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Islam

Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 06:08

L’histoire de cette combattante peut nous rappeler celle d’une autre femme, que l’islam considère être l’une des meilleures que l’humanité ait connues. Je parle de la femme de Pharaon, le tyran au sommet de son arrogance, une femme que tout prédestinait à être complice, à jouer un rôle actif au côté du tyran ; mais sa nature humaine, pure et innée, lui donna le courage de résister, de faire face au tyran et de refuser l’injustice, tout en adhérant à la foi sincère des opprimés.
 

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Tali Fahima, le 26 janvier, devant la Cour suprême de Jérusalem.

 

Tali Fahima, née en Palestine occupée en 1976 dans une famille juive d’origine algérienne, est la jeune femme de nationalité israélienne, dont le service de sécurité Shin Beth affirma qu’elle planifiait de devenir « la première terroriste juive », en voulant agir contre son propre « peuple ». C’est la jeune femme qui, d’une partisane du parti Likoud, a « basculé » en 2003 pour développer des relations et prendre position en faveur de la résistance et du peuple palestiniens, ce qui a fini par lui coûter deux ans d’emprisonnement de 2005 à 2007. Et c’est enfin la jeune femme qui, selon un site pro-israélien, « vient de franchir un nouveau pas » (sans doute un pas dans l’horreur pour ce site, ndlr) ce lundi 7 juin, en embrassant la foi des opprimés et des résistants de la Palestine, la foi de la femme de Pharaon, la foi de leurs illustres ancêtres autour des apôtres du Christ et des compagnons du Prophète.
 
Pourtant, Tali Fahima était prédestinée à devenir une femme israélienne nourrie au sionisme, sans aucune considération pour les Arabes de la Palestine, rien que de la haine et du mépris.
 
Dans une interview qu’elle a accordée au site des Palestiniens de 1948 (www.pls48.net) en janvier 2010, elle revient sur son parcours, l’éducation qu’elle a reçue et comment elle a fini par découvrir la vérité.
 
Après des études scolaires, un service militaire dans l’armée israélienne et un passage aux Etats-Unis, elle est rentrée travailler comme secrétaire de direction dans un cabinet d’avocats à Tel-Aviv : « Je vivais comme toute jeune femme juive à la recherche d’argent », mais « malgré l’aisance dont je jouissais, je ressentais un vide intérieur ».
 
L’éducation sioniste
 
A propos de l’éducation qu’elle a reçue en Israël, elle dit : « Depuis mon enfance, le sionisme œuvrait à nous inculquer la haine contre les Arabes et les Palestiniens. Ils nous apprenaient à avoir peur des Arabes... Ils nous expliquaient que les Arabes étaient des ennemis et que cette terre appartenait aux juifs, et ils nous présentaient des cartes et des documents montrant que cette terre était aux juifs de la mer au fleuve [du Jourdain]. Le sionisme instrumentalisait la religion pour atteindre ses objectifs en considérant que les juifs sont le « peuple élu » et que par conséquent, les autres ne méritaient pas une place d’égale dignité ». Elle se rappelle du mépris qu’elle avait pour les ouvriers arabes, et que « l’influence de l’éducation sioniste faisait que rien que la vue des panneaux en langue arabe dans les rues me dérangeait ».
 
Le basculement et la prison
 
Le changement fut enclenché au début des années 2000 avec la deuxième Intifada et la peur qu’elle provoqua. Elle voulait comprendre et commença à se poser des questions sur ces événements. Une opération kamikaze lui fit se demander : « Qui a fait cette opération et pourquoi ? Y a-t-il a un but qui mérite que l’on se sacrifie pour lui ? Quelles sont les véritables motivations ? »
 
Tali n’a pas trouvé de réponses à ses questions dans les médias israéliens, mais ce fut Internet qui lui ouvrit les yeux sur les mensonges sionistes, et qui lui montra les premières vérités, des vérités qui la secouèrent et qui l’incitèrent à rencontrer ces Palestiniens qu’elle avait appris à détester. Un chemin qui la conduisit à la rencontre avec un chef du mouvement de résistance des Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, et la visite du camp meurtri de Jenine. Toutes les thèses sionistes s’écroulèrent, et tout devint plus clair : « Ce ne sont pas des terroristes, ce sont des résistants et des combattants qui ne veulent que leur liberté ».
 
Tali resta à Jenine et y travailla sur un projet pour les enfants palestiniens ; tout en se déclarant publiquement opposée à la politique des assassinats ciblés menée par l’Etat d’Israël, et en se proposant de servir de bouclier humain. Depuis lors, elle fut l’objet d’harcèlement sécuritaire et médiatique. Elle fut arrêtée une première fois en 2004, puis en 2005 où elle fut condamnée à trois ans de prison pour avoir fourni des informations à l’ennemi, et pour avoir été dans les territoires « contrôlés » par l’Autorité palestinienne entre autres charges. Elle fut libérée en 2007 pour bonne conduite.
 
Comment elle voit l’avenir
 
Tali affirme : « Le sionisme est une institution qui représente un danger pour la sécurité locale et internationale. Je pense que le projet sioniste est en déclin et en fort repli, et que les sionistes le savent. Le projet sioniste ne va pas durer longtemps, et il y a un disfonctionnement qui apparaît dans la société israélienne aux niveaux religieux, social et moral. J’ai la conviction que toute colonisation se dirige vers sa fin ».

 
« Mais il semble que la région va assister à une dangereuse escalade avant la disparition du projet sioniste, et ce qui se passe à Jérusalem Est et à la mosquée al-Aqsa en est un signe manifeste », ajoute-elle.
 
Et à propos de la gauche israélienne, elle déclare : « Je ne comprends pas le combat de la gauche israélienne, et je crois fermement que cette gauche est l’un des bras du projet sioniste. Elle est assurément au service de la colonisation israélienne, sciemment ou inconsciemment ».
 
Sa rencontre avec le mouvement islamique en Palestine de 48 et le cheikh Raed Salah
 
« Note vision à propos des Arabes fut noircie, c’est ce que le sionisme voulait nous inculquer, mais notre vision du mouvement islamique et du Cheikh Raed Salah (le chef de la branche du nord de ce mouvement, ndlr) était encore plus noire » dit-elle.
 
Mais en écoutant le Cheikh lors de son arrestation en 2003, Tali s’était rendue compte de la chape sécuritaire injuste que l’Etat d’Israël lui imposait, et elle voulut en savoir plus sur lui ainsi que son mouvement.
 
Elle se renseigna sur le mouvement, assista à des conférences et finit par rencontrer le Cheikh Salah. Elle fut impressionnée par son rayonnement, sa modestie. Pour elle, c’est lui qui « représente désormais la véritable pensée, pure, claire et sincère dans une époque où le projet nationaliste a échoué » et c’est ce qui fait qu’« il court un danger de la part du pouvoir sioniste qui le poursuit pour ce qu’il représente, et pour ses efforts visant à dévoiler la vérité des plans sionistes ».
 
Le pas de plus

 
Ce fut donc ce lundi 7 juin que Tali Fahima a franchi le pas en déclarant la profession de foi musulmane dans une mosquée à Umm al-Fahm, au nord de la Palestine dans la région de Haïfa, là ou se trouve le siège de la branche Nord du mouvement islamique. Les journaux israéliens et leurs relais à l’étranger ont largement diffusé la nouvelle, mettant l’accent sur ses liens avec les « terroristes » !


Le yediot Aharonot rapporte que Tali Fahima ne souhaitait pas faire de commentaire car elle refusait toute interview à des "médias sionistes". Le cheikh Yusuf Albaz présent à la conversion déclara : « J’aime beaucoup son état d’esprit. J’apprécie toute personne qui préfère la résistance à la capitulation, et Tali Fahima est un exemple de résistance ».
 
Le 10 juin 2010



sources :  (www.pls48.net)

http://haniramadan.blog.tdg.ch/

Par Réveil des Consciences - Publié dans : Islam - Communauté : La Cyber-résistance
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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 23:08

Extrait de l'ouvrage "Découverte de l'Islam", de Roger du Pasquier.

 

Présentation de l'éditeur:

En ce dernier quart du XXe siècle, le monde de l'Islam attire les regards de l'Occident et le déconcerte. Car, malgré les bouleversements apportés par la civilisation moderne, il maintient des valeurs traditionnelles que celle-ci juge périmées, et demeure, de bien des manières, un monde de foi et de prière. La vitalité d'une religion essentiellement transcendante échappe à l'investigation scientifique ordinaire, laquelle n'est qu'une forme élaborée de la pensée profane. Or l'Islam, c'est le sacré. Pareille remarque indique l'intention du présent ouvrage. Rédigé à la demande d'amis musulmans désireux de " faire passer " le message de l'Islam sous une forme aisément accessible à des lecteurs européens ou d'éducation occidentale, il se conforme à leur perspective d'hommes de foi, et non à celle d'" observateurs ", ou d'" experts ", considérant les choses du dehors. - Roger Du Pasquier

 



Extrait du premier chapitre: Face au défi de notre temps.


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 Plus rien sur terre ne semble échapper à la crise qui secoue le monde moderne. Il ne suffit plus de parler de crise de civilisation, car le phénomène a pris des dimensions cosmiques. Ses aspects sinistres apparaissent avec une évidence croissante et l'angoisse se répand. Or, l'Islam a été donné aux hommes précisément pour les aider à traverser sans se perdre dans cette phase ultime de l'histoire universelle. Dernière Révélation du cycle prophétique, il offre les moyens de résister au chaos actuel, de rétablir l'ordre et la clarté à l'intérieur de soi-même ainsi que l'harmonie dans les rapports humains, et de réaliser la destinée supérieure à laquelle le Créateur nous a conviés.


L'Islam s'adresse à l'homme, dont il a une connaissance profonde et précise, situant exactement sa position dans la création et en face de Dieu. La pensée moderne, au contraire, n'a pas d'anthropologie définie et généralement acceptée. Elle possède sur l'homme une quantité immense de notions diverses mais, dans sa confusion et ses divergences, elle démontre son incapacité de donner une définition cohérente de la condition humaine. Dans aucune autre civilisation, on n'avait ignoré d'une manière aussi totale et aussi systématique pourquoi nous sommes nés, pourquoi nous vivons et pourquoi nous devons mourir.

 

Tel est le paradoxe de cette civilisation qui, au départ, se voulait «humaniste», c'est-à-dire qui faisait de l'homme le principe et la fin de toutes choses: la notion même d'homme s'est désagrégée. L'évolutionnisme en avait fait un singe perfectionné, puis la philosophie de l'absurde est venue lui enlever le peu de cohérence qui lui restait. L'être humain est désormais semblable à un pantin secoué et désarticulé par une mécanique qu'il a mise en train, mais dont il n'arrive plus à maîtriser l'agitation désordonnée et le mouvement accéléré. Proclamée absurde, la vie sur terre a effectivement perdu son sens. Elle offre à l'homme une multitude de possibilités et d'avantages matériels auxquels les générations précédentes n'auraient pas osé rêver mais, comme on ignore ce qu'est en réalité un homme et donc quelles sont ses aspirations profondes, toutes ces merveilles ne l'empêchent pas de sombrer dans le désespoir.

 

Pourtant, la civilisation moderne avait proclamé hautement et sur tous les tons qu'elle apporterait le bonheur au genre humain. La Révolution française avait adopté la Déclaration des droits de l'homme et la Constitution américaine prétendait garantir à chaque citoyen la «poursuite du bonheur». Le XIXe siècle accrédita dans tous les pays occidentaux et même au-delà la grande idée de Progrès en vertu de laquelle l'âge d'or ne serait pas derrière, mais devant nous. Les faits ont longtemps donné à cette croyance des confirmations apparentes. Les conditions matérielles des couches inférieures de la société occidentale se sont considérablement améliorées, l'exercice des libertés individuelles a été garanti à tous, la science a donné à l'homme moderne le sentiment d'être incomparablement plus instruit que les plus savants parmi les générations antérieures, et le développement technique a placé entre ses mains les instruments d'une puissance insoupçonnée auparavant.

 

Sur un autre plan et en vertu de théories psychologiques prétendant avoir enfin découvert où se situe le véritable centre des gravité de la personne humaine, c'est-à-dire au niveau du sexe, on a promis aux individus qu'ils pourraient se «réaliser» eux-mêmes en échappant à toute contrainte et en suivant tous leurs penchants. Ce fut, pour beaucoup, un prétexte suffisant pour supprimer la morale héritée du passé et considérée désormais comme un ramassis de préjugés périmés. C'est ainsi que l'homme moderne croit être devenu «adulte», sous-entendant que les générations des siècles passés étaient infantiles. Il ne manque pas de philosophes ni même de théologiens pour le confirmer dans cette idée. Mais les faits eux-mêmes ont fini par singulièrement contredire ces théories.

 

Déjà, la Première Guerre mondiale et les désastres qu'elle entraîna avaient donné de sérieux démentis à l'optimisme des annonciateurs du nouvel âge d'or. Cela ne les empêcha pourtant pas, au retour de la paix, de prophétiser de plus belle l'avènement d'une ère de paix, de justice et de bonheur, comme si l'effroyable tragédie avec ses millions de victimes n'avait été qu'un incident de parcours. La Deuxième Guerre mondiale, bien plus épouvantable encore, aurait dû instruire les hommes sur les illusions et les dangers des idéologies progressistes et plus ou moins athées promettant le bonheur par des voies exclusivement profanes, quantitatives et matérialistes. Mais au lieu d'en discerner le caractère trompeur et de s'en détourner pour revenir à des valeurs plus spirituelles et traditionnelles, ils ont au contraire accéléré le mouvement de sécularisation. Si les promesses de bonheur ne se réalisent pas, les idéologues du système n'en concluent aucunement qu'elles étaient fallacieuses ou infondées, mais ils s'en prennent aux dernières survivances de l'ordre ancien et des idées traditionnelles, qu'ils dénoncent comme autant d'obstacles à la marche du progrès et qu'il serait donc urgent de faire disparaître.

 

Les bouleversements sociaux ne sont qu'un aspect de ce mouvement. Ils s'accompagnent d'une subversion d'ordre moral et psychique qui prétend éliminer les «préjugés» et l'esprit «autoritaire», lesquels empêcheraient l'homme de parvenir à sa pleine libération et donc au bonheur. La réalité, notamment celle que l'on peut constater dans la jeunesse acquise aux idées «anti-autoritaires», est révélatrice: selon des témoignages convergents, le nombre des névrosés, détraqués et intoxiqués ne cesse de croître, de même que les cas de soumission aveugle à des systèmes idéologiques et à des chefs conduisant en fait au contraire de la liberté.

    

Cette civilisation qui s'était voulue «humaniste» aboutit ainsi à un système qui, en même temps, méprise l'homme et le trompe pour, finalement, le détruire. Elle le méprise parce qu'elle le réduit aux fonctions matérielles et quantitatives de simple producteur et consommateur; elle le trompe parce qu'elle lui fait croire que, grâce au progrès, au développement de la science, à une meilleure organisation sociale et à la libération des derniers «préjugés» et contraintes hérités du passé, il parviendra au bonheur et vaincra la souffrance, laquelle est pourtant inhérente à la condition humaine; enfin elle le détruit en le corrompant, en le désintégrant et en privant sa vie de sens et d'espoir. D'ailleurs, le sentiment que l'ordre actuel des choses - si l'on peut parler d'ordre dans une telle confusion - est une énorme tromperie semble se répandre toujours davantage et les idéologies modernes sont de plus en plus battues en brèche par l'esprit de négation, de contestation et de nihilisme. Effectivement, ces idéologies, y compris le marxisme, finissent toujours par perdre leur crédit, parce qu'elles sont impuissantes à répondre à nos questions les plus importantes sur le sens de la vie et sur les raisons de notre présence sur terre. Ce qui finit inévitablement par les rendre vaines et inefficaces, c'est d'ignorer que l'homme, en fin de compte, se définit par l'Absolu et qu'au fond de lui-même, consciemment ou inconsciemment, il ne cherche pas autre chose que cela.

 

La condition humaine ne saurait trouver sa justification et son plein accomplissement sur le plan horizontal terrestre, car elle comporte une aspiration essentielle et centrale à la transcendance. L'homme, à la différence des autres créatures, ressent le besoin fondamental de se dépasser soi-même et de rechercher cet Absolu que, seul ici-bas, il est capable de concevoir. C'est pourquoi tout le relatif qu'on lui propose en si grande abondance le laisse toujours sur sa faim ou finit par prendre un goût d'amertume. Fort significatif est le fait que la «contestation» s'est surtout développée dans des pays industrialisés à niveau de vie élevé où tous les avantages matériels sont à la portée de chacun. Mais précisément, la civilisation moderne est inacceptable à l'homme parce que, lui offrant tout, sauf l'essentiel, elle lui paraît dénuée de sens. Jamais il n'a disposé d'aussi nombreuses et prodigieuses possibilités de se distraire, et jamais il ne s'est pareillement ennuyé. A cet ennui, les réalisations extraordinaires de la science et de la technique, qu'il s'agisse de la télévision en couleur, des «conquêtes spatiales» ou des progrès de la médecine, n'apportent aucun véritable remède. L'homme, dans cette multiplicité de gadgets, se distrait, se disperse ou se dissipe, mais il ne trouve pas la véritable paix de l'âme venant de la certitude d'accomplir ici-bas la destinée supérieure pour laquelle il a été créé.

 

Dans les conditions insensées de la vie moderne, les gens doués d'un peu de réflexion se rendent toujours mieux compte qu'ils courent vers l'abîme. Suivant une réaction parfaitement compréhensible, beaucoup cherchent leur salut en dehors du monde occidental promoteur de la civilisation discréditée. Ils se tournent alors vers des formes diverses de mysticisme oriental, d'occultisme ou de yoga. Mais, trop souvent, leur quête ignore l'Islam qui, pourtant, tient à leur disposition tous les moyens de donner à leur vie un sens répondant à leurs plus profondes aspirations.

 

L'Islam n'est pas occidental, et cependant il ne serait pas juste de le considérer comme exclusivement oriental. Il est étranger au monde spécifiquement moderne, et cependant, de toutes les traditions sacrées, il est la mieux adaptée aux conditions du cycle cosmique déclinant. Il est simple et évident, mais en même temps il recèle des trésors de sagesse mystique et métaphysique dont se sont nourries de longues générations de contemplatifs et de saints. Par ses dimensions horizontales et verticales, l'Islam est capable de réconcilier concrètement l'homme avec le cosmos qui l'entoure, ainsi qu'avec le Créateur de toutes choses. Au plein sens du terme, il est universel.

 

L'Occident, chrétien ou déchristianisé, n'a jamais vraiment connu l'Islam. Depuis qu'ils l'ont vu apparaître sur la scène mondiale, les chrétiens n'ont cessé de le calomnier et de le vilipender pour avoir des raisons de le combattre. On a donné de lui des déformations grossières dont les traces sont demeurées dans la mentalité européenne jusqu'à ce jour. Nombreux sont encore les Occidentaux pour lesquels l'Islam se réduit à ces trois notions: fanatisme, fatalisme, polygamie. Il existe assurément un public plus cultivé dont les idées sur l'Islam sont moins aberrantes, mais rares sont encore ceux qui savent que ce mot ne signifie rien d'autre que «soumission à Dieu». Symptomatique de cette ignorance est le fait que, dans l'esprit de la plupart des Européens, Allâh désignerait la divinité des musulmans et non le Dieu des chrétiens et des juifs; ils sont tout surpris d'entendre, lorsqu'on prend la peine de le leur dire, qu'Allâh signifie «Dieu» et que meme les chrétiens arabes n'ont pas d'autre nom pour L'implorer.

 

L'Islam a certes fait l'objet d'études poussées de la part d'orientalistes occidentaux qui, au cours des deux derniers siècles, ont publié sur lui une littérature abondante et savante. Cependant, si estimables que leurs travaux aient pu être, surtout du point de vue historique et philologique, ils n'ont que peu contribué à une meilleure compréhension, en milieu chrétien ou d'origine chrétienne, de la religion musulmane, car ils n'ont pas suscité grand intérêt au-delà des cercles académiques spécialisés. D'ailleurs, il faut bien admettre que les études orientales en Occident n'ont pas toujours été inspirées par le plus pur esprit d'impartialité scientifique et l'on ne saurait nier que certains islamologues et arabisants ont manifestement agi avec l'intention de dénigrer l'Islam et les musulmans. Cette tendance était particulièrement marquée - pour des raisons d'une évidente clarté - à la belle époque des empires coloniaux, mais il serait exagéré de prétendre qu'elle ait complètement disparu.

 

Ce sont là quelques-unes des raisons pour lesquelles l'Islam est demeuré jusqu'à présent si méconnu en Occident où, chose curieuse, des religions asiatiques comme le bouddhisme et l'hindouisme ont suscité depuis près d'un siècle une sympathie et un intérêt nettement plus marqués, alors que lui-même est si proche du judaïsme et du Christianisme, étant issu de la même souche abrahamique. Cependant, depuis quelques années, il semble que des circonstances extérieures, notamment l'importance grandissante des pays arabo-islamiques dans les grandes affaires politiques et économiques du monde, se chargent de susciter en Occident un intérêt croissant pour l'Islam, dont la découverte est, pour certains, comme celle d'horizons insoupçonnés.

 

Signifiant «soumission à Dieu», l'Islam exprime une notion universelle que l'on retrouve d'une certaine manière dans les autres traditions sacrées. Car toute religion vraie est forcément conformité au vouloir de l'Absolu divin. D'ailleurs, l'Islam peut aussi être désigné comme la religion de toujours, parce que, se fondant sur la doctrine de l'Unité, qui est éternelle, il n'a rien apporté de fondamentalement nouveau, mais est venu rétablir la religion primordiale et réaffirmer la vérité intemporelle. Rétablissement et réaffirmation, l'Islam est aussi synthèse de la Révélation universelle. Il est la récapitulation de tous les précédents messages adressés à l'humanité de la part du Ciel. C'est ce qui lui a donné cet étonnant pouvoir d'intégrer dans une même communauté de croyants des populations d'origine ethnique extrêmement diverse tout en respectant leur personnalité.

 

Étant d'essence intemporelle, l'Islam est à la fois ancien et moderne. Il est ancien puisqu'il transmet une vérité déjà connue de l'humanité des premiers âges, mais il est moderne par les moyens qu'il offre à celle des derniers âges de vivre cette vérité. Cette «modernité» se manifeste d'abord dans la simplicité de l'énonciation de ses principes doctrinaux, dont le premier et le plus fondamental s'exprime dans la Shahâda (profession de foi): Lâ ilâha illa'Llâh, Muhammadun rasûluLlâh (« Il n'est de divinité que Dieu; Muhammad est l'envoyé de Dieu»). Cette attestation de l'Unité divine proclamée à l'humanité par la mission du Prophète Muhammad (Paix et bénédiction sur lui) comporte une évidence accessible à l'homme moderne qui, pour être musulman, n'a pas besoin de souscrire à des «mystères» impénétrables à sa raison. Assurément, la Shahâda est en réalité d'une portée métaphysique que la raison humaine ne saurait épuiser, mais elle lui apporte une certitude, la plus fondamentale qui soit, celle de l'Absolu divin rendu accessible à l'homme par le message prophétique. Or, l'Islam a été Justement désigné comme la religion de la certitude.

 

Dans la confusion intellectuelle contemporaine entretenue par l'agnosticisme des écoles philosophiques en vogue, cette possibilité offerte par l'Islam de retrouver une certitude inattaquable est d'une immense portée, car elle permet déjà de rendre son sens à la condition humaine. Elle est providentielle pour l'homme qui la fait sienne et qui, par là-même, échappe à l'incohérence absurde de la civilisation actuelle et, n'en étant plus solidaire, parvient à éviter d'être entraîné dans sa course à l'abîme.

 

 

Roger du Pasquier

Découverte de l'Islam, Editions du Seuil, 1984

 

Pour le chapitre en entier: cliquez ici.

 

Par Roger du Pasquier - Publié dans : Islam - Communauté : Libre parole
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 23:34

pir-arton951-199x243.jpg Notre soeur Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), a comparu, hier, devant le procureur de la République.

 

C'est à la suite des propos tenus par Houria Bouteldja dans l'émission « Ce soir ou jamais » sur France 3 en juin 2008, que l'Alliance Générale contre le Racisme et pour le respect de l'Identité Française et chrétienne (Agrif, association d'extrême droite) décide de porter plainte.


Pour cette association, animée par le national-catholique Bernard Antony, par ailleurs membre du bureau politique du Parti de la France - qui a présenté avec le MNR et la NDP des listes "non aux minarets" lors des élections régionales de mars 2010 -, toutes les occasions sont bonnes pour propager le racisme et l'islamophobie.


Nous apportons notre soutien à notre soeur Houria Bouteldja face à l'extrême droite, à l'islamophobie et aux partisans du "choc des civilisations". Notre soutien s'exprimera ce samedi 8 mai a l'occasion de l'inauguration de leur local à St Denis, 81 rue Gabriel Peri metro 13 station Porte de Paris.
 
 
Reveil des Consciences, Respaix Conscience Musulmane.
Par Réveil des Consciences - Publié dans : Islam - Communauté : La Cyber-résistance
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 01:14

Extraits de l’ouvrage Le Prophète Muhammad, Sa vie d’après les sources les plus anciennes, écrit par Martin Lings. Une interrogation aussi sur l’idéologie égalitariste de « notre temps » (idéologie dont la méthode consiste à « couper tout ce qui dépasse » , tout en confondant unité et uniformité).

 

Pour les annotations, nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage même.


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Extraits du chapitre "Les degrés" :


"Les motifs spirituels n’occupaient qu’une place minime dans un grand nombre des conversions qui avaient maintenant lieu. Bientôt descendit la révélation suivante : Les Arabes du désert disent : nous avons la foi. Dis-leur : vous n’avez pas la foi, dites plutôt « nous nous soumettons », car la foi n’est pas encore entrée dans vos cœurs. Et si vous obéissez à Dieu et à Son Envoyé, il ne vous retirera pas la récompense de vos actions.

 

Ce verset venait compléter la hiérarchie des degrés de l’Islam en définissant le degré le plus bas, celui de la soumission sans la foi. Les degrés supérieurs, ceux de la foi proprement dite, sont mentionnés sous forme allusive dans le verset de la Lumière qui avait été révélé au Prophète quelques mois avant la trêve de Hudaybiyah … ‘Abd Allah, fils de ‘Abbas, a déclaré vers la fin de sa vie, peut-être en rapportant un enseignement que son père avait recueilli du Prophète lui-même : « La direction de Dieu dans le cœur du croyant est comme l’huile pure qui brille avant que le feu ne l’ait touchée, et lorsque le feu l’a touchée, elle ne cesse de croître en splendeur. C’est ainsi qu’est le cœur du croyant : il agit sous une direction jusqu’à ce que la connaissance lui soit donnée. »

 

… Qu’il existe une hiérarchie de degrés découle aussi de ce que la Révélation dit au sujet du cœur. Parlant de la majorité des hommes, il est dit : Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles, mais aveugles sont les cœurs à l’intérieur des poitrines. Le Prophète, en revanche, à l’instar d’autres prophètes avant lui, disait que son cœur était éveillé, ce qui veut dire que l’œil de son cœur était ouvert. C’est là une caractéristique qui, selon le Coran, peut aussi être partagée par d’autres, ne serait-ce que dans une moindre mesure, car la Parole de Dieu s’adresse parfois directement à ceux qui ont des cœurs. La Tradition rapporte que le Prophète a dit d’Abû Bakr : « Il ne vous surpasse pas parce qu’il jeûne et qu’il prie beaucoup ; mais il vous surpasse par quelque chose qui est fixée dans son cœur. »

 

… Les disparités entre les hommes se reflétaient aussi dans la façon dont le Prophète leur transmettait ses enseignements, en réservant certains à la minorité à même de les comprendre. Abû Hurayrah a dit : « J’ai conservé dans ma mémoire deux trésors de connaissance que j’ai reçus de l’Envoyé de Dieu. L’un, je l’ai divulgué, mais si je divulguais l’autre, vous couperiez cette gorge », et, ce disant, il montrait sa propre gorge…

 

... La principale dévotion volontaire est le dhikr Allâh, expression que l’on peut traduire par « remémoration de Dieu» ou « invocation de Dieu ». Dans un des premiers  versets révélés, le Prophète avait révélé cet ordre : Invoque le Nom de ton Seigneur, et consacre-toi à Lui avec une dévotion totale. Par la suite, un autre verset déclara : Certes la prière rituelle préserve de l’iniquité et des actions blâmables ; mais la remémoration de Dieu est plus grande. Faisant allusion à la cécité du cœur et à sa guérison, le Prophète a dit : « Pour toute chose il existe un moyen d’enlever la rouille, et ce qui polit le cœur c’est la remémoration (l’invocation) de Dieu ». Lorsqu’on lui demanda qui Dieu placerait au rang le plus élevé le Jour de la Résurrection, il répondit : « Les hommes et les femmes qui pratiquent beaucoup l’invocation de Dieu. » Et quelqu’un ayant voulu savoir si ceux-ci seraient placé au dessus même de ceux qui auraient combattu dans le sentier de Dieu, il répondit : « Celui qui aura invoqué Dieu occupera un degré encore plus excellent que celui qui aura manié l’épée au milieu des infidèles et des idolâtres jusqu’à ce qu’elle soit brisée et ensanglantée. »"

 


Martin Lings

Le Prophète Muhammad, Sa vie d'après les source les plus anciennes, éditions du Seuil (1986)

Par Martin Lings - Publié dans : Islam - Communauté : Islam
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 16:36

Extraits de la traduction française de la Futuwah (traité de chevalerie) de Muhammad ibn al Husayn Sulami par Faouzi Skalli (Albin Michel, 1989). L'appareil de notes - dans un souci de lisibilité - n'a pas été retranscrit mais les lecteurs qui souhaitent vérifier le degré de fiabilité/recevabilité des hadiths mentionnés sont invités à s'y reporter.

 


  2254773821_1.jpg 1) De la Fut uwah relèvent les attitudes de douceur envers ses frères (en Dieu) et le fait d’aller au-devant de leurs besoins. Il nous a été rapporté par Anas Ibn Malik – que Dieu soit satisfait de lui – que le Prophète (sws) a dit : Dieu se fait un devoir d’assister d’un servant, le jour de la résurrection, celui qui s’est comporté avec douceur envers un croyant ou l’a aidé pour une chose des affaires de ce monde de quelque importance qu’elle soit.

2) La Futuwah est aussi que tu rendes le mal par le bien et que tu passes outre les mauvaises actions d’autrui. Il nous a été rapporté par Abu al Ahwas qui le tient lui-même de son propre père le propos suivant : - J’ai dit : ô Envoyé de Dieu est-ce que si me trouvant dans la nécessité de demander de l’aide à quelqu’un celui-ci refusait je pourrais me considérer en droit d’agir de même ? L’envoyé de Dieu (sws) répondit : « Non ! »

3) La Futuwah est d’arrêter d’être à l’affût des travers d’autrui. Il nous a été rapporté par Mu’awiyyah – que Dieu soit satisfait de lui – ce qui suit : - L’envoyé de Dieu (sws) a dit : En t’appliquant à faire ressortir les défauts des Musulmans tu contribues en réalité à les rendre mauvais.

4) C’est aussi un acte de Futuwah que d’aller tout naturellement chez un frère en Dieu qui nous est proche, sans pour cela y être convié. On nous a rapporté d’après Abu Hurayrah que celui-ci a dit : - Un jour Abu Bakr et Omar se trouvaient ensemble lorsque que le Prophète (sws) arriva et leur demanda ce qui les avait conduits en un tel lieu. Ils répondirent : - C’est la faim, ô Envoyé de Dieu : Nous en jurons par Celui qui t’a envoyé en Prophète véridique. Le Prophète dit : - Par Celui qui tient mon âme entre Ses Mains ce n’est autre que la faim qui m’a fait sortir moi-même. Il ajouta : "Allez à la maison d’un tel, un homme des Ansars".

5) La Futuwah est de ne pas critiquer la nourriture qui nous est offerte. Il nous a été rapporté qu’Abu Hurayrah a dit : - Le Prophète (sws) n’a jamais critiqué une nourriture qu’on lui a présentée. Il la mangeait s’il le désirait ou la laissait.

6) La Futuwah consiste en l’adoption d’une attitude et conduite élevées qui sont à l’image de celles des gens du Paradis. Il nous a été rapporté par l’intermédiaire d’Abul Qasim Ibrahim Ibn Muhammad al Nasrabadhi qu’un jour Anas – que Dieu soit satisfait de lui – était malade. Certains de ses amis lui rendirent visite. Anas dit alors à sa servante : - Apporte à nos amis ne serait-ce qu’un morceau de pain. J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (sws) dire : L’excellence du comportement est une qualité des gens du Paradis.

7) On rapporte de Nafi’ et d’Ibn Umar – que Dieu soit satisfait d’eux – que le Prophète (sws) a dit : Se rendre visite les uns les autres, sans autre but que de la faire pour Dieu, est un trait de l’excellence du caractère, et il revient à l’hôte d’offrir à son frère en Dieu ce dont il dispose même si ce n’était qu’une gorgée d’eau. S’il se trouvait gêné de présenter ce qu’il a sous la main, il s’exposerait ainsi au courroux divin.

8) La Futuwah est l’intimité entre frères en Dieu. Il nous a été rapporté par Jabir que le Prophète (sws) a dit : Le croyant est celui avec lequel on ressent un lien d’intimité. Il n’y a aucun bien en celui qui ne s’approche pas des autres ou ne laisse pas les autres s’approcher de lui. Les meilleurs des hommes sont ceux dont les autres peuvent tirer avantage.

9) La Futuwah est générosité. Il nous a été rapporté d’après ‘A’ishah – que Dieu soit satisfait d’elle – que l’Envoyé de Dieu (sws) a dit : Le paradis est la demeure des hommes de générosité.

10) La Futuwah est la conservation des anciennes relations amicales. Il nous a été rapporté que ‘Ai’shah – que Dieu soit satisfait d’elle – a entendu l’Envoyé de Dieu (sws) dire : Dieu aime que l’on prenne soin des amitiés anciennes.

11) La Futuwah consiste à prendre à cœur les intérêts et les états de nos frères en Dieu. Il nous a été rapporté qu’Ibn al ‘Abbas fit des reproches d’avarice à Ibn al Zubayr en lui disant : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (sws) dire : - Le croyant n’est pas celui qui mange à satiété alors que son voisin à faim à ses côtés. »

12) La Futuwah est un comportement de politesse lorsque l’on se trouve à table. On nous a rapporté d’après Abu Hurayrah que le Prophète (sws) a dit : - Que personne ne suive du regard les bouchées de son frère!

13) La Futuwah est de faire preuve d’indulgence et de douceur envers ses frères tant qu’il s’agit de choses dont il n’est pas établi qu’elles sont illicites. On nous a rapporté d’après Ibn al ‘Abbas que le Prophète (sws) a dit : Le plus haut signe d’intelligence après celui de la foi en Dieu consiste à faire preuve de souplesse envers autrui pour tout ce qui est autre que l’abandon de la vérité.

14) La Futuwah est de faire usage de patience envers ses frères et de faire en sorte que vos relations soient harmonieuses. Il nous a été rapporté que Abu Sa’id al Khudri a dit : - Un homme avait préparé une réception pour l’Envoyé de Dieu (sws) et ses compagnons. Lorsqu’on leur présenta la nourriture l’un d’entre eux n’en mangea pas, disant qu’il jeûnait. L’Envoyé de Dieu (sws) dit alors : « Votre frère nous a invités, et s’est donné beaucoup de mal » puis il ajouta : « Mange et jeûne un autre jour si tu le veux ».

15) Un autre comportement de Futuwah est d’être bienveillant envers ses compagnons avant même de l’être envers ses proches. On nous a rapporté d’après ‘Ali – que Dieu soit satisfait de lui – que Fatima, fille de l’Envoyé de Dieu , a demandé un jour à celui-ci de lui trouver un serviteur. Le Prophète (sws) répondit : - Je ne peux te trouver un serviteur et laisser les estomacs des « gens du banc » se contracter de faim.

16) La Futuwah est de faire en sorte que les frères puissent avoir accès à tes biens comme s’ils leur appartenaient à eux-mêmes. On nous a rapporté d’après Ibn al Mussayyib que le Prophète (sws) avait l’habitude de se servir des biens d’Abu Bakr comme s’il s’agissait de ses propres biens.

17) La Futuwah consiste à offrir des mets et à accorder l’hospitalité. On nous a rapporté d’après ‘Uqbah Ibn ‘Amir que l’Envoyé de Dieu (sws) a dit : Que triste est la compagnie où il n’y a pas de place pour des étrangers. Par le même intermédiaire il nous a été rapporté que l’Envoyé de Dieu (sws) a dit : Il n’y a aucun bien en un homme qui n’accorde pas l’hospitalité.

18) La Futuwah consiste à avoir des marques de respect pour tes frères et à aller au-devant de leurs besoins. On nous a rapporté d’après Wathila Ibn al Khattâb al Qurashi qu’un homme est entré dans la mosquée alors que le Prophète (sws) s’y trouvait seul. Le Prophète s’est déplacé pour l’accueillir. On lui dit alors : « ô Envoyé de Dieu, l’endroit est vaste ! » Il répondit : - Il appartient au croyant de recevoir les droits qui lui reviennent.

19) La Futuwah est rectitude des attitudes et des états intérieurs. Il nous a été rapporté d’après ‘Urwah – que Dieu soit satisfait de lui – que Sufyân Ibn Abdullah al Thaqafi a dit : - Ô Envoyé de Dieu, enseigne-moi en Islam une parole grâce à laquelle je n’aurais plus besoin de questionner quelqu’un d’autre après toi. Il répondit : - Dis, je crois en Dieu et sois droit.

20) La Futuwah est limpidité et générosité de l’âme. On nous a rapporté d’après Abu Sa‘id al Khudri – que Dieu soit satisfait de lui – que l’Envoyé de Dieu (sws) a dit : Les saints de ma communauté n’entreront pas au paradis par leurs actions mais par la grâce de la miséricorde divine et la générosité et la limpidité de leur âme.

21) La Futuwah est une attitude de compassion envers ses frères et la recherche de leur réconfort. Il nous a été rapporté qu’ Abu Sa‘id al Khudri – que Dieu soit satisfait de lui – a dit : - Nous nous trouvions un jour en voyage avec l’Envoyé de Dieu (sws) lorsqu’un homme dirigeant une caravane qui lui appartenait en propre vint le voir. Celui-ci, pour surveiller ses biens, tournait sans cesse ses regards à gauche et à droite. L’Envoyé de Dieu dit alors : « Celui qui a une monture en plus devrait en faire don à celui qui n’en a pas et celui qui a de la nourriture en plus devrait la donner à celui qui en manque. » Puis il cita toute une série de catégories de biens jusqu’à ce que nous comprîmes qu’il n’appartenait à aucun d’entre nous d’avoir un quelconque surplus.

22) La Futuwah est de s’aimer en Dieu et de se rendre visite sans autre but que de le faire pour Dieu. On nous a rapporté d’après ‘Ubadah Ibn Samit que celui-ci a entendu le Hadith suivant où, parlant par la bouche de Son Prophète , Dieu dit : - Mon Amour revient de droit à ceux qui s’aiment, se fréquentent et s’échangent des dons en Moi.

23) La Futuwah consiste à aimer et à fréquenter ceux qui sont pauvres et esseulés. Il nous a été rapporté qu’Abdullah Ibn ‘Amr a entendu le Prophète (sws) dire : - Ceux que Dieu aime le plus sont ses serviteurs esseulés. Quelqu’un demanda : - Qui sont-ils, ô Envoyé de Dieu ? Il dit : - Ceux qui n’ont pour seul refuge que leur religion. Le jour du jugement dernier ils seront conduits devant Jésus fils de Marie, que la paix soit sur lui.

24) L’homme de Futuwah est celui qui prend soin du dépôt qu’on lui confie et dont la parole est véridique. Il nous a été rapporté d’après ‘Abdullah Ibn ‘Amr que le Prophète (sws) a dit : - Il est quatre choses dont il importe peu, pour celui qui les possède, de ne rien avoir eu d’autre en ce monde : protéger avec soin ce que l’on vous confie, dire la vérité, avoir une noblesse de caractère et gagner sa vie licitement.

25) La Futuwah consiste à d’abord purifier son âme avant de revêtir les habits des hommes de sainteté. Il nous a été rapporté par Hasan que l’on a entendu l’Envoyé de Dieu (sws) dire : - Ne revêtez la laine que lorsque vos cœurs seront purs. Ceux qui revêtent la laine alors qu’ils se trouvent encore en eux tricherie et perfidie s’exposent à l’inimitié de Celui qui est le soutien des Cieux.

26) La Futuwah consiste à offrir des agapes et à recevoir ses hôtes d’une manière agréable et généreuse. Il nous a été rapporté d’après Abu Hurayrah que l’Envoyé de Dieu (sws) a dit : - Que celui qui croit en Dieu et au jugement dernier offre une hospitalité agréable à son hôte.

27) Il relève de la Futuwah également de ne manger qu’après que ses compagnons ont commencé à le faire. Il nous a été rapporté d’après Ja‘far Ibn Muhammad que son propre père – que Dieu soit satisfait d’eux ! – a dit : - Lorsque l’Envoyé de Dieu (sws) se trouvait avec un groupe de personnes il était le dernier à entamer son repas.

28) La Futuwah consiste à comprendre que ton bien véritable n’est pas celui que tu épargnes, mais celui que tu dépenses pour Dieu. Il nous a été rapporté que ‘Aishah – que Dieu soit satisfait d’elle – a dit : - Un agneau fut offert à l’Envoyé de Dieu qui en distribua alors la viande. Je lui dis : « Il n’en reste plus que le cou ! ». L’envoyé de Dieu me répondit alors : « Il nous reste tout sauf le cou ».

29) C’est un acte de Futuwah que de rompre le jeûne pour participer aux joies de ses frères. Il nous a été rapporté d’après Ibn Umar – que Dieu soit satisfait de lui – que l’Envoyé de Dieu (sws) a dit : - Celui qui visite son frère en Islam et veut rompre le jeûne est en droit de le faire.

30) La Futuwah est avoir un sens de convivialité et savoir goûter à des relations joyeuses et amicales. Il nous a été rapporté d’après Husayn Ibn Zayd que celui-ci demanda à Ja‘far Ibn Muhammad : - Puissé-je donner une vie pour toi ! Le Prophète (sws) avait-il l’habitude de plaisanter amicalement avec les autres ? Il répondit : - Dieu l’a pourvu d’un caractère d’une extrême noblesse dans la façon même qu’il avait de plaisanter amicalement avec les autres. Dieu a envoyé Ses Prophètes et il y avait en chacun d’eux une certaine contrition. Puis il a envoyé Muhammad dont l’état était celui de la compassion et de la miséricorde. Un signe de compassion pour ceux de sa communauté consistait précisément dans le fait qu’il leur parlait d’une manière aimable et plaisante. Il faisait cela afin qu’ils ne s’éloignent pas de lui, par sentiment de crainte révérencielle. Mon père Muhammad m’a dit que son père ‘Ali avait lui-même appris de son père (Al Husayn) que celui-ci avait entendu l’Envoyé de Dieu (sws) dire : Dieu n’aime pas ceux qui présentent à leurs amis des visages tristes et non-avenants.

 

 


Source: http://islamogauchiste.blogspot.com/

Par La Princesse de Clèves - Publié dans : Islam - Communauté : Islam
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 02:58
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L'époque actuelle recèle des désastres,
Sa nature impatiente est remplie de désordres.


Les anciennes nations sont en pleine confusion;
La branche de la vie est dépourvue de sève.


L'attrait des temps modernes nous a rendus étrangers à nous ­mêmes
Et nous a dérobé l'instrument de notre mélodie.


Il a supprimé de notre coeur son feu d'autrefois,
Et y a éteint la flamme et le rayonnement de La ilah ila Allah.


Chaque fois que le déclin détruit l'équilibre de la vie,
Alors, la Communauté peut tenter de trouver sa stabilité dans le conformisme (taqlid).


Suis le chemin de tes pères, c'est là que se trouve l'union:
La conformité indique la cohérence de la Communauté.


Au temps de l'Automne, toi qui n'as ni feuille ni fruit,
Ne te sépare jamais de l'arbre, dans l'espoir du Printemps.


Tu as perdu la mer: sois prudent, de peur d'une plus grande perte;
Préserve d'autant plus ton petit ruisseau,
Car il se peut qu'un torrent de montagne le remplisse
Et qu'à nouveau tu sois jeté au sein de la tempête salvatrice.


S'il se trouve en ton être une âme voyante,
Tire un enseignement du cas des Israélites.


Considère leur destin, tantôt heureux, tantôt malheureux,
Vois l'endurance de leur vie misérable.


Leur sang coule paisiblement dans leurs veines,
Bien que leurs visages se soient heurtés à cent obstacles,
Bien que la poigne du destin ait pressé leur raisin,
Pourtant, le souvenir de Moïse et de Aaron vit encore,
Et même si leur chant ardent a perdu sa flamme,
Le souffle palpite encore dans leurs poitrines.


Car lorsque se déchira la texture de leur nationalité,
Ils persévérèrent cependant dans la voie de leurs ancêtres.


Ô toi dont l'ancienne assemblée est dispersée,
Dans le coeur de qui s'est éteinte la flamme de la vie,
Garde en ton sein la vérité de l'Unicité divine,
Et grâce au conformisme, tente de résoudre tes problèmes.


Au temps de la décadence, chercher à exercer son jugement (ijtihad)
Finalement conduit au malheur de la Communauté.

Le salut, c'est moins de suivre ce que dit le soi­disant savant
Que d'imiter les sages du passé.


Le caprice n'a pas corrompu les esprits de tes pères,
Le labeur des gens pieux n'était pas souillé par l'intérêt;
Le fil de la pensée que tissait leur méditation était plus fin,
Leur piété était plus proche de la Voie du Prophète.


La vision ravie de Jafar et la recherche de Razi n'existent plus;
La gloire qui ornait la nation des Arabes a disparu.

Le chemin de la religion est devenu étroit pour nous;
Chaque imposteur se vante de comprendre ses mystères.


Toi qui es étranger aux vérités secrètes de la Foi,
Si tu es sage, accorde ­toi à une Loi unique;
Car j'ai entendu dire, par ceux qui prennent le pouls de la vie,
Que l'opposition entre vous coupe les veines de la vie.


Le musulman vit en suivant une seule Loi;
Le corps de notre Communauté vit par le Qor'an.

Nous sommes la terre entière, c'est là notre coeur conscient.
Tiens­ toi fermement à sa protection, c'est la Corde de Dieu ;
Sur son fil sacré, sois attaché comme une perle; Sinon, sois dispersé comme la poussière dans le vent.



Par Mohammed Iqbâl.
Par Mohammed Iqbâl - Publié dans : Islam - Communauté : Islam
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 02:15
« Le nationalisme non irrigué par notre fonds culturel n'a qu'une portée limitée ». Ahmed Ben Bella

Au sein du mouvement islamique, un courant de pensée oppose l'islam et le nationalisme arabe, qui serait une idéologie anti-islamique. Cela est une lecture pour le moins biaisée de la religion musulmane qui condamne la déification de la nation - comme tout autre concept en dehors d'Allah - mais pas les identités nationales - ou d'autres formes d'identités - et encore moins les mouvements de libération nationale visant à libérer un peuple asservi. Ce courant étant hégémonique au sein de la communauté musulmane en France, il est difficile d'avoir un débat serein et argumenté sur le nationalisme arabe ou l'arabisme. Ces blocages idéologiques empêchent l'expression d'une partie importante de l'identité de cette communauté.


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Pourtant les liens entre l'islam et l'arabité ont une force particulière et difficilement contestable. Les Arabes sont entrés dans l'« histoire » avec la révélation coranique alors qu'à ses premières heures, l'islam a été porté par les tribus de la péninsule arabique qui, unies par la religion du Prophète, formèrent un peuple. Le second Calife de l'islam, Omar Ibn al-Khattab, insista particulièrement pour que les Arabes préservent leur identité malgré leur éloignement de la terre d'Arabie. « Préservez-vous du parler des non-arabes », affirmait-il afin que ceux qui quittaient l'Arabie n'oublient pas la langue du Coran. De même, il affirmait : « Choisissez les vêtements des arabes (...), et délaissez le luxe et les vêtements des non-arabes ». L'idée de préserver l'identité arabe était intimement liée à la diffusion du message de l'islam.

En moins d'un siècle, les Arabes diffusèrent l'islam et la langue arabe des rives de l'Indus aux Pyrénées. Avec le temps, le lien particulier entre l'islam et l'arabité se perpétua notamment parce que l'arabe est la langue de la révélation et que tous les musulmans, quelque soit leur langue, prient en arabe. L'arabe devint la langue d'expression d'auteurs perses, tel que Tabari, Ibn Sina ou al-Ghazali, qui sont universellement connus comme des monuments de la culture arabe.

Avec le déclin de sa civilisation et la montée en puissance de l'Occident, le monde arabo-islamique dut, à partir du XIXème siècle, faire face aux visées expansionnistes des nations européennes et des « bourgeois conquérants » qui les dirigeaient. Contre ces invasions la lutte n'a pas été menée exclusivement au nom de l'islam ou de la nation. La mobilisation se faisait à la fois en référence à l'islam et en référence à l'opposition à une domination étrangère. En Algérie, face aux armées françaises, la lutte menée par l'Emir Abdelkder, Lalla Fatma N'Soumeur, Mohammed al-Morkani ou Bouamama ne distinguait pas la résistance au nom de l'islam de la résistance nationale qui formaient un tout. Les Algériens résistaient indistinctement en tant que peuple colonisé et en tant que musulmans. Le combat des Algériens était à la fois une lutte de libération nationale contre l'occupation, une résistance nationale et populaire, motivée par des considérations nationales et islamiques.

Cette caractéristique des mouvements de résistance n'était pas propre à l'Algérie. Au Soudan, Mohammed Ahmed Ibn Abdallah al-Mahdi prit les armes contre la colonisation britannique au nom de l'islam pour préserver l'indépendance de son pays. En Libye, Omar al-Mokhtar, le « Cheikh des militants », résista au nom de l'islam, avec ses moudjahiddin, aux envahisseurs italiens. Au Maroc, dans la région du Rif, l'Emir Abdelkrim al-Khattabi qui avait effectué ses études à l'université islamique Qaraouiyine de Fès, mena une active résistance à la colonisation espagnole et française. Les moudjahiddin rifains combattirent la colonisation franco-espagnole sous la bannière de la l'islam. Ces résistants musulmans suivaient dans leur action le verset coranique affirmant qu'« autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés » [1].

Face à l'impérialisme occidental, à partir de la seconde moitié du XIXème, un puissant mouvement de renouveau se mit en place sous l'impulsion de Djamal ed-Din al-Afghani. Ce mouvement visait à organiser la solidarité du monde musulman contre l'avancée des armées européennes et à relire la tradition musulmane afin de répondre au défit du monde contemporain. Réfugié en Egypte, Djamal ed-Din al-Afghani diffusa ses idées auprès des jeunes intellectuels qui formèrent l'ossature du mouvement national égyptien. Les liens entre le nationalisme arabe et l'islam furent particulièrement forts au moment de la grande révolte d'Urubi Pacha qui fut réprimée par les Britanniques en 1882. Par la suite, la fraction révolutionnaire des héritiers d'al-Afghani, représentée par Abdallah al-Nadim, prit la tête de l'opposition à la colonisation britannique. En 1898, Moustapha Kamel et Mohammed Farid fondèrent le Parti Watani qui s'inscrivait dans l'héritage des idées d'al-Nadim.

En Algérie, après la fin des mouvements du jihad du XIXème, la résistance se redéploya sous d'autres formes. Dans cette perspective, le cheikh Abdelhamid Ibn Badis et l'association des Ouléma, fondée en 1931, apportèrent une contribution fondamentale au nationalisme algérien. L'un des principaux animateurs de l'association, Ahmed Tawfik al-Madani, écrivit une histoire de l'Algérie qui influença profondément les arabophones et le discours nationaliste algérien en général. Dans le même temps, l'Etoile Nord Africaine, créée dans le milieu des années 1920 à Paris, puis le PPA, fondé en 1937 à Nanterre, défendaient un nationalisme révolutionnaire unissant lutte de libération nationale et référence islamique. Ces cadres, dont une partie importante avait grandi dans l'environnement des confréries soufies, furent profondément influencés par l'Emir Chekib Arslan. Ce dernier qui avait étudié sous la direction du cheikh Mohammed Abduh et qui était ami de Rachid Rida, publiait à Genève une revue au titre éloquent : La Nation Arabe. La revue contribua fortement à diffuser les idées du nationalisme arabe et du renouveau islamique au Maghreb.

Dans les deux autres pays du Maghreb, les liens entre lutte de libération nationale, nationalisme arabe et renouveau islamique étaient tout aussi forts. En Tunisie, le premier parti nationaliste, le Destour, fut fondé en 1920 par cheikh Abdelaziz Thaalbi qui fut l'un des principaux introducteurs des idées du renouveau islamique en Tunisie et dans l'ensemble du Maghreb. Au Maroc, l'ancien professeur de l'université Quaraouiyine de Fès, Allal al-Fassi, qui était l'une des figures les plus éminentes du renouveau islamique dans le pays, prit la tête du mouvement national dans les années 1930.

En Palestine, le père de la résistance palestinienne, cheikh Ezz ed-Din al-Qassam, qui fut le premier à défendre l'idée d'une lutte de libération armée, avait poursuivi ses études à l'université d'al-Azhar au Caire. Il avait été nourri par les idéaux du mouvement de renouveau islamique. Par son action politique et religieuse, le cheikh al-Qassam ouvrit la voie de la lutte de libération nationale armée contre les colonisations britannique et sioniste en préparant ses hommes au jihad. Trouvant la mort au combat contre les britanniques, en novembre 1935, le cheikh al-Qassam resta une référence pour l'ensemble de la résistance palestinienne.

Dans les années 1950, les nassériens, le Baath ou le FLN algérien accordaient une place non négligeable à l'islam dans leurs discours. Avant la révolution du 23 juillet 1952, nombre d'Officiers Libres avaient côtoyé les Frères Musulmans. Après l'arrivée au pouvoir de Gamal Abdel-Nasser, nonobstant l'antagonisme existant entre ce dernier et la confrérie égyptienne, nombre de Frères Musulmans rallièrent le projet du Raïs comme les chouyoukh Ahmed Hassan al-Baqouri, Mohammed al-Bahi et Mohammed al-Ghazali ou l'ancien responsable de la branche clandestine de l'organisation, Salah al-Achmaoui. Au sein de la résistance palestinienne, trois fondateurs du Fatah, Yasser Arafat, Khalil al-Wazir et Salah Khalaf, avaient fait leurs premières armes au sein des Frères Musulmans. Dans sa déclaration fondatrice, publiée le 1ier novembre 1954, le FLN appelait à « la restauration de l'Etat algérien souverain démocratique et social dans le respect des principes islamiques ».

Nombre de leaders chrétiens nationalistes arabes, tel que Constantin Zureik, s'identifiaient à l'islam en tant que civilisation tout en restant attachés à leur religion. L'Egyptien Makram Ebeid, de confession chrétienne et membre du parti Wafd, affirmait : « Ma patrie est l'Islam, ma religion le christianisme ».

Le fondateur et théoricien du Baath, Michel Aflak clamait son admiration du le Prophète de l'islam en qui il voyait un leader ayant réussi à réunir les arabes autour d'une idée commune. Dans son célèbre discours intitulé « A la mémoire du Prophète arabe », il affirmait que « le lien entre l'islam et l'arabisme n'est pas semblable à celui d'une autre religion avec un autre nationalisme ». Selon Aflak, « la vie du Prophète » était « quintessence de la vie arabe » incarnant « l'âme arabe dans sa vérité absolue ». Le théoricien de la « résurrection » arabe constatait que « l'Islam cosmopolite qui se limite à l'adoration superficielle de Dieu et aux généralités ternes, est en train de s'occidentaliser ». Cela l'amenait à prédire qu'« un jour viendra où les nationalistes se trouveront être les seuls défenseurs de l'islam. Il leur faudra en dégager son sens particulier s'ils veulent que la nation arabe ait encore de bonnes raisons de survivre » [2].

La « prophétie » d'Aflak s'est accomplie mais dans un sens que le théoricien du Baath n'avait pas imaginé. Au Liban ou en Palestine se sont les mouvements islamiques qui sont devenus les premiers défenseurs de la nation. Ces mouvements ont intégré le nationalisme arabe pour se présenter comme les premiers adversaires de l'hégémonie occidentale et les promoteurs d'une libération nationale et culturelle.

Si ces exemples montrent l'apport incontestable de l'islam aux mouvements de libération nationale dans le monde arabe, le lien entre l'islam et nationalisme arabe a connu un renouveau ces dernières années dans le cadre du soutien à la résistance palestinienne. Les mouvements nationalistes arabes et les mouvements islamiques, qui s'étaient un temps opposés, entreprirent un nouveau dialogue afin d'unir leurs forces dans la lutte contre l'impérialisme occidental et le sionisme. A ce propos, Tarek El-Bechry affirme qu'« il y a, depuis quelques années, une sorte de consensus entre les tenants de l'union islamiques et politique d'une part et, d'autre part, les tenants de la communauté arabe. On observe aussi un certain rapprochement entre ceux qui considèrent l'Islam comme référence, et les nationalistes progressistes et laïques. [...] Les menaces d'agression émanant de la politique américaine et du sionisme ont ainsi rassemblé les patriotes de tous les bords » [3].

Ces dynamiques unitaires se développent essentiellement autour de la question de la libération nationale des peuples arabes et musulmans. Le concept de nationalisme arabe a repris toute son envergure historique. Il réunit des mouvements et des partis aux idéologies diverses mais qui soutiennent la lutte de libération nationale et visent à l'unité arabe. Le Congrès nationaliste arabe, fondé en 1990 par des responsables politiques et des intellectuels nationalistes, regroupe des organisations diverses autour des idées de défense des causes nationales arabes et d'unification du monde arabe. Des mouvements comme les Frères Musulmans, le Hamas ou le Hezbollah sont membres de ce Congrès au côté d'organisations nassériennes, baathistes ou marxistes [4].

En Irak, Jaych Rijal at-Tariqa an-Naqchbandiyya - l'Armée des hommes de la confrérie Naqchbandiyya – qui fait partie du Commandement suprême pour le Jihad et la Libération, le front dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, le chef du Baath clandestin, est aujourd'hui considéré comme la principale organisation de résistance à l'occupation américaine. De même, l'autre grande confrérie présente en Irak, la Qadiriyya, a constitué un « Escadron Abdelkader al-Jilani », du nom du grand maître soufi mort en 1166. Cet engagement de certaines confréries soufies irakiennes dans la résistance exprime, dans l'action concrète, le renouveau du lien entre islam et nationalisme arabe. Le logo (photo ci-dessus) de Jaych Rijal at-Tariqa an-Naqchbandiyya représentant la carte de la Nation arabe et différents symboles islamiques, montre bien les synergies à l'œuvre dans le monde arabe.

Ce qui se déroule actuellement sur la scène arabe, devrait nous inciter à repenser les liens entre nationalisme arabe et islam à partir de la situation spécifique de la communauté arabo-musulmane en France. Retisser le lien entre nationalisme arabe et islam pourrait nous permette d'approfondir le mouvement de solidarité avec les peuples arabes colonisés de Palestine ou d'Irak. Actuellement, ce lien historico-culturel se retisse peu à peu au travers du soutien à la Palestine. Dans le même temps, contre les logiques assimilationnistes, cette solidarité renforce l'identité culturelle de cette communauté en proie à une politique de dépersonnalisation. Le lien entre islam et nationalisme arabe est une assurance de transmission d'une culture, d'une identité, d'un patrimoine civilisationnel.


Youssef Girard.




[1] Sourate 22 – verset 39.
[2] Michel Aflak, « A la mémoire du Prophète arabe », 5 avril 1943.
[3] El-Bechry Tarek, Les arabes face à l'agression, Paris, al-Bouraq - GEBO, 2009, page 12.
[4] Le Forum Arabe International pour le Soutien de la Résistance, qui comprend 65 associations, fédérations, congrès, institutions arabes, islamiques et internationales, est significatif des nouvelles convergences qui se dessinent dans le monde arabe.
 
Par Youssef Girard. - Publié dans : Islam - Communauté : La Cyber-résistance
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