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Réflexions

Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 21:37

22c73ec47016dc79c448c38d33e12e60.jpg Frémissant fin 2010 et désormais bouillonnant depuis 2011, le monde musulman connaît des bouleversements qui ont pris de court les diplomaties de tous les continents. Des manifestations de masse secouent les structures politiques héritées de la Seconde guerre mondiale ou de la décolonisation. Sur fond de pauvreté et de corruption généralisées, les foules sunnites et chiites exigent un changement radical. La démocratie, des élections libres, une plus grande liberté des médias et autres éléments propres à l’épanouissement de l’homme doivent désormais régir les structures politiques musulmanes. Ces revendications ne peuvent que satisfaire les dirigeants et les opinions publiques des nations européennes et américaines. Cependant, cette présentation idyllique se doit d’être vue sous l’angle de la réalité politique. En effet, « la comédie humaine », chère aux romans d’Honoré de Balzac, nous a appris que les grands événements sont toujours le fruit des actions d’une élite. Les masses ont toujours été utilisées comme instrument en faveur d’une politique bien définie. « Agitez le peuple avant de s’en servir » comme se plaisait à le rappeler le diplomate Charles-Maurice de Talleyrand qui, en ce domaine, s’y entendait.

 


L'architecture générale du nouvel ordre mondial en préparation 

 

Pour mieux comprendre les bouleversements en cours dans les pays musulmans, nous devons aller du général au particulier. En effet, la trame de fond à l’origine de tous ces événements réside dans le développement du nouvel ordre mondial qui est plus qu’une idéologie ; c’est une mystique. Il s’agit de favoriser partout l’émergence de blocs continentaux européen, africain, Nord-américain ou Sud-américain politiquement unifiés et régis par des lois communes. L’ensemble de ces blocs doit constituer l’architecture générale d’une gouvernance mondiale réunissant une humanité indifférenciée et nomade. Cette politique prend déjà forme avec la création d’une assemblée parlementaire mondiale au sein des Nations Unies (APNU : Assemblée Parlementaire des Nations Unies)[1] sous la direction de l’Allemand Andréas Bummel[2].  Une monnaie mondiale doit structurer l’ensemble. Le FMI a déjà annoncé la couleur en avril 2010 en plaidant en faveur d’une monnaie planétaire (le Bancor) régie par une banque centrale mondiale (Reserve accumulation and International Monetary Stability)[3]. Ceci implique l’abandon du dollar et une réforme complète du système financier mondial. Cependant, cette construction babélienne ne peut s’élever qu’à la condition d’imposer une uniformisation des esprits. Une unité de pensée, des réflexes psychologiques communs, un esprit consumériste et un hédonisme effréné doivent codifier les ressorts profonds de l’âme humaine. Or, dans cette affaire, l’Islam ne rentre pas dans cette configuration. Cette opposition est renforcée par une caractéristique fondamentale de l’Islam par rapport au monde occidental. En effet, les pays issus du résidu de civilisation chrétienne reposent sur la distinction entre le temporel et le spirituel. En revanche, la religion musulmane n’obéit pas à cette caractéristique en fusionnant le temporel et le spirituel. L’Islam est en même temps une foi et une loi. C’est pour cette raison que la société civile, par exemple, n’a jamais pu naître en terre d’Islam. Cette présentation factuelle est indispensable à retenir car elle permet de comprendre que ces deux mondes sont sur des parallèles civilisationnelles.


Au lendemain de la chute du mur de Berlin, les élites anglo-saxonnes ont accéléré le rythme en permettant l’édification d’une Union européenne assujettie à leurs intérêts[4] en coopération avec l’Allemagne[5]. Cette Union européenne doit, théoriquement pour 2015, constituer un partenariat transatlantique complet[6] avec le Nouveau monde qui lui-même est appelé à s’unifier dans le cadre d’une Union nord-américaine[7] selon les vœux du Council on Foreign Relations (CFR)[8]. Cependant, face à la montée en puissance du monde asiatique, en priorité chinois, Londres et Washington veulent s’assurer le contrôle complet des hydrocarbures en provenance des pays Sud-méditerranéens et du Proche-Orient. L’indépendance acquise du Sud-Soudan avec le soutien intéressé des Anglo-Saxons s’explique en raison de riches réserves pétrolières qui, désormais, échappent à Pékin. Cette politique en direction de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient fut appuyée dès 1995 par l’Union européenne qui lança le « Processus de Barcelone »[9]. L’objectif officiel était : 1) la définition d’un espace commun de paix et de stabilité ; 2) la construction d’une zone de prospérité partagée avec l’instauration progressive d’une zone de libre-échange ; enfin 3) le rapprochement entre les peuples.


En raison de résultats peu probants, la Commission européenne passa à la vitesse supérieure en 2003 en lançant la « Politique européenne de voisinage » (PEV)[10]. Cette dernière consiste à imposer aux pays du pourtour Sud-méditerranéens le modèle euro-atlantiste en leur présentant toute une série de normes à intégrer : l’économie de marché, le respect des droits de l’homme ou encore l’Etat de droit.  Dans l’esprit des concepteurs européistes, des normes communes doivent gérer tous les pays de part et d’autre de la Méditerranée. Une intégration complète doit conduire à l’union d’un Occident « civilisé » à celui d’un Orient « compliqué ». En fait, en filigrane, ce qui nous est proposé, c’est la tentative de restauration de l’Empire romain soudée à une excroissance géographique Nord-américaine. En matière d’intégration, les textes de la PEV sont très clairs. Ils stipulent : « Le concept qui se trouve ancré dans la politique européenne de voisinage est celui d’un cercle de pays partageant les valeurs et objectifs fondamentaux de l’UE et s’engageant dans une relation de plus en plus étroite allant au-delà de la coopération, c’est-à-dire impliquant un niveau d’intégration économique et politique important »[11].


 

En raison de cette dynamique, il fut décidé en 2007 la création d’une Union pour la Méditerranée sous l’impulsion du président Sarkozy. L’objectif officiel était de renforcer et d’accélérer le processus d’intégration des deux rives de la Méditerranée. Cependant, le projet fut fondamentalement remanié sous la pression de la chancelière Merkel appuyée par la Fondation Bertelsmann[12]. En effet, en raison du poids croissant de l’Allemagne en Europe centrale et orientale, les autorités françaises ont cherché à contrebalancer cette tendance en créant une forme de Mitteleuropa Sud-méditerranéenne sous la seule influence de la France. Dans la première mouture d’Union pour la Méditerranée, seuls les pays riverains étaient intégrés au club. Flairant une politique de création de zone d’influence contraire à ses intérêts, Berlin exigea et obtint que tous les pays de l’UE participent à cette Union pour la Méditerranée. Comme le précisa clairement la chancelière : « Si par exemple, nous construisons une Union pour la Méditerranée qui verrait uniquement la participation des Etats riverains de la Méditerranée disposant des instruments financiers de l’Union européenne, je le dis tout net ; d’autres diront : nous devons mettre sur pied une Union de l’Europe de l’Est avec par exemple, l’Ukraine (…). Alors, il se passera quelque chose que je tiens pour très dangereux. Il se pourrait que l’Allemagne se sente plus concernée de son côté par les pays d’Europe centrale et orientale tandis que la France, elle, se tourne du côté de la Méditerranée. Cela réveillerait des tensions à l’intérieur que je ne veux pas. C’est pourquoi, il faut être clair : la responsabilité à l’égard de la Méditerranée est aussi l’affaire d’un Européen du Nord au même titre que l’avenir des frontières de la Russie et de l’Ukraine est l’affaire de ceux originaires de la Méditerranée. Si nous n’arrivons pas à arrêter ce mouvement, alors l’Union européenne à mon sens retournerait à son stade primitif (…) »[13]. Le président Sarkozy s’inclina permettant à l’Allemagne, principal contributeur financier européen, de faire d’une pierre deux coups : maintien de son influence en l’Europe de l’Est tout en étendant et renforçant ses liens vers le Sud de la Méditerranée. Désormais baptisé « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », cette victoire allemande fut le 1870 de la diplomatie française. 

 

 

La destruction programmée 

 

En fait, le lancement officiel de la politique de déstructuration étatique et civilisationnelle des pays musulmans du Maroc à l’Afghanistan peut être daté au 7 février 2004. En effet, lors de la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité sous l’égide de l’OTAN[14], Joschka Fischer, ministre des Affaires étrangères du chancelier Schröder, présenta un véritable programme politique à appliquer aux pays musulmans de concert avec les Etats-Unis. Porte-parole des travaux de différents think tanks américains (Rand, Canergie Endowment, National Endowment for Democracy, …)[15] ou allemands (la Fondation Bertelsmann, …)[16],  Joschka Fischer rappela la nécessité d’une « stratégie commune » euro-américaine en deux points : 1) le lancement d’un processus méditerranéen commun de l’OTAN et de l’Union européenne ; 2) une « Déclaration pour un avenir commun » pour tous les pays du Proche et Moyen-Orient. Outre l’imposition de réformes touchant les domaines politiques, économiques et militaires à l’image des pays du bloc euro-atlantique, le ministre allemand proposa une refonte complète du système juridique, éducatif et social, la création d’ONG ainsi que le développement de la société civile, du dialogue interreligieux, la promotion des droits de l’homme en général et de l’égalité homme/femme en particulier pour l’ensemble du monde musulman. Toutes ces mesures doivent, selon l’expression même du ministre, favoriser « l’intégration de leurs économies », le tout reposant « sur la conviction que la modernisation du Proche-Orient élargi sera décisive pour notre sécurité commune au XXIè siècle. Faire participer les populations du Proche et Moyen-Orient aux conquêtes de la mondialisation est donc dans notre plus grand intérêt »[17].


Ces mesures révolutionnaires destinées à fondre le monde musulman dans les principes euro-atlantistes et mondialistes furent confirmées, le 27 février 2004, lors de la signature de « l’Alliance germano-américaine pour le XXIè siècle »[18] à Washington entre le chancelier Schröder et le président Bush. Outre le rappel des mesures proclamées à Munich, il est clairement affiché que : « Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux pays du Proche et Moyen-Orient afin de travailler ensemble avec les pays et les peuples de cette région dans un cadre permettant d’atteindre des buts ciblés et de vivre paisiblement les uns à côté des autres (…) ». En fait, ces affirmations épousent parfaitement les objectifs de la politique du « Grand Moyen-Orient » lancée par l’administration Bush, désormais baptisée « Nouveau Moyen-Orient » (New Middle East) sous le plume de Richard Haass président du CFR dans la revue Foreign Affairs en 2006[19]. Cette coopération euro-américaine est d’autant plus significative qu’elle se retrouve dans les travaux de la Fondation Bertelsmann qui a développé une double politique à l’égard d’Israël et du monde musulman. Dans un premier temps, il s’agit dans le cadre du « Dialogue germano-juif »[20] d’intégrer Israël à l’architecture politique, économique et militaire euro-atlantique. L’Etat hébreu doit constituer un pilier du judaïsme en liaison avec deux autres piliers : les judaïsmes européen et américain. Dans un deuxième temps, cette politique ne peut se concrétiser qu’à la condition de réussir à arrimer le monde musulman à cette construction géopolitique. C’est tout l’enjeu des « Discussions de Kronberg »[21] qui, depuis 1995, permettent des discussions entre euro-américains et élites musulmanes afin d’inciter ces dernières à adopter les principes politico-philosophiques des euro-atlantistes dans les structures internes des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Or, ces discussions achoppent en raison de la fusion du spirituel et du temporel propre à l’Islam. Et c’est là où les autorités américaines ont d’une certaine manière lâché le morceau.

 


Le Vatican II de l'Islam


En juin 2006, un article intitulé « Frontières de sang » sous la signature de Ralph Peters et paru dans la revue militaire américaine Armed Forces Journal (AFJ), a présenté une carte recomposant le Proche-Orient en fonction des critères ethniques et religieux[22]. Tous ces pays voient leurs frontières bouleversées. En fait, son auteur s’inspire largement des travaux de l’islamologue britannique proche de Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Obama), Bernard Lewis. Ce dernier est l’auteur de l’expression « Choc des civilisations »[23] reprise avec succès par Samuel Huntington. Pour Bernard Lewis, il s’agit de balkaniser le monde musulman afin de créer de mini-Etats pétroliers plus faciles à contrôler. Un modèle de restructuration appelé « arc de crise » fut présenté dans la revue « Time » en janvier 1979[24]. Cette recomposition complète repose sur le principe du « divisez pour mieux régner ». Cependant, derrière l’aspect politico-économique, la mystique mondialiste s’attaque au cœur du monde musulman concernant un point méconnu de nos sociétés matérialistes. En effet, la nouvelle carte présente un remaniement révolutionnaire : un « Etat sacré islamique » regroupant Médine et la Mecque au sein d’une Arabie Saoudite complètement désarticulée et dont l’éclatement aurait de fatales répercussions sur l’économie mondiale (grandes difficultés d’approvisionnement en pétrole) et sur la stabilité du dollar. Comme le précise son auteur : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis au Saoud (ndlr : la famille régnante d’Arabie Saoudite) de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. (…) Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé »[25].


En effet, parler de l’intégration du monde musulman à l’axe euro-atlantique et aux principes du nouvel ordre mondial signifie que cela ne peut se faire qu’à la condition de modifier radicalement leurs référents religieux et, par ricochet, politiques, économiques, sociaux et psychologiques. La mystique mondialiste veut imposer son baptême permettant la mise en forme d’un panthéisme. La création d’un « Etat sacré de l’Islam »  et d’un « Conseil représentatif tournant » en mesure de modifier la religion de l’intérieur correspond à l’instauration d’un Vatican II de l’Islam. Pour rappel, les préceptes de l’Eglise catholique étant incompatibles avec la doxa mondialiste, il fut nécessaire de favoriser un aggiornamento complet grâce à Vatican II (1962-1965) afin de permettre aux successeurs de saint Pierre de soumettre la doctrine catholique à l’idéologie mondialiste dans le cadre d’une Agapè inversée et célébrée dans le Temple des Nations Unies. Ce fut affirmé sans ambiguïtés par Jean XXIII qui, dans son encyclique Pacem in terris de 1963[26], rappelait la nécessité d’un « pouvoir supranational ou mondial » qui ne soit pas institué de force permettant « l’établissement d’une organisation juridico-politique de la communauté mondiale ». Cette affirmation fut reprise par Benoît XVI qui n’hésita pas à encourager l’humanité à s’engager « dans l’édification d’un nouvel ordre mondial » dans son message de Noël en 2005[27]. Ce pape réitéra son engagement, dans son encyclique Veritas in caritate de 2009, en appelant à créer une « autorité politique mondiale » en liaison avec l’ONU[28]. C’est la même démarche qui attend les pays musulmans si le projet consistant à entièrement déstructurer cette zone géographique du Maroc à l’Afghanistan arrive à son terme. Cette politique de dissolution et de recomposition doit favoriser les luttes entre sunnites et chiites, entre musulmans et chrétiens et conduire à une confrontation brutale avec le sionisme. De ce magma en fusion, un « Islam des Lumières » doit théoriquement émerger du chaos engendré par la mystique mondialiste afin de l’intégrer aux dogmes de la gouvernance mondiale. L’heure de vérité a sonné. Finalement, les auteurs de ce drame aux conséquences incalculables (politiques, économiques, énergétiques et en vies humaines) suivent à la lettre les fameux vers du poème de Goethe, « L’apprenti sorcier », qui rappelaient : « Les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

 


Pierre Hillard.

 

 

 

Source: http://www.mecanopolis.org/?p=22597

 


Notes :


[1] http://fr.unpacampaign.org/about/unpa/index.php

[2] Andreas Bummel, Internationale Demokratie entwickeln, Horizonte Verlag, 2005.

[3] http://www.imf.org/external/np/pp/eng/2010/041310.pdf

[4] Daniel S. Hamilton et Joseph P. Quinlan, Deep Integration, haw transatlantic markets are leading globalization, Center for Transatlantic Relations, 2005.

[5] From Alliance to coalitions – The Future of transatlantic relations, Bertelsmann Foundation Publishers, 2004.

[6] http://eeas.europa.eu/us/index_en.htm

[7] Robert Pastor, Toward a North American Community, Institute for International Economics, Washington, 2001.

[8] http://www.cfr.org/canada/building-north-american-community/p8102

[9] http://eeas.europa.eu/euromed/barcelona_fr.htm

[10] http://ec.europa.eu/world/enp/index_fr.htm

[11] http://ec.europa.eu/world/enp/pdf/strategy/strategy_paper_fr.pdf

[12] http://www.bertelsmann-stiftung.de/cps/rde/xbcr/SID-78E16179-7CC69647/bst/Thielen-Kronberg_Rede_Deutsch.pdf

[13] http://www.bundesregierung.de/nn_914560/Content/DE/Archiv16/Rede/2007/12/2007-12-05-merkel-konvent-fuer-deutschland.html

[14] http://www.spiegel.de/politik/deutschland/0,1518,285410,00.html

[15] http://www.voltairenet.org/article168381.html

[16] http://www.bertelsmann-stiftung.de/cps/rde/xbcr/SID-9D5A8747-62430B34/bst/EuropeAndMiddleEast.pdf

[17] http://www.ag-friedensforschung.de/themen/Sicherheitskonferenz/2004-fischer.html

[18] http://www.voltairenet.org/article13021.html

[19] http://www.foreignaffairs.com/articles/62083/richard-n-haass/the-new-middle-east

[20] http://www.bertelsmann-stiftung.de/cps/rde/xbcr/SID-1B23CFCD-E0E5C7F7/bst_engl/xcms_bst_dms_15020_15021_2.pdf

[21] http://www.bertelsmann-stiftung.de/cps/rde/xchg/SID-15981770-372BE224/bst/hs.xsl/86681_87042.htm

[22] http://en.wikipedia.org/wiki/File:Ralph_Peters_solution_to_Mideast.jpg

[23] http://www.lepoint.fr/archives/article.php/17832

[24] http://www.time.com/time/covers/0,16641,19790115,00.html

[25] http://www.armedforcesjournal.com/2006/06/1833899

[26] http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html

[27] http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/messages/urbi/documents/hf_ben-xvi_mes_20051225_urbi_fr.html

[28] http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html

Par Pierre Hillard - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 17:58

photo lg iran  

Le terme de nihilisme, exception faite d'un emploi par le  philosophe Fichte en Allemagne, notent les érudits, fut forgé sur le terme de Nihilistes ou ceux qui voulaient, en Russie, faire table rase de la société chrétienne orthodoxe à coup de bombes, ne plus rien (latin: nihil)  laisser debout que leur volonté,  ce qui amena le paradis soviétique avec athéisme d'Etat et escroquerie sociale, et aussi le droit de cette organisation de figurer parmi les "Nations Unies" et de disposer du droit de veto. Aujourd'hui, comme on reconnaît l'arbre à ses fruits, selon la formule attribuée à Jésus (béni soit-il), l'athéisme ou absence de divinité dans le corps politique s'est métamorphosé, à parler de la Russie,  en quatre sectes de mafiosi, dont Londres semble le  lieu de séjour privilégié! Evidemment tout le monde n'est pas un patriote irlandais pour vivre son séjour à Londres comme une peine! Mais ce modèle soviétique et postsoviétique s'est nourri des modèles français, de la laîcité républicaine par ailleurs coloniale, et de la déchristianisation révolutionnaire. Bien sûr, chacun de nous ne sort pas de l'Ecole des Chartes pour nous expliquer que ce sont des "sociétés de pensée", comme on les appelait qui ont ouvert cet abîme en 1789, notamment à partir de la Bretagne.Une société contemporaine qui ne peut admettre qu'une fille porte le hidjeb,et qui déchaîne contre elle des féministes acharnées qui ont la férocité, sans la beauté, des tigres, à la seule différence aussi que ces derniers, sont en voie d'extinction,  ou qui ne peut admettre une expression sociale et manifeste de piété quelconque de la part de gens dont elle a épuisé le sang dans des combats sans fin contre nos partenaires européens, est un agrégat bien mal en point.


   Si j'étais astrologue, comme les Mages  l'étaient en Iran,-  là où Marine le Pen dit qu'elle ne voudrait pas être invitée, même gratuitement, pour quinze jours!- , je dirais que la planète Pluton pèse sur nous maintenant et transite lentement dans la constellation du Capricorne depuis quelque temps, tous s'insurgeraient parmi les militants de l'instruction publique ou les féministes dont la psychanyse est la seule forme accessible de culture;   mais seule la nature me répondrait au lointain, depuis le Japon, et chacun alors se récrierait contre ce déterminisme ou volonté de Dieu contraire à leur illusion de  liberté; mais je ne le suis pas, ou plutôt je suis lecteur et non pas auteur en cette matière; je regarde, comme chacun devrait, la laïcité comme formée d'un mot grec (laos)  qui signifiait le peuple chez les tragiques avec connotation religieuse, alors que  le mot de démos signifiait davantage  la masse, et je demande: où est un peuple sans morale, ou sans moeurs, sans Dieu, sans rituels, sans culture, sans musique ni chant sacré? On me dira, nous sommes un peuple vêtu de sa liberté, soit;  il reste que plus le degré de religiosité est fort, plus ce peuple s'élève, et là aussi vient à nous du même Japon un autre écho de dignité, à croire qu'il y a une hiérarchie des peuples; ce mot est composé de archée, le commandement, le principe,  et de hiéros qui est sacré, mot inintelligible, à ceux qui ont des oreilles et n'entendent pas et qu'une fausse pudeur refuse de nommer "sourds". Les moins laïcisés ont reconnu une parole d'Evangile, ce nom illustre cité dans le Coran et qu'on cherche vainement chez d'autres.


  A ceux qui vivent chez les Mages d'Iran ou leurs voisins, je souhaite  un heureux Norouz! Que Dieu les  protège!  Et qu'ils ne se soucient pas des laîcistes! Ils viennent de rien, ne disent rien et deviendront rien! Ils sont les apôtres du Nihilisme.

 

 

Par Pierre Dortiguier.

Par Pierre Dortiguier - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 07:20

Il n’y a rien de plus émouvant que de voir un peuple recouvrer sa liberté après avoir subi le joug du despotisme et retrouver sa fierté après des années d’humiliation. Les marées humaines défilant dans les rues, occupant des places, déployant des slogans cinglants et irrévérencieux, maniant une parole si longtemps confisquée, arborant une dignité outrageusement bafouée : la quintessence du bonheur divin.


Mais les lendemains de ces révoltes nous laissent quelque peu perplexes. Qu’ont-elles accompli à part l’étêtement des régimes en place?


Voyons voir. En Tunisie : un Ghannouchi qui reste en place malgré la vindicte populaire et des années passées à servir un système mafieux, un bloggeur qui décide de siéger comme ministre dans un gouvernement qui l’a personnellement maltraité et des milliers de jeunes harragas qui préfèrent fuir vers l’Occident au lieu de perpétuer la « révolution » au pays du jasmin. Du côté du Nil, même scénario : un Tantaoui, pur produit du système, qui a dépassé l'âge de la retraite depuis belle lurette, et qui, sans en référer au peuple souverain, décide de maintenir ses relations avec Israël avant même de s’inquiéter du sort de ses propres concitoyens; un gouvernement légèrement modifié et dont les postes clés restent toujours aux mains des apparatchiks du système; des retouches cosmétiques de la constitution et une demande de gel des avoirs de la famille Moubarak [1] après d’incompréhensibles hésitations, bien longtemps après celle des anciens dignitaires du régime [2].


Est-ce cela une « révolution »? Est-il pensable que l’éléphant n’aurait accouché que d’une petite souris?


Les résultats mitigés de ces révoltes ne peuvent être compris qu’en examinant leur genèse. La plupart des spécialistes « cathodiques » ou officiant dans les médias majeurs se sont entendus sur la nature spontanée de ces mouvements. Grosso modo, le peuple peut être considéré comme un genre de cocotte-minute susceptible d’exploser sous l’effet d’une pression sociale et politique trop grande. Cette explosion produit une réaction en chaîne dans les pays avoisinants, de culture ou d’histoire similaires. Il suffit donc d’attendre sagement, de préparer les caméras et les micros afin de couvrir, en temps et lieux, les évènements que remueront les rues arabes. Il s’agit là d’une analyse naïve et primaire qu’il est difficile d’accepter de la part de personnes savantes,  titulaires de chaires, responsables de revues, qui ont passé leurs vies à scruter les moindres soubresauts de cette région du monde. Un peu comme les illustres économistes de notre temps qui n’ont pas pu prévoir l’immense crise économique que le monde a récemment connue. Qu’aurait-on dit si un météorologue n’aurait pas prévu un gigantesque ouragan?


En fait, ce qui attire l'attention depuis le début des émeutes tunisiennes, c’est la trop grande préoccupation étasunienne concernant les nouvelles technologies. Les multiples interventions du président Obama et de sa secrétaire d’état pour défendre la liberté d'accès à Internet et leur insistance pour que les régimes en prise avec les manifestations populaires n’interrompent  pas la navigation sur la toile avaient quelque chose de suspect.


Mme Clinton a même affirmé, le 15 février dernier, « qu’Internet est devenu l'espace public du XXI siècle » et que « les manifestations en Égypte et en Iran, alimentées par Facebook, Twitter et YouTube reflétaient la puissance des technologies de connexion en tant qu'accélérateurs du changement politique, social et économique » [3]. Elle a même annoncé le déblocage de 25 millions de dollars « pour soutenir des projets ou la création d'outils qui agissent en faveur de la liberté d'expression en ligne », et l’ouverture de comptes Twitter en chinois, russe et hindi après ceux en persan et en arabe. D’autre part, les relations « complexes » entre le département d’État américain et Google ont été longuement discutées dans la presse. D’ailleurs, le fameux moteur de recherche à été qualifié « d’arme de la diplomatie américaine » [4].


Mais quelle est la relation entre le gouvernement américain et ces nouvelles technologies? Pourquoi des responsables de si haut niveau prennent-ils des décisions dans la gestion d’entreprises qui sont supposées être privées? Cette situation n’est pas sans nous rappeler l’intervention américaine similaire lors des évènements qui ont suivi les élections en Iran [5]. Le ministère américain des Affaires étrangères avait alors demandé à Twitter de reporter une opération de maintenance qui aurait entraîné une interruption de service, ce qui aurait privé les opposants iraniens de moyen de communication [6].


Ces curieuses accointances entre le gouvernement américain et les réseaux sociaux dans des régions du monde aussi sensibles et pendant des évènements sociaux aussi délicats est très suspect, c’est le moins qu’on puisse dire.


Autre élément qui attire l'attention : la surmédiatisation de bloggeurs, leur association avec une révolution qualifiée de « facebookienne » et l’insistance sur leur non-appartenance à un mouvement politique quelconque. Ce sont donc des personnes jeunes et apolitiques qui utilisent les nouvelles technologies pour déstabiliser des régimes autocratiques ancrés dans le paysage politiques depuis des décennies.


Mais d’où viennent ces jeunes et comment peuvent-ils mobiliser autant de personnes sans avoir bénéficié d’une formation adéquate ni être relié à une organisation précise?


Chose est certaine : le modus opérandi de ces révoltes a toutes les caractéristiques des révolutions colorées qui ont secoué les pays de l’Est au début des années  2000.


  • Les révolutions colorées

Les révoltes qui ont bouleversé le paysage politique des pays de l’Est ou des ex-républiques soviétiques ont été qualifiées de « révolutions colorées ». La Serbie (2000), la Géorgie (2003), l’Ukraine (2004) et le Kirghizistan (2005) en sont quelques exemples.


Toutes ces révolutions, qui se sont soldées par des succès retentissants, sont basées sur la mobilisation de jeunes activistes locaux pro-occidentaux, étudiants fougueux, blogueurs engagés et insatisfaits du système.


De nombreux articles [7] et un remarquable documentaire de la reporter française Manon Loizeau [8] ont disséqué le mode opératoire de ces révoltes et montré que c’était les États-Unis qui en tiraient les ficelles.

 

Cliquez sur ce lien pour visionner le documentaire de Manon Loizeau

 

En fait, l’implication de l'USAID, du National Endowment for Democracy (NED), de l’International Republican Institute, du National Democratic Institute for International Affairs, de Freedom House, de l’Albert Einstein Institution et de l’Open Society Institute (OSI), a été clairement établie [9]. Ces organisations sont toutes américaines, financées par soit le budget américain, soit par des capitaux privés américains. À titre d’exemple, la NED est financée par un budget voté par le Congrès et les fonds sont gérés par un Conseil d’administration où sont représentés le Parti républicain, le Parti démocrate, la Chambre de commerce des États-Unis et le syndicat AFL-CIO, alors que l’OSI fait partie de la Fondation Soros, du nom de son fondateur George Soros le milliardaire américain, illustre spéculateur financier.


Plusieurs mouvements ont été mis en place pour conduire les révoltes colorées. Parmi eux, OTPOR (Résistance en serbe) est celui qui a causé la chute du régime serbe de Slobodan Milosevic. Le logo d’OTPOR, un poing fermé, a été repris par tous les mouvements subséquents, ce qui suggère la forte collaboration entre eux.


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Logo original d’OTPOR

 

Dirigé par Drdja Popovic, OTPOR prône l’application de l'idéologie de résistance individuelle non violente théorisée par le philosophe et politologue américain Gene Sharp. Surnommé le « Machiavel de la non-violence », Gene Sharp n’est autre que le fondateur de l’Albert Einstein Institution. Son ouvrage « From Dictatorship to Democracy » (De la dictature à la démocratie) a été à la base de toutes les révolutions colorées. Disponible en 25 langues différentes (dont bien sûr l’arabe), ce livre est consultable gratuitement sur Internet et sa dernière édition date de 2010. Sa première édition, destinée aux dissidents birmans de Thaïlande, a été publiée en 1993.


  • Le cas de l’Égypte

C’est le mouvement du 6 avril [10] qui a été le fer de lance de la protestation populaire égyptienne et le principal artisan de la chute de Hosni Moubarak. Constitué de jeunes de la classe moyenne, activistes, férus de technologies nouvelles, ce mouvement a, dès 2008, appuyé les revendications ouvrières.


La première collusion entre ce mouvement et le gouvernement américain a été divulguée par WikiLeaks. Il s’agit de 2 câbles (08CAIRO2371 et 10CAIRO99) datant respectivement de novembre 2008 et de janvier 2010 qui montrent clairement des relations étroites entre l’ambassade  américaine du Caire et les activistes égyptiens [11, 12].  La bloggeuse Israa Abdel Fattah [13], cofondatrice du mouvement du 6 avril, est nominativement mentionnée dans le second document comme faisant partie d’un groupe d’activistes ayant participé à un programme de formation organisé à Washington par Freedom House. Le programme, nommé «  New Generation », a été financé par le département d’état et USAID et avait pour but de former des « réformateurs politiques et sociaux ».

 

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La bloggeuse égyptienne Israa Abdel Fattah

 

Ces stages de formation d’activistes égyptiens aux États-Unis susceptibles « de représenter une troisième voie, modérée et pacifique » ne sont pas rares. Condoleeza Rice (mai 2008) et Hillary Clinton (mai 2009) en ont rencontré, sous les auspices de Freedom House. Ces  dissidents ont même eu des entretiens avec de hauts responsables de l'administration américaine [14].


Les activistes d’OTPOR, fort de leur expérience dans la déstabilisation des régimes autoritaires, ont fondé un centre pour la formation de révolutionnaires en herbe. Cette institution, le CANVAS (Center for Applied Non Violent Action and Strategies), se trouve dans la capitale serbe et son directeur exécutif  n’est autre que Srdja Popovic [15]. Un des documents qui circulent dans la toile et qui illustre la formation dispensée par ce centre est « La lutte non-violente en 50 points » qui s’inspire largement des thèses de Gene Sharp. L’ouvrage y fait abondamment référence et le site de l’Albert Einstein Institution est cité comme un des meilleurs sur la question. CANVAS est financé, entre autres, par Freedom House, Georges Soros en personne [16] et l’International Republican Institute qui compte dans son bureau nul autre que John McCain, le candidat à la présidentielle américaine de 2008 [17]. D’ailleurs, ce dernier est longuement interviewé dans le documentaire de Manon Loizeau et son implication dans les révolutions colorées y est clairement établie. En outre, les auteurs de l’ouvrage (dont Drdja Popovic) remercient longuement « leur ami » Robert Helvey pour les avoir « initié au potentiel étonnant de la lutte stratégique non-violente ». Robert Helvey est un ancien colonel de l’armée US, associé à l’Albert Einstein Institution via la CIA, spécialiste de l'action clandestine et doyen de l’École de formation des attachés militaires des ambassades américaines [18].


Le porte-parole du mouvement du 6 avril, Adel Mohamed, a affirmé, dans une entrevue accordée à la chaîne Al Jazira (diffusée le 9 février 2011), qu’il avait effectué un stage chez CANVAS durant l’été 2009, bien avant les émeutes de la place Tahrir [19]. Il se familiarisa avec les techniques d’organisation des foules et de comportement face à la violence policière. Par la suite, il forma à son tour des formateurs.

 

 

Ahmed Maher, le cofondateur du mouvement du 6 avril, a déclaré à un journaliste du Los Angeles Times « qu’il admirait la révolution Orange d’Ukraine et les Serbes qui ont renversé Slobodan Milosevic » [20].


Une autre similarité entre la révolution serbe et la révolte égyptienne est l’adoption du logo d’OTPOR par le mouvement du 6 avril, comme l’ont fait les autres révolutions colorées [21].

 

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Jeunes égyptiens manifestant avec le logo « arabisé » d’OTPOR

 

D’autre part, le site web de ce mouvement contient une longue liste des comportements à adopter par les membres s’ils sont arrêtés par la police. Cette liste indicative extrêmement exhaustive n’est pas sans rappeler le guide de « La lutte non-violente en 50 points » de CANVAS [22].


Parmi les activistes égyptiens, certains ont été sous les projecteurs durant les derniers jours du régime Moubarak. Parmi eux, Wael Ghonim est une figure marquante qui  a été emprisonné pendant 12 jours et, après avoir été libéré, a accordé un entretien à la chaîne égyptienne Dream 2 où il raconte sa captivité et s'effondre en larmes avant de quitter le plateau. Cette performance audiovisuelle a fait de ce cyberdissident un héros malgré lui.

 

 

Formé à l’université américaine du Caire (une coincidence?) Wael Ghonim est égyptien vivant à Dubaï, travaillant comme chef du marketing chez Google (une autre coïncidence?) pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord et mariée à une américaine (une dernière coïncidence?). Wael est un activiste récent dans le mouvement du 6 avril, mais il a travaillé étroitement avec Ahmed Maher [23]. Ce qui attire l'attention dans son intervention télévisée, c’est sa déclaration lorsqu’on lui a montré les images des jeunes tués pendant les manifestations : « Je veux dire à toute mère, tout père qui ont perdu un fils, je m'excuse, ce n'est pas de notre faute, je le jure, ce n'est pas de notre faute, c'est de la faute de toute personne qui était au pouvoir et s'y est accrochée ». Cette déclaration montre que le mouvement était très organisé et qu’aucun des membres n’avait prévu des pertes aussi grandes dans les rangs des manifestants, pour la plupart des jeunes qui ont été contactés via les réseaux sociaux.


Autre information surprenante : le PDG de Google s’est dit « très fier  de ce que Wael Ghonim avait accompli », comme si faire la révolution faisait partie de la description des tâches d’un responsable du marketing d’une quelconque entreprise [24].


La révolte égyptienne, tout comme les révolutions colorées, a fait apparaitre des personnages « internationalement respectables » prêts à être la figure de proue d’un changement démocratique dans la vie politique du pays. Le candidat de prédilection du mouvement du 6 avril est sans conteste Mohamed El Baradei, prix Nobel de la paix et ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le battage médiatique occidental autour de son « incontournable » candidature n’était finalement qu’un pétard mouillé. Le peuple de la rue ne l’a pas plébiscité et il a vite disparu du paysage. Il est intéressant de noter qu’El Baradei était le candidat privilégié des États-Unis. En effet, l'ancien directeur de l’AIEA est membre de l’International Crisis Group et siège avec de nombreux membres dont  Georges Soros (encore lui!) [25]. Le monde est vraiment petit, c’est le moins qu’on puisse dire.


Finalement, notons que la NED, surnommée « la nébuleuse de l’ingérence « démocratique » » par Thierry Meyssan a été créée par Ronald Reagan pour poursuivre les actions secrètes de la CIA  [26]. Le rapport 2009 de cet organisme montre qu’il a attribué environ 1,5 millions de dollars à plus de 30 ONG égyptiennes « pour la croissance et le renforcement des institutions démocratiques à travers le monde » comme prétendu sur leur site [27].


L’utilisation des nouvelles technologies, si encensée par l’administration américaine, s’avère être un outil de choix pour la lutte non violente. Elle permet de contacter un nombre impressionnant de personnes en un temps record et d’échanger des données numériques et des informations de grande importance à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les investissements massifs consentis par les institutions et le département d’état américains dans ce domaine se font dans le but d’améliorer les techniques de contournement de la censure étatique, de la géolocalisation des activistes lors de leur arrestation et l’envoi d’images et de vidéos pouvant montrer le visage « inhumain » des régimes autocratiques. La récente annonce du réseau suédois Bambuser permettant de diffuser gratuitement, à partir d’un téléphone portable, des séquences vidéos en direct et leur stockage instantané en ligne en est un bon exemple [28].


Cependant, une fois dans la rue, les techniques de mobilisation de foules, de socialisation avec les représentants de l’ordre, de gestion logistique et de comportement en cas de violence ou d’utilisation d’armes de dispersion de foules nécessitent une formation adéquate et de longue haleine. Dans le cas de l’Égypte, cela a été rendu possible grâce à l'assimilation du savoir-faire de CANVAS et aux formations dispensées et financées par les différentes institutions américaines.


Il est clair que la révolte de la rue égyptienne n’est pas aussi spontanée que le prétendent les médias majeurs et leurs commentateurs. Cela n’enlève rien au remarquable engagement du peuple égyptien qui a suivi les leaders du mouvement du 6 avril et de sa noble abnégation pour se débarrasser d’un système corrompu afin d’accéder à une vie meilleure.


Mais espérons que l’historique révolte de la rue égyptienne et le lourd tribut qu’elle a payé pendant ces dernières semaines ne soient pas confisqués par des intérêts étrangers. Le récent véto américain contre un projet de résolution condamnant la politique de colonisation israélienne est de mauvais augure. Le mouvement du 6 avril n’était-il pas sensible à la souffrance du peuple palestinien [29]?

 

À suivre...

 

 

Par Ahmed Bensaada

Article publié le 24 février 2011 dans les colonnes du journal "Le Quotidien d'Oran"

 

Source: http://www.ahmedbensaada.com/



 

Références:

  1. « L'Égypte demande le gel des avoirs de Moubarak et de sa famille à l'étranger», Le Monde, 21 février 2011, http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/21/l-egypte-demande-le-gel-des-avoirs-de-moubarak-et-de-sa-famille-a-l-etranger_1483326_3218.html#ens_id=1470465&xtor=RSS-3208
  2. « L'Égypte demande le gel d'avoirs d'anciens responsables du régime Moubarak », Le Monde, 15 février 2011, http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/15/l-egypte-demande-le-gel-d-avoirs-d-anciens-responsables-du-regime-moubarak_1480192_3218.html
  3. « Hillary Clinton milite pour la liberté sur Internet », Le Monde, 16 février 2011, http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/02/16/hillary-clinton-milite-pour-la-liberte-sur-internet_1480855_651865.html
  4. « Google, les États-Unis et l'Égypte », Le Monde, 3 février 2011, http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/02/03/google-les-etats-unis-et-l-egypte_1474508_651865.html
  5. Ahmed Bensaada, «Téhéran-Gaza : la différence médiatique », Géostratégie, 3 juillet 2009, http://www.geostrategie.com/1724/teheran-gaza-la-difference-mediatique
  6. « Iran : Washington intervient auprès de Twitter », Technaute, 18 juin 2009, http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/200906/16/01-876173-iran-washington-intervient-aupres-de-twitter.php
  7. Lire, par exemple, John Laughland, «La technique du coup d’État coloré», Réseau Voltaire, 4 janvier 2010, http://www.voltairenet.org/article163449.html
  8. Manon Loizeau, « Les États-Unis à la conquête de l’Est », 2005. Ce documentaire peut être visionné à l’adresse suivante : http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/16/etats-unis-a-la-conquete-de-lest-video/
  9. Lire, par exemple, Ian Traynor, « US campaign behind the turmoil in Kiev», The Guardian, 26 novembre 2004, http://www.guardian.co.uk/world/2004/nov/26/ukraine.usa
  10. Shabab 6 April Youth Movement, http://shabab6april.wordpress.com/shabab-6-april-youth-movement-about-us-in-english/
  11. WikiLeaks, câble 10CAIRO99, http://213.251.145.96/cable/2010/01/10CAIRO99.html
  12. WikiLeaks, câble 08CAIRO2371, http://www.wikileaks.ch/cable/2008/11/08CAIRO2371.html
  13. Fanoos Encyclopedia, « Israa Abdel Fattah », http://www.fanoos.com/society/israa_abdel_fattah.html
  14. Michel Chossudovsky, « Le mouvement de protestation en Égypte: Les "dictateurs"  ne dictent pas, ils obéissent aux ordres », Mondialisation, 9 février 2011, http://dissidentvoice.org/2011/02/the-junk-bond-%E2%80%9Cteflon-guy%E2%80%9D-behind-egypt%E2%80%99s-nonviolent-revolution/
  15. Canvasopedia, http://www.canvasopedia.org/
  16. Maidhc O. Cathail, « The Junk Bond "Teflon Guy" Behind Egypt's Nonviolent Revolution », Dissident Voice, 16 février 2011, http://dissidentvoice.org/2011/02/the-junk-bond-%E2%80%9Cteflon-guy%E2%80%9D-behind-egypt%E2%80%99s-nonviolent-revolution/
  17. Tony Cartalucci, « CIA Coup-College: Recycled revolutionary “props” », Info War, 20 février 2011, http://www.infowars.com/cia-coup-college-recycled-revolutionary-props/
  18. Thierry Meyssan, « L’Albert Einstein Institution : la non violence version CIA» », Réseau Voltaire, 4 juin 2007, http://www.voltairenet.org/article15870.html
  19. Tina Rosenberg, «Revolution U », Foreign Policy, 18 février 2011, http://www.foreignpolicy.com/articles/2011/02/16/revolution_u?page=0,7
  20. Jeffrey Fleishman, « Young Egyptians mount unusual challenge to Mubarak », Los Angeles Times, 27 janvier 2011, http://articles.latimes.com/2011/jan/27/world/la-fg-egypt-youth-20110128
  21. Florian Bieber, « The Otpor Connection in Egypt », Balkan Insight, 31 janvier 2011, http://www.balkaninsight.com/en/blog/the-otpor-connection-in-egypt
  22. Shabab 6 avril Youth Movement, « Que faire si vous êtes arrêté », http://shabab6april.wordpress.com/shabab-6-april-youth-movement-about-us-in-english/v
  23. David D. Kirkpatrick et David E. Sanger, « Egyptians and Tunisians Collaborated to Shake Arab History », The New York Times, 13 février 2011,http://www.nytimes.com/2011/02/14/world/middleeast/14egypt-tunisia-protests.html
  24. AFP, « Égypte: le PDG de Google "très fier" de ce qu'a accompli Wael Ghonim », 15 février 2011, http://www.france24.com/fr/20110215-egypte-le-pdg-google-tres-fier-qua-accompli-wael-ghonim
  25. International Crisis Group, « Crisis Group Announces New Board Members », 1er juillet 2010, http://www.crisisgroup.org/en/publication-type/media-releases/2010/crisis-group-announces-new-board-members.aspx
  26. Thierry Meyssan, « La nébuleuse de l’ingérence  "démocratique" », Réseau Voltaire, 22 janvier 2004, http://www.voltairenet.org/article12196.html
  27. NED, « 2009 Annual report : Egypt », http://www.ned.org/publications/annual-reports/2009-annual-report/middle-east-and-north-africa/description-of-2009-gra-2
  28. Yves Eudes, «Des vidéos vues en direct et stockées à l’abri », Le Monde, 21 février 2011, http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/02/21/des-videos-vues-en-direct-et-stockees-a-l-abri_1483057_3212.html
  29. The International Solidarity Movement, « Mohamed Adel a enfin été libéré » », http://www.ism-france.org/temoignages/Mohamed-Adel-a-ENFIN-ete-libere-article-10484
Par Ahmed Bensaada - Publié dans : Réflexions
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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 00:25

Soumaya Ghannoushi met l’accent sur le rôle des médias qui ne cessent d’associer l’Islam à la guerre, à l’instabilité et à la répression, d’où le faux stéréotype connu aujourd’hui.


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De nos jours, au cœur du discours omniprésent sur l’Islam, il devient difficile d’imaginer que, seulement trois décennies plutôt, cette religion avait été une préoccupation secondaire sur la périphérie de la conscience occidentale.


A l’époque de la guerre froide, l’évocation de l’Islam dans les articles de presse aurait vraisemblablement été synonyme de « moudjahidines » combattant l’Empire du Mal en Afghanistan. L’Islam apparaissait comme un allié avantageux des forces de la liberté, installées à New York et Londres.


Mais la donne a fini par changer et l’Islam a été placé au cœur des préoccupations euro-américaine au lendemain des attentas du 11 septembre 2001. L’Islam est devenu un sujet d’envergure locale et mondiale à la fois, et dont les images sont transmises quotidiennement et sans interruption. Dès lors, il ne se passe pas un jour sans qu’on ne témoigne, qu’on ne lise ou qu’on ne regarde des évènements liés aux Musulmans. La présence de minorités Musulmanes dans les capitales occidentales ne fait que compliquer les choses en envenimant l’interaction complexe sur les plans local et mondial.


Ainsi, la crainte d’un danger perpétuel Musulman a coïncidé avec des craintes profondes et enfoncées à l’égard d’immigrants, d’étrangers et d’inconnus.


Expliquer la réalité


Il faut dire que la couverture médiatique de l’Islam s’est transformée en une industrie spécialisée dans l’ingénierie des images, des scènes et des messages.


C’est pourquoi, à l’ère de la mondialisation où le globe est régi par la force de l’image, la première question qui vient à l’esprit ne tourne plus autour des raisons derrière le déclenchement de cet évènement ou cet incident ou de comment il s’est déroulé sur le terrain, mais plutôt de la manière avec laquelle il est capturé par la caméra et retransmis aux téléspectateurs, auditeurs et lecteurs installés chez eux. Certains pourraient affirmer que les médias ne font que reprendre ce qui existe déjà. Cependant, les choses ne sont en réalité pas aussi simples que cela car l’objectif de la caméra n’est ni neutre ni objectif. En effet, il est question d’un ensemble de choix prédéfinis et de calculs qui décident de ce que nous devons voir ou non, et de ce que nous devons savoir ou non.


Il convient donc de souligner que les médias ne sont pas un simple miroir qui reflète ce qui se passe réellement. Leur rôle n’est pas limité à une transmission simple et passive mais plutôt à une création, un modelage et un arrangement actif à travers un long processus de sélection, de filtrage, d’interprétation et de montage. Ainsi, les armes occultes qui détiennent les rênes de nos médias — les géants de l’information et leurs patrons - sont loin d’être des bienfaisants agissant au nom de l’amour de l’humanité.


Paradigmes de la diffusion


Le monde Musulman s’étale sur une imposante étendue géographique et culturelle comprenant 57 pays. La structure, elle, est différente. Certains pays sont riches, d’autres sont pauvres. On y trouve des royaumes comme des régimes républicains. Certains sont conservateurs d’autres libéraux. Des pays sont stables, d’autres moins. Il y a des pays qui sont dirigés par des femmes tandis que d’autres leur nient le droit de vote. Il existe aussi des états qui oppriment au nom de la religion et d’autres au nom de la laïcité, etc...


Toutefois, cette mosaïque remarquablement variée est absente du cœur de la couverture médiatique du sujet. Tout ce qui est composé, complexe, divers, aux multiples facettes se transforme en une surface ordinaire, sans intensité, réduite en un ensemble de témoignages montrant des terroristes assoiffés de sang, à des cris de foules, aux turbans noirs, à des femmes battues et à des filles enfermées, voire mises en cages. Le monde Musulman devient ainsi une entité muette, laissant libre cours à d’autres pour s’exprimer en son nom, un ensemble anonyme auquel fait face le journaliste dépêché de la métropole. Il ou elle est donc l’agent de la compréhension, la personne qui déchiffre les codes mystérieux de cette entité étrange et nous dévoile ses secrets ; celui ou celle qui lui donne sens, vérité et ordre. C’est pourquoi, il est tout à fait clair et évident qu’il existe une volonté de superficialité et de réductionnisme dans les rapports sur les conflits au Moyen-Orient.


Par ailleurs, les téléspectateurs sont invités en l’espace de quelques minutes seulement à entendre et à voir des décors marqués par des décombres, de la fumée, des voitures brûlées, des corps carbonisés et démembrés, du sang partout et des veuves gémissantes.

 

Au lieu donc de tenter d’expliquer les raisons profondes et les causes de ces crises, les reportages, eux, ne font qu’aggraver et approfondir le malentendu existant. En conséquence, la confusion est telle que les rôles sont souvent inversés, où la victime est souvent perçue comme étant l’oppresseur.


Prismes de la perception


Un bon nombre d’études, à l’instar de celle conduite par Greg Philo et Mike Berry de l’Université de Glasgow au lendemain de l’Intifada Palestinienne confirment cette réalité.


En effet, les chercheurs ont observé des heures de reportages et couvertures médiatiques de BBC et ITV pendant l’Intifada de 2002, ont examiné 200 programmes d’information et ont interviewé plus de 800 personnes au sujet de leur perception du conflit. Les résultats étaient tout simplement alarmants. Les chercheurs se sont heurtés à un niveau d’ignorance et de confusion chez les téléspectateurs assez inquiétant puisque seulement 9% savaient que les « territoires occupés » étaient occupés par Israël. Quant à la majorité, elle croit que l’occupant n’est autre que le peuple Palestinien.


Par conséquent, le résultat n’est guère étonnant compte tenu de la couverture médiatique partiale et ses tendances à masquer les vérités capitales du conflit. Par exemple, ce qui s’offre aux téléspectateurs ne leur révèle pas que plus de 418 villages Palestiniens ont été détruits en 1948, que des centaines de milliers de villageois ont été expulsés, qu’Israël a usé de la force pour s’implanter sur 78% de la Palestine historique. Nul ne dévoile que depuis 1967, Israël s’est illégalement approprié, a occupé et a imposé différents règlements militaires sur les 22% restants, ou bien que la majorité des Palestiniens, estimés à plus de 8 millions, vivent aujourd’hui en tant que réfugiés.


Sur un autre front, l’Irak n’a rien à envier à la Palestine. Les reportages transmis aux téléspectateurs donnent l’impression que les malheurs du pays sont ancrés dans la soif du sang et l’amour de l’automutilation de son peuple, avec une secte et une ethnicité qui se rivalisent pour la destruction de l’autre. Et c’est là qu’apparait le rôle des Américains qui se présentent comme des médiateurs bienveillants dont le rôle consiste à imposer l’ordre et à empêcher les différents groupes de s’entre-tuer.


Ainsi, les raisons qui ont mené au chaos actuel sont de plus en plus étouffées, à savoir une puissante armée composée de 150 000 éléments, déployée pour envahir un pays situé à des centaines de miles, la destruction des ses infrastructures, la démolition systématique de sa mémoire collective nationale, la profanation de son héritage culturel, la mise en place d’un système politique basé sur un concept ethnique et sectaire, la dissolution de son armée au nom de la « dé-baathisation » (mettre un terme au parti Baathi), l’armement d’une faction contre une autre (au début avec les Peshmergas Kurdes, ensuite avec les milices shiites) dans le but de faire face au « triangle Sunnite » et enfin, cibler les tribus Sunnite d’Al Anbar sous le prétexte de combattre Al Qaeda.


D’autre part, les médias nous cachent que les irakiens continuent de souffrir, non pas à cause de leur sang Arabe, Musulman, leur peau brune ou leur appartenance à une culture religieuse naturellement violente, mais parce qu’ils sont victimes d’un rapport de force cruel qui les méprise et les voit comme des insectes, des créatures sans valeur à fouler aux pieds sans pour autant se soucier de compter les morts.


Ceci étant, il semble que l’Occident a créé sa propre « machine de la vérité » au sujet de l’Islam, des Musulmans, des Arabes et du Moyen-Orient. A travers cette machine, l’objectif de la caméra est orienté et de simples témoignages sont produits et reproduits à l’infini. Si les titres et unes peuvent varier, ils conduisent cependant à des notions étroites où la société Musulmane est perçue de la même manière aux yeux de l’ensemble de la société, du producteur au consommateur apprivoisé. Ceci se résume à la violence, au fanatisme, à l’irrationalité, à l’émotivité, à la stagnation, à la subordination et au despotisme. Ce sont là les piliers de l’orthodoxie vulgarisée par les médias et soutenue par un réseau complexe de centres et institutions de pouvoir.


Pour y échapper, il faudrait se placer en dehors du courant dominant, à l’intérieur des marges, à côté des étrangers, des hérétiques et des monstres de la vérité.

 

 

Soumaya Ghannoushi,

écrivain freelance, est spécialisée dans l’histoire de la perception européenne de l’Islam. 

 

 

 

Source: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10105

Par Soumaya Ghannoushi - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 00:40

aid_al_kebir_2007.jpg Le magazine Respect Mag a lancé, il y a peu de temps, un appel intitulé « L’islam bafoué par les terroristes(1) », destiné à dénoncer les violences et les attentats commis au nom de l’islam. Cet appel a été signé par de très nombreuses personnalités musulmanes, intellectuels, journalistes, artistes, hommes politiques et théologiens. Le « gratin » de la communauté musulmane s’y retrouve : Abdel Malik, Dalil Boubakeur, Bariza Khiari, Ghaleb Bencheikh, Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et bien d’autres se rejoignent, unanimes dans la condamnation du terrorisme dit « islamiste. » Un rassemblement était organisé ce samedi 29 janvier sur le Parvis des Droits de l’Homme, à Paris.


Que penser de cet appel ? A priori, le message moral est clair, sans équivoque et mérite tout notre soutien. Oui, tout musulman fidèle à ses références religieuses et morales condamne tout acte de terrorisme commis ou non au nom de l’islam. Plus que cela, le musulman condamne toute forme de crime, politique ou apolitique, tout assassinat. Parce qu’elle est un don divin et un dépôt céleste, la vie est et demeure sacrée, quelque soient les circonstances.


Et pourtant, si cet appel semble juste et raisonnable à court terme, il constitue, à long terme, un véritable danger. Pour deux raisons.


La première concerne le fond de l’affaire : les actions terroristes menées par des groupes présentés comme islamistes, djihadistes, radicaux ou tout simplement terroristes, chaque terme étant interchangeable, c’est à dire indéfinissable. Ces actions et ces opérations armées comportent un certain nombre de problèmes et soulèvent des interrogations curieusement peu relayées, à la fois dans les médias grand public et chez l’ensemble de nos vitrines musulmanes officielles (institutions, intellectuels médiatiques et théologiens « républicains »).


Des versions contradictoires


Ainsi de l’affaire copte qui a soulevé beaucoup d’émotion dans la communauté occidentale comme le rappelle Respect Mag dans son appel, à juste titre. Plus d’une vingtaine d’entre eux ont trouvé la mort à l’aune du Nouvel an, à la suite d’un attentat à l’entrée de l’église d’Alexandrie. Qui a commis l’attentat ? A l’heure d’aujourd’hui, nous n’en savons toujours rien. Des versions contradictoires ont été défendues, toutes officiellement.


La première version du gouvernement égyptien confirmée par des témoins oculaires, attestait qu’une voiture piégée, garée devant l’église par plusieurs hommes, avait constitué le modus operandi de cette attaque (2). Un mode opératoire très atypique pour des groupes qui auraient l’habitude d’envoyer des kamikazes se faire exploser.


Quelques heures plus tard, la version officielle, écartée par le ministère de l’intérieur égyptien, avait changé (3). Il s’agissait non plus d’une attaque à la voiture piégée, mais d’un attentat suicide, à la mode Al Qaida. Aucun autre détail ne sera fourni à la presse et Hosni Moubarak parlera de « mains étrangères » à l’œuvre dans cette affaire, sans préciser s’il s’agit d’États ou de groupes armés. Le mystère demeure.


Trois jours plus tard, Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères, dans une lettre adressée à la Haute représentante de l’Union européenne, Catherine Ashton, demandait que l’UE se saisisse du sort des chrétiens d’Orient menacés par Al Qaida (4), confirmant à nouveau la thèse incriminant le réseau de Ben Laden.


Mais les toutes dernières déclarations du ministère de l’intérieur égyptien attribueront finalement l’attaque à un groupe palestinien, « l’Armée de l’islam (5) », présenté comme lié à Al Qaida, bien qu’ayant rompu tout lien depuis 2007 si l’on en croit ses représentants qui nient, par ailleurs, toute implication « de près ou de loin » selon leurs déclarations, là encore en parfaite contradiction avec les modes de fonctionnement de ces groupuscules qui n’hésitent pas à revendiquer leurs attaques pour en engranger tout les bénéfices politiques.


Au final, nous ne savons pas s’il s’agit d’une équipe de tueurs qui auraient actionné à distance un engin explosif, un kamikaze local affilié à Al Qaida ou un membre de ce groupe palestinien. D’ailleurs, qui s’en soucie. Le plausible a plus de force que le possible.

 

Les bons offices de Sifaoui


Autre exemple : l’AQMI (Al Qaida au Maghreb Islamique). Les derniers enlèvements et assassinats de civils français entre le Mali et le Niger revendiqués par cette émanation obscure du GSPC algérien (Groupe salafiste pour le combat et la prédication) ont renforcé une nouvelle fois, semble-t-il, la portée de l’appel de Respect Mag. Des terroristes islamistes qui enlèveraient et exécuteraient des civils, pratiquement gratuitement, « au nom » de l’islam.


Pourtant, depuis des années maintenant, des diplomates algériens comme Mohamed Zitout (6) et des organes de presse comme Algéria Watch (7) dénoncent le rôle majeur de la DRS (Direction du renseignement et de la sécurité) algérienne qui aurait formé plusieurs de ces « terroristes » et instrumentaliserait ces groupes à des fins de politique intérieure. Maintenir un climat sécuritaire et renforcer leur propre légitimité dans le jeu algérien, garantir leur mainmise sur les ressources énergétiques et leur partenariat américain au nom de la guerre contre le terrorisme, seraient les principaux objectifs poursuivis par l’institution du Général Mohamed Médiène, dit Tewfik, qui échapperait au contrôle du pouvoir algérien. Les années noires de la décennie 1990 avaient déjà illustré les capacités d’infiltration de la DRS. L’ancien chef du GIA, groupe armé tenu pour responsable de la plupart des massacres civils, Djamel Zitouni, était formé par les services secrets algériens et recevait ses ordres directement de l’organe sécuritaire. Et c’est à demi-mot que le ministre français de l’intérieur de cette époque, Jean-Louis Debré reconnaissait l’intervention des services algériens dans les attentats de 1995...avant de se rétracter 24 h plus tard (8) !


D’ailleurs, ce n’est pas sans surprise que les téléspectateurs les plus avertis ont pu voir Mohamed Sifaoui, journaliste proche du pouvoir algérien et porte-parole des éradicateurs en France, venu témoigner au procès du général Nezzar dans l’affaire de « La sale guerre », le livre témoignage de l’ex-officier Habib Souaïdia, défiler sur les plateaux télé de BFM TV et Canal + pour « éclairer » le public français sur les enjeux politiques de la menace islamiste incarnée par l’AQMI, au moment de l’assassinat de Michel Germaneau.


Devoir de vérité


Tous ces éléments ne sont pas nouveaux. L’instrumentalisation et la désinformation sont des procédés courants pour les États, particulièrement en temps de guerre. Ce qu’on appelle classiquement la propagande. Hors, curieusement, les versions officielles émanant des états-majors et autres départements d’état, relayées sous formes de dépêches à l’ensemble des médias, sont reprises instantanément et ne sont jamais interrogées, discutées ou vérifiées, ne serait-ce que pour les authentifier. Ceux qui ont les moyens de le faire s’en abstiennent et les autres s’en moquent pertinemment.


Les faits sont complexes et les enjeux géopolitiques et stratégiques, lourds, dépassent le commun des citoyens. Certes, il n’y a pas de version homogène inter-changeable, mais les imbrications associant des groupuscules embryonnaires et bien réels à des services rôdés et jouissant de toutes les ressources financières et stratégiques d’un État, laissent peu de doutes sur les intoxications médiatiques auxquelles nous devons faire face, en la matière.


Au minimum, serions-nous en droit d’attendre un devoir de réserve sur l’ensemble de ces versions et d’exiger que toute la lumière soit faite. Une commission d’enquête indépendante sur les attentats anti-chrétiens, anti-chiites et plus largement anti-musulmans qui émaillent le quotidien des victimes irakiennes, pakistanaises, afghanes, irait dans le bon sens. Avec comme mot d’ordre, le devoir de vérité.


C’est précisément ce devoir que les signataires de l’appel de Respect Mag ont bel et bien enterré. En validant intégralement la thèse du terrorisme islamiste type Al Qaida, comme organisation autonome, indépendante, poursuivant des objectifs idéologiques en cohérence avec sa base doctrinale, déjouant successivement les meilleures armées du monde (États-Unis, Grande-Bretagne, France) et les systèmes technologiques militaires les plus en pointe (le vaste réseau américain de surveillance internationale dit Echellon, les drones...), dénuée de toute logistique et recluse dans les parties du monde les plus précaires (Afghanistan) où elles auraient péri de l’aveu même d’un ancien directeur de la DGSE dès 2002 (9), et qui plus est, avec à sa tête un leader dont on ne voit plus, depuis des années, l’image, dont la collaboration et la participation avec la CIA, du temps de l’invasion soviétique en Afghanistan, est avérée et dont la famille a prospéré dans le monde des affaires pétrolières avec le clan d’un certain Bush, autrement dit un homme très surveillé, en validant, disions-nous, cette thèse visiblement grotesque, les signataires n’ont pas rendu service aux musulmans de France ou d’Europe. Ils ont confirmé de manière très contestable le lien quelconque qu’il pouvait exister entre un attentat présenté comme « islamiste » et les communautés musulmanes dans le monde. Ce lien, que certains s’efforcent de tisser et de consolider, doit être rompu car il n’a aucune légitimité. Les actes n’engagent la responsabilité que de ceux qui les commettent ou les soutiennent. Pire, ils ont tout bonnement scellé le nœud tragique d’une intrigue dont le scénario semble déjà écrit.

 

  "Al Qaïda est mort en 2002!" Alain Chouet, ex-chef de la DGSE

 

 

La stratégie du chaos


Il s’agit du fameux scénario du clash des civilisations pensé par Bernard Lewis et formalisé par Samuel Huntington, qui théorise l’affrontement inévitable des blocs civilisationnels confucéo-musulmans et occidental et leur incompatibilité structurelle. En point d’orgue de cette théorie, les musulmans constituent pour les va-t-en-guerre néoconservateurs un ennemi de choix. Les études et les sondages commandés pour alimenter la source anxiogène de cette guerre mondialisée, se multiplient(10). Les officines sionistes ont poursuivi dès le lendemain du 11 septembre une stratégie d’alliance avec les courants d’extrême-droite européens visant à cibler conjointement les communautés musulmanes comme la source de tous les maux (11). Les musulmans en France craignent déjà un scénario catastrophe de montée généralisée des tensions et des violences, si un attentat se produisait dans l’hexagone.


Cette peur et cette condamnation, à l’œuvre derrière l’appel, sont parfaitement compréhensibles mais bien inutiles si les véritables germes du problèmes demeurent. Un appel intelligent aurait intégré cette exigence de vérité et cette volonté d’éclaircir et de décrypter les véritables et entières responsabilités dans ces crimes. Les promoteurs de l’appel ne l’ont pas jugé indispensable.


La seconde raison qui nourrit nos réserves concerne le mécanisme de domination psychologique qui se met en place très progressivement. Ce mécanisme obéit à un schéma très simple : le rapport injonction/soumission.


En dépit des dénégations de Marc Cheb Sun, rédacteur en chef de Respect Mag, force est de constater que l’appel a été lancé peu de temps après les mises en garde et les injonctions de l’UMP (12), exprimées dans la bouche de l’un de ses députés (Bernard Carayon ), condamnant le silence des musulmans et leur relative apathie, suite aux attentats anti-coptes en Égypte.


Des injonctions politiciennes qui iront de plus en plus loin et réclameront toujours plus d’emphase et de contrition de la part des musulmans. L’enjeu étant de prouver leur fidélité républicaine et leur démarcation non plus seulement envers le terrorisme, ce qui va de soi, mais envers toutes les formes de religiosité et toutes les idées ou concepts islamiques systématiquement amalgamés aux grille de lecture sécuritaire. C’est déjà le cas avec la notion d’islam et de musulman « modéré », comprenez en langage journalistique, désislamisé.


Cette logique de soumission étant fondée sur la peur, une peur intégrée par tous les musulmans à commencer par la classe moyenne musulmane et sa petite bourgeoise montante terrifiés d’être assimilés de près ou de loin à une quelconque forme de traditionalisme religieux, même apolitique, se nourrira d’elle-même dans un cycle interminable d’ injonction/soumission.


Cette peur est le cœur du dispositif de domination psychologique que les auteurs et les signataires de cet appel ont inauguré, inconsciemment ou pas.


Les dizaines de communiqués du CFCM et de l’UOIF condamnant le terrorisme ne suffisaient plus. Et malheureusement tous les appels de Respect Mag ou d’autres n’y changeront rien, tant que les causes à l’œuvre dans cette vaste tragédie humaine que nous vivons et qui préfigure un épilogue angoissant, ne seront pas confrontées courageusement et résolues efficacement.


Face à la logique implacable de la peur, les musulmans doivent plus que jamais s’armer de la vérité et du droit pour déjouer les pièges qu’on ne cessera de leur tendre jusqu’à provoquer leur chute dans l’abîme, car « l’abîme appelle l’abîme (13). »

 

Par Fouad Bahri.


 

Source: http://oumma.com/L-appel-de-Respect-Mag-entre


 


Notes

1-http://www.respectmag.com/2011/01/12/signez-lappel-lislam-bafoue-par-les-terroristes-4758

2- http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20110101110412/

3-http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/02/attentat-d-alexandrie-5-000-personnes-ont-assistes-aux-funerailles-des-victimes_1460134_3218.html

4-http://www.lemonde.fr/depeches/2011/01/04/chretiens-d-orient-la-france-veut-une-reponse-coordonnee-de-l-ue_3214_236_44138678.html

5- http://www.la-croix.com/afp.static/pages/110123122501.dv447kp2.htm

6-http://www.rachad.org/index.php ?option=com_content&view=article&id=489:zitout-a-quds-press—les-services-secrets-algeriens-ont-infiltre-les-groupes-l-terroristesr-du-sahara&catid=74:pressefr&Itemid=91

7- http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/geopolitique/decodage.htm

8- Toutes ces informations sont réunies dans le documentaire du journaliste Jean-Baptiste Rivoire « Attentats à Paris, enquête sur les commanditaires », diffusé dans l’émission « 90 minutes », sur Canal+.

9- http://www.dailymotion.com/video/xc6jyy_l-integrale-du-discours-d-alain-cho_news

10- Outre le dernier sondage du journal Le Monde extrêmement négatif sur les perceptions de l’islam auprès des Français, une autre étude publiée et reprise dans bon nombre de quotidiens affirme qu’en 2030, les musulmans représenteront un quart de la population mondiale. Les fantasmes d’une menace mondiale musulmane s’instaurent progressivement. Voir http ://www.lematin.ch/actu/monde/2030-quart-population-mondiale-musulmane-379103

11- Cette stratégie est une stratégie post-11 septembre. Ariel Sharon en Israël et Roger Cukierman (CRIF) en France avaient déjà multiplier les déclarations attribuant la montée de l’antisémitisme à la présence massive de musulmans. Il est intéressant de noter que bon nombre de ces affaires d’antisémitisme étaient une invention et une création médiatique, à l’instar de la fausse affaire de l’agression dans le RER D. Très récemment, une délégation des leaders de l’extrême-droite européenne était reçu en Israël. Cette stratégie des organisations sionistes se poursuit, y compris en France, comme l’illustre le dernier rapport annuel du Comité de coordination de lutte contre l’antisémitisme (CFCA), qui mentionne que « le potentiel de risques (antisémites) est plus important que dans d’autres pays à cause des communautés musulmanes », selon son directeur Amos Hermon. http://jforum.fr/actualites/article/le-comite-de-coordination-de-lutte

12- http://www.lepoint.fr/politique/un-depute-ump-appelle-les-francais-musulmans-a-denoncer-des-massacres-de-masse-de-chretiens-02-01-2011-126062_20.php

13- Extrait de l’oeuvre de Victor Hugo L’Homme qui rit, chapitre IX, Livre troisième.

Par Fouad Bahri - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 20:57

Le cinéma hollywoodien a souvent eu ses souffre-douleur et ses méchants servant à mettre en valeur les braves héros. Il y a eu les Noirs dans la jungle africaine, les Indiens dans le Far West, les Français, toujours, les Russes, un temps, et aujourd’hui les Arabes, éternelles brutes sanguinaires et terroristes ayant juré la perte de l’Occident.


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Depuis ses débuts jusqu’aux récentes superproductions, Hollywood a toujours mis en évidence ce que trop de gens refusent de voir, une dangereuse omniprésence du stéréotype de l’Arabe haineux. On nous a présenté de manière répétitive ces sempiternelles images, de sorte que nous ayons toujours la même représentation des Arabes, que l’on vive à New York ou à Los Angeles. Et cette conception correspond au mythe véhiculé sur les Arabes dans le cinéma hollywoodien.


Dans le cinéma des années 50 et 60, le scénario demeure le même. L’action se situe toujours dans un décor fictif, “au pays des Arabes”. C’est une étrange contrée imaginaire, au cœur du désert, sur laquelle plane une musique inquiétante. Le désert est omniprésent, toujours perçu comme un lieu menaçant, puis on y ajoute une masure, quelques palmiers, un palais avec des salles de torture, un pacha trônant sur de luxueux coussins entouré de son harem. Mais comme aucune de ces jeunes filles ne lui plaît, il enlève la blonde héroïne occidentale qui repousse ses avances. Les accessoiristes d’Hollywood affublent les femmes arabes de robes transparentes et les confinent exclusivement au rôle de danseuses du ventre. Les hommes, eux, sont affublés de sabres, et se déplacent en tapis volant, ou charment des serpents qui ondulent au son de leur flûte.


Les années passent, mais la représentation des Arabes ne change pas. Les cinéastes hollywoodiens modernes les utilisent comme des personnages caricaturaux, des faire-valoir à qui ils attribuent le rôle du méchant ou du comique de service. D’un film à l’autre, les Arabes tiennent le rôle du bouffon destiné à déclencher le rire facile et gras.


Les Arabes méchants, forcément méchants…  

 

La politique américaine et le cinéma d’Hollywood sont intimement liés. Ils ont le même code génétique, le même ADN. La représentation du peuple palestinien dans le cinéma américain fait clairement ressortir le lien entre la politique et le divertissement, entre Washington et Hollywood. En revanche, depuis l’occupation des terres palestiniennes par les Juifs sionistes en 1948, ces derniers jouissent du soutien indéfectible des États-Unis. Chacune des administrations a clairement pris le parti de l’occupant. À l’inverse, les politiciens américains n’ont rien fait pour aider les millions de réfugiés palestiniens plongés dans la misère la plus noire face à l’invasion.


S’il est vrai que la politique influence l’opinion publique, Hollywood a également représenté le conflit d’une manière biaisée.


Les films dépeignent systématiquement les Palestiniens comme des terroristes, des “méchants”, sans exception. Les Juifs y sont au contraire présentés comme d’innocentes victimes des Palestiniens. La totalité des films qui traitent de ce sujet présentent les Arabes comme des maniaques brutaux au regard fou, prêts à tuer n’importe qui, n’importe où, pour n’importe quelle raison. Ces films ont tous été calqués sur la politique de Washington dans le seul but de faire la promotion de la propagande occidentale. Pire encore, si le cinéma ne nous a jamais transmis une image positive des Palestiniens, c’est en grande partie parce que deux producteurs, Menahem Golan et Yoram Globus, fondateurs d’une société du nom de Canon, puis Golan-Globus production, ont produit en vingt ans plus de quarante films diabolisant les Arabes et plus particulièrement la cause palestinienne. Aucune forme de communication n’est aussi efficace que le cinéma pour faire de la propagande, et Golan et Globus en sont les champions. On ne nous a jamais montré des Palestiniens qui souffrent à cause de l’occupation, ni les camps de réfugiés, ni les innocentes victimes palestiniennes qui sont tuées. Ces images sont bannies. Pourquoi ? Existe-t-il une règle tacite, à Hollywood, interdisant de donner aux Palestiniens un visage humain ?


Pourquoi n’est-il pas possible de les montrer sous un jour favorable, au même titre que les Juifs ? Du point de vue médiatique, cinématographique, politique, la vie d’un enfant palestinien n’a-t-elle pas la même valeur que celle d’un enfant israélien ? Pourquoi le cinéma d’Hollywood en fait-il abstraction ?

 


Clovis CASADUE,

pour FLASH

 

 


Publié  sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Par Clovis CASADUE - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 00:29

Vu les événements nombreux et très inquiétants de par le monde, bizarrement relayés par les médias avec une curieuse insistance, la COBEMA a décidé de publier ici ses réflexions sur cette pseudo-campagne "antichrétienne" en terre d'Islam. Après des attentats meurtriers ciblant des maisons de Dieu que sont les églises, impardonnables car lâches et pitoyables, il est essentiel de revenir sur cette actualité brûlante afin d'y voir un peu plus clair. On a entendu des journalistes et autres présentateurs radios (J.-J. Bourdin sur RMC par exemple) demander à la communauté musulmane2 (sic) de réagir et de condamner ces massacres par des manifestations par exemple. Il est utile de signaler que les chrétiens d'Irak sont assassinés grâce à l'intervention militaire sauvage et génocidaire de yankees dégénérés, colonisation qui a créé un chaos historique touchant aussi l'Afghanistan. Il est essentiel de signaler et rappeler que l'Irak est sous l'autorité militaire US et jusqu'à preuve du contraire, c'est celui qui a le doigt sur la gâchette qui détient le pouvoir et est donc responsable. Les deux journalistes enlevés par les talibans sont aussi dans une mauvaise posture grâce à  l'armée US libératrice du Monde... On attend toujours les preuves de l'implication de ces deux pays meurtris dans les attentats du 11/09/2001 !!! On se souvient tous des fausses fioles d'anthrax qu'agitait à la face du monde Colin Powel à l'ONU même ! On attend toujours la découverte des armes de destruction massive qui ont conduit à cette guerre irakienne abjecte !


Et pour finir, on attend toujours les manifestations d'indignation (y compris, pourquoi pas, celles de la caste journalistique) devant ces guerres qui ont fait des MILLIONS de victimes toutes ou presque CIVILES ! Où sont les donneurs de leçons ? Les populations chrétiennes paient le prix de ces interventions au même titre que l'ensemble de la population irakienne ou afghane,  le prix du chaos orchestré par les manipulateurs de Washington et de Londres. Quant aux deux touristes français assassinés au Niger (dans des conditions encore obscures), que l'on ne vienne pas nous bassiner avec ces balivernes d'AQMI, authentique clone du GIA et dont tout le monde sait qu'il n'existe pas en tant qu'entité propre, réellement responsable du pseudo-terrorisme international et qu'il est né dans les  laboratoires des services algériens. Depuis quand la révolution se fait dans le sahara au milieu des dunes désertiques ? Si ces prétendus contrebandiers de cigarettes veulent vraiment renverser le pouvoir en place, qu'ils occupent les maquis impénétrables des Aurès ou de la Kabylie et s'attaquent aux militaires dans l'algérois ; mais là est une tout autre affaire ...

 

bouazizi.jpg La situation actuelle de la communauté musulmane à travers le monde est des plus précaires. On voit exploser partout des émeutes de la faim que l'on a prédites il y a de cela quelques années avant même l'éclatement inexorable de la crise financière et bancaire. La Tunisie est à feu et à sang, les jeunes préfèrent de loin s'immoler que de survivre sous l'autorité du grand démon démocrate Bénali. Les Bénali et les Trabelsi (Belle famille du président) possèdent la Tunisie en nom propre. Concernant l'Algérie, la situation est encore plus grave, des centaines de milliards de dollars d'excédents budgétaires et un kilo de viande à 1000 DA !!! Quant à la jeunesse algérienne, elle préfère se noyer que de  continuer à survivre ! Les peuples cherchent à manger quand ils ne sont pas colonisés par l'Amérique... On ne demande pas à des peuples meurtris par des dictatures sanguinaires amies des pouvoirs européens (ne voyez là aucune lamentation mais des faits vérifiables) de s'occuper d'autre chose que d'assurer leur pitance quotidienne. Et si possible, juste pour aider, cessez de les bombarder nuit et jour avec des milliers de B52, de les coloniser en envoyant des centaines de milliers de GI's dégénérés, alcoolisés et drogués, armés jusqu'aux dents. Laissez-les vivre comme bon leur semble ; et, une bonne fois pour toutes, abandonnez l'idée d'exporter un modèle occidental moribond, voire décadent vers des contrées qui n'ont absolument rien demandé.


De plus, pour ceux qui s'offusquent, comme notre président national qui ose parler d'épuration religieuse, du mauvais traitement fait à la religion chrétienne, il est important de leur rappeler que la sécularisation est un phénomène occidentalo-occidental. Cette dernière a entraîné la destruction de l'Église et il n'y a qu'à lire les journaux français ou écouter les zélateurs maçons du "Grand Orient" pour y trouver les plus impitoyables ennemis de la Chrétienté. Pas un article dans le Canard Enchaîné sur la question religieuse sans une moquerie, voire un blasphème. Que dire des gros titres et des caricatures puériles des gauchistes de Charlie Hebdo ou de Siné... etc. Qui peut oublier la violence des pseudo-philosophes de pacotille (M. Onfray, L. Féry...) envers la religion du Christ ? La communauté chrétienne française doit cesser d'avoir honte de croire en Dieu, elle doit imposer son culte et cesser de se faire donner des ordres et des admonestations par des laïcards bouffeurs de curés... Car in fine, quand on y regarde de plus près et que l'on réalise un bilan de ce siècle, leur monde moderne illuminé est bien misérable.


On appelle à ce que les communautés religieuses ne tombent pas dans ce panneau grossier du choc des religions si cher aux néocons yankees et leurs adeptes traîtres de l'Hexagone. L'Islam a toujours respecté le Christ Issa (PSL) ainsi que sa mère Sainte Marie et on en veut pour preuve le nombre très important de prénoms "Issa" et "Mériem" donnés par les musulmans à leurs enfants par respect à ces deux illustres personnages de l'Humanité. Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'animosité entre nous, Dieu merci. On pense même que ces nombreux événements sont plus que douteux et pourraient faire partie d'un plan de déstabilisation type Gladio ou plus modestement type Ergenekon turc...

 

 

 

Source: http://www.cobema.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=71:actualite&catid=1:latest-news

 

 


 

1- "Plutôt être dévoré par les poissons que par les vers de terre". Slogan scandé par les jeunes algériens qui, gagnés par le désespoir, prennent des embarcations de fortune pour tenter de rejoindre les côtes ibériques ou italiennes.


2- Il n'existe pas de communauté musulmane en France car si c'était le cas bien des dérives racistes de nos politiques et médias auraient été sanctionnées par des mises à pied voire de la prison pour certains délits graves.

Par COBEMA - Publié dans : Réflexions - Communauté : La Cyber-résistance
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