveil des Consciences - Publié dans : Mélange - Communauté : Libre parole
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 04:56

La Cour Suprême des Etats-unis se réunit le 15 janvier pour statuer sur le cas de Mumia Abu-Jamal. Si la condamnation à mort du journaliste afro-américain est confirmée, cette sentence risque d’être très rapidement mise à exécution.


Mumia-Abu-Jamal-web1.jpg

Vous trouverez ci-dessous une pétition destinée au Président américain Barak Obama sollicitant son intervention en faveur de l’abolition de la peine de mort et notamment dans le cas du journaliste afro-américain Mumia Abu-Jamal. Détenu depuis 27 ans dans le couloir de la mort de la prison de Philadelphie, la vie de ce dernier est plus que jamais menacée.


La Cour Suprême des Etats-unis se réunit le 15 janvier pour statuer sur le cas de Mumia Abu-Jamal, condamné à mort en 1982 au terme d’un procès entaché par le racisme et par la volonté de museler celui que l’on appelait déjà "the voices of the voiceless" - "la voix des sans-voix".


Soit la Cour Suprême confime la condamnation à mort - ce qui est fort probable-, soit elle commue cette sentence en une peine de prison à vie. Si la peine de mort est confirmée, le procureur de Philadelphie pourrait ordonner très rapidement l’exécution de Mumia.


L’ensemble des recours juridiques ayant été épuisé, les soutiens internationaux en appellent désormais au président américain par le biais d’une pétition.


En décembre, les 10000 premières signatures recueillies en France ont été déposées à l’ambassade des Etats-unis à Paris. Chaque mercredi de 18h à 20h a lieu un rassemblement Place de la concorde devant le consulat des Etats-unis. Partout dans le monde, les nombreux soutiens de Mumia Abu-Jamal se tiennent prêts pour des actions de protestation.


Pour plus d’informations : http://www.mumiabujamal.net

 

Merci de faire circuler cette information


http://www.petitiononline.com/mod_perl/signed.cgi’Mumia...law&1



NOUS, SIGNATAIRES de cette pétition, vous demandons de vous prononcer contre l’exécution de Mumia Abu-Jamal et de tous les hommes, femmes et enfants condamnés à mort dans le monde. Cette ultime forme de châtiment est inacceptable dans une société civilisée et représente une insulte à la dignité humaine. (Assemblée générale des Nations Unies, Moratoire sur la peine de mort, résolution 62/149 du 18 décembre 2007, réaffirmée par la résolution 63/168 du 18 décembre 2008.)


Monsieur Abu-Jamal, journaliste et auteur afro-américain connu dans le monde entier, est dans le couloir de la mort en Pennsylvanie depuis presque trente ans. Même si le sort de ce condamné ne relève pas directement de votre compétence juridique, nous en appelons à votre humanité pour que, usant de votre statut de leader moral sur la scène mondiale, vous impulsiez un moratoire universel sur la peine de mort aussi bien sur ce cas spécifique que sur celui de tous les condamnés à mort. M. Abu-Jamal est devenu le symbole international, la « Voix des Sans-Voix », de cette lutte contre la peine capitale et les abus des droits de l’homme. Il y a plus de 20 000 condamnés en attente d’exécution dans le monde, dont plus de 3 000 dans les couloirs de la mort aux États-Unis.


Le procès de M. Abu-Jamal, qui s’est tenu en 1982, a été entaché de racisme ; il s’est déroulé à Philadelphie dans un climat de corruption policière et de discrimination raciale. Amnesty International, lauréat du Prix Nobel de la Paix « a établi que maints aspects de ce dossier mettent en évidence la violation des droits constitutionnels élémentaires de l’accusé seuls garants d’un jugement équitable selon le droit international. L’ouverture d’un nouveau procès pour Mumia Abu-Jamal serait dans l’intérêt même de la justice. Un procès qui devra être conforme aux normes internationales de justice et qui ne réimpose pas la peine de mort. » (A Life in Balance ’ The Case of Mumia Abu-Jamal, page 34 ; www. Amnesty.org/en/library/info/AMR51/001/2000.)



[Note : Cette pétition est approuvée par Mumia Abu-Jamal et son avocat principal, Robert R. Bryan, San Francisco.]

 

 


Liens :: http://www.mumiabujamal.net

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Mélange - Communauté : Libre parole
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 01:06

... des hommes de main au service de l’armée américaine.


Aux États-Unis, cinq salariés de la société de sécurité américaine Blackwater, accusés d’avoir tué des civils irakiens, ont été relaxés par un juge fédéral pour un vice de procédure. Le 16 septembre 2007, ces mercenaires, chargés en théorie de la protection d’un convoi américain, avaient tiré sur la foule à Bagdad, tuant dix-sept personnes et en blessant au moins vingt autres.


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L’Irak a servi de défouloir à la fine fleur de la société nord-américaine...

Blackwater, rebaptisée Xe, est la plus importante des sociétés militaires privées qui opèrent aux côtés de l’armée américaine au Moyen-Orient. En principe, ses missions se limitent à la protection des personnes et des biens et ses agents ne sont autorisés qu’à effectuer des actions militaires « de nature défensive ». Dans la réalité, les mercenaires de Blackwater se conduisent comme n’importe quelle armée d’occupation, avec un lot de « bavures » comparable, à la différence que, contrairement aux forces militaires officielles, ils jouissent d’une plus grande impunité : un accord signé entre les gouvernements américain et irakien leur garantissait l’immunité vis-à-vis de la justice irakienne, et ils n’ont pas à répondre de leurs actes devant un tribunal militaire. Les poursuites contre les cinq mercenaires avaient donc été difficiles, avant qu’ils soient en fin de compte rattrapés par la justice américaine... sans suite pour l’instant.


Créée en 1997, Blackwater a commencé par décrocher des contrats auprès de l’armée américaine en se spécialisant dans l’entraînement des troupes. Ses missions, ainsi que ses bénéfices, se sont étendus à partir de 2001, ses mercenaires servant de renforts aux troupes américaines en Afghanistan, et surtout à partir de 2003 avec le déclenchement de la guerre en Irak. Ces six années au service du gouvernement américain auraient rapporté plus d’un milliard de dollars à l’entreprise.


Après les multiples exactions dont les hommes de Blackwater se sont rendus coupables en Irak (trafic d’armes, assassinat de civils et différents massacres, dont la tuerie de Bagdad de septembre 2007, etc.), le gouvernement irakien avait demandé le retrait de cette armée privée. Fin 2009, Blackwater n’y conservait plus que deux contrats, dont l’un portant sur la protection de diplomates dans le sud du pays, ce qui n’offre aucune garantie à la population puisque telle était déjà sa tâche à Bagdad en 2007 !


Moins présente en Irak, Blackwater a en revanche renforcé son implantation en Afghanistan, en créant différentes filiales sous d’autres noms, et ses agents s’illustrent là aussi par des meurtres de civils. Cela ne dérange pas le prix Nobel de la paix Obama, pas plus que les bavures que commettent dans ces pays les armées dites régulières de la coalition menée par les États-Unis. Et puis, en cas de problème, il y aura bien un « vice de procédure » pour les protéger.


Marianne Lamiral




Source : http://www.lutte-ouvriere-journal.o...

Par Marianne Lamiral - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 02:52
Article de Juan Cole, initialement publié sur son site le 1er octobre sous le titre: Top Ten Things you Think you Know about Iran that are not True puis traduit en français le 2 octobre par le site Contre Info sous le titre: Dix fausses croyances sur l'Iran. [des modifications mineures ont été apportées à la présentation et à la traduction originale qui ne trahissent pas le sens du texte]

Dans le dossier sur l’Iran publié par le Monde cette semaine, on pouvait lire que ce pays représentait une « menace stratégique majeure ». De fait, le budget militaire de Téhéran est inférieur à celui de la Suède. Le président de la République ne manque pas de rappeler régulièrement qu’Ahmadinejad a menacé de « rayer de la carte » Israël. Il n’a pourtant jamais prononcé cette phrase, mais uniquement émis le souhait que le « régime sioniste » quitte la scène de l’histoire. A l’image de ces deux affirmations largement reprises par les médias et certains politiques, le dossier iranien est l’objet de tous les fantasmes, de toutes les exagérations - et parfois de manipulations. Pourtant, au moment où s’ouvrent enfin des négociations, il convient plus que jamais de savoir raison garder, et de ne pas tomber dans la caricature. L’universitaire Juan Cole passe au crible dix assertions sur l’Iran.
Ce jeudi est une journée historique, marquée par le début des rencontres à Genève entre L’Iran, les États-Unis, l’Allemagne et les autres membres du Conseil de Sécurité des Nations unies pour tenter de résoudre les questions en suspens. Bien que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ait auparavant tenté d’exclure la question nucléaire de la table de négociation, cette posture était au plus une diversion, et les questions nucléaires vont certainement dominer les discussions. Comme l’a souligné Henry Kissinger, ces négociations ne font que commencer et il est très peu probable qu’elles connaissent des avancées avant longtemps. La diplomatie est un marathon, pas un sprint.

En cette occasion, je crois qu’il est utile d’établir une liste de convictions répandues au sujet de l’Iran dont le bien fondé est discutable.


Préjugé : l’Iran est un pays agressif qui a menacé d’attaquer Israël, ses voisins ou les Etats-Unis


Faits : L’Iran n’a pas déclenché de guerre d’agression durant l’histoire contemporaine (contrairement aux États-Unis ou Israël), et ses dirigeants ont une doctrine de « non première frappe. » Cela est vrai pour le guide suprême Ali Khamenei, ainsi que pour les commandants des Gardiens de la Révolution.


Préjugé : l’Iran est une société militarisée, bardée d’armes dangereuses, qui représentante une menace croissante pour la paix mondiale.


Faits : Le budget militaire de l’Iran est d’un peu plus de 6 milliards de dollars par an. La Suède, Singapour et la Grèce ont tous des budgets militaires supérieurs. En outre, l’Iran est un pays de 70 millions d’habitants, de sorte que ses dépenses militaires par habitant sont infimes par rapport à ces exemples qui sont des pays dont la population est bien moins nombreuse. L’Iran dépense moins par habitant pour son armée que n’importe quel autre pays de la région du golfe Persique, à l’exception des Émirats Arabes Unis.


Préjugé : l’Iran a menacé d’attaquer Israël militairement et de le « rayer de la carte. »


Faits : Aucun dirigeant appartenant au gouvernement iranien n’à menacé Israël d’un acte de guerre. Cela serait en contradiction avec la doctrine de « non première frappe » à laquelle le pays adhère. Le président iranien a explicitement déclaré que l’Iran ne menace aucun pays, y compris Israël.


Préjugé : Le président Mahmoud Ahmadinejad n’a-t-il pas menacé de «rayer Israël de la carte» ?


Faits : Le président Mahmoud Ahmadinejad a cité l’ayatollah Khomeini en déclarant que « ce régime d’occupation à Jérusalem doit disparaître de la page du temps » (en rezhim-e eshghalgar-Qods i bayad comme safheh-e mahv Rüzgar shavad). Ce n’était pas la promesse d’une invasion de chars ou d’une frappe de missiles. C’est l’expression de l’espoir que le régime va s’effondrer, tout comme l’avait fait l’Union soviétique. Ce n’est pas du tout une menace de tuer quiconque.


Préjugé : Les Iraniens ne sont-ils pas négationnistes ?


Faits : Certains le sont, d’autres non. L’ancien président Mohammad Khatami a fustigé Ahmadinejad pour s’être interrogé sur l’Holocauste, et l’a qualifié de « crime du nazisme ». Parmi les instances du régime, de nombreuses personnes cultivées ont parfaitement conscience des horreurs de l’Holocauste. En tout cas, malgré ce que les propagandistes indiquent, ni le déni de l’Holocauste (aussi pervers soit-il), ni les injures envers Israël ne sont la même chose que la volonté d’attaquer militairement.


Préjugé : l’Iran ressemble à la Corée du Nord par son programme nucléaire militaire, et représente le même genre de menace pour le monde.


Faits : L’Iran dispose un site d’enrichissement d’uranium à Natanz près d’Ispahan, où il affirme vouloir produire du combustible pour les futurs réacteurs nucléaires civils destinés à la production d’électricité. Tous les dirigeants iraniens nient que ce site soit destiné à la production d’armes, et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique l’a inspecté à plusieurs reprises et n’a détecté aucun programme militaire. Le fait que l’Iran ne soit pas totalement transparent, donne naissance à quelques doutes, mais tous les éléments de preuve réunis par l’AIEA et la CIA indiquent une absence de programme militaire. L’édition 2007 du National Intelligence Estimate, rédigé par 16 agences de renseignement américaines, dont la CIA et la Defense Intelligence Agency, a évalué en confiance que l’Iran n’avait pas de programme d’armement nucléaire. Cette évaluation était basée sur des entrevues avec des scientifiques du nucléaire ayant fait défection, ainsi que sur les documents qu’ils avaient emportés, et sur l’espionnage des communications en Iran. L’Allemagne, Israël et récemment les services Britanniques de renseignement sont plus soupçonneux quant aux intentions iraniennes. Mais l’ensemble de ces services se sont lourdement trompés sur les présumées armes irakiennes de destruction massive et l’Allemagne en particulier avait été abusée par les vantardises d’un ivrogne irakien dont le nom de code était « Curveball ».


Préjugé : L’Occident a récemment découvert une usine secrète iranienne d’armement nucléaire située sous une montagne près de Qom.


Faits : L’Iran a annoncé lundi dernier à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique qu’elle avait commencé à construire une seconde installation civile d’enrichissement d’uranium à proximité de Qom. Il n’y a pas de matières nucléaires sur ce site et il n’est pas en service, l’Iran n’est donc pas techniquement en violation du Traité de non-prolifération nucléaire, bien qu’il ait rompu l’engagement pris avec l’AIEA d’informer immédiatement l’ONU de toute réalisation d’une nouvelle installation. L’Iran s’est engagé à autoriser que ce site soit inspecté régulièrement par l’AIEA, et s’il honore cette promesse, comme il l’a fait en grande partie à l’usine de Natanz, l’Iran ne pourra pas produire d’armes nucléaires sur ce site, car cela serait détecté par les inspecteurs. La Secrétaire d’État Hillary Clinton a admis dimanche que l’Iran ne pouvait pas produire d’armes nucléaires à Natanz, précisément parce que ce site est inspecté. Pourtant, les faucons américains ont demandé à plusieurs reprises une frappe sur Natanz.


Préjugé : La communauté internationale devrait sanctionner l’Iran non seulement à cause de son programme d’enrichissement nucléaire, mais aussi parce que le régime actuel a volé l’élection présidentielle de juin et brutalement réprimé les manifestations qui ont suivi.


Faits : Le mouvement réformateur en Iran est farouchement opposé à l’imposition de sanctions renforcées contre l’Iran, qui n’auraient probablement pas d’effet sur le régime, mais affecteraient les Iraniens ordinaires.


Préjugé : Le régime iranien n’est-il pas irrationnel et dément, de sorte que la doctrine de la destruction mutuellement assurée ne pourrait pas s’appliquer dans ce cas ?


Faits : les hommes politiques iraniens sont des acteurs rationnels. S’il s’agissait de fous, pourquoi n’ont-ils pas envahi l’un de leurs voisins ? L’irakien Saddam Hussein a envahi l’Iran et le Koweït. Israël a envahi ses voisins plus d’une fois. En revanche, l’Iran n’a jamais déclenché de guerre. Diaboliser ses adversaires en les qualifiant de déséquilibrés est un vieil artifice de propagande. Les élites américaines étaient autrefois totalement opposées à ce que la Chine accède au savoir nucléaire parce qu’elles croyaient que les Chinois sont intrinsèquement irrationnels. Ce type de discours est une forme de racisme.


Préjugé : La communauté internationale n’aurait pas à imposer des sanctions contre l’Iran et ne serait pas si inquiète si ce pays ne posait pas une menace nucléaire grandissante.


Faits : La technologie de centrifugation que l’Iran utilise pour enrichir l’uranium n’est pas à usage unique. Auparavant, on pouvait déterminer quels étaient les pays qui pouvaient vouloir acquérir la bombe nucléaire selon qu’ils entreprenaient la construction de réacteurs à eau légère (impropre à la fabrication de bombes) ou de réacteurs à eau lourde (qui pouvaient être utilisés pour fabriquer une bombe). Mais avec les centrifugeuses, lorsque l’on parvient à enrichir l’uranium à 5% pour alimenter un réacteur civil, on peut théoriquement recycler le matériau de nombreuses fois et l’enrichir jusqu’aux 90% requis pour une bombe. Toutefois, aussi longtemps que des usines de centrifugation sont activement inspectées, elles ne peuvent pas être utilisées pour fabriquer une arme. Le danger proviendrait du fait que l’Iran expulse les inspecteurs ou qu’il parvienne à bâtir une installation secrète. Cette dernière tâche sera extrêmement difficile, toutefois, comme en témoigne la découverte par la CIA de la construction de l’installation Qom en 2006 grâce à des photos satellites. Les installations nucléaires, en particulier les centrifugeuses, consomment une grande quantité d’eau, de matériel de construction, et ainsi de suite, de sorte qu’en construire une en secret n’est pas chose aisée.


En tout cas, on ne peut pas attaquer et bombarder un pays sur la simple suspicion d’une activité illicite. On doit disposer d’une forme de preuve. Par ailleurs, Israël, le Pakistan et l’Inde sont des membres de la communauté internationale plus condamnables que l’Iran, car ces pays ont refusé de signer le TNP et ont ensuite tout fait pour obtenir une bombe. Malgré cela, rien n’a été entrepris contre aucun d’entre eux par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

 

Source: Princesse de Clèves, islamogauchiste

Par Juan Cole - Publié dans : Mélange - Communauté : La Cyber-résistance
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